Le Saint Calice est la coupe utilisée par Jésus-Christ et ses douze disciples au cours de la Cène, repas qu'ils prirent pour commémorer ensemble la Pâque juive, à la veille du jour où Jésus allait être livré aux Romains, qui le crucifièrent.

Il existe plusieurs coupes qui revendiquent être la relique de la coupe utilisée par Jésus-Christ, aucune n'étant officiellement reconnue par l'Église catholique. L'une d'elles est conservée à la cathédrale de Gênes et une autre aurait été livrée aux flammes révolutionnaires, à Troyes. Le calice qui se trouve actuellement à la cathédrale de Valence, en Espagne, est moins connu. Certains auteurs pensent que la coupe utilisée par Jésus-Christ lors de la Cène serait parvenue à saint Pierre et que, depuis, tous les papes se la sont transmise et s'en serviraient comme calice pour célébrer l'Eucharistie, le Jeudi Saint.

Le « Saint Calice » a également souvent été associé au Graal, soit par des artistes, soit au travers de légendes populaires. Le terme de Saint Graal l'a décrit, plutôt que simplement, celui de « graal ».

Le calice pour l'Église Le Saint Calice dans les textes Les trois Évangiles synoptiques évoquent de la même manière la coupe que prit le Christ lors de l’institution de l’Eucharistie après la Cène, sans lui donner de nom ni de titre particulier, ni la décrire.

Le Saint Calice est également évoqué dans la première épître aux Corinthiens de la même manière.

Saint Irénée a décrit le miracle provoqué par Marc le Gnostique qui a versé du vin blanc dans son calice et qui est devenu rouge après avoir priéArticle Chalice de New Advent Catholic Encyclopedia.

Le Saint Calice dans le canon de la Messe

Au cours de la messe dans le rite latin, le prêtre célébrant prononce les mots suivant lors de la consécration du vin de l’Eucharistie : « Accipiens et hunc praeclarum calicem in sanctas ac venerabiles manus suas… » (« (le Seigneur) prenant aussi ce précieux calice dans ses mains saintes et vénérables… »).L'expression « prenant ce calice » plutôt que « prenant un calice » pourrait indiquer, comme le signale Antuñano (voir bibliographie), que le calice utilisé par les papes à Rome était le même que celui utilisé par Jésus.

Aucune trace n’indique comment le Saint Calice serait parvenu aux papes : il est généralement supposé avoir été apporté soit par saint Pierre, soit par saint MarcLire les commentaires de Salvador Antuñano sur l'article Le sens du Saint Calice de la Dernière Cène que le pape vénérera à Valence publié le 7 juillet 2006 par l'agence Zenith..

Le Calice de Valence

thumb|Relique de la cathédrale de Valence (Espagne) La cathédrale de Valence (en Espagne) conserve depuis 1437 une relique supposée être le Saint Calice, envoyée de Rome en Espagne par saint Laurent en 258. Selon la présentation qui en est faite à la cathédrale de Valence, la coupe serait datée du et aurait été ornementée au fil des siècles.

Histoire du Calice de Valence 258 : Saint Laurent fait envoyer le Calice à Huesca Selon une légende, en 258, pendant la persécution de Valérien, le pape Sixte II aurait, deux jours avant son martyre, remis les reliques, les objets précieux et l’argent, à son diacre, saint Laurent, originaire de Huesca (Espagne). Laurent fut lui-même martyrisé, mais, avant de mourir, il avait fait expédier le calice à ses parents, dans sa ville natale, Loret, près de Huesca, avec une lettre écrite de sa main.

Il y avait une fresque du dans la basilique Saint-Laurent-hors-les-murs de Rome qui représentait la remise du Saint Calice par saint Laurent à un légionnaire espagnol, mais elle a été détruite le , lors d’un bombardement allié, et il ne subsiste qu’une photo médiocre.

Les parents de saint Laurent habitaient une petite ferme (torre, en aragonais) qui est l’actuel ermitage de la Vierge de Loreto.

713 : conquête musulmane, voyage à travers les Pyrénées du Sud thumb|Monastère Saint-Adrien de Sasabe En 712 débute la conquête musulmane de l'Espagne.

Les Maures auraient recherché le Saint Calice et la cathédrale de Huesca n’étant plus un abri sûr, l’évêque Acisclo quitta la ville en 713 avec le Saint Calice, voyageant vers les Pyrénées du Sud, en passant par plusieurs chapelles, églises et monastères : grotte de Yebra de Basa (où fut martyrisée sainte Orosia), chapelle du monastère Saint-Pierre de Siresa (le Saint Calice a été caché à l’intérieur d’un des murs ; une étoile dessinée sur le sol avait une branche qui indiquait la position exacte de la cachette dans le mur ; vers 830, les rois et comtes d’Aragon et de Navarre ont versé des contributions considérables pour le culte des reliques sacrées, culto a las santas reliquias), église Santa María à Santa Cruz de la Serós (un petit habitacle dans le mur fait penser que le Saint Calice aurait pu être placé là), monastère Saint-Adrien de Sasabe, église de la Corte à Bailo (entre 1014 et 1045 environ), cathédrale Saint-Pierre de Jaca (vers 1045), et d’autres endroits restés secrets.

En 777, l’armée de Charlemagne traverse les Pyrénées. Une théorie prétend que la rumeur de la présence du Saint Calice dans cette région se serait alors propagée en Europe.

~1070 : le Saint Calice est placé au monastère de Saint Jean de la Peña thumb|Monastère Saint-Jean de la Peña En 1071, l’évêque de Jaca, Don Sancho I, plaça le Saint Calice au monastère de Saint Jean de la Peña, où il avait été moine auparavant, à l’occasion de la venue du cardinal Hugo Cándido, envoyé par le pape Alexandre II.

Le document Vida de S. Laurenzo du (page 109 ?) écrit par D. Carreras Ramirez, chanoine de Saragosse, témoigne de la présence du Saint Calice au monastère de Saint Jean de la Peña :

« En un arca de marfil está el Caliz en que Cristo N. Señor consagró su sangre, el cual envió S. Laurenzo a su patria, Huesca » (« Dans une arche d’ivoire se trouve le Calice dans lequel Notre Seigneur le Christ a consacré son sang, lequel fut envoyé par saint Laurent à sa mère patrie, Huesca »)cf El Santo Cáliz. Manuel Sancho Navarrete. libros. Aragón.. En 1322, un sultan d’Égypte revendique avoir acquis à Jérusalem la coupe utilisée par le Christ lors de la Cène. Jacques II d’Aragon achète ce calice au sultan et le place dans le palais de l’Aljafería de Saragosse (Source : Finke, Acta Aragonensia II. Berlin-Leipzig 1908). J. A. Onate (voir bibliographie) a formulé l’hypothèse que, par la suite, Martin l’Humain aurait fait de cette coupe le pied du Saint Calice.

1399 : le Calice est transporté à l’Aljafería de Saragosse puis à Barcelone thumb|Palais de l’Aljafería de Saragosse Le , le Saint Calice fut transporté à la chapelle du palais royal (l’Aljafería) de Saragosse, à la demande du roi d’Aragon Martin I l’Humain avec le soutien de l’antipape Benoît XIII.

Un acte notarial indique : « Cáliz de piedra en el cual Ntro. Sr. Jesucristo consagró su preciosa sangre » (« Calice en pierre dans lequel Notre Seigneur Jésus-Christ a consacré son sang précieux »).

Le texte qui accompagnait le Calice - ce texte est conservé dans les archives de la couronne d’Aragon à Barcelone (Parchemin de la collection de Martin I l’Humain - précisait que le calice avait été envoyé de Rome avec une lettre de saint Laurent.

Plus tard, le Saint Calice fut transféré dans la chapelle de la résidence du roi à Barcelone (l’inventaire des biens de Martin I qui fut fait en septembre 1410 à Barcelone peu avant sa mort indique que le Saint Calice était présent dans cette ville).

~1416 : le Saint Calice est transféré à Valence En 1416 (ou 1424), Alphonse V d'Aragon emmena le Saint Calice dans son palais royal à Valence (Espagne) (ce palais a été démoli en 1810). Parti conquérir Naples, son frère, Jean II d'Aragon devient vice-roi. thumb|Cathédrale de Valence Selon l'acte du notaire Jaume Monfort, le , Jean II a remis au nom de son frère le Saint Calice à la cathédrale de Valence où il est toujours conservé (Archives de la cathédrale, volume 3.532, pages 36–37).

La couronne d’Aragon a ensuite voulu le reprendre et la cathédrale de Valence a donné au royaume d'Aragon d’or pour garder perpétuellement cette relique.

1744 : le Saint Calice se fragmente après une chute Le , lors du service de la Semaine sainte, le Saint Calice échappa des mains de l’archiprêtre Don Vicente Frígola Brizuela. La réparation a été effectuée par le grand bijoutier Luis Vicent (en présence du notaire Juan Claver qui a consigné l’acte) et la cassure ne se remarque plus, hormis deux petites fissures.

1809 : avancée des troupes napoléoniennes, le Saint Calice est transféré à Alicante, à Ibiza et à Palma, à Majorque En mars 1809, devant l’avancée des troupes napoléoniennes, le Saint Calice a quitté Valence pour Alicante tout d’abord. Il est retourné à Valence en février 1810. Puis en mars de cette année, il est transféré de Valence à Ibiza et en février 1812, à Palma à Majorque.

Le Saint Calice est retourné à la cathédrale de Valence en septembre 1813, à la fin de la guerre d’Indépendance.

1916 : le Saint Calice est installé dans une chapelle En 1915 le chapitre de la cathédrale décide de transformer l’ancienne salle du chapitre en chapelle du Saint Calice, où celui-ci fut installé en 1916, le jour de l’Épiphanie.

1936 : guerre civile, le Saint Calice est confié à une fidèle Le au matin, durant la guerre civile qui oppose les républicains aux nationalistes de Franco, les républicains ayant dévasté les temples adjacents à la cathédrale (San Valero, San Agustin et d’autres), le conseil de la cathédrale décida de remettre le Saint Calice à un fidèle. Il fut confié, camouflé dans du papier journal, à Maria Sabina Suey Vanaclocha, escortée par deux ecclésiastiques déguisés, jusqu’à son domicile, 3 rue Primado Reig. Quelques heures après, les républicains entraient dans la cathédrale.

Un franc-maçon se mit à la recherche du Saint Calice avec des républicains et le chercha parmi des membres du conseil et leurs amis.

Le , des républicains fouillèrent rapidement le domicile de Maria Sabina qui se trouvait être une amie d’Elias Olmos Canalda (archiviste de la Cathédrale) et ne trouvèrent pas le Saint Calice caché dans la garde-robe. Il fut alors dissimulé sous une dalle.

Le , ils revinrent et ne le trouvèrent toujours pas. Maria Sabina le cacha alors chez son frère au 7 rue Pelayo, avant de le cacher de nouveau chez elle le .

Entre-temps, un groupe juif d’Amsterdam offrait environ pour le Saint Calice.

Le , Maria Sabina plaça le Saint Calice chez sa sœur, à Carlet, un petit village à de Valence.

Le , peu après la victoire de Franco, Maria Sabina remit le Saint Calice aux autorités.

Le jeudi le Saint Calice fut rendu au conseil de la cathédrale. Il fut placé à la « Lonja de la seda » durant trois mois le temps que la cathédrale soit réparée des saccages républicains. Le il revient à la cathédrale.

D. Elias Olmos y Canalda a écrit un livre, Como Fue Salvado el Santo Caliz de la Cena : Rutas del Santo Grial desde Jerusalén a Valencia (publié en 1946), qui raconte tous ces événements.

1982 : le pape Jean-Paul II célèbre la messe avec le Saint Calice à Valence vignette|180px|Réplique du Saint Calice de Valence. En 1982, le pape Jean-Paul II a visité Valence. Il a embrassé deux fois le Saint Calice et l’a utilisé pour la messe.

2006 : le pape Benoît XVI célèbre la messe avec le Saint Calice à Valence Lors de sa venue pour les Rencontres mondiales des familles, le pape Benoît XVI a célébré la messe avec le Saint Calice. Une réplique lui a été offerte.

Structure du Calice de Valence vignette|180px|Schéma de la structure du Calice de Valence. En 1960, Antonio Beltran, chef du département d’archéologie de l’université de Saragosse, en collaboration avec d’autres collègues européens, a fait une étude complète du Saint CaliceAntonio Beltran, Estudio sobre el Santo Cáliz de la Catedral de Valencia, Valence, 1960..

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Formé par une coupe, un corps et un pied, il a une hauteur de .