Hugues de BagratideParfois désigné par erreur sous le nom de Bagratide d'Arékine bien qu'il ne figure pas comme tel à l'état-civil. (né Bayazad Haïgazoun Bey Bagratide à Constantinople le et mort à Paris le ) est un acteur de théâtre et de cinéma français d'origine arménienne.

Biographie

Origines et formation Hugues de Bagratide naît le à Constantinople. Ses origines sont arméniennes..

Après des études chez les pères mekhitaristes, au collège Moorat-Raphaël de Venise, à l'université de Lausanne, à la Sorbonne et aux Beaux-Arts de Paris, il entame une carrière de comédien, jouant notamment au théâtre Sarah-Bernhardt.

Carrière Reçu au Conservatoire dans la classe de Paul Mounet en « Dans les théâtres », Le Temps, 21 décembre 1914, , ., Hugues de Bagratide est ensuite admis à la Comédie-Française, devenant le premier acteur arménien à s'y produire. Il va pendant presque un an faire partie de la distribution de pièces importantes du répertoire sous le nom de scène de « Bayazad », son prénom de naissance.

Fin 1916, il passe au cinéma et tourne dans Les Frères corsesHugues de Bagratide sur Ciné-ressources sous la direction d'André Antoine. Ce film est une adaptation du roman éponyme d'Alexandre Dumas (1845) : il sort sur les écrans parisiens en .

Hugues de Bagratide est déçu de ne décrocher que des rôles secondaires. Il devient professeur au conservatoire Maubel et crée les Poèmes filmésCe que l'on nous écrit, lettre ouverte d'Haïgazoun de Bagratide Comœdia, 24 mars 1920, p. 3, ., courts métrages de cinéma dans lesquels un artiste récite un texteJean de Mirbel, « Une curieuse figure de l'écran : H. de Bagratide », Cinémagazine n°41, 12 octobre 1928, sur Ciné-ressources..

Dans la revue Les Potins de Paris« Une belle vedette », Les Potins de Paris, 28 novembre 1918, , ., il apparaît pour la première fois sous son titre nobiliaire à l'affiche d'un cinéma-théâtre de la rue Laffitte dans La Victoire en chantant, poème de interprété par le prince Bagratide, de la Comédie-Française.

Pour une raison inconnue, il quitte le métier pour entrer en 1923 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr ( « Chevalier Bayard »)Promotion « Chevalier Bayard » sur saint-cyr.org. dont il sort avec le grade de sous-lieutenant. En 1927, il finit par reprendre son métier d'acteur interrompu cinq ans plus tôt.

Si dans les années 1930, le nom d'Hugues de Bagratide apparaît régulièrement dans les chroniques cinéma des revues artistiques, il l'est également dans la rubrique des faits divers des quotidiens populaires. Ainsi le journal Le Populaire révèle le que « Faits divers », Le Populaire, 17 janvier 1939, , ..

Le même jour de , le quotidien Le Journal titre : « Les faits du jour », Le Journal, 17 janvier 1939, , .. Le journaliste rappelle les origines familiales illustres d'Hugues de Bagratide ainsi que ses antécédents judiciaires beaucoup moins glorieux. C'est ainsi qu'au cours de l'enquête de police . Il est condamné à trois mois de prison et d'amende par la correctionnelle en audience de flagrants délits« Le prince Hugues de Bagratide condamné à trois mois de prison », Le Journal, 18 janvier 1939, , . L'article ne précise pas si Hugues de Bagratide a bénéficié ou non d'un sursis à exécution et s'il a fait ou non appel de la décision..

Ces démêlés avec la justice ne semblent pas avoir affecté sa carrière artistique puisqu'il sera sous contrat pour trois films au cours de la même année.

Il s’engage à la fin de l'année 1939Il est nommé sous-lieutenant d'infanterie de réserve à titre étranger par décret du 27 janvier 1940 du ministère de la Défense nationale et de la Guerre Journal officiel du 3 février 1940, p. 901, . au régiment de marche de volontaires étrangers à près de pour faire la campagne de France. Le régiment ayant été dissous en dans le cadre de l'armistice, il est démobilisé et rendu à la vie civile. Apatride, Hugues de Bagratide entre alors dans la clandestinité.

Il ne réapparaît sur les écrans que dix ans plus tard, en 1950, dans un film de Maurice Cloche : Né de père inconnu. Après deux autres longs métrages, dont Notre-Dame de Paris (1956) qui sera le seul film en couleurs de sa carrière, il quitte définitivement les plateaux de cinéma.

Vie privée et mort Hugues de Bagratide meurt célibataire à le à l'hôpital Lariboisière (2, rue Ambroise-Paré) à l'âge de .

Théâtre Sous le nom de Bagratide 1916 () : Le Chemineau, drame en cinq actes de Jean Richepin, théâtre Sarah-Bernhardt : Toinet 1916 () : La Tour de Nesle, drame en cinq actes et neuf tableaux de Frédéric Gaillardet et Alexandre Dumas, théâtre Sarah-Bernardt : Philippe d'Aulnay 1916 () : Les Épis rouges, poème dramatique en quatre actes d’Émile Sicard, musique de Lucien-Marie Aube, mise en scène d'Arsène Durec, théâtre des Champs-Élysées puis tournée : un récitant

Sous le nom de Bayazad 1917 () : Le Cloître, drame en quatre actes d'Émile Verhaeren à la Comédie-Française : un moine 1917 () : Horace, tragédie en cinq actes de Pierre Corneille, Comédie-Française : Procule 1917 () : Ruy Blas, drame en cinq actes de Victor Hugo, Comédie-Française : Montazgo 1917 () : Les Lionnes pauvres, comédie en cinq actes d'Émile Augier et Édouard Foussier, Comédie-Française : un invité 1917 () : Alkestis, tragédie d'Euripide, traduite et adaptée par Georges Rivollet, Comédie-Française : le premier coryphée 1917 () : Athalie, tragédie en cinq actes de Jean Racine, Comédie-Française : un lévite 1917 () : Iphigénie, tragédie en cinq actes de Jean Racine à la Comédie-Française : Eurybate 1917 () : Andromaque, tragédie en cinq actes de Jean Racine, Comédie-Française : Néoptolème 1917 () : Œdipe roi, tragédie en cinq actes de Sophocle traduite et adaptée par Jules Lacroix, musique d'Edmond Membrée, Comédie-Française : le berger

Sous le nom de Bayazad-Bagratide

1917 () : Polyeucte, tragédie en cinq actes de Pierre Corneille à la Comédie-Française : Cléon

Filmographie

1917 : Les Frères corses d'André Antoine 1920 : Les Trois Graines noires de Maurice Challiot (8 épisodes) 1922 : Gachucha, fille basque de Maurice Challiot : Mendiaz 1922 : Le Logis de l'horreur de Julien Duvivier : Le solitaire 1923 : Mandrin d'Henri Fescourt (8 époques) : l'exempt Pistolet 1923 : Véronica de Maurice Challiot 1927 : Princesse Masha de René Leprince : le commissaire du peuple Artemieff 1927 : Jalma la double de Roger Goupillières : le sultan Abdul Hamid 1928 : L'Occident de Henri Fescourt : l'émir Taïeb El-Hani 1929 : Le Secret de Camélia de Jean Hervé et Rastelli : Isaac Chahladjian 1931 : L'Ensorcellement de Séville de Benito Perojo : le chanteur Pitoché 1932 : L'Agence O'Kay, court métrage d'André Chotin 1933 : Une fois dans la vie de Max de Vaucorbeil : le professeur Cadiostro 1933 : Bouboule Ier, roi nègre de Léon Mathot : Namoro, sultan du Soudan 1933 : La Robe rouge de Jean de Marguenat 1934 : Sidonie Panache d'Henry Wulschleger : le cheik Mahmoud 1935 : Golgotha de Julien Duvivier : un Sanhédrite 1935 : La Gondole aux chimères d'Augusto Genina : le prince Ahmed 1936 : Tout va très bien madame la marquise de Henry Wulschleger : le commanditaire 1936 : Pantins d'amour de Walter Kapps : un admirateur 1936 : Le Mort en fuite d'André Berthomieu : le juge 1936 : Mademoiselle Docteur / Salonique, nid d'espions de Georg Wilhelm Pabst : le joueur 1936 : J'arrose mes galons de René Pujol 1936 : Les Hommes nouveaux de Marcel L'Herbier : un officier 1936 : Gigolette d'Yvan Noé 1936 : L'Amant de Vidal d'André Berthomieu 1937 : Le Choc en retour de Georges Monca et Maurice Kéroul 1937 : Les Hommes de proie de Willy Rozier : Elias Karhoum 1937 : Nostalgie de Victor Tourjanski : un consommateur 1938 : Les Deux Combinards de Jacques Houssin 1938 : Éducation de prince d'Alexander Esway : un dignitaire de Silistrie 1938 : Le Ruisseau de Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara 1938 : Petite Peste de Jean de Limur : un spectateur 1938 : Je chante de Christian Stengel : le Danois 1938 : La Goualeuse de Fernand Rivers : un juré 1938 : Le Capitaine Benoît de Maurice de Canonge : le sultan 1938 : Café de Paris d'Yves Mirande et Georges Lacombe : l'ami de l'ambassadeur 1938 : Accord final d'Ignacy Rosenkranz : un auditeur 1939 : Eusèbe député d'André Berthomieu : un invité 1939 : Les Cinq Sous de Lavarède de Maurice Cammage : le ministre Hindou 1939 : L'Esclave blanche de Mark Sorkin : un fonctionnaire 1940 : Miquette de Jean Boyer 1951 : Né de père inconnu de Maurice Cloche : l'avocat général 1955 : Les deux font la paire d'André Berthomieu : le juge de Sergarie 1956 : Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Bagratides Généalogie des Bagratides en Arménie

Bibliographie Frédéric Macler, La France et l'Arménie à travers l'Art, Imprimerie Hagop Turabian, Paris, 1917, , Jean de Mirbel, « Une curieuse figure de l'écran : H. de Bagratide », Cinémagazine, Paris, 1928,

Liens externes

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