Voix (titre original : ) est un roman de médiéval fantastique de la romancière américaine Ursula K. Le Guin publié en 2006 et traduit en français en 2010. Il constitue le deuxième tome de la trilogie Chronique des rivages de l'Ouest.

Ce roman est tout à la fois réaliste, fantastique et poétique. C'est l'évolution du combat entre deux sociétés opposées. Ansul est historiquement la capitale d'une antique mystérieuse société polythéiste et animiste. Elle est asservie par les Alds, un peuple militaire, théocratique et tyrannique venu du désert d'Asundar et qui a envahi Ansul en interdisant les livres et les mots lus ou écrits. L'arrivée, puis la voix du poète venu du nord Orrec Caspro, qui est apprécié des Ansuliens et des Alds, est l'étincelle qui conduira le peuple d'Ansul à la révolte et à la liberté. Un accord de protectorat politique et commercial qui résoudra le conflit entre les deux peuples est ensuite obtenu. Les identités nationales respectives des deux cultures opposées qui s'ignoraient au départ, seront retrouvées, libérées et conjuguées positivement à la fin.

La quête de Liberté est au cœur de Voix Voix est le second volet du triptyque de Voix, Dons et Pouvoirs qui sont publiés dans la Chronique des rivages de l'Ouest d’Ursula K. Le Guin. Ce premier roman Voix, est un livre de 288 pages, divisé en 16 chapitres.

Contrées et lieux principaux de cette épopée qui commence par Voix Après l’hymne de Caspro à la Liberté en exergue, trois cartes successives illustrent le début de ce premier livre Voix. La première carte est celle des rivages de l’Ouest qui sont les régions imaginaires et les lieux où se passent les événements qui se déroulent dans les trois volets du triptyque de la Chronique des rivages de l'Ouest. Au nord-est sont les Entre-Terres qui sont des domaines arides, isolés et rivaux, où naissent et vivent les héros de cette saga que sont Orrec Caspro et Gry Barre, décrits dans le deuxième roman. Leurs dons ne sont pas reconnus ou manifestés, et comme ils ne correspondent pas à ceux de leurs lignées, ils doivent partir. À la fin ils se marient et ils descendent par le sud dans les Basses-Terres à Bendraman jusqu’à Derris-les-Eaux. C’est là qu’est née la mère d’Orrec Caspro qui a appris à son fils tout ce qui a permis à Orrec Caspro ensuite de devenir un poète reconnu et renommé, un conteur de mots sacrés et de contes historiques. Il est ensuite appelé pour ses talents plus au sud et plus près de la mer de l’ouest, en traversant la région d’Urdile et son université à Mesun où Orrec Caspro deviendra professeur. Il descend après par la région de Bendile jusqu’aux Cités-États qui sont peuplées de cités esclavagistes et où se situent en grande partie l’histoire du troisième roman. Orrec et Gry sont ensuite appelés jusqu’à la région d’ANSUL encore plus au sud, qui un port réputé très ancien de la mer de l’Ouest dont les habitants sont envahis et opprimés depuis dix-sept ans par les Alds qui sont des envahisseurs militaires et théocratiques venus du désert d’Asudar à l’est. Orrec Caspro et Gry sont invités à Ansul pour réjouir le roi des Alds que l’on appelle le gand du gand d’Ansul et qui a appris à aimer la poésie et les vieux contes historiques. C’est toute l’histoire de ce premier roman qui se déroule dans une quête de liberté des habitants d’Ansul obtenue après une révolution contre les envahisseurs Alds, et en se souvenant de leurs antiques ancêtres les Aritans qui sont venus du Levant il y a .

La place de Voix dans la Chronique des rivages de l'Ouest Les premiers héros de l’histoire sont le poète et conteur Orrec Caspro et son épouse Gry Barre de Roddmant, qui viennent des Entre-Terres au nord et dont l’histoire est celle de Dons, le deuxième roman qui suit Voix. Ils arrivent à Ansul au sud, qui est en bord de mer. Les Alds sont arrivés il y a dix-sept ans déjà à Ansul, en conquérants, venus depuis le désert d’Asudar à l’est. Ils oppriment les habitants et les traitent en esclaves. Anciennement les Aritans étaient venus du Levant il y a à Ansul, où ils s’étaient fixés et avaient développé une civilisation raffinée, cultivée et artistique, renommée pour la philosophie et la poésie de leurs livres, de leurs anciens contes, et de la beauté de leurs monuments. Ils ont découvert une grotte cachée et tout au fond une source qui interrogée rendait un oracle. Une bibliothèque fut instaurée dans le domaine de Galvamand, à l’entrée de la grotte souterraine cachée sous terre, puis une université. Le passemestre Sunder Galva qui dirige le clan et la maison de Galvamand est toujours considéré à Ansul par les habitants, comme le chef des autres clans Gelb, Cam et Actamo qui dirigent les maisons de Gelbmand, de Cammand et d’Actamand. Le passemestre Sunder Galva et Némar Galva à qui il a appris à lire et à écrire en secret, sont les seconds héros de cette odyssée fantastique. Les Alds envahisseurs d’Ansul sont dirigés par le gand du gand d’Ansul nommé Iorath qui est devenu cultivé et est passionné de poésie et de contes. C’est pourquoi il a invité Orrec Caspro qui est un célèbre conteur venu d’Entre-Terres au nord, avec son épouse Gry Barre. Son fils Iddor qui est jaloux de son père, ignore totalement les règles sociales et les arts d’Ansul comme la lecture, l’écriture et la poésie qui sont interdits par les prêtres qui croient en un dieu unique Atth qui seul est bon. Les Alds croient en la présence de démons cachés dans les mots. Pour les prêtres il existe un dieu du mal qu’il faut éradiquer pour que seul règne le dieu bon Atth. Ce dieu du mal s’appelle Obathh et il se cache à Ansul dans une grotte noire cachée que les prêtres appellent la Gueule de la nuit, la Gueule du mal, et qui doit être cherchée, trouvée et détruite. Et ce mauvais dieu de la nuit se manifeste pour les prêtres Alds qui sont incultes et fanatiques, par la lecture et l’écriture de livres qui sont à noyer et à interdire. C’est pourquoi en arrivant à Ansul, les soldats Alds ont tué les possesseurs de livres et détruit la bibliothèque et l’université qui entre-temps avaient été déplacés hors de la maison de Galvamand.

Résumé

Ce roman épique débute par l'hymne de Caspro à la Liberté : .

Première partie

Quand Némar Galva ouvre la porte de la salle secrète de sa maison dit Némar Galva, en traçant les signes avec ses doigts placés très haut sur le mur du couloir. Alors « Une ouverture se ménage dans la paroi. J’entre ». Némar Galva toute petite se souvient de ce que lui a appris sa mère Decalo Galva qui fut agressée lors de l’invasion des Alds dans leur maison de Galvamand, à Ansul, il y a dix-sept ans. Avant l’invasion, sa mère alors était une « Galva de sang et de maison. Elle occupait le poste essentiel et honorable de Chef-Gouvernante de Sulter Galva, passemestre d’Ansul » et dirigeait tous les gens de la maisonnée des employés de Galvamand. Lorsque les Alds envahirent Ansul ils pillèrent Galvamand et emmenèrent Sulter Galva qu’ils torturèrent pendant un an pour lui faire révéler la bibliothèque cachée. Sulter ne parla jamais mais il resta estropié lorsque les soldats et les prêtres Alds le libérèrent, ensuite, persuadés qu’il ne savait rien.

D’emblée dans ce début du roman, la magie apparaît dans les gestes mystérieux d’une enfant rescapée et protégée par le passemestre d’Ansul. Elle ouvre en traçant les signes d’une formule magique, une salle secrète qui est son refuge quotidien. L’histoire continue lorsqu’elle découvre un soir à l’intérieur de la salle secrète, le passemestre son protecteur, qui est aussi étonné qu’elle, et qui lui demande de lui expliquer comment elle est entrée ? « — Que viens-tu faire dans cette salle ? » lui demanda le passemestre ? « C’est là que je me réfugie quand je n’en peux plus. J’aime regarder les livres. Ce n’est pas grave si je les regarde ? Même à l’intérieur ? » lui répondit Némar. Le passemestre lui expliqua que les signes qu’elle avait tracés en l’air pour ouvrir la salle secrète étaient des mots qui pouvaient être prononcés et aussi écrits dans des livres. Némar comprit et lui dit . Le passemestre dit alors à Némar qu’il assurerait désormais son « éducation » et serait son professeur, en lui apprenant à parler, à lire et à écrire les signes et les mots, pour qu’elle puisse comprendre les livres de la bibliothèque secrète où ils se réuniraient la nuit pour ne pas être vus. Et il lui apprendrait aussi l’ancien langage des signes et des caractères aritans qu’elle avait tracés sur le mur pour ouvrir la salle secrète, mais de mémoire et sans les connaître ni les comprendre. Mais cela devrait rester secret entre eux et qu’ils n’en parlent à personne. Car la salle secrète qui donne accès à la bibliothèque cachée, n’a jamais pu être trouvée par personne d’autre que ceux qui sont les seuls à posséder cette connaissance cachée qui remonte à leurs lointains ancêtres Aritans. Némar dit encore qu’elle n’avait pas été au fond de la bibliothèque qui était de plus en plus sombre et silencieuse, avec moins de livres qui brillaient dans l’obscurité car .

Parmi tous les ouvrages que donna à lire ensuite le passemestre à Némar, sa préférence allait aux Transformations pour la poésie et aux Contes du seigneur du Manva pour les légendes. Et Némar écrivait maintenant dans la pièce secrète le livre qui relatait quotidiennement ses actions, ses faits et gestes, en disant .

Quand Némar rencontre Gry