La ligne du Havre-Graville à Tourville-les-Ifs est une ligne du réseau ferré français, qui reliait, originellement, la gare du Havre-Graville à celle des Ifs, dans le département de la Seine-Maritime. Partiellement inexploitée par la suite, elle desservait, jusqu'en , les communes périurbaines du Havre, grâce à des trains atteignant Montivilliers voire Rolleville (service appelé « Lézard'express régionale » depuis 2001). En 2027, la ligne C du tramway du Havre réutilisera son tracé jusqu'à Montivilliers.

Elle constitue la ligne du réseau ferré national.

Histoire Chronologie 31 décembre 1875 : concession de Harfleur à Montivilliers à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. ; : mise en service de Harfleur à Montivilliers par la Compagnie de l'Ouest. ; 14 août 1896 : ouverture de Montivilliers à Rolleville par la Compagnie de l'Ouest ; 24 décembre 1896 : ouverture de Rolleville aux Ifs par la Compagnie de l'Ouest.

Origine Ouest : d'Harfleur à Montivilliers Le mémoire sur le projet d'un chemin de fer de Paris à Rouen au Havre et a Dieppe, présenté par l'ingénieur en chef Defontaine en 1837, intègre un embranchement à voie unique, long de , sur Montivilliers. Le projet prévoit son détachement à Harfleur de la ligne de Paris au Havre, à une altitude de , pour descendre en suivant le flanc des coteaux de la rive droite de la vallée de la Lézarde et rejoindre la station de Montivilliers, établie dans la partie haute de la ville. Le coût estimé de l'embranchement, y compris la station, est de .. D'autres projets, en 1863 et 1865, n'ont pas de suite..

vignette|La gare de Montivilliers, vers 1900. La ligne « de Harfleur à Montivilliers » est concédée à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest par une convention signée entre le ministre des Travaux Publics et la compagnie, le . La convention est approuvée à la même date par une loi qui déclare la ligne d'utilité publique. Lors de la présentation du projet à l'assemblée, il a été précisé qu'elle est réclamée depuis longtemps par les populations et que la compagnie se propose d'organiser, entre Le Havre et Montivilliers, un service de type banlieue avec de nombreux trains..

La Compagnie de l'Ouest ouvre la ligne, à double voie, à l'exploitation le , et elle est inaugurée le 6 du même mois.. En 1882, entre les gares du Havre et de Montivilliers, elle dessert les haltes : Graville-Sainte-Honorine, Harfleur, Rouelles et Demi-Lieue..

Ouest : de Montivilliers aux Ifs La loi du (dite plan Freycinet), portant classement de de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général retient, en , une ligne de « Dieppe au Havre. ».

La ligne est concédée à titre éventuel, dans le cadre d'un itinéraire de Dieppe au Havre, par l'État à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le . Cette convention est approuvée par une loi le suivant.. La ligne est déclarée d'utilité publique et concédée à titre définitif à la compagnie par une loi, le ..

La compagnie ouvre la ligne en 1896, en deux temps : le , la section, à double voie, de Montivilliers à Rolleville et, le , celle, à voie unique, de Rolleville aux Ifsref name="Banaudo2009p27"/>.

Ligne de l'État : de 1909 à 1937 vignette|redresse|alt=Fiche horaire 1915 de la ligne Le Havre - Dieppe par Montivilliers et Les Ifs.|Fiche horaire de 1915. La ligne entre dans le réseau de l'Administration des chemins de fer de l'État le , jour officiel de la remise de ses actifs par la Compagnie de l'Ouest..

En , la fiche horaire du service des chemins de fer modifié au , publiée dans « Le Petit Havre », indique une utilisation de la ligne pour des relations avec Fécamp, Cany et Dieppe, tandis qu'un train a Montivilliers comme terminus. Les haltes d'Harfleur, Rouelles et Demi-Lieue sont desservies par toutes les circulations ( image ci-contre).

Le trafic subit une réduction sensible pendant la Première Guerre mondiale ; en 1917, la ligne est parcourue quotidiennement, dans son intégralité, par un train mixte de la relation Le Havre . Ces trains sont essentiellement tractés par des machines des dépôts du Havre et de Fécamp.

En 1937, à la veille du transfert des lignes à la nouvelle Société nationale des chemins de fer français (SNCF), le service ferroviaire quotidien sur la ligne est constitué d'omnibus Le Havre – Fécamp (trois l'hiver et un supplémentaire durant la période estivale) et de navettes de trains ouvriers Le Havre – Rolleville (quatre à cinq).

Ligne de la SNCF : de 1938 à 2024 1938 à 2001 Le , un décret de coordination ferme la section de Rolleville aux Ifs et au-delà jusqu'à Fécamp.

La Seconde Guerre mondiale provoque une réduction du service sur la section exploitée, qui, en 1940, n'est assuré que par deux à quatre navettes entre Le Havre et Rolleville. Néanmoins, au printemps 1942, un train ouvrier est rétabli sur la relation Le Havre – Fécamp, qui circule donc sur la section coordonnée de Rolleville aux Ifs. La deuxième voie de la section de Harfleur à Rolleville est déposée pendant ce conflit.

vignette|Fiche horaire de 1956. En 1967, cette ligne, reliant Fécamp au Havre, était connue dans la région sous le nom « train des ouvriers ». Elle transportait quotidiennement au Havre ou à Harfleur et en ramenait, à raison d'un aller-retour par jour, des travailleurs résidant dans les localités desservies. À cette époque, le train comportait généralement en semaine une motrice diesel et neuf voitures de pouvant accueillir 50 personnes chacun, mais occupés seulement à 20 % en moyenne en 1966. Un train de marchandises faisait également trois allers-retours par semaine entre Les Ifs et Criquetot-l'Esneval. jusqu'à l'automne 1987.

La section entre les gares de Rolleville et Les Ifs est définitivement fermée au trafic voyageurs le , celui-ci étant reporté sur route.

Le tronçon toujours exploité entre Le Havre et Rolleville voit sa fréquentation baisser ; en 1994, une « étude d'évolution » conclut à la nécessité de sa modernisation, mais ce projet sera sans suite. Face au risque de sa fermeture, une « charte de coopération » pour son amélioration est signée le par la région, le département, le Syndicat Intercommunal des Transports de l'Agglomération Havraise (SITRAH) et la SNCF. Cela permet au SITRAH d'effectuer, entre 1998 et 1999, une étude ayant pour projet la promotion d'un réseau de transports en commun de l'aire métropolitaine havraise, complémentaire entre les différents organismes partenaires. Pendant ce temps, la fréquentation de la ligne a baissé de moitié depuis 1994, pour atteindre annuellement en 1999, ce qui représente une moyenne de quotidiens. L'étude a notamment permis d'aboutir à un protocole d'accord pour la « valorisation de la ligne ferroviaire Le Havre-Rolleville » signé en 2001, par la communauté de l'agglomération havraise, qui a succédé au SITRAH, en partenariat avec la région, le département, la SNCF et RFF..

LER : de 2001 à 2024 En , le service sur la relation  – Montivilliers – Rolleville prend le nom commercial de « Lézard'express régionale » (LER), et est assurée par des autorails cadencés (un train toutes les demi-heures en semaine aux heures de bureau).

La ligne reçoit, en , la certification NF ; elle propose alors vingt-cinq allers-retours quotidiens, dont vingt-et-un sur la relation  – Montivilliers et quatre prolongés jusqu'à Rolleville..

Du au , la ligne est fermée entre Harfleur et Rolleville pour des travaux de modernisation, le transport étant assuré par un service de substitution par autocars. Le chantier principal concerne le renouvellement des éléments de la voie sur plus de quatre kilomètres, avec remplacement du ballast (), des traverses ( en béton) et des rails pour un coût de , pris en charge en totalité par RFF ; il inclut également la reprise des passages à niveau 1 bis et 2. Un deuxième chantier consiste à allonger de les quais de la halte de Montivilliers, afin de permettre la desserte par des « rames TER en unité double », dont le coût de est financé intégralement par la région Haute-Normandie..

Le (date à laquelle interviennent les dernières circulations de trains ), la ligne est définitivement fermée...

Ligne de tramway : à partir de 2027

En 2027, la ligne C du tramway du Havre doit réutiliser le tracé de la ligne ferroviaire jusqu'à Montivilliers ; trois lignes d'autobus du réseau LiA assurent une desserte de substitution jusqu'à cette échéance.

Tracé Section du Havre-Graville à Rolleville (exploitée jusqu'en 2024) vignette|redresse|Extrémité de la ligne, à Rolleville. Au-delà, la voie est neutralisée en direction de Tourville-les-Ifs. Après avoir quitté la gare du Havre-Graville, la voie unique se débranche, sur la gauche, des voies de la ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre, peu avant d'arriver à Harfleur. Elle traverse la gare d'Harfleur-Halte au passage à niveau (PN) avec la route départementale 231, puis prolonge sa courbe sur la gauche avant de rejoindre la Lézarde dont elle suit la vallée. Elle croise à niveau la rue Friedrich-Engels, puis poursuit vers le nord et passe sous la route départementale D6382, en parallèle avec le nouveau tracé de la route de Rouelles, section où se trouvait l'ancienne halte de Rouelles. Désormais établie dans une profonde tranchée, elle arrive à la halte de Jacques-Monod-la-Demi-Lieue, qui dessert l'hôpital Jacques-Monod du groupe hospitalier du Havre situé sur la hauteur. Elle poursuit son parcours sur la rive droite de la rivière qu'elle côtoie en fonction de ses méandres et, en arrivant sur Montivilliers, elle entame une grande courbe sur la droite, franchit la rivière, et entame la montée peu avant son arrivée en gare de Montivilliers située dans la ville haute. Juste après la gare, la voie passe sous les voies routières, en bordure du centre-ville, par une tranchée couverte longue de .

Située maintenant sur la rive gauche, elle s'oriente sur un axe nord-est et franchit de nouveau la rivière, juste avant le passage à niveau de la route de la Payennière. Sur une portion droite, elle passe au PN de la rue du Val de la Drille, franchit encore une fois la Lézarde avant d'effectuer une courbe sur la gauche, passer le PN de la rue Aristide-Briand et arriver en gare d'Épouville, située sur un palier après une pente de 17/‰. Elle continue sa montée par une ligne droite sur un axe nord, côtoie de nouveau le cours de la Lézarde après une courbe sur la gauche et, en direction du nord-ouest, elle rejoint la gare de Rolleville, dans laquelle un heurtoir marque la fin de la section exploitée. Les navettes repartent dans l'autre sens, puisqu'il n'y a qu'une seule voie dans cette gare et il n'y a pas de voie d'évitement dans les gares précédentes.

Section de Rolleville aux Ifs (neutralisée) La voie a été neutralisée de Rolleville à Criquetot-l'Esneval, à la suite de l'arrêt du trafic voyageurs en .

Elle comportait 25 passages à niveau, dont 18 non gardés, et quelques ouvrages d'art sur le début du trajet après Rolleville. Les rails restent visibles à certains endroits.

En sortie de la gare de Rolleville (altitude ), la voie continue d'emprunter la vallée de la Lézarde, tout en s'écartant de son cours pour gagner de l'altitude. Après le passage à niveau de la Côte de l'Église, la ligne domine le centre de la commune de Notre-Dame-du-Bec en passant derrière son église. La route d'Hermeville passe sous la voie par un tunnel de briques.

La ligne franchit la route de Turretot (D79) par un pont en briques, qu'elle longe ensuite jusqu'à la route de Croismare à la sortie de Saint-Martin-du-Bec. À partir de ce point (altitude ) toutes les traversées de routes et chemins se font par des passages à niveau. La ligne rejoint alors la gare de Turretot - Gonneville (altitude ), située sur la route de Gonneville entre les deux bourgs.