Le Blavet est un fleuve côtier français de région Bretagne qui coule dans les départements des Côtes-d'Armor et du Morbihan et se jette dans le golfe de Gascogne, dans la rade de Lorient.
Hydronymie Le Blavet se nomme ar Blavezh en langue bretonne. Il est issu du breton blavet signifiant « eau jaillissante, eau courante » ou d'une racine préceltique signifiant marécageux..
Géographie
Caractéristiques générales
Le Blavet est un cours d'eau long de . Son cours suit une orientation générale nord-sud. Ayant sa source dans la commune de Bourbriac, il arrose successivement les départements des Côtes-d'Armor et du Morbihan avant de terminer sa course sous la forme d'un vaste estuaire dans la rade de Lorient.
Le cours peut être divisé en plusieurs sections : le Haut Blavet en amont de Gouarec, la section du canal de Nantes à Brest de Gouarec à Pontivy, la section du Canal du Blavet de Pontivy à Hennebont et l'estuaire en aval d'Hennebont. À mi parcours, au niveau du canal de Nantes à Brest, son cours est brusquement interrompu par le barrage de Guerlédan qui donne naissance au plus grand lac artificiel de Bretagne, le lac de Guerlédan.
Son cours, en grande partie artificiel, a été aménagé par l'homme pour ses besoins (production d'électricité, navigation, fourniture d'eau potable, régulation du débit) au cours des deux derniers siècles. La canalisation de ce fleuve entre Pontivy et Hennebont, prévue dès 1783, n'est achevée qu'en 1825, à la suite de la décision prise par Napoléon en 1806, de canaliser le Blavet vers Lorient, et de le raccorder à un canal de Nantes à Brest. Sur une longueur de , la dénivellation de est rachetée par 23 écluses..
Géologie et relief
Le cours du Blavet, qui suit une orientation générale nord-sud, marque en grande partie la ligne de contact entre des massifs granitiques, à l'ouest (batholite de Pontivy-Rostrenen), et une vaste zone de schistes tendres briovériens à l'est (domaine centre armoricain) s'étendant jusqu'à la Mayenne. Cette adaptation à la structure géomorphologique se traduit par une asymétrie du profil latéral de la vallée, marquée par des escarpements prononcés sur la rive droite, favorables à l'implantation de sites de hauteur, et une relative uniformité du relief sur la rive gauche où des formations métamorphiques marquent souvent la transition avec les zones de schistes tendres..
La pétrographie des écluses montre l'utilisation de granites proximaux. .
Description de son cours Vallée sous-marine Lors de la dernière glaciation pléistocène, le niveau de la mer est environ 130 m plus bas qu'aujourd'hui. Aujourd'hui recouverte par la mer et les sédiments, la vallée du Blavet est alors profonde de 20 à 40 m, large de plusieurs kilomètres, et s'étire sur le plateau continental armoricain sur des dizaines de kilomètres, dans le prolongement du cours d'eau actuelCarte du Nord-Ouest de l'Europe il y a 20 000 ans. Cette paléovallée se raccorde au canyon du Blavet, ouvert vers le sud-est, creusé dans la pente de ce plateau par le passage régulier des avalanches sous-marinesMenier, D., Reynaud, J. Y., Proust, J.-N., Guillocheau, F., Guennoc, P., Tessier, B., Bonnet, S., Goubert, E., 2006. Inherited fault control on the drainage pattern and infilling sequences of late glacial incised valleys, SE coast of Brittany, France. S.E.P.M. (Society for Sedimentary Geology) Special Publication 85, 37-55. Mojtahid, M., Eynaud, F., Zaragosi, S., Scourse, J., Bourillet, J. F., Garlan, T., 2005. Palaeoclimatology and palaeohydrography of the glacial stages on Celtic and Armorican margins over the last 360 000 yrs. Marine Geology 224, 57-82..
De sa source à Pontivy Le Blavet prend sa source dans les Côtes-d'Armor, à la limite des Monts de Haute-Cornouaille et du Trégor, à au sud-ouest du bourg de Bourbriac, à une altitude de . Il se dirige dans un premier temps vers le sud-ouest et alimente l'étang du Blavet puis il se dirige vers le sud et forme la retenue d'eau potable de Kerne-Uhel, puis près de Trémargat il s'enfonce dans de profondes gorges dont les versants sont couverts de bruyères et d'ajoncs touffus, les gorges de Toul-Goulic, et disparait complètement sous un amoncellement de rochers granitiques sur une distance de . C'est la perte du Blavet, résultat de plusieurs millions d'années de travail d'érosion de la roche par l'eau. Il poursuit ensuite sa route en direction du sud jusqu'à Gouarec où il tourne brusquement vers l'est à la confluence avec le Doré, important affluent de sa rive droite.
Le Blavet en amont de Gouarec
Le cours du Blavet se confond ensuite avec celui du canal de Nantes à Brest jusqu'à Pontivy. Ce canal est régulé par un système d'écluses construites dans la période post-napoléonienne. En aval des ruines de l'ancienne Abbaye Notre-Dame de Bon-Repos, au confluent avec la rivière de Daoulas, son lit s'élargit considérablement à la suite de la construction du barrage hydroélectrique de Guerlédan barrant son cours à la hauteur du village de Guerlédan. Ce barrage, achevé en 1930 pour l’électrification du Centre-Bretagne, a noyé du canal de Nantes à Brest et interrompt la navigation sur celui-ci. Le Blavet forme alors un lac de de long, large de quelques centaines de mètres, aux rives accidentées et boisées, bordé sur sa rive sud par la forêt de Quénécan. Avant la construction de l'actuel barrage, le Blavet coulait entre deux chaines de coteaux escarpées, talus de schistes grisâtres qui dominaient ses eaux de . Après Guerlédan, le Blavet se redirige à nouveau vers le sud et coule à travers une large vallée jusqu'à Pontivy. Douze écluses jalonnent ce tronçon.
Le Blavet canalisé (canal de Nantes à Brest) entre Gouarec et Pontivy
De Pontivy à la rade de Lorient À partir de Pontivy, et jusqu'à Hennebont où commence la navigation maritime, le Blavet est artificiellement navigable pendant sous le nom de canal du Blavet grâce à la présence de qui lui permettent de franchir un dénivelé de Adolphe_Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, tome 1, A-B, 1890, consultable sur . Il coule dans un premier temps en direction du sud-ouest voire du sud-sud-ouest en décrivant de larges méandres et sa vallée étroite et sinueuse sert de cadre à la ligne de chemin de fer Pontivy-Auray puis arrivé à la hauteur du bourg de Baud il décrit un grand méandre et coule sur une dizaine de km en direction de l'ouest avant de reprendre sa route en direction du sud-ouest. À la hauteur de Saint-Nicolas des Eaux, le Blavet forme une boucle particulièrement serrée. Il donne naissance à une curiosité géographique : la butte de Castennec, une presqu'île abrupte entourée par la rivière. Le percement d'un tunnel dans la butte a été nécessaire pour permettre à la ligne de chemin de fer d'emprunter sa vallée. Sur cette partie de son cours, il est rejoint par ses deux plus importants affluents : la Sarre sur sa rive droite à Melrand puis l'Ével sur sa rive gauche à Baud. Le Blavet entre Pontivy et Baud
Le Blavet à hauteur des anciennes Forges d'Hennebont et de l'écluse dite du Grand-Barrage
À partir de l'écluse de Polvern, dernière écluse du canal du Blavet, un peu en amont d'Hennebont, l'influence des marées commence à se faire sentir et le lit du Blavet commence à s'élargir aussitôt après pour former un vaste estuaire (une ria) de de longueur. À son embouchure, ses rives, distantes de plus de , séparent les villes de Lanester et de Locmiquélic. Il termine sa route dans la rade de Lorient où il est rejoint par le Scorff. Le Blavet au niveau et en aval de l'écluse de Polvern
Le Blavet entre Hennebont et son embouchure
Affluents
Le Blavet est grossi d'amont en aval par les eaux des cours d'eau suivants :
Rive droite
le Saint Georges, le Belle Chasse, le Doré ou Petit Doré, le Toul Brohet, le Guernic, la Pierre Fendue, le Houé ou Bieuzy, la Sarre, le Brandifrout ou Ruisseau de Brûlé, le Coët-Organ ou Sebrevet ou Moulin de Tallené, le Kerollin ou Stang Varric, le Kergonan, le Plessis,
Rive gauche
le Moulin de la Salle, le Faoudel, le Sulon, le Daoulas, le Poulancre, le Lotavy, le Douric, le Saint-Niel, le Kernars, l'Ével, et ses affluents : la Belle Chère, le Tarun, le Runio, le Kergouët,
Rang de Strahler
Hydrologie vignette|Carte de l'embouchure du Blavet. Son régime hydrologique est dit pluvial océanique. Climat
Débits du Blavet à Languidic
Le Blavet est un fleuve fort abondant, à l'instar de la plupart des cours d'eau de Bretagne occidentale, mais assez irrégulier. Son débit a été observé durant une période de (1983-2007), à Languidic au lieu-dit du Quellenec, localité du Morbihan située à huit kilomètres en amont d'Hennebont, donc à près de de son embouchure à Lorient. La surface prise en compte est de , soit plus de 95 % la totalité du bassin versant du fleuve, à l'exclusion du bassin du Scorff.
Le module du fleuve à Languidic est de /s.
Le Blavet présente des fluctuations saisonnières de débit très marquées, comme c'est le cas de la plupart des cours d'eau de la France de l'Ouest coulant sur le vieux socle armoricain fort peu perméable. Les hautes eaux se déroulent en hiver ainsi qu'au début du printemps, et se caractérisent par des débits mensuels moyens oscillant entre /s et /s, de décembre à mars inclus, avec un maximum en janvier (/s) puis février (/s). Les basses eaux ont lieu en été, de fin juin à fin septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à /s au mois d'août et /s en septembre. Dès le mois d'octobre, le débit reprend vigueur (voir histogramme).
Mais ce ne sont là que des moyennes mensuelles, et les fluctuations de débit sont bien plus prononcées sur de plus courtes périodes ou selon les années.
Étiage ou basses eaux
À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque /s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui ne peut pas être vraiment qualifié de sévère. Le VCN3 est de /s et a été mesuré entre le 26 et le .
Crues Les crues peuvent être très importantes compte tenu de la taille déjà importante de ce fleuve et de son bassin versant. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement /s. Le QIX 10 est de /s, le QIX 20 de /s, tandis que le QIX 50 se monte à /s. Ces chiffres correspondent à environ 40 % des valeurs de crue de l'Yonne par exemple, alors que cette dernière possède un bassin versant plus vaste et que son module vaut celui du Blavet.
Le débit instantané maximal enregistré à Languidic durant cette période, a été de /s le , tandis que la valeur journalière maximale était de /s le même jour. En comparant la première de ces valeurs à l'échelle des QIX du fleuve, il apparaît que cette crue était largement supérieure au niveau défini par le QIX 50, et donc probablement plus que centennale.
Lame d'eau et débit spécifique Le Blavet est bien alimenté par les fortes précipitations de son bassin. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est largement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, ainsi qu'à la moyenne du bassin de la Vilaine assez proche par exemple ( à Rieux). Le débit spécifique (ou Qsp) du fleuve atteint par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Débits des cours d'eau du bassin du Blavet
Cours d'eauLocalitéDébits en m/sCôtemax(m)Max.instant.Max.journ.Lamed'eau(mm)Surface(km²)ModuleVCN3(étiage)QIX 2QIX 5QIX 10 QIX 20 QIX 50 BlavetKerien0,370,0212,53,74,55,36,30,8186,055,2256920,6BlavetPlounevez-Quintin1,670,07811151820232,1416,8016,80510104BlavetMûr-de-Bretagne10,800,37-------195554620 Blavet Neulliac12,30 1,3087130150180-1,69186172450867Blavet Languidic26,602,001602302803303902,235184394321951EvelGuénin 3,28 0,02827415058702,9662,6053,60329316Coët-OrganQuistinic0,810,0726,59,61214161,1717,101353847,7
Histoire
Selon les dires du recteur de Bieuzy, une crue dévastatrice eut lieu le et emporta la plupart des ponts enjambant le Blavet.