Paludes est un ouvrage publié en 1895 par André Gide. C'est une satire enjouée du Paris littéraire, que Gide qualifie de sotie. L'histoire suit la rédaction par le narrateur d'un livre, Paludes, dont le personnage principal se nomme Tityre, en référence au Tityrus des Bucoliques de Virgile, décrit comme isolé et solitaire, réfugié dans une tour, le tout contrastant avec la vie publique du narrateur ici rapportée en contrepoint.
D'une facture inédite, ce livre est considéré par la critique littéraire contemporaine comme étant l'un des premiers récits modernes français. Dans le faux titre de l’original de Paludes, cette « sotie » portait l’intitulé de « Traité de la contingence ». De fait, on peut considérer que Gide y institue la contingence en véritable principe de composition romanesque. L’ouvrage fraye ainsi la voie au roman contemporain.
Écriture et publication Paludes (traité de la contingence)Notice d'autorité de la BnF, en ligne. est la quatrième œuvre d'André Gide — mais aussi la dernière — publiée à la Librairie de l'art indépendant dirigée par Edmond Bailly, après Les Poésies d'André Walter (œuvre posthume) et Le Traité du Narcisse, théorie du symbole en 1891, puis Le Voyage d'Urien en 1893.
André Gide commença à l'écrire en Afrique du Nord, puis se rendit à la Brévine en Suisse, pour raisons de santé, travaillant en même temps à son roman Les Nourritures terrestres. Il eut une aventure brève, mais romantique, avec un batelier sur le lac de Côme, dont il parle en termes couverts dans une lettre adressée à sa mère. Il s'imposait un emploi du temps quotidien rigide : cinq heures de piano, deux heures de promenades en montagne, deux heures de bains et de gymnastique, puis écriture, lecture et sommeil. Le ton ironique de Paludes camouflait le désespoir de Gide à l'époque.
L'édition originale a été tirée à 400 exemplaires numérotés.
Le roman est dédié à Eugène Rouart, un ami et homme politique.
Réception critique D'une forme inhabituelle, ce livre est l'un des premiers récits modernes français, de l'avis entre autres d'Henri Ghéon, Roland Barthes ou de Nathalie Sarraute :
– Henri Ghéon, Bulletin de l'Association des amis d'André Gide, , p. 26
– Roland Barthes, Le Plaisir du texte, p. 30
– Nathalie Sarraute, entretien avec Grant Keiser, Roman 20-50, n°4, , p. 22 Quant à Mallarmé, il écrit :
– Mallarmé, « Lettre du », Correspondance, t. 7, Gallimard, 1982, 241
Voir aussi
Bibliographie critique Jean Pierre Bertrand, Paludes d'André Gide, Gallimard, Foliothèque, 2001 Christian Angelet, Symbolisme et invention formelle dans les premiers écrits d'André Gide, Gent, Romanica Gendensia, 1982 Béatrix Beck, « Une signification cryptique de Paludes », Études littéraires, 2, 3, 1969, 305-311
Bertrand Poirot-Delpech, J'écris Paludes, Gallimard, 2001 Frédéric Canovas, « En déclinant Paludes : sur les traces de Virgile et de Dante », Essays in French Literature 29 (Automne 1992), pp. 105-20. Frédéric Canovas, « Sexe, mensonges et idéaux : le rêve de Paludes », Romance Notes 35, 1 (Automne 1994), pp. 13-27 Frédéric Canovas, « Le Cauchemar de Paludes ou la tentative d’écriture », Symposium 48 (Automne 1994), pp. 163-73.
Articles connexes André Gide Nouveau roman
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Roman d'André Gide Catégorie:Roman satirique Catégorie:Roman français paru en 1895 Catégorie:Roman se déroulant à Paris Catégorie:Roman se déroulant au XIXe siècle