Les droits des personnes LGBTQ au Pérou ne sont pas les mêmes que ceux du reste de la population.
Lois sur les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont légales depuis 1924.
Protection contre la discrimination En mai 2004, le Code de procédure constitutionnelle (loi 28.237) prévoit expressément que le recours d'amparo, une garantie constitutionnelle visant à protéger les personnes contre la menace ou la violation des droits reconnus dans la Constitution, peut être utilisé en cas de discrimination fondée sur l'orientation sexuelle.
En juillet 2013, le Congrès de la République du Pérou a rejeté, par 56 voix contre 27 et 18 abstentions, un projet de loi visant à modifier la législation péruvienne sur les crimes de haine afin d'y inclure l'orientation sexuelle et l'identité de genre .
Reconnaissance des couples de même sexe
Le 14 février 2017, un projet de loi visant à légaliser le mariage entre personnes du même sexe a été déposé au Congrès péruvien. Ce projet de loi est porté par Indira Huilca, Marisa Glave, Tania Pariona Tarqui, Alberto Quintanilla, Manuel Dammert, Horacio Zeballos, Marco Arana et Edgar Ochoa, du Front large, ainsi que par Alberto de Belaunde, Guido Lombardi et Carlos Bruce, du parti Péruviens pour le changement. Mme Huilca a déclaré que cette législation ne visait pas à « créer une reconnaissance juridique ad hoc » pour les couples de même sexe, mais à leur accorder l'égalité des droits. « Ni plus, ni moins que cela. ».
Dans une décision rendue le 9 janvier 2017, la 7e chambre constitutionnelle de Lima a ordonné au Registre national d'identification et de l'état civil de reconnaître et d'enregistrer le mariage d'un couple de même sexe, Oscar Ugarteche et Fidel Aroche, qui s'étaient mariés auparavant à Mexico .
La Cour supérieure de justice a rejeté l'affaire en mars 2018, au motif que M. Ugarteche avait intenté son action contre la RENIEC avec six jours de retard . La Cour ne s'est toutefois pas prononcée sur le fond de l'affaire. M. Ugarteche a fait part de son intention de former un recours devant la Cour constitutionnelle. La Cour a examiné l'affaire le 20 juin 2018 .
Le 3 novembre 2020, la Cour constitutionnelle a rejeté, par 4 voix contre 3, la requête d'Ugarteche visant à faire enregistrer son mariage auprès du RENIEC.
En juin 2022, la Cour constitutionnelle a rejeté un recours visant à faire reconnaître les mariages entre personnes du même sexe célébrés à l'étranger, estimant que la Constitution réserve le mariage aux couples hétérosexuels.
LGBT dans l'armée En 2004, la Cour constitutionnelle du Pérou promulgue une loi interdisant aux LGBT des forces armées péruviennes d'avoir des relations intimes entre personnes du même sexe. Le ministre de la Défense, Roberto Chiabra, défend cette loi en la présentant comme une preuve de respect vis-à-vis des institutions.
LGBT dans la police En , une loi interdit aux personnes LGBT de rentrer dans la police. Le texte considère que leurs « actes sont sujets à scandale et dévalorisent l'image de l'institution »...
Classement de la transidentité et de l'intersexuation comme maladie mentale
Le , un décret du ministère de la Santé péruvien ajoute la transidentité, le travestissement et les désordres d'identités de genre comme des maladies mentales. Les associations de défenses des droits LGBT du pays dénoncent le décret et demandent son retrait, tandis que le ministère justifie le changement pour permettre la prise en charge complète des personnes trans dans le cadre du , qui détermine ce qui est couvert par l'assurance santé du pays. Robert Garcia, député des États-Unis, dénonce le décret et annonce qu'il va travailler avec le département d'État des États-Unis pour le faire changer par voie diplomatique. Peu de temps après l'annonce du décret, des manifestations sont organisés devant le ministère de la Santé à Lima et devant l'ambassade du Pérou à Quito.
Le gouvernement revient sur sa décision le .
Violences, intimidations ou discriminations à l'égard des LGBT
En 2003, Beatriz Merino est désignée présidente du Conseil des ministres péruvien. Elle est la première femme à occuper ce poste mais est démise de ses fonctions six mois plus tard, à la suite de rumeurs portant sur son orientation sexuelle.
En 2005, des militants LGBT du Pérou se rencontrent officiellement pour la première fois au sein de la , et rédigent un manifeste dans lequel ils dénoncent le « climat de haine » que doivent affronter les personnes LGBT de leur pays.
De nombreux cas d'agressions, d'intimidations ou d'humiliations parfois soutenues par la police sont régulièrement dénoncés par des organismes internationaux.
Notes et références
Voir aussi Homosexualité dans le Pérou ancien
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