La Société Radio-Canada (SRC ; en anglais : Canadian Broadcasting Corporation, CBC), souvent appelée CBC/Radio-Canada ou simplement Radio-Canada, est une société de la Couronne canadienne du domaine de la radiodiffusion et de la télédiffusion..

La SRC est le plus ancien service de diffusion du Canada : elle est créée le . Les services radiophoniques comprennent CBC Radio One et CBC Music en anglais, ICI Radio-Canada Première et ICI Musique en français, ainsi que le service international Radio Canada International et CBC North.

Les services télévisuels sont CBC Television, CBC News Network et CBC Documentary en anglais, ICI Radio-Canada Télé, ICI RDI, ICI ARTV et ICI Explora en français.. Radio-Canada offre une panoplie de plateformes numériques adaptées aux deux langues officielles.

D'autres services tels que Radio-Canada OHdio, ICI TOU.TV et Radio-Canada Info offrent respectivement des contenus audio, vidéo ainsi qu’une couverture de l’actualité en continu. Ces plateformes s'inscrivent dans la transformation numérique de Radio-Canada..

En tant que société d'État, la SRC fonctionne de façon autonome par rapport au gouvernement. Elle est régie par la Loi sur la radiodiffusion de 1991, et est directement responsable devant le parlement canadien, via le ministère du Patrimoine canadien..

D' à , les plateformes de diffusion de langue française ont changé graduellement de nom et d'image afin de créer une uniformisation corporative.. Depuis cette harmonisation, tous les services en français sont rassemblés sous une même bannière : Radio-Canada.

La SRC dispose de plusieurs stations de radio, de réseaux de télévision terrestre (seulement accessibles dans de grandes localités) ou câblée, aussi bien en français qu'en anglais, mais également dans des langues autochtones..

Marie-Philippe Bouchard, nommée en 2025 à la présidence de CBC/Radio-Canada, succède à Catherine Tait. Son mandat est marqué par des enjeux financiers et technologiques cruciaux pour le radiodiffuseur public..

Histoire vignette|L'ancienne Maison de Radio-Canada à Montréal. Origine et hégémonie (1929-1970) C'est en 1929, que la commission Aird () recommande la création d'un réseau national de diffusion radiophonique, principalement en raison de l'influence grandissante de la radio américaine passant par des réseaux qui commencent à s'étendre au Canada. En mai 1932, le gouvernement Bennett crée la Commission canadienne de la radiodiffusion (CCR), en suivant les recommandations du comité, mais en subordonnant l'organisme au ministre et au Parlement. L'hiver suivant, la Commission diffuse surtout des émissions réalisées par le Canadien National (CN), mais le programme s'enrichira bientôt de concerts symphoniques, de pièces de théâtre, d'actualités quotidiennes, etc. Une étape est franchie en 1936, lorsqu'une petite équipe est dépêchée sur les lieux d'un désastre minier à et fait passer à l'antenne trois jours durant des bulletins d'information aux demi-heures..

La CCR utilise le réseau de stations de radio que le CN utilisait à l'intention de ses passagers, couvrant essentiellement le centre et l'est du Canada. C'est le qu'elle prend le nom de CBC/Radio-Canada, en devenant une société d'État à part entière.

vignette|alt=Le 22 février 1945, l'animateur Roger Baulu avec un groupe de quatre invités en studio durant l'émission Le Mot s.v.p. diffusée par C.B.C. (Radio-Canada) à Montréal.|gauche|Le , l'animateur Roger Baulu avec un groupe de quatre invités en studio durant l'émission Le Mot s.v.p. diffusée par CBC (Radio-Canada) à Montréal. Durant les décennies suivantes, la SRC jouera un rôle de pionnier au Canada. Elle introduit la modulation de fréquence (radio FM) en 1946, et entame la diffusion d'émissions de télévision en 1952 avec l'ouverture de la station CBFT à Montréal le et de CBLT à Toronto le surlendemain. Certaines émissions sont enregistrées sur kinéscope à fins d'archives et de rediffusion ultérieure. Quelques émissions américaines ou produites par CBLT à Toronto sont expédiées sur kinéscope à CBFT Montréal, qui diffusait alors dans les deux langues. Un système de relais par micro-onde pour relier les stations est en construction dès , en commençant par relier Buffalo (New York) à Toronto, permettant la diffusion simultanée d'émissions américaines à Toronto depuis le .. Le lien entre Toronto et Montréal, relié par douze tours de relais, entre en fonction le .. La station CBOT à Ottawa est lancée à l'occasion du couronnement de la Reine Élisabeth II le . Les enregistrements en kinéscope de la cérémonie sont envoyées en trois parties entre et (heure de Grande-Bretagne) par hélicoptère à l'aérodrome de North Weald, puis mis à bord d'un Canberra des à destination de au Labrador. Un chasseur à réaction de l'Aviation royale canadienne transportera le colis à l'aérodrome de Saint-Hubert, où il sera ensuite envoyé au studio de Radio-Canada à Montréal et diffusé dès , heure de Montréal, simultanément sur les trois stations..

La première station de télévision privée affiliée à CBC est CKSO, située à Sudbury, en Ontario (), et celle à Radio-Canada est CFCM-TV à Québec le .

De 1944 à 1962, la SRC diffuse sur deux réseaux radiophoniques anglophones de la bande AM : Trans-Canada Network et Dominion Network. Ce dernier est un réseau de stations privées (sauf CJBC, publique) qui diffuse des programmes légers et des émissions américaines. Il sera dissous en 1962. Trans-Canada Network, composante publique, diffuse des programmes plus sérieux. C'est ce qui deviendra CBC Radio, avant d'être renommée CBC Radio One.

Le , le signal télévisé de la SRC couvre le pays d'un océan à l'autre. La couleur arrive le , pour se généraliser en 1974. En 1968, grâce à ses 214 stations, affiliées et réémetteurs, la télévision de Radio-Canada rejoint 95,2 % de la population anglophone et 89,6 % des Canadiens d'expression françaiseSociété Radio-Canada, . Pendant les années 1960, la SRC joue un rôle dans la Révolution tranquille en donnant la parole à de nombreux acteurs politiques prônant l'État-providence.

En 1978, la SRC devient le premier diffuseur au monde à utiliser un satellite pour diffuser des programmes télévisés, couvrant le Canada d'un océan à l'autre. En , le budget de la SRC pour 1979-80 est gelé à son niveau de 1978 ce qui représente une coupure de 71 millions de dollars...

Perte d'hégémonie et compressions budgétaires (1980-1999) La télévision de Radio-Canada n'a aucune concurrence francophone canadienne avant la fondation de Télé-Métropole, en 1961, qui ne diffuse qu'à Montréal. À partir des années 1970, la SRC perd son hégémonie, mais continue de jouer un rôle important. .

Première vague de compression (années 1980) En , quelques mois après les élections fédérales ayant amené Brian Mulroney au pouvoir, le gouvernement annonce des coupures de $75 millions qui résultent en l'abolition de (dont 192 à Montréal et 18 à Québec), la cessation de la publication du magazine Ici Radio-Canada, des visites guidées de la Maison de Radio-Canada à Montréal et du système télétexte Iris... Un sondage Gallup mené en indique que les Canadiens sont peu préoccupés par les compressions à Radio-Canada, seuls 24 % ayant une opinion défavorable aux coupures contre 22 % favorables..

Dans un contexte de fort déficit public à la fin des années 1980, le ministre des Finances Michael Wilson engage d'importantes compressions fiscales et budgétaires ( de dollars sur deux années). Selon Pierre Juneau, président de Radio-Canada, le budget de la société est amputé de de dollars sur quatre ans. Il qualifie ces compressions de « catastrophiques », précise que « l'effet des coupures est désastreux, ce ne sera plus jamais Radio-Canada que l'on a connu » et annonce 550 mises à pied. Dans le détail, les coupes directes approchent $140 millions et le solde des $100 millions restants correspond à des taxes additionnelles à acquitter. Le ministre fédéral de la Communication, Marcel Masse justifie les restrictions budgétaires par la nécessité de réduire le déficit. :

En , en raison de nouvelles compressions, la SRC met fin aux activités locales de deux stations télé francophones en Ontario, CBLFT (Toronto) et CBEFT (Windsor)., qui deviennent des semi-satellites de CBOFT (Ottawa). Un bulletin de nouvelles distinct pour Toronto est produit à partir des studios d'Ottawa. Au mois d', la SRC obtient l'autorisation du CRTC pour reconvertir CBLFT en station locale., et l'antenne diffuse, entre autres, Le Téléjournal Ontario chaque soir à .

En , les joueurs de la LNH déclenchent un mouvement de grève. Une annulation des séries éliminatoires causerait des pertes des revenus publicitaires considérables pour Radio-Canada (de l'ordre de $60 millions).. La grève ne dure finalement qu'une dizaine de jours et les séries éliminatoires sont reprogrammées.

Seconde vague de compression à partir de 1995

De nouvelles compressions budgétaires (227 millions de dollars sur l'année 1995-1996) sont annoncées dans le budget Martin de 1995. Le lendemain, Tony Manera annonce sa démission à titre de président de la SRC.. Il est remplacé en par , un ancien député et ministre progressiste-conservateur..

Radio-Canada annonce le la suppression de emplois, soit 2/ des effectifs, d'ici à la fin de l'année 1996...

Dans le détail, le plan prévoit des compressions dans toutes les divisions de la société. : 13 millions $ à la radio francophone ; 16 millions $ à la radio anglophone ; 35 millions $ à la télévision francophone ; 67 millions $ à la télévision anglophone.

Douze postes sont supprimés à la station de radio et de télévision de Québec. Cependant, aucun changement de programmation n'est prévu, ni à la station de Québec, ni à celles de l'Est du Québec. Dans l'ensemble, la direction de Radio-Canada est optimiste quant au maintien de la programmation :

Des mesures de compressions sont annoncées au service de l'information de la télévision française à rentrée d'automne 1996 : Les téléjournaux du réseau français de Radio-Canada seront interrompus par des pauses publicitaires, comme c'est le cas sur les réseaux privés (effectif à partir du bulletin du ). La SRC attendait tirer $8 millions de revenus publicitaires supplémentaires avec cette mesure. ; Les quatre téléjournaux en français des provinces de l'Ouest sont abolis et remplacés par un bulletin commun aux quatre provinces d'une durée de 30 minutes.

Les compressions se poursuivent jusqu'en 1997, mais la ministre du Patrimoine canadien, la libérale Sheila Copps, annonce début 1997 que la Société Radio-Canada verra son financement stabilisé à partir de 1998 pour les cinq années suivantes (à hauteur de $900 millions par an). La direction de la SRC salue la fin des compressions et la meilleure prédictibilité du financement quinquennal..

Développement des canaux spécialisés Malgré les compressions, la SRC obtient une licence d'exploitation pour sa chaîne d'information en continu de langue française et le Réseau de l'information (RDI) entre en ondes le . Cette nouvelle chaîne est intégralement financée par les redevances du câble et les recettes publicitaires et ne reçoit donc aucun financement public, même si elle bénéficie de la mutualisation des moyens avec l'antenne principale.

Le , la SRC dépose auprès du CRTC 4 demandes de canaux spécialisés en français en partenariat avec Bell Satellite.. : Le Réseau de l'économie (RDE) axé sur la consommation malgré la demande concurrente d'un consortium mené par TVALe consortium est constitué de nombreux acteurs dont notamment le Groupe TVA (22,6 %), Radio-Nord (22,6 %), TC Transcontinental (19,9 %) et Thomson–The Globe and Mail (19,9 %). pour créer Le Canal Affaires (LCA) calqué sur LCN et axé sur le monde des affaires. ; Le Réseau de l'histoire (RDH) en partenariat avec l'ONF ; Le projet de Télé Classique en partenariat avec TVA consacré à l'histoire de la télévision et la rediffusion d'émissions patrimoniales ;