En France, les études de médecine se réalisent dans des unités de formation et de recherche (UFR) de médecine, au sein d'universités. La formation, d'une durée minimale de dix ans après le baccalauréat, s'achève par la soutenance d'une thèse d'exercice, aboutissant à la délivrance du diplôme d'État de docteur en médecine ; et d'un mémoire, donnant droit à un diplôme d'études spécialisées (DES). Dans certains cas, la formation peut être complétée par un diplôme universitaire (DU/DIU), ou encore une formation spécialisée transversale (FST), afin de se spécialiser davantage.
Familièrement, l'étudiant en médecine est appelé « carabin ». Historique
Moyen Âge et Renaissance
L'enseignement médical se développe en France dès le , en particulier à Montpellier., où s'organisent plusieurs écoles de médecine auxquelles sont conférées en 1220 ses premiers statuts dUniversitas medicorum, puis, au , au sein des universités qui se constituent à Paris, Toulouse, Montpellier… où les écoles de médecine font partie des premières facultés avec celles de droit et de théologie.
Au cours de la Renaissance, l'enseignement médical s'émancipe progressivement de la tutelle cléricale au profit de l'État, tandis que se développe la connaissance de l'anatomie et des sciences naturelles (zoologie, botanique)..
200px|vignette|La faculté de médecine de Montpellier, la plus ancienne en activité du monde. Sous l’Ancien Régime, la médecine était l’une des quatre facultés mais on n’y accédait généralement qu’après un passage par la faculté des arts. L’enseignement était essentiellement théorique et reposait sur la lecture et le commentaire des autorités.
L'édit royal de Marly du 18 mars 1707 réorganise les études et la pratique de la médecine :
Cependant, à partir de 1750 environ, mais très timidement, une partie pratique intervient, à travers la botanique mais aussi la clinique. Jusqu’à la Révolution, les chirurgiens n’étaient pas des médecins mais étaient considérés comme de simples exécutants (barbiers-chirurgiens).
Le système universitaire est supprimé en 1793 et les facultés de médecine sont remplacées, l’année suivante, par trois « écoles de santé », installées à Paris, Montpellier et Strasbourg, destinées à former en priorité des médecins et chirurgiens militaires, renommées « écoles de médecine » en 1796, tandis que leur nombre augmente.
La loi du 19 ventôse an XI (). réorganise la profession et dispose que nul ne peut désormais exercer la médecine ou la chirurgie sans avoir été reçu docteur., sauf dans les campagnes déshéritées où exercent des « officiers de santé ». Les écoles de médecine retrouvent leur statut de facultés en 1808. avec la création de l’Université impériale.
Les officiers de santé sont sélectionnés par des jurys médicaux départementaux. Ils ne sont pas nécessairement bacheliers et exercent de fait quasi uniquement dans les campagnes. Ce statut sera supprimé en 1892.
Ces officiers ne doivent pas être confondus avec les officiers du service de santé chargés de la santé des militaires et des marins.
Le terme de médecin inclut désormais les chirurgiens et implique le passage par la faculté et donc la possession du baccalauréat (et la maîtrise du latin). Ces études médicales sont séparés des études scientifiques (mathématiques, physique et chimie) car Napoléon avait considéré que la médecine était un art qui impliquait de comprendre son patient.
Au , en réaction à l’évolution technique très rapide de la médecine et à la médiocrité de l’enseignement théorique universitaire (jusqu'en 1875, il n'existe que trois facultés de médecine, les écoles de médecine en province étant peu prestigieuses), sont instaurés l’externat et l’internat (créé en 1802.), formations pratiques hospitalières accessibles sur concours, l’internat étant accessible uniquement aux anciens externes. Les étudiants en médecine commencent alors à négliger les examens de la faculté pour se consacrer à la préparation de ces concours, synonymes d’élite et de qualité de la formation, préparant à la médecine clinique à l'hôpital (externat, internat, voire poursuivre ; médecin des hôpitaux, chef de clinique, agrégé, professeur d'université). L’étudiant pouvait arriver au terme de ses études de médecin sans même avoir vu un seul patient, s’il avait raté ou ne s’était pas présenté au concours de l’externat.
À cette époque, l'hôpital devient prépondérant en termes de prestige sur la faculté de médecine. Devenant un lieu de formation, les médecins y restent pratiquement des bénévoles (ce qui leur donne une grande autonomie), travaillant à temps partiel mais se faisant une clientèle pour leur pratique libérale.
Progressivement se met en place une hiérarchie dans l'hôpital : les « grands patrons » (futurs mandarins pouvant exercer un véritable césarisme) dirigent les services importants (avec supériorité des Parisiens) occupant le sommet de la pyramide médicale au-dessus des spécialistes libéraux tandis que les médecins généralistes forment la base du système.
La réforme hospitalière du fusionne la fonction d'enseignement universitaire et hospitalière (poste de Professeur des universités – Praticien hospitalier, PUPH) et instaure le temps plein hospitalo-universitaire, ayant notamment pour but de créer le Centre hospitalier universitaire et de mettre fin au départ de l'élite médicale vers les cliniques privéesNaissance de l’hôpital moderne.
À la suite des événements de mai 68, le concours de l’externat fut supprimé, et tous les étudiants en médecine suivirent la formation pratique de qualité qu’est l’externat, devenu obligatoire (le terme « externe » disparut alors des textes, remplacé par le terme « étudiant hospitalier », toutefois il reste utilisé en pratique). Cela correspond à l’idéal hospitalo-universitaire (création des CHU en 1958) : la pratique (l’externat) et la théorie (les cours à l’université) sont réconciliées dans un seul et même cursus pour tous. Avec la loi Faure, les facultés de médecine deviennent des UER (puis UFR à partir de 1984) intégrées dans une université.
Cette réforme, corrélée à l’augmentation générale de la population étudiante, engendra un afflux massif d’étudiants dans les services des CHU. En réaction, il fut alors instauré en 1971 un concours de fin de première année de médecine, avec un système de numerus clausus, censé être fixé en fonction des capacités de formation des hôpitaux et des besoins de santé de la population, et qui sera encore réduit de moitié entre la fin des années 1970 et le début des années 1990Marchand-Antonin, Benoît. Le numerus clausus : ses effets secondaires, sa place dans la globalisation de la médecine.
Jusqu'à la réforme de 1982 (qui entre en vigueur en 1985 dans les faits)., tout médecin pouvait devenir spécialiste, soit en passant la voie sélective et hospitalière de l’internat, soit par la voie non-sélective et universitaire des certificats d’études spécialisées (CES). Ainsi existait une médecine spécialisée à deux vitesses entre « anciens internes des hôpitaux » et « anciens chefs de clinique des hôpitaux » d’une part, et titulaires de CES d’autre part. La réforme de 1982 supprima les CES de médecine et rendit l'internat obligatoire pour obtenir la « qualification ordinale » de spécialistes (car seul l'Ordre National des Médecins reconnait les qualifications), à travers les Diplômes d’études spécialisées (DES), qui constituent dès lors un complément du diplôme de docteur en médecine. Les internes furent obligés de faire un stage en hôpital périphérique, c’est-à-dire non universitaire, faisant partie d’un Centre hospitalier régional ou CHR. L’Ordre national des médecins garde néanmoins la capacité d’attribuer la qualification ordinale de spécialiste par équivalence de titre ou validation des acquis dans certains cas.
Évolutions récentes Jusqu’en 2004, les futurs médecins ne passaient pas nécessairement le concours de l’internat. Le deuxième cycle était suivi d’une période appelée « résidanat », et qui durait deux ans et demi (trois ans pour les nouvelles promotions de résidents à partir de 2001).
Depuis la rentrée 2004, tous les étudiants en médecine doivent désormais passer l'examen national classant (renommé « épreuves classantes nationales » par la suite) et faire un internat. L’ancien résidanat devient alors l’internat de médecine générale, dans le cadre du processus de revalorisation de cette profession désertée de façon inquiétante.
Depuis la rentrée 2010, la première année du premier cycle d'études médicales, déjà commune avec odontologie, kinésithérapie et sage-femme, devient aussi commune avec les études de pharmacie, constituant la « Première année commune aux études de santé »Loi du 7 juillet 2009 portant création d'une première année commune aux études de santé et facilitant la réorientation des étudiantsappelée aussi MMOPK. Sont aussi créés le diplôme de formation générale en sciences médicales sanctionnant la fin du premier cycle, qui a désormais une durée de trois ans et le diplôme de formation approfondie en sciences médicales, sanctionnant la fin du second cycle, également d'une durée de trois ansArrêté du 22 mars 2011 relatif au régime des études en vue du diplôme de formation générale en sciences médicalesArrêté du 8 avril 2013.
Déroulement des études Les études se déroulent en trois cycles au sein d’une université ayant une unité de formation et de recherche de médecine (parfois mixte entre la médecine et la pharmacie), associée à l’un des 29 centres hospitaliers universitaires. Ces trois cycles se composent d'un premier cycle de trois ans dit « de formation générale », d'un deuxième cycle de trois ans dit « de formation approfondie », et d'un troisième cycle de quatre à six ans dit « d'études spécialisées ». La durée totale varie de dix (médecine générale) à douze ans (autre spécialité et une sous-spécialisation). Les études sont notamment sanctionnées par deux épreuves importantes : un concours à l'issue de la première année et les épreuves classantes nationales à l'issue de la sixième année.
En 2009, il y avait en formation de santé, ce qui représente 27,4 % des étudiants en formation scientifique. À titre de comparaison, en 2009/2010, il y avait dans l’ensemble des formations d'enseignement supérieur dont dans les universités.
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Évolution des effectifs d'étudiants dans les formations de santé (France métropolitaine + DOM) 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Évolution 2002/2009Médecine, odontologie40,8 %Pharmacie21,7 %
Premier cycle : diplôme de formation générale en sciences médicales (DFGSM)
Le premier cycle (connu sous le sigle de PCEM pour et créé par l'arrêté du Journal officiel de la République française, Assemblée nationale, 1970, ), d'une durée de trois ans, débute par le parcours accès spécifique santé (PASS) ou une licence accès santé (LAS), commun aux études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de sage-femmeCode de l'éducation, article L631-1 ( de kinésithérapie et d'ergothérapie), se poursuit par la et se clôt par la
Pour être admis à s'inscrire en PASS ou en LAS, les candidats doivent justifier : soit du baccalauréat français ; soit du diplôme d'accès aux études universitaires ; soit d'un diplôme français ou étranger admis en dispense ou équivalence du baccalauréat français ; soit d'une qualification ou d’une expérience Arrêté du 28 octobre 2009, article 2.
Comme dans toute formation du système LMD, l'année est découpée en deux semestres et en « unités d'enseignement » (UE) auxquelles sont attribuées des crédits ECTS.
Au premier semestre, les enseignements sont communs à Arrêté du 28 octobre 2009, article 3 et se terminent par des ; les étudiants être dans de Arrêté du 28 octobre 2009, article 5.