Le Comité de l’unité togolaise (CUT) est un ancien parti politique togolais. Fondé en 1941 à partir d'une association regroupant des notables du nord et du sud du Togo dans une communauté fidèle à la France (face à l'Allemagne), ce parti politique devient indépendantiste dans les années 1950, et son leader, Sylvanus Olympio, devient le premier président d'une République togolaise indépendante.
Historique
Pour mieux faire face aux revendications coloniales allemandes, le gouverneur français Michel Lucien Montagné crée en 1936 une association, Les Amitiés françaises, «unissant dans une commune fidélité à la France des notables du Nord et du Sud» du Togo. Puis le , après l'armistice de 1940, il transforme cette association en un parti, le Comité d'unité togolaise (CUT). Entre l'été 1940 et le début de 1943, la frontière est officiellement fermée entre la Gold Coast, colonie britannique, et le Togo, séparant de façon artificielle un peuple Ewe uni par la langue et la coutume. Juste après la Seconde Guerre mondiale émerge le projet d'un Eweland étendu de la Volta au Mono, sous administration britannique. Parmi les personnalités africaines favorables à ce projet figure Sylvanus Olympio, un homme d'affaires africain, directeur général Togo de la United Africa Company (UAC), filiale du groupe Unilever en zone française.
La Constitution française de 1946 introduit des évolutions politiques significatives pour les territoires colobiaux. Elle prévoit notamment des élus pour chacun de ces territoires au Parlement français. Sylvanus Olympio est a priori peu favorable à une représentation togolaise dans ce Parlement français : , déclare-t-il de façon ironique. Mais, ne souhaitant pas laisser la place à d'autres mouvements, il décide de présenter un candidat favorable à ce projet d'un Eweland. Il lui faut pour cela un parti officiellement reconnu par l'administration coloniale française. Le gouverneur français Jean Noutary est peu favorable à la création d'un tel parti et se démène pour en empêcher la création. Sylvanus Olympio fait alors adhérer en masse ses amis au CUT (Comité d'unité togolaise), créé en 1941 par le gouverneur Montagné. Le CUT est dès lors présidé par Augustino de Souza,une des personnalités africaines les plus riches du Togo, qui met ses moyens financiers au service de ce mouvement politique. Sylvanus Olympio en devient le vice-président. Le corps électoral togolais compte , des commerçants, des chefs traditionnels et des notables. Son candidat à la députation au sein de l'Assemblée nationale française, Martin Aku, est élu en 1946. Sylvanus Olympio est élu au sein de l'Assemblée territoriale du Togo, dont il devient le président. Il est aussi le porte-parole de la All Ewe conference à l'ONU. Son anglophilie préoccupe le pouvoir français qui lui préfère Nicolas Grunitzky, leader du Parti togolais du progrès, plus proche de l’administration coloniale. Martin Aku, devancé par Nicolas Grunitzky lors des élections du , perd son mandat de député en FranceFiche sur le site de l'Assemblée nationale. Pourtant, au début des années 1950, Sylvanus Olympio prend ses distances par rapports aux positions de l'All Ewe Conference et du projet d'un Eweland. Il change les objectifs de l'Eweland unifié en ceux d'un Togo unifié et indépendant, mais il perd la présidence de l'Assemblée territoriale du Togo.
En et jusqu’aux élections d’, Nicolas Grunitzky devient le chef du gouvernement d'une république autonome togolaise, toujours placée sous tutelle française. Par ailleurs, Sylvanus Olympio est privé de ses droits civiques par les autorités coloniales françaises, qui prennent prétexte d'une histoire douteuse de trafic de devises.
En , lors des élections législatives, les électeurs togolais votent massivement pour les indépendantistes du Comité de l'unité togolaise. Sylvanus Olympio, entretemps amnistié, en est devenu le leader naturel. Il est nommé premier ministre de cette république autonome du Togo, puis le , il est le vainqueur des premières élections présidentielles du Togo indépendant.
En 1963, Sylvanus Olympio refuse la réintégration dans l'armée togolaise des soldats qui avaient combattu au sein de l'armée française pendant la guerre d'Algérie. Ces soldats, majoritairement issus des Kabyê du Nord du Togo, décident avec le soutien d'éminents « coopérants » français d'organiser un coup d'État dans la nuit du 12 au . Une poignée de militaires, dont aurait fait partie Gnassingbé Eyadéma, assassinent Sylvanus Olympio. Le Comité de l’unité togolaise est dissous.
Résultats aux principales élections de 1946 à 1961 ÉlectionLeader du partiVotes%Nbr de sièges+/–Position1946Sylvanus Olympio 14 1951 13 195225,7% 8 1955Boycott 9195861,2% 29 1961100% 23
Références
Voir aussi Augustino de Souza Dopévi Dagbé
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