, né dans le district rural de Gamō et future ville d'Ōmihachiman, dans la préfecture de Shiga, le , est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ).

Il est élu de 1986 à 2012 et de 2014 à 2017 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, d'abord au vote unique non transférable pour l'ancien district correspondant à l'ensemble de sa préfecture natale de 1986 à 1996, puis au scrutin majoritaire pour la nouvelle de Shiga de 1996 à 2005 et de 2009 à 2012, et à la proportionnelle dans le bloc législatif de Kinki de 2005 à 2009 et depuis 2014.

Il est également ministre de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie du au ainsi que ministre d'État de la Politique scientifique et technologique à partir du dans les 93 puis Cabinets du Japon dirigés successivement par Yukio Hatoyama puis Naoto Kan.

Après son retrait de ce gouvernement, il a pris la présidence de la Commission des Règles et de l'Administration de la Chambre des représentants le , avant de retrouver un portefeuille du au en tant que ministre des Affaires intérieures et des Communications ainsi que ministre d'État pour Okinawa et les Territoires du Nord, à la Promotion de la Souveraineté locale et à la Revitalisation régionale dans le cabinet mené par Yoshihiko Noda.

Origine, formation et carrière professionnelle Tatsuo Kawabata est le deuxième fils d'une famille propriétaire depuis plus de trois siècles d'une pharmacie sise dans le district de Gamō puis, après 1954, dans la ville d'Ōmihachiman sur la rive sud-est du lac Biwa dans la préfecture de Shiga « Cabinet Profiles », Profil de Tatsuo Kawabata, The Japan Times. Son frère aîné, , a d'ailleurs hérité du commerce familial et fut maire d'Ōmihachiman de 1998 à 2006 Profil de Gohei Kawabata sur le site du Rotary Club de Nara-Ōmiya. Il passe toute sa scolarité dans cette dernière, jusqu'au lycée public préfectoral Higashi (Est) de Hikone dont il sort en 1963. Il rejoint ensuite la faculté d'ingénierie de l'Université de Kyoto dont il est diplômé en 1968, puis poursuit sa formation à l'école d'études avancées d'ingénierie de la même université pour y obtenir sa en mars 1970.

Ses études terminées, il rejoint en avril 1970 les laboratoires centraux de recherche du groupe chimique et textile Toray Industries à Ōtsu, dans la préfecture de Shiga toujours. Il travaille tout particulièrement dans les systèmes de traitement des eaux, surtout sur le dessalement de l'eau de mer « PROFILE OF HATOYAMA CABINET », Yomiuri Shimbun, in Guam Okinawa plus Washington Tokyo, 18/09/2009. Il s'investit aussi dans les activités syndicales au sein de l'entreprise, et prend en 1984 « 参議院Report », site du député démocrate Takanori Kawai la tête de la section de Shiga du , membre de la ou . Il se rapproche ainsi des milieux de gauche japonais, et tout particulièrement du Parti démocrate socialiste (PDS), mouvement créé en 1960 par des dissidents issus de l'aile droite et anti-communiste du Parti socialiste japonais (PSJ), préparant son entrée en politique.

Premiers pas en politique : au PDS Il est choisi par le PDS pour prendre la relève de Hachirō Nishida, député du parti dans la préfecture de Shiga pratiquement sans discontinuer depuis 1969, lors des élections législatives du . Quittant alors sa carrière à Toray pour se lancer en politique, il fait campagne en s'appuyant essentiellement sur le soutien logistique, matériel et humain que lui apporte son syndicat. Il a toujours gardé par la suite un lien important avec ce dernier. Il est élu en cinquième position au vote unique non transférable pour cinq postes à pourvoir dans l'ancien unique district de Shiga, avec soit 12,98 % des suffrages exprimés Résultats des élections législatives japonaises de 1986 dans l'ancien district électoral de Shiga, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Siégeant à la Diète dans l'opposition au Parti libéral-démocrate (PLD, centre droit conservateur libéral), il est notamment l'un des directeurs en 1989 de la Commission spéciale d'enquête parlementaire sur l'affaire Recruit (scandale politico-financier ayant provoqué à l'époque la chute du Premier ministre Noboru Takeshita). Il occupe également des fonctions secondaires dans la direction du PDS. Il en est ainsi vice-président du Comité de contrôle du gouvernement en août 1988, puis président de la commission spéciale de la réforme du gouvernement et vice-président de celle des contre-propositions à la Diète en mars 1990, et est finalement secrétaire général adjoint du parti de juin à décembre 1994. Il améliore par la suite sans cesse ses résultats électoraux. Il est ainsi réélu en quatrième position aux législatives du avec (13,9 %), mais surtout en deuxième place au scrutin suivant du , avec scrutins (14,27 %), loin derrière le candidat du Nouveau Parti pionnier (NPP) et ex-PLD Masayoshi Takemura (, 32,91 %) mais devant tous les libéraux-démocrates Résultats des élections législatives japonaises de 1990 et 1993 dans l'ancien district électoral de Shiga, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Le PDS s'inscrit d'ailleurs à cette occasion dans une vaste coalition gouvernementale anti-PLD et anti-communiste formée avec six autres partis : le PSJ, le Kōmeitō (centre d'inspiration bouddhiste), la Fédération social-démocrate (FSD, centre gauche) et les trois mouvements dissidents du PLD créés en 1992 et 1993 que sont le Shinseitō (centre droit libéral), le NPP (centre progressiste) et le Nouveau parti du Japon (NPJ, centre droit modéré). Inscrit dans cette nouvelle majorité, Tatsuo Kawabata est entre autres l'un des directeurs de la commission spéciale parlementaire chargée d'étudier un changement de gouvernance, et est membre de celle sur l'amendement de la loi électorale (aboutissant à la réforme de 1994, qui transforme le précédent scrutin législatif à vote unique non transférable en un système mixte unissant un scrutin uninominal majoritaire à un tour dans 300 circonscriptions locales et une proportionnelle de liste dans 11 blocs correspondant plus ou moins aux régions du Japon).

L'ascension dans l'opposition Vers le PDJ Après que cette alliance hétéroclite s'est disloquée durant l'été 1994 et que le PSJ et le NPP a formé un gouvernement de Grande coalition avec le PLD, le PDS et Tatsuo Kawabata participent le à la fondation du nouveau grand parti d'opposition, le Shinshintō ou « Parti de la nouvelle frontière », de tendance centriste et réformiste, en fusionnant avec le Shinseitō, le Kōmeitō, le NPJ et l'Union pour une réforme libérale (fédération de plusieurs petits partis dissidents du PLD créés au cours de l'année 1994 et réunis derrière l'ancien Premier ministre Toshiki Kaifu). Les membres du PDS constituent en son sein une faction interne baptisée et Tatsuo Kawabata en devient l'un des directeurs. Pourtant, il décide de démissionner de ce nouveau mouvement dès le (départ officiel le lendemain) pour se rapprocher d'une faction dissidente du PSJ, la de Sadao Yamahana, et de former un nouveau mouvement devant constituer une troisième voie de type social-libérale et centriste entre la « Grande coalition » au pouvoir et le Shinshintō K. UCHIMOT, Y. ZHANG, K. SUDO, M. MURATA, S. SEKINE, H. ISAHARA, « Multilingual Aligned Parallel Treebank Corpus Reflecting Contextual Information and Its Applications », Machine Translation Archive, 2004, p. 8. En février, il devient le secrétaire exécutif d'une petite organisation locale baptisée . Il retourne toutefois au Shinshintō dès le mois d'octobre de la même année, prenant par la même occasion la tête de la fédération du parti dans la préfecture de Shiga.

Et c'est sous cette étiquette que Tatsuo Kawabata est réélu député aux élections législatives du , cette fois-ci au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans le nouveau de Shiga créé par la réforme électorale de 1994 et correspondant à la capitale préfectorale, Ōtsu, et aux cinq bourgs et l'unique village du district rural de Takashima (devenu en 2005 une ville en gardant le même nom), le long de la rive occidentale du lac Biwa. Il est élu de peu avec et 34,71 % des suffrages exprimés, soit seulement votes et 1,55 point d'avance sur son adversaire libéral-démocrate Makoto Mekata Résultats des élections législatives japonaises de 1996 dans le électoral de Shiga, sur le site www.senkyo.janjan.jp. Dans le cadre des accords entre majorité et opposition réservant à cette dernière certains postes à la Chambre des représentants, Tatsuo Kawabata prend en novembre 1996 la présidence de la Commission spéciale sur la Prévention des Catastrophes. Le , il fait son entrée dans le sixième contre-gouvernement, ou , formé par le Shinshintō, et le quatrième par son deuxième président Ichirō Ozawa, en tant que ministre fantôme du Travail. Il est chargé de contrer son homonyme du second gouvernement de Ryūtarō Hashimoto, le libéral-démocrate Bunmei Ibuki.

Lorsque le Shinshintō se dissout le (officiellement le ) et explose en plusieurs petits mouvements, l'essentiel des anciens du PDS, à savoir 14 députés dont Tatsuo Kawabata et 9 conseillers, forment le Nouveau parti de la Fraternité (NPF) le (8 autres représentants et 1 autre conseiller de cette même tendance ont quant-à-eux préféré rejoindre le Parti libéral du dernier président du Shinshintō, Ichirō Ozawa, et un dernier député a préféré pour sa part siéger comme indépendant). Kawabata en devient le président du Conseil de recherche politique (chargé de l'élaboration du programme) et donc le numéro 3, derrière son président Kansei Nakano (qui fut le dernier secrétaire général du PDS en 1994 et était le président du Comité des Affaires de la Diète du Shinshintō avant sa dislocation en 1997) et son secrétaire général Eisei Itō. Cette nouvelle formation entame toutefois rapidement un rapprochement avec le Parti démocrate du Japon (PDJ), parti créé en 1996 par la moitié des parlementaires du Parti social-démocrate (PSD, nouveau nom du PSJ) et du NPP qui reprochaient à leurs partis respectifs de continuer leur alliance avec le PLD et appelaient à développer une troisième voie similaire à celle incarnée au Royaume-Uni par Tony Blair ou aux États-Unis par Bill Clinton. Ainsi, le NPF se joint avec 4 autres mouvements d'opposition (à savoir les trois autres héritiers du Shinshintō que sont la Voix du Peuple, le Parti du Soleil et From Five, essentiellement composés d'anciens dissidents du PLD n'ayant pas rejoint le Parti libéral d'Ichirō Ozawa et qui vont fusionner le pour former le Parti de la bonne gouvernance PBG, à quoi il faut ajouter le Parti des réformes démocratiques PRD, bras politique du principal syndicat japonais Rengō) aux démocrates dès le dans un groupe parlementaire commun dans les deux chambres de la Diète, baptisé et raccourci en . Finalement, ces différentes formations se mettent d'accord sur la création d'un parti commun et, dès le , les dirigeants du PDJ, du NPF, du PRD et du PBG signent le protocole d'unification. La fusion a lieu officiellement lors du congrès tenu à l'hôtel Kitashirakawa Palace à Chiyoda (Tokyo) le suivant. Gardant le nom de sa plus importante composante, le Parti démocrate du Japon (PDJ) ou Minseitō devient le nouveau grand parti d'opposition, fort de 92 représentants et 38 conseillers. Tatsuo Kawabata et les autres membres issus du NPF et avant cela du PDS forment en son sein une faction sous le nom encore une fois d', dominée par Kansei Nakano.

L'entrée dans la direction du PDJ