Gréville-Hague est une ancienne commune française du département de la Manche, et de la région Normandie, peuplée de habitants.

Depuis le , elle fait partie de la nouvelle commune de La Hague et a le statut de commune déléguée.

Géographie Localisation Situé dans le pays de la Hague, Gréville-Hague est placé à l'extérieur du Hague-Dick qui séparait la pointe de la Hague du reste du Cotentin.

Géologie et relief Les falaises abruptes de (Landemer, le Castel Vendon, le Mur-blanc) qui forment une façade maritime de quatre kilomètres tombent à Landemer, qui marque la rupture avec l'agglomération cherbourgeoise, en laissant place à la large baie qui baigne la plage d'Urville. Gréville est également limitrophes de Branville-Hague au nord-est, et de Beaumont-Hague au nord-ouest.

Hydrographie Le territoire grévillais est délimité par deux vallées, celle de la Sabine, à l'ouest, frontière d'avec Éculleville, et celle du Hubiland, à l'est, né au hameau Fleury, et qui le sépare d'Urville-Nacqueville au niveau du village de Landemer. La commune est aussi arrosée par la Pissotière, sous le hameau de Gruchy, et par le ruisseau du Castel qui traverse la commune depuis sa source au Lieu Bailly, jusqu'à la Manche au pied du Castel Vendon.

Paysages Les paysages distinguent une côte sauvage, dessinée par la mer et le vent, composée de landes silicicoles de fougères, genêts, ajoncs et bruyères, et un bocage formé de haies basses sur les coteaux ventés et haies hautes dans les vallées mieux abritées, avec sureaux, prunelliers, épines blanches, chênes pédonculés, hêtres et frênes, délimitant des champs où dominent l'herbe et la polyculture (maïs, blé, colza…)« La Hague bocagère » et « Falaises septentrionales de la Hague », in Pierre Brunet et Pierre Girardin, L’inventaire régional des paysages, édition du Conseil régional de Basse-Normandie / Direction régionale de l'environnement de Basse-Normandie, 2004. Les tunnels du Castel Vendon abrite une importante colonie de chauve-souris.

Milieux naturels et biodiversité Gréville-Hague est concerné par la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type 2 de la Hague, et par les ZNIEFF de des , et des . La côte est un site naturel classé au titre de la loi de 1930 depuis le au sein de la zone côtière de la Hague, et l'ensemble du territoire est inscrit depuis le avec les autres communes de la Hague. La commune entre dans le champ d'acquisition du Conservatoire du littoral, les terrains achetés étant gérés par le Syndicat mixte des espaces littoraux de la Manche (SyMEL).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Guerevilla au , Gervilla en 1209, Guervilla en 1218 et Grevilla en 1320..

Le toponyme est issu d'un anthroponyme germanique tel que Creiz., Grido ou Gairo., et de l'ancien français ville dans son sens originel de « domaine rural » issu du latin villa rustica. Le locatif Hague est ajouté en 1936, officialisant un usage plus ancien.

Par ailleurs, les anthroponymes Creiz et Grido proposés par Albert Dauzat et Ernest Nègre sont possibles au prix d'une gymnastique phonétique indémontrable par les formes anciennes. L'hypothèse d'Albert Dauzat est d'ailleurs abandonnée par Marie-Thérèse Morlet et tous les spécialistes, de sorte que la proposition de François de Beaurepaire est la plus solide (bien que Gero semble préférable à Gairo). Aucun de ces auteurs ne cite les noms de personnes scandinaves du type Geiri (vieux norrois) / Geri (vieux danois) et éventuellement le vieux norrois Geirr qui conviendraient aussi bien sur un plan phonétique qu'à cause de la situation de Gréville dans la HagueDominique Fournier, « Gréville-Hague » in Wikimanche (lire en ligne) .. Le passage de Gerville / Guerville à Gréville s'explique par la métathèse de [r]. Ce qui fait de Gréville un homonyme des différents Gerville, dont certains ont comme premier élément le nom de personne scandinave Geiri ou Geri de manière plus assurée, c'est le cas pour Gerville (Seine-Maritime, Criquetot-le-Mauconduit, Geyrivilla vers 1040) ou Gerville-la-Forêt (Manche, Gerivilla 1080).

Histoire Moyen Âge Au , la paroisse relevait de l'honneur de Néhou..

L'église, placée sous le vocable de sainte Colombe, avait au milieu du , le roi pour patron.. En 1322, Charles le Bel donna ce patronage à la Sainte-Chapelle de Paris. En 1339, les nouveaux patrons firent régler, par l'évêque, les droits du vicaire perpétuel. Ce dernier, qui avait également un droit dans la forêt du roi, reçut le revenu de l'autel et les menues dîmes consistant en laine, lin, chanvre, pommes, poires, arbres, agneaux, porcs, veaux et poissons. Les grandes dîmes allaient aux abbés de la Sainte-Chapelle. Ces dîmes, avec celles d'Aubigny, dont les abbés étaient également patrons, valaient .

Au Moyen Âge, le territoire de Gréville était composé de cinq fiefs : celui de Gruchy, de Gréville, du Val Ferrand, de la Haulle ou Haule, qui relevait de la baronnie de Bricquebec. et de Saint-NazaireSection Histoire locale, site officiel de la commune.. À la fin du , Eudes de Sottevast était seigneur et patron du lieu. En 1435, Colin Bazan est seigneur de Gréville.

Une foire annuelle de la saint Nazer se tenait le à Gréville.. En 1465, le seigneur de Gréville-Hague déclare être tributaire d'une foire le jour Saint-Nazer, ..

Temps modernes En 1523, Olivier Heuzey est dit sieur du Val-Ferrand.. La famille Heuzey était de très ancienne noblesse, rattachée aux ducs de Normandie par une fille de . Elle portait, d'argent à la heuse (botte) de sable éperonnée d'or.

En 1567, Jacques du Moncel, sieur de Sainct Nazare et d'Estoubeville à Helleville, est taxé pour ces fiefs de dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief de Sainct Nazare à Gréville-Hague, qui valait un huitième de fief de haubert, était tenu du roi sous le fief de la Varengère à Ozeville.. Dans le même rôle : Jehan Heuzey, sieur d'Urville, Gréville, du Val-Ferrant à Gréville et Durescu à Urville, est taxé pour ces fiefs de . Le fief de Gréville, qui valait un quart de fief de haubert, était tenu du roi sous la vicomté de Valognes, et, le fief du Val-Ferrant à Gréville, qui valait un quart de fief de haubert, et relevait de la baronnie d'Orglandes, avait des extensions à Beaumont, Éculleville et Sainte-Croix, et, Jehan Le Bourgeois, écuyer, sieur de Gruchy, Héauville et la Haulle, est taxé de . Le fief de Gruchy qui valait un sixième de fief de haubert était tenu du roi, et le fief noble de la Haulle à Gréville, relevait du fief de Magneville.

Parmi les personnes notables habitants Gréville, on peut citer : un Dusaussey, sieur de Gruchy, qui avait pour armes : d'argent au sautoir de gueules accompagné d'hermines sans nombre ; Hervieu, sieur du Val-Ferrand, qui portait : d'azur au chef d'argent chargé d'un lion passant de gueules ; Jacques de Lorimier, seigneur de Gréville, capitaine de canonniers garde-côtes, et plus tard, major de la bourgeoisie de Carentan.

Révolution française et Empire Rattachée avant la Révolution française à l'élection de Valognes, la sergenterie de Tollevast et au doyenné de la Hague, la paroisse devenue commune est incluse dans le canton de Sainte-Croix en 1793 puis celui de Beaumont en 1801, au sein du district de Cherbourg en 1793, puis de l'arrondissement de Valognes jusqu'à la création de celui de Cherbourg en 1811.

En 1795, une école publique primaire est créée à Gréville pour les enfants de la commune ainsi que ceux d'Éculleville, du hameau Christo d'Urville-Hague et du hameau Bosvy de Nacqueville, sous l'autorité de l'instituteur Marin Feuardent.

Époque contemporaine En 1905 est fondée une coopérative autour de la laiterie de Gréville.

La commune est libérée le par les et d'infanterie.

En 1962, la coopérative s'associe à d'autres du Cotentin au sein de l'UCALMA qui devient en 1985, les Maîtres laitiers du Cotentin. Jusqu'à sa fermeture, la laiterie de Gréville fabriqua un beurre vendu sous le nom de , puis rebaptisé en beurre « Val de Saire » à cause de la mauvaise image donnée par l'usine de la Cogema.

Politique et administration Liste des maires

Le conseil municipal était composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints..

Population et société Les habitants de la commune sont appelés les Grévillais.

Démographie

Gréville-Hague a compté jusqu'à en 1821. Ce maximum n'a été dépassé qu'en 2006, avec .

Manifestations culturelles et festivités

Sports et loisirs L'Association sportive Gréville-Hague fait évoluer deux équipes de football en divisions de district. Lors de la saison 2021-2022, les deux équipes accèdent aux divisions supérieures. Pour la saison 2022-2023, l'équipe fanion évolue en D2 et l'équipe réserve en D3..

Cultes Le territoire communal est rattaché à la paroisse catholique Bienheureux Thomas Hélye de la Hague du doyenné de Cherbourg-HagueSite du doyenné..

L'unique lieu de culte est l'église Sainte-Colombe, vocable renvoyant à la sainte patronne traditionnelle de la commune, jeune fille qui préféra se sacrifier en s'enfermant dans un four à pain allumé, plutôt que de céder aux avances du curé, et que Dieu transforma en oiseauJean Fleury, Littérature orale de la Basse-Normandie, Maisonneuve & Cie, 1883..

Économie La principale ressource économique du territoire communal est l'agriculture, à travers six exploitations tournées essentiellement vers la production laitière ainsi que l'élevage bovin et ovin. Comme le reste du canton de Beaumont-Hague, le principal employeur est l'usine de retraitement de la Hague et ses sous-traitants, ainsi que les entreprises de la communauté urbaine de Cherbourg. Gréville-Hague accueille également quelques commerces et des artisansÉconomie, site officiel de la commune..

Culture locale et patrimoine vignette|L'Église de Gréville par Jean-François Millet. vignette|Le groupe sculpté La Mise au tombeau. vignette|redresse|La statue de Jean-François Millet. vignette|La maison au Puits. Lieux et monuments L'église Sainte-Colombe L'église Sainte-Colombe du , d'origine romane, inscrite aux monuments historiques. offre un intérêt au point de vue architectural malgré ou à cause des multiples transformations au cours des huit siècles de son histoire, notamment aux .

L'édifice primitif était constitué d'un vaisseau principal flanqué d'un collatéral du côté nord. Les arcades de la nef et du chœur sont portées par des piles carrées d'un intérêt notable et d'un type très rare, cantonnées aux angles de colonnettes à chapiteaux qui annonçaient la fin de l'art roman. En 1774, on prolongea la nef d'une travée où se trouvent actuellement les fonts baptismaux. on refit le mur collatéral. C'est à cette époque également que toute la grande nef fut couverte d'une voûte sur croisée d'ogives.

Le clocher tel qu'il se présente actuellement a été construit en hors-œuvre en 1554 comme en témoigne le blason extérieur « de Pierre Heuzey ». Le rez-de-chaussée aménagé en chapelle comporte côté ouest un large enfeu qui aurait abrité jusqu'à la Révolution, les douze apôtres : une seule de ces statues aurait résisté, celle de saint Pierre placée actuellement à l'extérieur au-dessus du portail. C'est dans cette chapelle qu'ont été placées les célèbres statues mises au jour en 1993 et constituant une Mise au tombeau du Christ. Les ogives de la voûte à trou de cloches central retombent dans les angles sur des culots sculptés : chevalier, jeune homme, cheval, vieillard. Le linteau de la piscine mais également celui de la porte de l'escalier du clocher sont ornés d'une accolade et surmontés du blason des Heuzey : d'azur à la botte au beuziau de sable éperonnée d'or.