vignette|Signatures de la main gauche et de la main droite François Beauvy, né le vendredi à 12 heures à Sarcus (Oise), est un écrivain français, docteur en langue et littérature françaises de l'université Paris-Nanterre, spécialiste du poète, romancier, dramaturge, critique littéraire et traducteur français Philéas Lebesgue.

Défenseur de la langue française et des langues régionales, peintre de paysages et de monuments, naturaliste de terrain, militant de la protection de la nature dès l'âge de 14 ans (1958), il est l'auteur de romans, nouvelles, contes, récits, essais. Aussi lexicographe, il a publié un dictionnaire bilingue illustré, encyclopédie à la fois linguistique et ethnographique dont le linguiste René Debrie, son préfacier, écrit qu'il "apporte à la dialectologie picarde une contribution d'une exceptionnelle valeur."

Biographie Les origines François Beauvy est issu d'une famille de paysans bretons de Saint-Julien, Plaintel et Plaine-Haute, arrondissement de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) du côté paternelPaysans bretons le plus souvent appelés "laboureurs" dans les registres de catholicité, parce qu'ils possèdent un cheval pour labourer, rarement deux. Au début du , apparaît aussi "tisserand et laboureur", "masson et tailleur de pierre". Les femmes s'occupent de la ferme et sont filandières (Archives départementales des Côtes-d'Armor)., et de paysans picards - comptant des enseignants à partir de 1878C'est juste avant les lois de Jules Ferry sur l'enseignement (1880-1881). Un arrière-grand-père maternel de François Beauvy (Léon Chrétien, 1854-1909), ancien séminariste à Beauvais, bachelier ès lettres, fait partie des instituteurs publics appelés plus tard "hussards de la République". - de Sarcus, Elencourt et Fouilloy, arrondissement de Beauvais (Oise) du côté maternelLes habitants de ces villages picards sont, jusqu'au milieu du , tout à la fois paysans et artisans. Pendant les "courts jours" (l'hiver), hommes et femmes peignent la laine, tissent des étoffes et confectionnent des "bas au métier" dans leurs petites fermes (Louis Graves, Précis statistique sur le canton de Grandvilliers, 1840, idem Formerie, 1850). Leur production est achetée par des manufacturiers (Pierre Goubert, thèse en partie publiée sous le titre Cent mille provinciaux au XVIIe siècle, Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730, Paris, éd. Flammarion, 1968, 439 p., ouvrage toujours réédité).. Jeune fille, sa mère, Léone Vasseur (1910-2014), est brodeuse. Mezzo-soprano, elle chante des cantiques en latin et appartient à une compagnie de théâtre et d'opéra de son villageUne petite troupe de théâtre et d'opéra est constituée à Sarcus, après 1918, par une descendante du marquis de Grasse, Mlle Desmaret. La mère de François Beauvy, Léone Vasseur (1910-2014), ainsi que deux de ses sœurs, y joue dès l'âge de 11 ans (1921-1929). Mezzo-soprano, elle a notamment le rôle principal d'une opérette, La Fille du sonneur de cloches, de Ch. Le Roy-Villars (1925), et de deux opéras, Mignon d'Ambroise Thomas (1928), et La Dame blanche de François Boieldieu (1929). Au théâtre, elle joue, entre autres, dans La Bergère au pays des loups, de Henri Ghéon (1925), La Meunière du Moulin-Joli, d'Antony Mars (1927), Rêve de Mignon, d'Alexandre Dumas, musique d'Amable de Mirecourt (1928). La commune de Sarcus est culturellement active dès la fin du (chorale, chansonniers, théâtre) et sans doute avant. Sous l'Ancien Régime, "Sarcus-le-Grand", est un bourg important.. 200px|thumb|La Dame blanche, opéra-comique de Boieldieu est chanté par Léone Vasseur à Sarcus (Oise) le 15 septembre 1929

En 1930, année de leur mariage, ses parents s'installent à Beauvais où son père, Pierre Beauvy (1905-1975) est brigadier de police. En raison des bombardements alliés sur Beauvais en , François Beauvy naît en lieu sûr chez ses grands-parents maternelsLe grand-père maternel, Jude Vasseur (1878-1947), qui a obtenu son Certificat d'études primaires parmi les premiers du canton de Grandvilliers en 1889, est un combattant de la Grande Guerre, mobilisé du 3 août 1914 (jour anniversaire de ses 36 ans) au 23 janvier 1919. Sur le front d'août 1914 au 30 décembre 1916, notamment sur le saillant d'Ypres (Ieper), est "évacué sur l'hôpital de Gravelines le 16 mars 1916. Rentré de l'hôpital le 15 avril 1916 et revenu au Bataillon de guerre". Il est décoré de la Croix du combattant le 12 juin 1932. François Beauvy a retracé sa vie sous le titre "Mon grand-père pendant le Grande Guerre", au cours d'une conférence diaporama, à la Médiathèque de Beauvais, à l'occasion du centenaire, le 22 novembre 2014. Sur les pas de Maurice Genevoix entré au Panthéon le 11 novembre 2020, il est parmi "Ceux de 14". (Archives familiales, Archives départementales de l'Oise - matricules militaires 1898 409 - Vasseur Jude Eugène)., cultivateurs à Sarcus. Baptisé à Sarcus le par l'abbé Allais, érudit apparenté à l'écrivain Alphonse Allais, il est ensuite acheminé en deux jours à Beauvais par la route (35 km) dans un landau poussé par sa mère, en dépit des dangers. Il est le d'une famille qui en comptait septToute la famille rentre à Beauvais quelque temps avant la Libération en août 1944. François Beauvy est le seul des sept enfants à être né à Sarcus, les six autres sont nés à Beauvais. Il retourne à Sarcus chaque année pendant les vacances d'été, avec ses frères et sœurs. Au contact des gens du village et de sa tante, il assimile le picard.. Dès l'âge de 4 ans, il feuillette le Petit Larousse illustré où il découvre les portraits des écrivains et artistes célèbres, ainsi qu'un ouvrage de photographies de la faune des champs et des bois que lui montre l'une de ses sœurs aînées. Vers 1952, sa grand-mère lui fait lire une carte postale adressée à sa famille, signée MaupassantL'écrivain est mort en 1893. Cette carte postée de Paris le 11 juillet 1910, signée H. et C. de Maupassant, est adressée à une grand-tante de François Beauvy, Mme Maria Vasseur née Mancel, originaire de Normandie et amie de cousins de Guy de Maupassant (archives familiales).. Ces quelques lignes marquent l'enfant. En 1985, il naît officiellement écrivain. Son nom apparaît cette année-là à la rubrique « Littérature de Picardie » dans le Dictionnaire des littératures française et étrangères édité par LarousseDictionnaire dirigé par Jacques Demougin, Paris, éd. Larousse, 1985. Voir aussi la dernière édition (1992), , ., ainsi que dans La Forêt invisible, au nord de la littérature française, le picardOuvrage de Jacqueline Picoche, Jacques Darras, René Debrie et Pierre Ivart, Amiens, éd. des Trois Cailloux, 1985, et 252.. François Beauvy commence son à , en 1967. Maurice Genevoix lit son manuscrit Le Refus d'Autrèche et lui écrit, le : « Plus qu'un roman, votre livre est une sorte de fable, un conte rousseauiste. J'ai été pour ma part très sensible à la morale de cette fable où vous dénoncez [...] les travers et les abus d'une société déshumanisée. Votre appel pour un retour à la nature et à une vie sans artifices est à mes yeux tout à fait justifié [...]. Indiscutablement, vous êtes servi par une sensibilité qu'on sent avivée et un regard critique qui souvent fait mouche ». L'académicien l'encourage à continuer : « Vous en avez, je crois, les moyens ».

Vocation littéraire et formation

François Beauvy est initié aux bons auteurs par son frère aîné dès l'âge de 8 ou 9 ans et commence à écrire un récit sur l'aviationIl habite à proximité du « champ d'aviation » de Beauvais et fait son baptême de l'air sur un biplan Stampe, avion de voltige, en 1954., puis un petit journalAu cours de sa petite enfance, François Beauvy lit des auteurs publiés dans la « Bibliothèque verte », avec une préférence pour Hector Malot, Jules Verne dont il lit la presque totalité des romans, Jack London. Il lit également les ouvrages de la « Collection des contes et légendes de tous les pays », des éd. Fernand Nathan.. Plus tard, après le collège, il complète sa culture à la bibliothèque municipale de Beauvais. Lecteur assidu, il lit entre autres, La Bruyère, Voltaire, Rousseau, Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, Paul Verlaine, Zola, Flaubert, Maupassant, Stendhal, Marcel Proust, Tolstoï, Dostoïevski, PlatonL'Apologie de Socrate a été l'un de ses livres de chevet.. Jeune homme proche de la nature, il se sent conforté en lisant Louis Pergaud, Albert SchweitzerLa mère de François Beauvy admirait Albert Schweitzer et son œuvre en faveur des pauvres à Lambaréné (Gabon). François Beauvy a toujours regretté de ne pas avoir pu aller le voir quand il faisait son service militaire, en 1964, au Congo-Brazzaville, pays voisin., Gaston Bachelard, Henri Bosco et Jean Rostand. Ce dernier, auquel il écrit, lui répond de Ville-d'Avray, le : « J'ai été extrêmement sensible aux termes, simples et directs, de votre lettre. C'est là, pour moi, un précieux témoignage, et comme on aimerait en recevoir beaucoup ». D'autres écrivains le marquent : Charles Dickens, Thomas Hardy, de SévignéFrançois Beauvy, pour l'épreuve orale du DEA, à la Faculté des lettres d'Amiens, présente son exposé sur Madame de Sévigné, un modèle de littérature épistolaire, le 17 mars 1993., de La Fayette, George Sand, George Orwell, Marcel Aymé, Steinbeck, Stephan Zweig, Louis-Ferdinand Céline, Simone de Beauvoir, Georges Perec et deux romanciers de sa génération : Annie Ernaux et Jean Échenoz.

gauche|250px|thumb|François Beauvy dans sa bibliothèque le (37 ans) 280px|thumb|François Beauvy et Pierre Garnier (à droite) le 18 juillet 2008 à Saisseval (Somme)

De 16 à 19 ans, François Beauvy exerce les métiers les plus divers : « employé aux écritures » à la Sécurité sociale, employé de la Poste, de commerce, de mairie (lecture du courrier à l'arrivée et enregistrement), cheminot aiguilleur, aide-géomètre des Ponts et Chaussées (arpentage et plans). Attiré par la peinture, il peint ses premiers paysages (Le viaduc, L'église) en 1958-1959 à Néris-les-Bains (Allier) puis aux environs de Beauvais. vignette|150px|Roger Bréval vers 1930. En 1959-1960, il suit les cours du peintre Roger Bréval, l'un des fondateurs de l'école des beaux-arts du Caire expulsé d’Égypte et venu habiter en BeauvaisisUn pionnier de l'art français en Égypte : Roger Bréval, Le Caire, édité par "Les Amis de la Culture française en Égypte", 1938, 25 p., fréquente des peintres, entre autres Pierre Bokkelandt à Beauvais, rencontre en 1991 à Gerberoy l'affichiste et décorateur de théâtres Jean-Denis Malclès . Il observe la nature, s'inscrit à des cours d'écologie forestière (sylvopastoralisme) en 1961. Il réussit un concours d'agent technique des Eaux et Forêts et sera chargé du fonds forestier national dans l'Oise (reboisements privés, 1969-1971). Passionné de chevaux et d'attelages, il obtient son brevet d'aptitude équestre du (1969). À ces expériences multiples et formatrices, s'ajoutent l'École de musique de Beauvais (1954-1956), le scoutisme (scout de France, totem de l'ours, spécialité "orienteur", 1958-1963), le service militaire (01. 09. 1963 - 31. 12. 1964). Incorporé au centre de formation du régiment d'infanterie de marine de Toulon, il y effectue ses classes jusqu'en . Placé en stage à Fréjus, il obtient un certificat d'aptitude à l'emploi de secrétaire dactylographe des troupes de marine le . Il est envoyé en mission militaire française au Congo-Brazzaville ) du au . Outre le maniement d'armes, il est chargé de rédiger la correspondance administrative des Africains de son bataillon à Brazzaville. Chaque quinzaine, il est garde du corps accompagnateur de l'adjudant comptable transportant la solde de la compagnie. Distinction : nommé 1ère classe le . Il est momentanément répétiteur bénévole, en dehors de son service, pour un sergent tchadien qui désire se perfectionner en français.

left|170px|thumb|François Beauvy, radio, en mission militaire française en République du Congo (environs de Brazzaville, 6 juin 1964)