Le stade Bollaert-Delelis (prononcer ) est le principal stade de football de Lens, ville du Pas-de-Calais. Construit de 1932 à 1933, il est la résidence du Racing Club de Lens depuis son ouverture, à l'exception de la saison 2014-2015, lors de sa rénovation pour l'Euro 2016. Jusqu'en 2013, le stade pouvait accueillir , pour une ville de , mais pour une aire urbaine de plus de . Après rénovation, la capacité d'accueil du stade est passée à .

Le stade doit son nom à deux hommes importants dans l'histoire du Racing Club de Lens : Félix Bollaert (1855-1936), président de la Compagnie des mines de Lens, soucieux de favoriser le développement des clubs sportifs de la région et qui décida de la construction du stade en 1931, entre les fosses et de la Compagnie, et André Delelis (1924-2012), maire de Lens pendant plus de trente ans et ministre du premier gouvernement Mauroy, qui « sauva » le stade et l’équipe au moment où, à la fin de l’exploitation charbonnière, les houillères s’en étaient dessaisi.

Histoire Le contexte amenant vers un nouveau stade à Lens

À sa création, en 1906, le Racing Club de Lens occupe alors la Place Verte (actuelle Place de la République) où il dispute ses matchs. Mais lassé par tant d'agitations causées par les joueurs lensois qui sont pour la plupart de jeunes lycéens, les riverains les obligent à déménager, ce qui force le RC Lens à émigrer provisoirement vers la fosse - 2 bis et la pâture Mercier, avant de s'attirer encore une fois les foudres des propriétaires des lieux. C'est alors que la Compagnie des mines de Lens décide de mettre à leur disposition un champ (actuelle Cité des fleurs), avant de le reprendre en 1912 afin d'y construire des logements pour ses mineurs. Les Lensois sont donc obligés de déménager une nouvelle fois, et le club s'installe alors au Parc de la Glissoire, à proximité de la fosse - 5 bis, mais son nouveau terrain est malheureusement détruit, comme presque toute la ville, pendant la Première Guerre mondiale. Le directeur du Comité de secours américain décide alors d'entreprendre la restauration d'une ancienne piste d'entraînement pour chevaux de courses qui est déblayée, restaurée puis nivelée afin de la rendre apte à la pratique du football, qui l'occupe jusqu'en 1922, avant de s'en servir comme terrain d'entraînement et de retourner au Parc des Glissoires.

Depuis 1920, le RC Lens se développe à toute vitesse. Avec ses nouveaux joueurs venus de Pologne pour travailler à la mine et après la naissance de son premier club de supporters, le Supporters Club Lensois, le Racing connaît ses premiers succès. En effet, il remporte le championnat d'Artois, puis la Promotion d'Honneur quelques années plus tard, et intègre donc la Division d'Honneur, en 1929. Le club reçoit aussi ses premières subventions de la part de la ville de Lens, qui s’intéresse de plus en plus à son équipe de football. Elles lui permettent alors de gérer les déplacements dans les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie, le stade municipal Raoul-Briquet (aujourd'hui Léo-Lagrange et toujours occupé par la réserve du RC Lens) lui étant loué gratuitement.

Cependant, la Compagnie des mines de Lens, la plus puissante de France à l'époque, décide le d'acheter une parcelle de terrain en friche entre ses fosses 1 et 9 afin d'y construire un nouveau stade, conforme à ses nouvelles ambitions.

1932-1933 : un an et demi de construction

À partir de 1932, la construction du stade commence. Cette réalisation est établie selon les plans de l'ingénieur en chef des travaux du jour de la CompagnieLe Majestic de Carvin sur cinemasdunord.blogspot.com, le 21 février 2009., Auguste Hanicotte. Confiée à plusieurs centaines de chômeurs qui s'activent durant des mois sur un terrain longeant la Ligne Arras - Dunkerque-Locale et déplacent plus de quatre-vingt-mille mètres cubes de terre, elle est menée par Gustave Spriet, ingénieur et chef du service des constructions, mais aussi membre de la famille d'un ancien maire lensois du siècle précédent, Henri Spriet. En , au cours des nouveaux terrassements du stade, les ouvriers découvrent deux gros obus et vingt-deux grenades non éclatésL'inauguration du stade Bollaert est fixée à l'année… 1933 sur lavenirdelartois.fr, le .. En avril, le député maire de l'époque, Alfred Maës, annonce à toutes les associations présentes la future inauguration du stade, fixée au dimanche .

À l'approche de la date finale, le comité d'organisation convie au début du mois de des dizaines de sociétés, mais également les champions olympiques de l'École de Joinville, qui préparent huit tableaux sportifs, comme le saut en hauteur ou le lancer du disque. Des centaines de mineurs polonais étant présents lors de cette fête, les organisateurs décident de jouer en début de cérémonie les hymnes nationaux français et polonais.

Le , et à l'initiative de Félix Bollaert, le président du Conseil d'administration de la Compagnie, le nouveau stade est inauguré sportivement devant quelques milliers de personnes, venues se presser pour un tel évènement1930 - 1940 : Une ascension fulgurante sur le site officiel du RC Lens. Consulté le 14 mai 2010.. À la mort de celui-ci, en 1936, son nom est donné fort logiquement à une enceinte appelée jusque-là stade des Mines.

Le Racing club de Lens joue le , contre Calais, son premier match dans un stade qui n'avait pas été pensé comme le sien, mais qui le deviendra très durablement..

L'évolution du stade

Jusqu'en 1970

En 1937, le RC Lens accède pour la première fois de son histoire à l'élite du football français. Ce stade de forme ovale, construit et entretenu par des mineurs, et animé par eux les jours de match, fait déjà la fierté de la ville et acquiert une certaine réputation. En 1954, l'éclairage permet de disputer des matches en nocturne. Mais en même temps que les mines, le club et le stade sont en déclin lors des années 1960.

La mairie à la rescousse Au début des années 1970, les Houillères sont victimes de la crise économique et ne peuvent plus prendre en charge les importants travaux de rénovation nécessaires. L'entreprise signe donc le une convention de mise à disposition gratuite du stade à la ville de Lens.

Lors d'un match opposant le RC Lens à l'AS Nancy-Lorraine en , le pire a été évité lorsqu'un bloc de béton a chuté du toit de la tribune honneur, sans faire la moindre victime. La municipalité décide alors d'entreprendre des travaux pour la mise aux normes de sécurité. Par la même occasion, des rénovations sont entreprises afin de pouvoir accueillir les Coupes d'Europe, que Lens dispute pour la première fois en 1975.

Le , la municipalité devient définitivement propriétaire du stade en le rachetant pour un franc symbolique. Trois mois plus tard, le , une tribune de debout, est inaugurée lors d'un match opposant le RCL au FC Nantes (1-1) : la Trannin (tribune Ouest).

L'année suivante, avec la première qualification du RC Lens pour la Coupe UEFA, le stade est une nouvelle fois rénové, avec l'amélioration de l'éclairage et le début de la construction d'une nouvelle tribune : la Tony Marek-Xercès Louis (tribune Nord), d'une capacité de debout et assises.

Avec l'Euro 1984

En 1984, la France se voit attribuer l'organisation du Championnat d'Europe de football, et Bollaert fera partie des stades retenus avec l'octroi de deux rencontres. Le stade fait alors peau neuve avec une nouvelle amélioration de l'éclairage, l'ajout d'un étage de à la tribune Lepagnot (au Sud), et surtout l'érection d'une nouvelle tribune de debout, la Delacourt (à l'Est). Le stade Bollaert devient alors un stade carré, « à l'anglaise ». Il accueille également en son sein les bureaux du RC Lens.

Lens devient alors connu pour sa particularité d'avoir un kop sur le bord de la pelouse et non derrière les buts, dans une tribune qui s'appelle à l'époque « les Secondes ».

La capacité du stade est portée à . Le , le record de spectateurs pour un match de Division 1 est battu, avec venues voir Lens-Marseille.

Bollaert accueille les Coupes du monde

La France obtient l'organisation de la Coupe du monde de football 1998 et Lens fait partie des villes hôtes. Le stade Bollaert entame alors une profonde transformation : trois de ses tribunes sont détruites pour être reconstruites intégralement. La Trannin, dont la démolition a débuté en juillet 1995 rouvre en février 1996, tout comme la tribune Delacourt dont la reconstruction est achevée en août 1996. Vient ensuite la tribune Lepagnot qui est terminée l'année suivante. Un retard dans l'aboutissement de ces travaux amène toutefois les responsables du stade à renoncer à accueillir un match du Tournoi de France disputé en , pour lequel le stade était initialement pressenti..

Les installations du stade se modernisent encore (vestiaires, sécurité, équipements en télécommunications, loges...). Conformément aux nouvelles normes de sécurité, Bollaert perd sa dernière tribune debout, la Marek. La tradition lors des matches du RC Lens restera cependant, pour les spectateurs dans cette tribune, de se tenir debout.

À l'issue de cette rénovation, le nombre de places se réduit à , toutes assises.

En 2002, la ville de Lens, propriétaire des lieux, concède un bail emphytéotique de cinquante ans au club de Lens. C'est donc lui qui gère et entretient le stade à sa guise. Seuls les travaux les plus importants restent à la charge de la municipalité lensoise.

La tribune Lepagnot subit un lifting en 2004 avec l'installation de salons intérieurs de places V.I.P. pour les entreprises partenaires du club. Les bureaux déménagent en tribune Delacourt et une tour de sécurité est construite entre cette tribune et la Trannin. La capacité est abaissée à .

En , les grilles du stade sont abaissées à , ce qui augmente la visibilité mais surtout rapproche le public des joueurs. Cette même année, deux écrans géants sont installés dans les coins du stade afin de pouvoir accueillir la Coupe du monde de rugby organisée par la France.

En 2008-2009, avec la descente en Ligue 2 et donc une baisse d'affluence, les niveaux 2 des tribunes Trannin et Delacourt sont fermés, mais rouverts ponctuellement lors des « matchs de galas ». La capacité baisse d'ailleurs de quatre places, et atteint désormais le chiffre de .

Le prix des places et des abonnements se situe dans les plus bas de France, en particulier pour les tribunes populaires, souhait de Gervais Martel, président du club à l'époque.

Rénovation pour l'Euro 2016 Alors que la France est pressentie pour organiser l'Euro 2016, les dirigeants du RC Lens et ceux de la ville décident de planifier la rénovation du stade. Le , le dossier français est officiellement choisi et un peu moins d'un an plus tard, le stade Bollaert est désigné comme étant l'un des neuf stades titulaires pour le déroulement de la compétition.

Le permis de construire est déposé mi-.. Après un an de procédures administratives, le début des travaux est prévu pour , l'inauguration pour et le nombre des abonnements est même limité par le club dans les tribunes concernées, pour lesquelles on évoque également une fermeture partielleCampagne d'abonnements 2011-2012 sur rclens.fr, le 10 juin 2011.. Le coût de la rénovation, dont l'étude a été confiée en au cabinet toulousain Cardete Huet Architectes associé à Pierre Ferret (architecte déjà demandé pour le Grand stade Lille Métropole), est estimé à d'euros. Il doit être en partie couvert grâce à des subventions accordées par l'État (douze millions d'euros) et la région () et par des prêts consentis par la communauté d'agglomération de Lens-Liévin (vingt millions d'euros) et le Conseil général du Pas-de-Calais (quinze millions)La Région fait cadeau de 25 millions d'euros pour rénover Bollaert sur lavoixdunord.fr, le 6 juillet 2011..