La Loue est une rivière française, des deux départements du Doubs et du Jura en Bourgogne-Franche-Comté, résurgence et affluent gauche du Doubs, et sous-affluent du Rhône par la Saône.
Hydrographie
La Loue fait partie du bassin hydrographique Rhône-Méditerranée-Corse et de la région hydrographique de la Saône.
Le cours de la Loue peut être divisé en trois parties distinctes : la haute Loue, de sa source à Ouhans jusqu'à la commune de Cléron, puis la Loue moyenne, où sa vallée s'élargit, jusqu'à Quingey et enfin la basse Loue, jusqu'à son embouchure à Parcey. Les quarante premiers kilomètres de son parcours (haute et moyenne Loue) s'effectuent au fond de la reculée de la Loue.
Sources de la Loue
La Loue est, pour partie, une résurgence karstique des pertes du Doubs localisées notamment en aval de Pontarlier. Elle est également alimentée par les pertes du Drugeon, les gouffres et entonnoirs du Val d'Usiers (Sombacour, Bians et Goux) et du plateau de Levier ainsi que par les eaux d'infiltration du bassin d'Arc-sous-Cicon.
La découverte de pertes karstiques, au niveau de Pontarlier, a eu lieu en lorsque les usines Pernod implantées dans cette ville, brûlèrent après avoir été frappées par la foudre le .. Ces usines fabriquant de l'absinthe hautement inflammable, les pompiers déversèrent dans un puits perdu situé à du lit de la rivière environ un million de litres du spiritueuxGallica .. Le surlendemain, on constata des odeurs d’absinthe et une coloration jaune doré aux reflets verts dans la Loue, comme le rapporta André Berthelot, fils du chimiste Marcellin Berthelot.. Puis, le , les spéléologues Édouard-Alfred Martel et Eugène Fournier et le docteur Maréchal de Besançon, ayant remarqué une faille sur le cours du Doubs à Maison-du-Bois, en aval de Pontarlier, y versèrent d'un puissant colorant vert (fluorescéine). plus tard, la Loue était colorée de ce même vert..
La résurgence est située au pied d'une falaise de en forme d'hémicycle. L'eau surgit d'un porche de de haut pour de large ; en aval, trois sources représentant 30 à 50 % du débit total la rejoignent. Le débit des sources de la Loue varie de avec une moyenne de ; elles n'ont été taries qu'en 1896.
La rivière coule en cascade au niveau de sa résurgence puis, en aval, fait un nouveau saut de de haut (cascade tuffière du grand saut de la Loue) au fond des gorges de Nouailles.
Haute Loue
La Loue nait dans la commune d'Ouhans, département du Doubs. La source se trouve dans une profonde reculée portant son nom. Elle serpente ensuite dans les profondes gorges de Nouailles avant de traverser le village de Mouthier-Haute-Pierre. La rivière continue de serpenter en direction du nord-ouest en traversant les villages pittoresques et profondément encaissés de Lods et Vuillafans puis sa vallée s'élargit à partir de Montgesoye. La Loue entame ensuite sa traversée de la commune d'Ornans, plus grande ville de son cours. Puis son tracé s'oriente vers le sud-ouest sur une plaine alluviale où elle s'étale. Elle traverse les communes de Scey-Maisières et de Cléron où elle passe à proximité du château éponyme.
Moyenne vallée
Après Cléron, la Loue retrouve des roches très dures et s'incruste profondément en longeant la commune de Cademène puis celle de Lizine où l'on peut admirer sa vallée depuis les belvédères de la Gouille Noire et de la Piquette.
Au niveau du village de Châtillon-sur-Lison, la Loue reçoit les eaux de son principal affluent, le Lison. Son cours prend par la suite la direction du nord à travers une vallée à nouveau très encaissée et passe à proximité des villages de Courcelles et Charnay. Après la commune de Chenecey-Buillon, environ au sud de Besançon, la Loue présente un vaste méandre et oriente son cours en direction du sud. Elle traverse ensuite les communes de Cessey et Chouzelot, puis Quingey.
Dans cette partie, la Loue s'est assagie mais son eau, toujours chargée en calcaire dissous, et les nombreuses ruptures de pente liées aux bancs rocheux sont propices à la formation de nassis (barrage naturel de travertin). On les distingue sur deux des photos ci-dessous : la confluence avec le Lison ; le grand méandre à Chenecey-Buillon où un des nassis est aménagé pour alimenter le moulin.
Cette partie du cours de la Loue (de Lods à Quingey) constitue un site inscrit par la DREAL Franche-Comté depuis 1979..
Basse Loue
Après avoir traversé Quingey, la rivière entre dans sa basse vallée. Elle continue plein sud et passe par les communes de Lavans-Quingey, Brères, Mesmay et Chay. À Rennes-sur-Loue, elle reçoit les eaux de la Furieuse et passe dans le département du Jura. Au niveau de Port-Lesney elle effectue un très large méandre qui lui fait retrouver la direction du nord par Champagne-sur-Loue. La rivière sert de limite entre le département du Doubs et celui du Jura jusqu'à Cramans. Après Arc-et-Senans, la vallée de la Loue s'élargit considérablement et prend le nom de Val d'Amour. Son cours devient plus large et rectiligne, et la Loue prend pleinement la direction de l'ouest. Elle traverse la commune de Chissey-sur-Loue, puis celle de Chamblay où elle reçoit la Larine. Entre Montbarrey et Belmont elle reçoit les eaux de la Réverotte, puis au niveau de la commune de Souvans, elle accueille les eaux de la Cuisance, son deuxième plus gros affluent. À Parcey, une partie de son débit est déviée par un canal se jetant dans le Doubs via le cours de la Clauge. La rivière conflue avec le Doubs au niveau du parc naturel de l'île du Girard, à une dizaine de kilomètres au sud de Dole, après un parcours de ..
Sa vallée et haute vallée sont en partie des gorges karstiquesNicod, J. (1997). Les canyons karstiques" Nouvelles approches de problèmes géomorphologiques classiques"(spécialement dans les domaines méditerranéens et tropicaux) The karstic canyons, geomorphological problems and new directions (particularly in mediterranean and tropical lands).. Quaternaire, 8(2), 71-89. (PDF)..
Communes, lieux-dits et cantons traversés
Dans les deux départements du Doubs et du Jura, la Loue traverse dont les principales : source de la Loue, commune d'Ouhans ; haute vallée et vallée de la Loue : gorges de Nouailles, cascade de Syratu, Mouthier-Haute-Pierre, Lods, Vuillafans, Montgesoye, Ornans, Scey-Maisières, Cléron, Chenecey-Buillon, Quingey, Chay, Rennes-sur-Loue, Port-Lesney, Champagne-sur-Loue, Arc-et-Senans (saline royale d'Arc-et-Senans, cité idéale de Chaux), Chissey-sur-Loue, Chamblay, La Vieille-Loye (forêt de Chaux, baraques du 14 de la forêt de Chaux) ; se jette dans le Doubs à Parcey, dans la réserve naturelle nationale de l'île du Girard.
Toponymes
La Loue a donné son hydronyme aux trois communes de Champagne-sur-Loue, Chissey-sur-Loue, et Rennes-sur-Loue, ainsi qu'au hameau de Roche-sur-Loue.
Bassin versant
La Loue traverse six zones hydrographiques U260, U261, U262, U263, U264, U265, pour de superficie totale.
Organisme gestionnaire
Affluents
La Loue a vingt-trois affluents référencés dont : la Cuisance () avec onze affluents ; le Lison (rg)rd pour rive droite et rg pour rive gauche., dans huit communes avec sept affluents ; la Furieuse () ; la Larine dans sept communes avec deux affluents : la Molaine () dans les deux communes des Arsures et d'Aiglepierre ; le Bief de Mouchard () dans les deux communes de Villers-Farlay et Mouchard ; la Réverotte () dans sept communes avec un affluent : le ruisseau des Genettes () dans la seule commune de Chissey-sur-Loue ; la Brême (ruisseau des Breuillots) () dans communes avec deux affluents ; le ruisseau du Défois ; le ruisseau de Plaisir-Fontaine ; le ruisseau de la Biche () dans quatre communes avec un affluent : le Saron () dans sept communes ; le ruisseau de Clairvent () ; le ruisseau de l'Étang ; le ruisseau des Prés ; le ruisseau de Montmalin ; le ruisseau de Bonneille () ; le ruisseau de la Pisse ; le ruisseau de Bonnecreau ; le ruisseau de Raffenot (Bief noir) () ; le ruisseau de Vergetolle ; le ruisseau de Norvaux () ; le ruisseau de Malans () ; le ruisseau de Valbois () ; le ruisseau de Cornebouche () ; le ruisseau du Chanet ; le ruisseau de l'Eugney () ; le ruisseau de Nuet ; le ruisseau de Vau Narbey.
Hydrologie
La Loue est une rivière abondante au débit fluctuant, à l'instar de ses voisines du massif du Jura. Le débit moyen journalier. est de au niveau de Vuillafans, mais peut dépasser lors des crues..
La Loue à Parcey
Son débit a été observé durant une période de (1957-2008), à Parcey, localité du département du Jura située au niveau de son débouché dans le Doubs . de la réserve naturelle nationale de l'île du Girard. Le bassin versant de la rivière est de .
Le module de la rivière à Parcey est de . D'autres mesures cependant donnent un module un peu moins abondant : (RDBRMCRDBRMC - Serveur de données hydrométriques temps réel du bassin Rhône Méditerranée.) dans la même localité de Parcey, et pour une surface de bassin tout à fait égale.
La Loue présente des fluctuations saisonnières de débit assez marquées, comme très souvent dans l'est de la France, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 69,6 et par seconde, de novembre à avril inclus (avec deux maxima : le premier en décembre et le second, le plus important, en février), et des basses eaux d'été, de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à au mois d'août (voir histogramme ci-dessous). Mais ces moyennes mensuelles ne sont que des moyennes et occultent des fluctuations bien plus prononcées sur de courtes périodes.
Étiage ou basses eaux
Le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche, ce qui est bas pour un cours d'eau aussi robuste. Le débit minimum sur trois jours consécutifs connu est de mesuré entre le 2 et .
Crues
Les crues sont quant à elles très importantes. Ainsi, le débit instantané maximal enregistré a été de le , tandis que la valeur journalière maximale était de le . Le QIX 10 est de , le QIX 20 de et le QIX 50 de . Les QIX 2 et QIX 5 valent, quant à eux, respectivement, 440 et . D'où il ressort que les crues de étaient à peine vicennales.
À titre de comparaison avec une importante rivière du bassin parisien, le QIX 10 de la Marne, à son entrée dans l'agglomération parisienne, ne vaut que (contre 650 pour la Loue) et son QIX 50 ne se monte qu'à (contre 820 pour la Loue), et ce, bien que la Marne ait un bassin sept fois plus étendu.
Lame d'eau et débit spécifique
La Loue est une rivière très abondante, alimentée par des précipitations elles aussi très généreuses. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est fort élevé, nettement supérieur tant à la moyenne de la totalité du bassin de la Saône (), qu'à la moyenne d'ensemble de la France, mais cette valeur est biaisée dans la mesure où la Loue est alimentée partiellement par les eaux du Doubs dont elle est une résurgence. Le débit spécifique (ou Qsp) atteint par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Qualité physico-chimique de l'eau
Dans le Jura, les analyses isotopiques. et physicochimiques montrent que le chimisme karstique varie dans le temps, au gré des crues et des rythmes de charge et de décharge de la nappe karstique. Et la minéralisation moyenne de sources du Jura varie en outre du simple au quadruple selon qu'elles soient situées sur les plateaux karstiques (eau plus minéralisée et riche en tritium) ou plus en altitude (eau oligotrophe et peu minéralisée, pauvre en tritium) et ce chimisme varie fortement au rythme des saisons.
Les activités humaines interagissent en outre avec le chimisme karstique, via l'acidification des pluies ou les apports de polluants qui pénètrent les karsts (les gouffres étaient autrefois utilisés pour jeter les cadavres animaux et divers types de déchets, dont des déchets militaires pour le gouffre de Jardel par exemple).
Histoire, économie et aménagements