La myofasciite à macrophages (MFM) est une entité tissulaire caractérisée par des lésions musculaires infiltrées par des macrophages. Ces lésions sont visualisées à l'analyse de tissu musculaire au microscope lors d'une biopsie musculaire. La MFM est responsable d'un syndrome pseudo-grippal : douleurs musculaires et articulaires, une fatigue et une légère fièvre. Bien qu'il ne soit pas établi que cette entité histologique soit associée à un quelconque syndrome clinique, certains lui associent des symptômes variables.
Définition Pour le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS (GACVS, de l'Le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS a été créé en 1999 ; il se réunit régulièrement deux fois par an.), la MFM se caractérise par une Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS, Myofasciite à macrophages et vaccins contenant de l’aluminium, OMS, octobre 2009, consulté le 11 novembre 2012. OMS, Comité consultatif pour la sécurité des vaccins []. « Myofasciite à macropahges et vaccins contenant de l'aluminium () » Wkly Epidemiol Rec. 1999;74:338–40., avec . En 2004, l'OMS ajoute la présence d'une autour des inclusions d'aluminium.
Le diagnostic est établi par une biopsie du muscle (généralement le deltoïde en France) qui la met en évidence.
Les dans les macrophages sont constituées de sels d'aluminium ; ceci a été montré par des études via microsonde nucléaire, microanalyse aux rayons X et spectrométrie d'absorption atomique.
Épidémiologie La myofasciite à macrophage est décrite seulement en France, à quelques exceptions près.
La myofasciite à macrophages est essentiellement retrouvée chez l'adulte, mais des lésions ont été décelées chez de jeunes enfants (biopsie du quadriceps).
Tableau clinique Il n'est pas établi que cette entité histologique soit associée à un quelconque syndrome clinique d'après les conclusions de l'OMSOMS, Aluminium-containing vaccines and macrophagic myofasciitis-Extract from report of GACVS meeting of 3-4 December 2003, published in the WHO Weekly Epidemiological Record on 16 January 2004, 2004 et de l'AfssapsAfssaps, Conseil scientifique, séance de 05 mai 2004-Avis-Objet : Myofasciite à macrophages, 2004 en 2004, ainsi que du HCSPHCSP, Aluminium et vaccins, 2013 en 2013. Cependant, certains ont pu lui associer des symptômes variables.
Histoire Découverte (1993-1998) La découverte de la myofasciite à macrophages (MFM) s’est faite en plusieurs étapes à partir de 1993, par Michelle Coquet, neuropathologiste à BordeauxT. Papo « Myofasciite à macrophages : maladie systémique ou tatouage post-vaccinal ? » Revue Neurologique 2007;163(10):981-984 extrait , , et autour en France du travail du Groupe Nerf-Muscle du Département de Pathologie de Hôpital Henri Mondor de Créteil, et le Groupe d’études et de recherche sur les maladies musculaires acquises et dysimmunitaires (GERMMAD) de l’Association française contre les myopathies. La myofasciite à macrophages (MFM) est décrite pour la première fois en dans le journal The LancetGherardi RK, Coquet M, Cherin P, Authier FJ, Laforet P, Belec L. « Macrophagic myofasciitis: an emerging entity » Lancet 1998;352: 347–52. (résumé)Gherardi R. K, Myofasciite à macrophages et hydroxyde d'aluminium : vers la définition d'un syndrome des adjuvants = Lessons from macrophagic myofascitiis: towards definition of a vaccine adjuvant-related syndrome ; Revue neurologique ; ; 2003, vol. 159, 2, . (résumé Inist-CNRS).
Évaluation scientifique (depuis 1999) Par l'OMS À la fin des années 1990, l'existence d'une lésion histologique de myofasciite était bien établie, mais la notion éventuelle de « maladie » associée à cette lésion demeurait controversée, notamment parce que ce syndrome n'a d'abord été décrit épidémiologiquement qu'en France ( remarquait le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS en 1999), alors que le mode très « internationalisé » de préparation des vaccins rend peu probable une anomalie pharmaceutique qui se limiterait à un seul pays.
Parmi les hypothèses discutées en 1999 par ce comité : il pourrait peut-être exister ; une dysfonction des macrophages (génétique ou acquise) pourrait être en jeu ; ce phénomène pourrait être ; d'autres estimaient qu'il pourrait ne s'agir que d'une lésion réactionnelle locale à l'aluminium, sans conséquence à distance et donc sans expression clinique, car cette lésion ailleurs qu'au point d'injection, tandis que les symptômes rapportés sont divers et peu spécifiques, voisins de ceux observés dans d'autres entités cliniques telles que la fibromyalgie ou le syndrome de fatigue chronique ; l'augmentation de la fréquence de ce syndrome en France pourrait être expliquée par le fait que dans ce pays, , ou par l'apparition du vaccin contre l'hépatite B dans et/ou par un meilleur dépistage en France depuis 1998, notamment parce que c'est en France que le problème a d'abord été décrit ; des indices d'associations avec une affection auto-immune concomitante existent. l'OMS a en 1999 vivement recommandé d’
L'OMS crée un Comité consultatif de l'OMS pour la sécurité des vaccins, qui rencontre en 1999 des représentants du GERMMAD, des experts en matière de maladies neuromusculaires ou des adjuvants aluminiques, du Secrétariat d’État français à la santé et à l’action sociale, de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ainsi que des représentants de l’industrie.Sur la base des qui lui ont été soumis, ce comité a reconnu , en précisant qu'il , mais en posant trois questions à résoudre : La MFM est-elle uniquement attribuable à des vaccins contenant de l’hydroxyde d’aluminium (ou d'ailleurs à ceux contenant du phosphate d’aluminium) ? Un antigène vaccinal existe-t-il dans le muscle lésé ? Les biopsies du deltoïde ont-elles été pratiquées au point d’injection ? () Remarque : les biopsies musculaires étant rarement pratiquées, hormis chez les malades présentant des symptômes de myopathie, la comparaison avec la population en bonne santé était dans les années 1990 impossible.
La piste des vaccins aluminiques a ensuite été écartée par certaines autorités sanitaires nationales alors que le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMSMyofasciite à macrophages et vaccins contenant de l’aluminium Rapport du Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins mis en place par l'OMS invitait néanmoins à poursuivre la recherche et à élargir le nombre d'échantillons et la population épidémiologiquement étudiée pour , concluant en 1999 qu'au vu des ; . Le Comité estimait en 1999 ne pas disposer de données suffisantes pour remettre en cause l'aluminium dans les vaccins, tout en recommandant .
En 2002, une étude épidémiologique sur l'homme était en cours. Et des résultats préliminaires obtenus sur le modèle animal (singe et chez plusieurs souches de rat de laboratoireAuthier FJ, Sauvat S, Poron F, Gherardi RK. Experimental macrophagic myofasciitis: a long-term evaluation in different rat strains. Neurology 2001a; 56 Suppl 3: A61. montraient une persistance à long terme de l’aluminium et les modifications histopathologiques au point d’injection du vaccin avec une selon le comité, de même pour les études comparant le taux de macrophages chez les sujets bien portants et chez des sujets touchés par des MFM. Le comité en 2002 estimait que les MFM pourraient être un simple marqueur de la vaccination avec persistance prolongée d’aluminium au point d’injection, sans conséquences remettant en cause l'adjuvant aluminium dans les vaccinsGACVS/OMS, Comité consultatif mondial sur la Sécurité des Vaccins, 20-21 juin 2002, communiqué 2002.
Cette étude cas-témoins entamée en 2002 a comparé des témoins (ayant une biopsie musculaire ne révélant pas de MFM) et des patients (les cas) ayant une MFM, selon le site de la biopsie, le sexe, l’âge et le délai entre la vaccination et la biopsie, pour chercher une éventuelle association entre MFM et syndrome clinique spécifique. Une probabilité d’avoir reçu des vaccins contenant de l’hydroxyde d’aluminium comme adjuvant était effectivement plus élevée chez les patients touchés par la MFM, qui présentaient aussi plus de signes de fatigue et de signes fonctionnels apparentés que les témoins (avec fatigue plus fréquente en début d'évolution ; c'est elle qui souvent a conduit à la biopsie musculaire), mais les myalgies et arthralgies n'étaient pas toujours associées aux MFM. On n'a pas observé d'autre différence des symptômes et des facteurs de risque spécifique aux patients atteints de MFM. Selon le Comité consultatif de l'OMS pour la sécurité des vaccins (GACVS), cette étude ne permet pas de penser que la MFM puisse être liée à des symptômes cliniques ou une maladie spécifique quelconque.
Selon le GACVS, le fait que la MFM soit principalement observé en France, pourrait être dû au fait qu'on pratique dans ce pays des biopsies du deltoïde alors que dans beaucoup d’autres pays d'autres muscles sont plus volontiers choisis et être aussi expliqué par
En , le comité estime que l' observé dans les biopsies de certains patients vaccinés pourrait n'être qu', sans preuve de véritable affection ou maladie cliniqueGACVS/OMS, Questions/réponses : les MFM et les résultats d’une nouvelle étude (mai/04), mai 2004. L'OMS n'estime pas pouvoir reconnaitre l'existence d'un syndrome spécifique associé car à ce jour (2004) : la prévalence de la MFM dans la population générale n’est pas encore connue ; les patients examinés ne l'ont pas été dans le cadre d'études épidémiologiques appariés à des témoins (condition permettant d'éliminer les principaux facteurs et risques de confusion ou de détecter d'autres explications possibles) ; on ignore si les patients qui n’avaient pas de MFM à la biopsie ; on ignore toujours si la lésion est présente ou non chez les vaccinés ne présentant pas de signes de MFM et si elle signe ou non un dysfonctionnement des macrophages ou n'est que .
En France
Bataille politique (depuis 2001) En , une association de malades se constitue : Association d'« Entraide aux Malades de la Myofasciite à Macrophages » (E3M)
En , l'association E3M (Entraide aux Malades de Myofasciite à Macrophages) dénonce le retrait progressif du marché des seuls vaccins encore sans aluminium décidé à partir de 2008 par les laboratoires. En 2014, l'association E3M porte plainte contre X pour faux et usage de faux, escroquerie, atteinte à l'intégrité de la personne, mise en danger de la personne/risque causés à autrui. L'association conteste les raisons pour lesquelles Sanofi a justifié le retrait des vaccins sans aluminium.
En , les députés du « groupe d'étude sur la vaccination » formulent onze « recommandations » dont l'une est un moratoire sur l’aluminium vaccinal, en attendant que des études précisent les risques qu'elles pourraient ou non faire encourir aux personnes vaccinées (principe de précaution)Denis Sergent « L’ajout d’aluminium dans les vaccins suscite le débat » La Croix du 11 novembre 2012, consulté le 11 novembre 2012.. L'association E3M souligne que le phosphate de calcium, autrefois utilisé comme adjuvant, est une alternative « immédiatement disponible » à l'aluminium.
Selon France infoFrance info, communiqué « Faut-il avoir peur de l'aluminium contenu dans les vaccins ? », daté 2012-11-12, 11:50., l'ANSM assure s'intéresser à la question, mais mettrait en doute la rigueur des travaux du scientifique — l'aluminium utilisé sur les rats ne serait pas le même que l'aluminium vaccinal.
En 2012, l'association E3M lance une grève de la faim pour protester contre le retrait des crédits de recherche.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
HCSP, Aluminium et vaccins, 2013
Romain Gherardi, Toxic story. Deux ou trois vérités embarrassantes sur les adjuvants des vaccins, Actes Sud, 2016
Articles connexes Aluminium Aluminium, notre poison quotidien (documentaire)