Bouc-Bel-Air est une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle fait partie du territoire du Pays d'Aix au sein de la métropole Aix-Marseille-Provence.

Géographie Localisation La commune est située entre Marseille, Gardanne et Aix-en-Provence, le vieux village est installé au sommet d'une petite colline. Depuis ce petit sommet, une vision de la chaîne de l'Étoile, la montagne Sainte-Victoire, et même du mont Ventoux les jours sans brume, est possible. vignette|center|Entrée de la commune.

Géologie et relief

Bouc-Bel-Air est historiquement située sur le piton rocheux où est construit le château, qui culmine à d'altitude.

La commune comprend de nombreuses autres collines, comme celle des 3 Pigeons () au nord, celle du Bois de Jussieu () à l'ouest ou celle de la Salle () au sud. Elle est également bordée par la colline de Valabre au nord-est et les premiers contreforts du massif de l'Étoile au sud, avec notamment le Baou-Roux, qui culmine à , et le lieu-dit Sousquières.

Le point culminant de la commune est cependant au cœur de la forêt des Terres Blanches, la principale forêt de Bouc-Bel-Air, à d'altitude près du lieu-dit Peyrefuguette.

Hydrographie Bouc-Bel-Air est baignée par le Grand Vallat, qui prend sa source à Simiane-Collongue et parcourt la commune d'ouest en est, entre la Salle, le Pont de Bouc et San Baquis. Il se jette ensuite dans l'Arc au lieu-dit Saint-Pons. Il a comme affluent le vallat des Merentiers ainsi que de petits ruisseaux au régime d'oued. En amont de La Salle, il porte le nom de Vallat de Babol, ou même vallat du grand ruisseau sur les cartes IGN, vallat signifiant ruisseau en provençal. Le vallat de Babol tient son nom du Grand Babol, petite colline de Simiane en contrefort du Pilon du Roi. La plupart de ces affluents sont sur le bassin versant de l'Etoile. La zone des Chabauds et la petite Bastide était marécageuse et abondait des sources et des ruisseaux dont celui de la route de Rans et du Coulladou ( Cabries) réputé pour ses lavandières à la fin du et qui se sont taris au fur et à mesure du drainage de la zone. Subsistent de petites zones marécageuse de la Petite Bastide et çà et là des joncs ou de la prêle ou du houblon dans des zones encore humides ( La Malle, le long des voies sous Lafarge ou à côté du SDIS). La commune est également bordée, au nord-est, par la Luynes.

Bouc-Bel-Air possède sa propre station d'épuration, près de la déchetterie municipale, au bas de la colline de la chapelle Bonne-Mère, le long de la D 60a, ainsi qu'une annexe à San Baquis.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Mimet à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Bouc-Bel-Air est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Marseille-Aix-en-Provence, une agglomération inter-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Marseille - Aix-en-Provence, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (46,5 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (32,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (34,5 %), forêts (26,6 %), zones agricoles hétérogènes (16,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (9,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8,7 %), mines, décharges et chantiers (2,4 %), terres arables (2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports Bouc-Bel-Air est traversée par la route nationale 8, route historique qui relie Aix-en-Provence à Toulon. La ville est également longée par l'A51 à l'ouest, la D 6 au sud, et la voie de chemin de fer entre Aix-en-Provence et Marseille au sud.

Trois lignes de bus la desservent : le L51 et L53 de Cartreize qui font la liaison Aix-Marseille en passant par la RN 8, et le bus Aix - Bouc-Bel-Air - Simiane - Mimet du Pays d'Aix.

La commune n'a plus de desserte ferroviaire. Les deux gares les plus proches sont Gardanne et Simiane-Collongue, sur la ligne TER Marseille - Aix-en-Provence - Briançon. La gare d'Aix-en-Provence TGV est à environ 20 kilomètres par voie routière, soit à égale distance de Marseille-Saint-Charles.

Transports aériens : aéroport de Marseille Provence ().

Toponymie Bouc, (le Bel-Air date de 1907), dérive du latin Buccum qui signifie bouche ici pris dans le sens de passage, embouchure.. En effet, Bouc-Bel-Air est en quelque sorte l'embouchure du pays d'Aix, à rapprocher de Port-de-Bouc : le port de l'embouchure. Une autre étymologie semble acceptée, ayant pour origine le vieux provençal Baouco, qui signifierait petit sommet. Les dictionnaires usuels ne semblent cependant connaître bauco/balca que dans le sens d'une graminée ou touffe d'herbe..

Le nom de la commune en provençal est Bouc ou BouLou Tresor dóu Felibrige, Frédéric Mistral, vol. 1 p. 309 de l'édition CPM, 1979. Le c final de l'ancien provençal a disparu en provençal moderne, mais ici il a pu être maintenu à titre euphonique en raison du nom officiel portée par la commune au , Bouc-Albertas.

Microtoponymie

Baou Roux : baou désigne la falaise, par extension la colline qui la supporte. Montaury : variante de Pichaury (Püech Aury). Aury pourrait se référer soit à la couleur dorée (peu probable), soit au caractère venteux : colline venteuse. Auro = la brise (présent dans le nom de nombre de vents provençaux). Plan Marseillais : plan désigne une petite plaine fertile Grand Vallat : le vallat désigne un ruisseau. Grand implique qu'il coule toute l'année. Jussieu : le suffixe -ieu est remarquable ici, on le trouve davantage plus au nord (suffixe -acum marquant un lieu, sans doute sans rapport ici), il est souvent lié à la famille des Jussieu (région de Lyon où ce suffixe est fréquent) ayant donné plusieurs botanistes et une rue à Marseille. La colline à cet endroit est liée à la famille Leprince-Ringuet autre famille ayant donné de grand savants. Du vieux français judiu : juif, indique une origine possible hébraïque de la famille. San Baquis : San peut faire référence à un saint. Sambaqui est un amas de coquillage au brésil mais la racine est indigène. Sambuquié désigne un sureau noir. (Sambucus nigra) nombreux ici, mais sambuco désigne aussi un passage étroit, comme le passage ici du Grand Vallat. Vallon du pegot : pego designe la poix noire (colle). pibou : piboulado, sorte de champignon poussant sur les peupliers (pleurotes et non agaricus comme sur la source) .

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Les tout premiers Boucains de l'Histoire sont arrivés il y a autour de la colline du Baou Roux, au sud de l'actuel village, peut-être près de la source du Trou d'Or qui y coule encore aujourd'hui.

Des fouilles ont établi un peuplement relevant de la culture couronnienne, entre -3200 et -2500.

Ils chassaient l'ours, le cerf et l'aurochs. Plus tard ils domestiquèrent le mouton sauvage et commencèrent à cultiver la terre. Plus tard encore, ils fondirent le bronze puis le fer ; de ces époques on retrouvera des outils, des bracelets et quelques épées. Un jour, pour des raisons de sécurité sûrement, les tribus fondèrent un oppidum au sommet du Baou Roux. C'est du haut de cette falaise qu'ils virent arriver les premiers commerçants grecs qui remontaient vers la vallée de la Durance.

vignette|250px|Vestiges d'habitations celto-ligures sur le site du Baou Roux. La cité celto-ligure établie au Baou Roux fait partie du peuple salyen dont la capitale est Entremont, au nord de l'actuelle Aix-en-Provence. En 124 l'oppidum tombe aux mains des Romains menés par le consul Caius Sextius Calvinus, qui la détruisent. Les survivants sont capturés et réduits en esclavage. Des villas gallo-romaines seront construites à Bel-Ombre, aux Revenants ou à Sousquières ; elles seront détruites à leur tour lors des invasions barbares comme de très nombreuses autres sur les communes actuelles voisines (La Trébillanne à Cabries, où l'on peut voir sa maquette).

Moyen Âge

Les Boucains ne sont que quelques rares familles de paysans regroupés dans de petits hameaux protégés par de frêles palissades de bois. Ils chassent le cerf et le sanglier, cultivent la fève, le pois-chiche et des céréales, et élèvent de maigres troupeaux de moutons et de porcs souvent décimés par les loups. Pillards et barbares infestent le pays, et les hameaux ne résistent pas aux charges des guerriers sarrasins ou lombards, ni des troupes franques de Charles Martel, de passage en 737 pour remettre de l'ordre en Provence.

Après le règne de Charlemagne, les Boucains entreprennent de construire une place forte autour de l'éperon rocheux. Les maisons se terrent ensuite derrière ce rocher protecteur, et quand les envahisseurs reviennent piller les greniers, les Boucains, prévenus par les guetteurs, se feront guerriers pour défendre leurs biens.