Léo Mirkine, né le à Kiev et mort le à Saint-Paul-de-Vence, est un photographe français d'origine juif russe, spécialisé dans le cinéma.
Léo Mirkine est connu notamment pour son travail de photographe de plateau sur les films Un carnet de bal de Julien Duvivier, J’accuse d’Abel Gance, Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque, Les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot, Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim.
Biographie Léo Mirkine a neuf ans lorsque la Révolution d'Octobre le déracine pour la France. Vers 1930, il étudie les Beaux-Arts et l'architecture à Paris tout en développant sa passion pour la photographie. Très vite, il va se tourner vers le cinéma. D’abord figurant, il devient assistant décorateur avant d'exercer comme photographe de plateau à partir de 1933 à la demande de Christian-Jaque pour le film Un bœuf sur la langue.
Compagnon de route du Parti communiste français, il est l’un des membres fondateurs en 1935 avec Jean Renoir de la première Maison de la Culture. Mirkine participe alors à environ cinq films par an. L’année suivante, il retrouve Renoir sur le tournage de La Vie est à nous, film de propagande commandé par le Parti à l’heure du Front populaire.
Mobilisé et envoyé dans la région de Sedan, il rejoint l'état-major comme photographe. La débâcle l'amène à Montauban et en il part pour Nice, en zone libre. Mirkine ouvre alors son magasin (Tout pour le Cinéma et la Photo), alterne les reportages, les portraits et les incursions sur les plateaux voisins des Studios de la Victorine. Sa boutique devient un studio où sont réalisés photos d’identité et faux papiers, ainsi qu’une boîte aux lettres pour les mouvements de résistance Combat et Quatorze Juillet. Alors qu'il est recherché par la Gestapo, Mirkine travaille sur Les Visiteurs du soir (1942) ou Les mystères de Paris (1943). Il est arrêté en sur le tournage du film Les Enfants du paradis. Envoyé au camp de Drancy (département de la Seine), il sera libéré en même temps que la Capitale.
Mirkine devient par la suite membre actif du Comité de libération du cinéma et réussit à récupérer 70 caisses de pellicule vierge que les Allemands destinaient aux franquistes. Une partie de La Bataille du rail de René Clément est tournée avec cette pellicule, en 1945.
À partir de 1946, il suit le Festival de Cannes, bientôt rejoint par son fils Yves.
En 1949, alors qu’il est photographe sur le film La Belle Meunière de Marcel Pagnol il double également certaines scènes en sur une nouvelle émulsion couleur et sera ainsi à l'origine de l’une des premières tentatives de gonflage en 35 millimètres. En 1956, il est le photographe de plateau du film qui va révéler Brigitte Bardot, Et Dieu… créa la femme, premier film de Roger Vadim. En 1959, il participe à la première coproduction franco-russe Normandie-Niémen de Jean Dréville, tournage qui dure plus de huit mois. Il revient avec l’un des premiers reportages photo sur l’URSS.
Au cours des années 1960, Léo Mirkine ajoute une recherche esthétique sur les nus féminins à son parcours de photographe.
Tous les magazines achètent les clichés des Mirkine père et fils, les majors américaines leur donnent libre accès à leurs stars. Paris-Match, Jours de France, Cinémonde et Ciné Revue les publient régulièrement. Les grandes compagnies américaines de cinéma, Artistes Associés, 20th Century Fox, Columbia et Warner Bros., achètent les photos Mirkine. Autonomes grâce à leur laboratoire de Nice et animé par une volonté d'indépendance, les Mirkine développent eux-mêmes films et épreuves.
En 1981, Mirkine décide à soixante et onze ans de couvrir son dernier festival, complétant ainsi les quelque négatifs déjà réalisés.
La devise de Mirkine était : .
Filmographie
1933 : Un bœuf sur la langue, de Christian-Jaque 1933 : Mademoiselle Josette, ma femme, d'André Berthomieu 1935 : La Sonnette d'alarme, de Christian-Jaque 1935 : Mademoiselle Mozart, de Yvan Noé 1935 : Haut comme trois pommes, de René Lamelot et Ladislas Vajda 1935 : Sous la griffe, de Christian-Jaque 1936 : La vie est à nous, de Jean Renoir 1936 : Rigolboche, de Christian-Jaque 1936 : Un de la légion, de Christian-Jaque 1936 : L'École des journalistes, de Christian-Jaque 1936 : Monsieur Personne, de Christian-Jaque 1937 : La maison d'en face, de Christian-Jaque 1937 : Josette, de Christian-Jaque 1937 : Alexis gentleman chauffeur, de Max de Vaucorbeil 1937 : Un carnet de bal, de Julien Duvivier 1937 : Les Dégourdis de la 11e, de Christian-Jaque 1937 : À Venise, une nuit, de Christian-Jaque 1937 : L'Affaire du courrier de Lyon de Claude Autant-Lara et Maurice Lehmann 1937 : François , de Christian-Jaque 1938 : Les Pirates du rail, de Christian-Jaque 1938 : J'accuse, d'Abel Gance 1938 : Les Disparus de Saint-Agil, de Christian-Jacque 1938 : Grisou, de Maurice de Canonge 1938 : Alerte en Méditerranée, de Léo Joannon 1938 : Le Capitaine Benoît, de Maurice de Canonge 1938 : Gosse de riche, de Maurice de Canonge. 1939 : Fort Dolorès, de René Le Hénaff 1939 : Le monde tremblera, de Richard Pottier 1939 : Tourbillon de Paris, d'Henri Diamant-Berger 1939 : Le Déserteur, de Léonide Moguy 1939 : Entente cordiale, de Marcel L'Herbier 1939 : Le Paradis des voleurs, de Lucien-Charles Marsoudet 1940 : L'Empreinte du dieu, de Léonide Moguy 1940 : Le Feu de paille, de Jean Benoît-Lévy 1940 : Le Café du port, de Jean Choux 1941 : L'Enfer des anges, de Christian-Jaque. 1942 : Les Visiteurs du soir, de Marcel Carné 1942 : Les Hommes sans peur, d'Yvan Noé 1942 : La Belle Aventure, de Marc Allégret 1942 : L'assassin a peur la nuit, de Jean Delannoy 1943 : Après l'orage, de Pierre-Jean Ducis 1943 : Six Petites Filles en blanc, de Yvan Noé 1943 : Les Mystères de Paris, de Jacques de Baroncelli 1943 : La Cavalcade des heures, de Yvan Noé 1944 : Le mort ne reçoit plus, de Jean Tarride 1944 : Béatrice devant le désir, de Jean de Marguenat 1945 : Les Enfants du paradis, de Marcel Carné 1945 : L'Extravagante Mission, de Henri Calef 1945 : Dorothée cherche l'amour, d'Edmond T. Gréville 1946 : Jéricho, d'Henri Calef 1946 : Les gosses mènent l'enquête, de Maurice Labro 1946 : La Foire aux chimères, de Pierre Chenal 1947 : Le Mariage de Ramuntcho, de Max de Vaucorbeil 1947 : Les Requins de Gibraltar, d'Emil E. Reinert 1947 : Les Chouans, d'Henri Calef 1947 : Capitaine Blomet, d'Andrée Feix 1948 : La Belle Meunière, de Marcel Pagnol 1949 : L'École buissonnière, de Jean-Paul Le Chanois 1949 : La Patronne, de Robert Dhery 1949 : Vire-vent, de Jean Faurez 1949 : Le Signal rouge, d'Ernst Neubach 1949 : Le Roi, de Marc-Gilbert Sauvajon 1949 : On demande un assassin, d'Ernst Neubach 1950 : Dominique, d'Yvan Noé 1951 : La Femme à l'orchidée, de Raymond Leboursier 1951 : Les Quatre Sergents du Fort Carré, d'André Hugon 1951 : Coupable ?, d'Yvan Noé 1951 : Le Cap de l'espérance, de Raymond Bernard 1952 : Fanfan la Tulipe, de Christian-Jaque 1952 : Légère et court vêtue, de Jean Laviron 1952 : Manina, la fille sans voiles, de Willy Rozier 1953 : Kœnigsmark, de Solange Térac 1953 : Un caprice de Caroline chérie, de Jean Devaivre 1953 : Cet homme est dangereux, de Jean Sacha 1953 : Les vacances finissent demain, de Yvan Noé 1953 : Les Fruits sauvages, d'Hervé Bromberger 1953 : L'Île aux femmes nues, de Henri Lepage 1953 : Les femmes s'en balancent, de Bernard Borderie 1953 : La Route Napoléon, de Jean Delannoy 1953 : Un acte d'amour, de Anatole Litvak 1954 : Papa, Maman, la Bonne et moi, de Jean-Paul Le Chanois 1954 : Obsession, de Jean Delannoy 1954 : Ça va barder, de John Berry 1955 : Les Diaboliques, d'Henri-Georges Clouzot 1955 : Nagana, d'Hervé Bromberger 1955 : À toi de jouer, Callaghan, de Willy Rozier 1955 : Cherchez la femme, de Raoul André 1956 : Le Cas du docteur Laurent, de Jean-Paul Le Chanois 1956 : Et Dieu… créa la femme, de Roger Vadim 1956 : L'Homme et l'Enfant, de Raoul André 1956 : Papa, maman, ma femme et moi, de Jean-Paul Le Chanois 1956 : Les Aventures de Till l'Espiègle, de Gérard Philipe et Joris Ivens 1956 : L'Énigmatique Monsieur D (Foreign Intrigue), de Sheldon Reynolds 1958 : La Vie à deux, de Clément Duhour 1958 : Vive les vacances, de Jean-Marc Thibault 1958 : Les Amants de Montparnasse aka "Montparnasse 19", de Jacques Becker 1959 : Les Lionceaux, de Jacques Bourdon 1959 : Les Tripes au soleil, de Claude Bernard-Aubert 1960 : Prisonniers de la brousse, de Willy Rozier 1960 : Normandie-Niémen, de Jean Dréville 1960 : Marie des Isles, de Georges Combret 1960 : Chien de pique, d'Yves Allégret 1960 : Au voleur, de Ralph Habib 1960 : Ça va être ta fête, de Pierre Montazel 1960 : Le Bal des espions, de Michel Clément 1961 : La Fayette, de Jean Dréville 1961 : Vive Henri IV, vive l'amour, de Claude Autant-Lara 1962 : Rencontres, de Philippe Agostini 1962 : Virginie, de Jean Boyer 1962 : Le Petit Garçon de l'ascenseur, de Pierre Granier-Deferre 1963 : Le Glaive et la Balance, de André Cayatte 1966 : La Nuit des adieux, de Jean Dréville et Isaak Menaker 1967 : Johnny Banco, de Yves Allégret 1968 : Isadora, de Karel Reisz 1968 : Les Jeunes Loups de Marcel Carné 1972 : la Scoumoune de José Giovanni
Publications Léo Mirkine, Festival de Cannes, 30 ans de cinéma, Éditions Contrejour. Stéphane Mirkine, Stars Mirkine, Flammarion.
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