Le conclave de 2005 est le conclave qui a élu Benoît XVI, successeur de Jean-Paul II, et qui s'est réuni du 18 au . 115 des de moins de y ont participéUne liste des cardinaux par pays à la date du 31 mars 2005 est disponible à cette adresse.

Les papables après le décès de Jean Paul II

La mort du pape et le Sacré collège Jean-Paul II, depuis longtemps malade, avait eu un règne dont la longueur record (1978 - 2005, plus que Léon XIII) avait été marquée par son dynamisme personnel, ses options pastorales (voyages, contact direct et médiatique avec les chrétiens en particulier jeunes) et ses options politiques, morales et théologiques (défense des droits de l'homme en particulier contre le communisme, prises de positions contrastées envers la théologie de la libération, maintien de l'exclusion des Lefebvristes, œcuménisme, culte marial et défense de la famille chrétienne, de la culture de la vie contre l'avortement, la contraception...). Dans ses dernières années, il avait laissé la Curie romaine et l'administration en particulier, financière, de l'Église au soin d'une équipe de la Curie, au centre de laquelle se trouvait Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Pronostics et analyses thumb|left|Le nouveau pape, Benoît XVI (Joseph Ratzinger) Dans les jours qui précédent et suivent la mort du pape Jean-Paul II, la presse évoque de nombreux candidats à la fonction pontificale mais, en dépit de l'adage romain , c'est bien Joseph Ratzinger, le grand favori qui semble le mieux placé.

Parmi les autres papabili cités, la presse identifie traditionnellement les deux « tendances », dans les grandes lignes, conservatrice et progressiste. On se demande également quelle sera l'origine continentale du futur pape. Le Sacré Collège est majoritairement européen, doctrinalement conservateur (les cardinaux ont tous ou presque été nommés par Jean-Paul II), et il est dominé par la Curie depuis la maladie d'un pape au pontificat d'une longueur record.

En plus de Joseph Ratzinger, d'autres candidats conservateurs sont cités, mais ils sont Italiens. Parmi ces papabili italiens, plusieurs membres de la Curie font office de prétendants sérieux, dont les cardinaux Angelo Scola, Giovanni Battista Re ou encore Dionigi Tettamanzi. Toutefois, le Sacré Collège, depuis déjà Pie XII, n'est plus majoritairement italien. Pour succéder à Jean-Paul II premier pape non Italien depuis plusieurs siècles, certains évoquent un pape issu du tiers-monde, dont, pendant les vingt-six années de son pontificat, l'expansion démographique a détrôné l'Europe comme continent le plus peuplé par des catholiques (les Philippines, par exemple, comptent plus de catholiques que l'Italie). Le cardinal Francis Arinze présente ainsi un profil très politique, qui lui aurait permis d'être le premier pape noir et africain de l'époque contemporaine. Du côté « progressiste », le Cardinal Carlo Maria Martini étant vieillissant et italien, c'est en général le cardinal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga qui est cité ; son élection aurait résonné comme une surprise politique en raison de son âge (65 ans), de son engagement auprès des pauvres, de sa nationalité hondurienne, qui aurait offert un pape à l'Amérique latine, premier continent catholique de la planète. Mais l'hypothèse d'un pape du tiers-monde semble moins probable aux commentateurs que celle d'un pape européen.

Dernier élément de choix, la règle non écrite d'une certaine alternance de règnes longs et courts (dit « papes de transition »), de pasteurs charismatiques débonnaires, proches des ouailles et de diplomates de haute tenue doctrinale, résumée par la formule populaire « après un pape long, un pape rond » (Léon XIII pape « long » au règne record, Pie X, pape « rond » au règne plus bref, Benoit XV, « long » et dont le règne fut marqué par la maladie finale, Pie XI, « rond » avec une santé sportive, Pie XII, « long » au règne très long, Jean XXIII, « rond », élu âgé, Paul VI, « long » mais dont la fin du règne avait aussi été marquée par sa mauvaise santé et sa tristesse). Après le décès de Paul VI, autre pontificat plus long que la moyenne, on attendait un pape de transition au charisme dynamique, sans se douter que le règne de Jean-Paul n'allait durer qu'un mois. Son successeur avait, parmi les qualités qui l'avaient fait choisir, un charisme pastoral, une vigueur sportive et une jeunesse qui permettaient un pontificat très long, à la fin duquel une longue maladie l'écarta du suivi quotidien des affaires et des questions de doctrines qui ont divisé l'Église depuis Vatican II.

Parmi les prétendants à un règne court émerge lors du pré-conclave le nom du cardinal Joseph Ratzinger, un Allemand de tendance « sociale conservatrice », théologien très estimé, très proche de Jean-Paul II et préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Joseph Ratzinger, seul papabile créé cardinal par Paul VI, semble en effet s'imposer, au sein de la Curie, ayant conduit un dialogue ferme avec la théologie de la libération, ce qui en fait un conservateur après avoir été un des théologiens du concile Vatican II, et semblant pouvoir à la fois assurer la cohérence de l'Église d'un point de vue doctrinal et d'un point de vue pastoral (dans la perspective de la résolution du schisme de Monseigneur Lefebvre).

Les novemdiales

Pendant toute une période de neuvaine, des messes très suivies ont lieu chaque jour à Rome par neuf différents cardinaux. Avant même la fin des funérailles du pape Jean-Paul II, le Vatican annonce que le conclave commencera à la chapelle Sixtine le . C'est à l'occasion de la dernière de ces neuf messes que le cardinal camerlingue espagnol Eduardo Martínez Somalo proclame officiellement la date d'ouverture de ce conclave.

Élection du successeur de Jean-Paul II + Conclave de 2005Électeurs117 en totalAbsent2 (Jaime Sin, Adolfo Antonio Suárez Rivera)Présent115Afrique11Asie et Proche-Orient11Europe58Océanie2Amérique35Pape décédéJean-Paul II(Karol Wojtyła)Nouveau papeBenoît XVI(Joseph Ratzinger)

De nouvelles règles pour l'élection du premier pape du millénaire ont été rédigées en 1996 dans la constitution apostolique Universi Dominici Gregis sur la vacance du siège apostolique et l'élection du pontife romain où il est notamment précisé que les cardinaux électeurs n'ont pas le droit de téléphoner, d'écouter la radio, regarder la télévision, ni même recevoir du courrier ou des journaux. Seuls les cardinaux électeurs (cardinaux de moins de ) du Sacré Collège peuvent voter.

La constitution apostolique règle dans les moindres détails l'élection du nouveau pape mais, malgré tout, les cardinaux réunis en congrégation peuvent apporter des changements mineurs. Lors de ces congrégations ils fixent les dates (enterrement, début du conclave) mais également certaines dispositions. Parmi les nouveautés de cette élection, l'annonce du nouveau pape sera faite par les cloches de la basilique Saint-Pierre en plus de la fumée blanche, l'espace du Conclave sera étendu à l'ensemble du Vatican et non plus limité à la chapelle Sixtine, etc.

Collège des cardinaux

Le nombre maximal de cardinaux électeurs est de 120, 117 étaient connus, un avait été créé lors du consistoire de 2003 in pectore (dans son cœur).

Modalités Les votes ont lieu quatre fois par jour, à la majorité des deux-tiers, à la chapelle Sixtine. Le reste du temps, les cardinaux sont logés dans la résidence Sainte-Marthe, située derrière la salle des audiences. Les votes commencèrent le lundi dans la soirée. Il n'y a eu qu'un vote le lundi. Après une élection avec un candidat ayant obtenu la majorité requise, l'élu doit formellement accepter la charge qu'on lui soumet. Le souverain pontife élu ne l'est pas forcément parmi les cardinaux ni même parmi les évêques : tout homme catholique baptisé peut être élu. Dans le cas où le nouvel élu ne serait pas un évêque, les cardinaux doivent l'ordonner et de facto il sera pape et évêque de Rome. Ce cas ne s'est plus produit depuis plusieurs siècles, les cardinaux choisissant l'un des leurs.

Les cardinaux doivent jurer sur les évangiles avant le conclave qu'ils garderont le secret absolu sur l'élection. La constitution de 1996 prévoit même que des techniciens doivent s'assurer dans la chapelle Sixtine de l'absence de micros cachés, de caméras ou de tout dispositif d'enregistrement.

Les résultats sont annoncés au public par une fumée noire quand le scrutin n'est pas concluant, blanche quand il l'est. En fait, cette fumée correspond à la combustion des bulletins de vote. Au milieu du siècle dernier, on tentait d'obtenir cette fameuse fumée blanche en mélangeant ces bulletins avec de la paille mouillée. À présent, l'usage de fumigènes évite les confusions autrefois fréquentes. Le mardi , les cardinaux réunis en congrégation ont décidé que pour la première fois, l'élection du futur pape sera annoncée non seulement par la fumée blanche mais également par les cloches de la basilique Saint-Pierre pour éviter toute confusion. Le cardinal qui annonce le pape à la foule doit le faire à l'aide d'une formule latine contenant les mots : Habemus Papam (Nous avons un pape).

Suivi du conclave jour après jour

Dans la matinée, dans son homélie lors de la messe « pour l'élection du pontife romain », le cardinal allemand Joseph Ratzinger, doyen du Sacré Collège, a dénoncé « la dictature du relativisme ». À : la chapelle Sixtine ferme ses portes. C'est à ce moment que le maître des célébrations liturgiques pontificales, Piero Marini, a prononcé le Extra omnes !. C'est le début officiel du conclave. À : une première fumée noire sort de la cheminée surmontant la chapelle Sixtine, indiquant qu'un vote a eu lieu, mais qu'aucune majorité des deux tiers ne s'est dégagée. thumb|right|La fumée blanche du 19 avril

À : une fumée blanche sort de la cheminée de la chapelle Sixtine, indiquant qu'un nouveau pape est élu. À : les cloches de la basilique Saint-Pierre se mettent à sonner. À : annonce du nom du pape (Habemus Papam) : Joseph Ratzinger, sous le nom de Benoît XVI. À : première apparition du pape Benoît XVI, suivi d'un discours de ce dernier. À : premier acte liturgique du nouveau pape qui adresse une bénédiction urbi et orbi aux fidèles. Date Heure Type de fumée Remarques La fumée est d'abord apparue blanche, puis noire après quelques secondes. Il y a eu deux fumées bien que les règles voulussent que les deux votes soient rassemblés dans une seule crémation. blanche Les cloches sonnent dès . Des milliers de Romains se sont rapidement massés sur la place Saint-Pierre.

Secret du conclave