L’Amiga est une famille d’ordinateurs personnels commercialisée par Commodore International entre et . Dans les années 1990, il est très populaire sur la scène démo, parmi les amateurs de jeux vidéo et dans l'industrie de la vidéo. Dans les années 1980, l'Amiga offrait en standard un affichage plus coloré et plus animé, un meilleur son et un système d'exploitation (multitâche préemptif avec interface graphique) plus avancé que la plupart de ses concurrents.

En neuf ans de commercialisation, une dizaine de modèles sont proposés au public et aux professionnels. La version la plus célèbre reste l'Amiga 500, sorti en 1987, vendu à plus d'un million d'exemplaires en Allemagne. Commodore est placé en faillite en 1994, signant la fin de leur production.

Les logiciels n'étant pas compatibles avec ceux de ses concurrents, l'Amiga devait disposer de ses propres programmes de jeu vidéo, traitement de texte, de musique assistée par ordinateur, de dessin, etc. Malgré ces nombreuses contraintes, la machine de Commodore est restée longtemps une référence dans la scène démo, parvenant encore à surpasser des démos PC à l’Assembly ..

Modèles commercialisés vignette|Amiga 1200 avec sa souris et un lecteur de disquette externe Amiga

La famille Amiga compte une dizaine de modèles, les définitions d'écran sont, dès le début, supérieures à celles des produits concurrents, la vitesse d'affichage est également supérieure et sa mise en œuvre est bien différente : l'Amiga n'a pas besoin de carte graphique, il comporte trois circuits intégrés spécialisés nommés Agnus, Denise et Paula, allégeant le travail du microprocesseur et ajoutant des fonctionnalités dont il serait incapable. Il y a donc un processeur graphique, un processeur vidéo et un processeur audio ainsi qu'un système assurant la gestion de la communication avec les périphériques internes ou externes.

Le chipset - les circuits intégrés - de cet ordinateur permet de réaliser des effets vidéo aussi fluides que le cinéma et les afficher sur un écran de télévision ordinaire sans utiliser le processeur Motorola 680x0. Les trois circuits intégrés sont l'œuvre de Jay Miner, vice-président de Amiga Corp, qui est également l'auteur des circuits intégrés de la console de jeu Atari 2600.

Le système d'exploitation de l'Amiga comporte une interface graphique inspirée de celle de Xerox (utilisée sur le Lisa puis sur Macintosh) mais y ajoutant un multitâche préemptif ainsi qu'une interface en ligne de commande similaire au xterm d'Unix. Les premiers usagers ont remarqué son aisance à exécuter de nombreuses tâches en même temps — plus de 5000 avec seulement de ram (...), ceci est dû au fait que les opérations d'affichage sont entièrement réalisées par les circuits intégrés et que le processeur 68000 est alors entièrement disponible pour les calculs. Le client cible de l'Amiga est l'utilisateur domestique ainsi que le domaine de l'infographie, de la musique (grâce aux 4 voies stéréo de Paula) et la vidéo. Le magazine InfoWorld se questionne concernant la plus-value apportée par l'Amiga sur le marché des entreprises et de l'informatique de gestion InfoWorld, 15 juillet 1985, vol. 7 - , Popular Science, oct. 1985, vol. 227 - , .

L'offre en logiciels pour Amiga a posé un problème à Commodore : la machine n'était pas compatible avec ses concurrents, ni même avec le C64 de Commodore, et aucun des logiciels sur le marché ne fonctionnait sur cette machine. Divers éditeurs de logiciels annoncent des adaptations de leurs produits à l'Amiga, mais l'offre reste modeste. Parmi les logiciels annoncés sur cette machine, il y a le langage de programmation BASIC de Microsoft et quelques dizaines de logiciels qui vont du traitement de texte et la comptabilité à la musique assistée par ordinateur et la création de dessins animés InfoWorld, 5 août 1985,Vol. 7 - ,. L'offre en logiciels s'est élargie en 1986 avec l'arrivée de Deluxe Paint, , et , créés par Electronic Arts Popular Mechanics, mai 1986,Vol. 163 - ,. L'achat, en option, d'un émulateur pour un coût de , permet d'exploiter les logiciels existant sur le marché et prévus pour IBM PC, tels que Wordstar, DBase III ou Lotus 1-2-3 New York Magazine, 5 août 1985, vol. 18 - , .

+ Les modèles Nom Année Forme du boîtier Marché Processeur AmigaOS ChipsetAmiga 1000http://oldcomputers.net/amiga1000.html1985 États-Unis (Nov)1986 Europeordinateur de bureaudomestique68000 1.0OCSAmiga 5001987machine à écriredomestique68000 1.3OCS ou semi ECS (rev6)Amiga 500+1991machine à écriredomestique68000 2.04ECSAmiga 20001987ordinateur de bureauprofessionnels68000 1.3 et 2.04OCSAmiga 1500http://www.amigahistory.co.uk/a1500.html1990ordinateur de bureauprofessionnels68000 1.3 et 2.04ECSAmiga 30001990ordinateur de bureauprofessionnels68030 2.04 ou UnixECSAmiga CDTV1991set-top boxdomestique68000 1.3OCS(?)Amiga 600http://www.amiga600.de/a600capab.htm1992machine à écriredomestique68000 2.05ECSAmiga 12001992 (Dec)machine à écriredomestique680ec20 3.0AGAAmiga 40001992ordinateur de bureauprofessionnels68030 ou 68040 ou 68060 .3.0AGAAmiga CD32http://www.amiga-hardware.com/showhardware.cgi?HARDID=321993 (Sep)console de jeudomestique680ec20 3.1AGA On connaît plusieurs estimations de ventes d'Amiga tout au long de sa vie. Des chiffres datés de fin 1988 montrent alors un parc installé en Europe de machines (dont en Allemagne, au Royaume-Uni, et en France). Fin 1992, dans son rapport annuel récapitulant l'année écoulée, Commodore annonçait un parc installé de d'Amiga au , deux années avant sa mise en liquidation.. Bien plus tard, le Dr Peter Kittel, qui a été chargé de faire le relevé du nombre de machines vendues au travers des numéros de série lors de la liquidation de Commodore, indiqua dans un email rendu public son estimation que Amiga avaient été vendus en Allemagne, en Europe, aux États-Unis, et dans le reste du monde entier - soit environ 7 millions de machines, tous modèles confondus..

Certains Amiga 500 (vendus fin 1991 début 1992) sont équipés de cartes mère 500+ bridées.

Quelques prototypes n’ont jamais vu le jour, dont : Amiga Nyx, 1994, avec un prototype de puces AAA ; Amiga Walker, 1996, avec un jeu de puces AGA, mais avec des connecteurs d’extension ressemblant aux PCI.

Histoire Au début années 1980, le marché - naissant - des micro-ordinateurs était essentiellement divisé en deux catégories : d'un côté les machines professionnelles comme celles fabriquées par IBM, qui offraient une interface en ligne de commande avec un curseur vert sur fond noir. De l'autre, les machines familiales comme les Atari 2600 et le Commodore 64, plus attirantes et appréciées pour les jeux vidéo Jimmy Maher, The Future Was Here: The Commodore Amiga, MIT Press - 2012,. Le prototype d'Amiga Corporation Amiga Corporation est une startup fondée en 1982, basée à Santa Clara en Californie, qui fabrique des joysticks. Le projet démarre en 1982 avec, à sa tête, l'architecte matériel Jay Miner qui est aussi l'architecte de la console Atari 2600. Selon son habitude, il donne à ces projets des noms de fille, la machine est alors appelée Lorraine et ses principales puces Denise, Paula et Agnus. La puce Denise s'occupe de l'affichage, Paula du son et Agnus coordonne l'activité des deux autres puces avec celle du processeur.

L'effondrement du marché des consoles En 1983, alors que le projet est en cours, le marché des consoles de jeu s'effondre, saturé de consoles, incompatibles entre elles, et en manque d'innovation. Jay Miner insiste sur le fait que le projet Lorraine est viable aussi bien comme console de jeu que comme ordinateur personnel. L'année suivante, la jeune société met sur le marché le fruit du projet Lorraine sous la forme d'un ordinateur personnel.

La startup Amiga Inc, en manque de liquidités, fait tout son possible pour pouvoir présenter son prototype au Consumer Electronics Show à Chicago en 1984. Quelques jours avant le début de l'expo, le Lorraine n'est encore qu'un tas de circuits imprimés vaguement interconnectés et qui plante continuellement. Les ingénieurs ont des pièces de réserve et ont appris à les remplacer au vol durant la manifestation. Les ingénieurs logiciel travaillent jour et nuit et les derniers préparatifs ont été faits sur place durant la nuit - blanche - qui précède l'ouverture de la manifestation.

Rachat par Commodore Le prototype présenté lors du Consumer Electronic Show dépasse les espérances, deux des quatre géants du secteur informatique sont intéressés par le rachat de la startup Amiga Inc: Commodore et Atari. Dave Morse, directeur d'Amiga Corp. affirme alors que cette machine sera vendue uniquement sous le nom Amiga. Atari investit beaucoup d'argent pour le rachat puis se retrouve en difficulté à la suite de l'effondrement du marché des jeux vidéo. C'est alors Commodore qui, à la dernière minute, rachète la startup. Atari intente une action en justice contre son rival mais l'affaire est classée sans suite.

En , Commodore, qui est en difficultés économiques à la suite d'une perte de de dollars, compte sur cet achat pour la relance de ses activités sur un marché des micro-ordinateurs alors dominé par Apple et IBM. Commodore fait ainsi son entrée sur le marché des ordinateurs 16 bits et prévoit de faire de l'ordinateur Commodore Amiga un produit de masse.

Les premiers Amiga vignette|Amiga 1000 L'Amiga 1000 est mis sur le marché fin 1985 aux États-Unis pour un prix de . Il offre à la fois une interface graphique similaire à celle du Macintosh et une interface en ligne de commande. Les deux ordinateurs utilisent le processeur Motorola 68000, cependant l'Amiga est équipé d'un chipset sophistiqué qui libérait le processeur de tâches compliquées de génération d'image et de sons. Son interface graphique est en 4096 couleurs tandis que celle du Macintosh est en noir et blanc.

Il est équipé de de mémoire vive dite Chip RAM, utilisée à la fois par le processeur et le chipset ainsi que d'un lecteur de disquettes () et d'un second module interne de de mémoire. Il peut afficher des images de couleurs (avec contraintes) et est équipé d'un circuit audio 4 canaux (stéréo 2x2) uniquement dédié aux échantillons numériques. Il peut être équipé d'un émulateur pour exécuter les programmes prévus pour le IBM PC, tels que Lotus 1-2-3 Popular Science, oct. 1985, Vol. 227, 4, Maximum PC, décembre 2007,.

À la suite d'un contrat signé entre Commodore et Atari, le premier Amiga est mis sur le marché quelques mois après l'Atari ST qui deviendra alors son principal rival. Les deux machines sont similaires, l'Amiga intègre des technologies plus novatrices pour l'époque mais il est également deux fois plus cher.

En 1985, le magazine Compute! décrit l'Amiga comme et le qualifie de . L'Amiga, fabriqué par un constructeur réputé comme fabricant de jouets, a cependant beaucoup de peine à se faire une place dans le milieu professionnel.

Le démarrage de l'Amiga 1000 consiste à insérer la disquette dite de kickstart dans le lecteur avant d'allumer la machine. En effet, l'amorce du système d'exploitation devait être enregistrée sur une puce de mémoire morte soudée sur la machine, mais cette amorce n'était pas disponible au début de la production et son contenu a été livré sur une disquette. Le contenu de la disquette est copié dans un module interne de mémoire au démarrage de l'ordinateur. La place pour la puce d'amorce existait sur la carte mère et certains bricoleurs y ont soudé eux-mêmes la puce d'amorce. Cette caractéristique a disparu par la suite et les machines Amiga suivantes ont toutes été équipées de série d'une puce de mémoire Kickstart pour l'amorce.