La Division marocaine (DM), initialement Division de marche du Maroc, également connue sous l'appellation de marocaine (), est une division d'infanterie de l'armée d'Afrique, unité militaire française qui participe à la Première Guerre mondiale et à la guerre du Rif.

Composée durant la majeure partie de son engagement pour moitié de soldats européens (marsouins, zouaves et légionnaires) et pour moitié de soldats maghrébins (tirailleurs algériens et tunisiens), la Division marocaine s'illustre notamment lors de la bataille de la Marne en puis lors de la bataille de l'Artois de , où, pour la première fois, une division française rompt le front allemand«... Le 9 mai 1915, les régiments de la division marocaine s’élançant à 10 heures des tranchées de Berthonval et brisant de haute lutte la résistance des allemands atteignirent d’un bond la cote 140, leur objectif, rompant pour la première fois le front ennemi », voir la dédicace du Monument aux morts de la division marocaine de Givenchy-en-Gohelle.

Les quatre unités principales qui composent la division durant la quasi-totalité de son engagement entre 1914 et 1918 sont le Régiment de marche de la Légion étrangère, le 4e régiment de tirailleurs tunisiens, le 7e régiment de tirailleurs algériens et le 8e régiment de zouaves. Tous ces régiments sont cités à l'ordre de l'armée et à la fin du conflit, la division marocaine compte dans ses rangs les unités les plus décorées de l'armée française.. Elle est la seule division dont tous les drapeaux sont décorés de la Légion d’honneur au cours de la Première Guerre mondiale RTT, RTA, Régiment de marche de la Légion étrangère et de zouaves, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Royale, 1919, ..

Envoyée en occupation en Rhénanie, la division marocaine revient au Maroc en pour combattre la République du Rif. Elle y est dissoute en .

Différentes dénominations : Division de marche du Maroc Entre le 15 et le : devient la Division marocaine : la Division marocaine devient marocaine : dissolution

Les chefs de la division marocaine Chefs de corps - : général Humbert - : général Blondlat - : général Codet - : général Degoutte - : général Daugan - ? : général Emile-Joseph Tantot ? - : général Marty - 1926 : général Ibos

Commandants de brigade brigade Général Blondlat : - . Colonel Mérienne-Lucas : - . Colonel Lavenir : - . Colonel Pein : - (tué à l'ennemi). Colonel Delavau : - . Colonel Demetz : - . Colonel Mittelhauser : - . Colonel Boucher : . brigade Colonel Cros : - (tué à l'ennemi). Colonel d'Anselme : - . Colonel Girodon : - (tué à l'ennemi comme général commandant la D.I.) Colonel Schuhler : - . Colonel Bertrand : . brigade Colonel (puis général) Kieffer : ? - brigade Colonel Duffour : 1925. - Colonel Corap : -

Première Guerre mondiale

Composition au cours de la guerre vignette|Tirailleurs de la division, septembre 1916. L'infanterie est regroupée en deux brigades : brigade marocaine : Régiment de marche colonial (3 bataillons) d'août au Régiment de marche de zouaves (3 bataillons) d'août au régiment de marche de tirailleurs, (venant de la d'infanterie) du au (rejoint la marocaine) régiment de marche du étranger du au régiment de marche du étranger du au Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE), par fusion des deux régiments étrangers, du au bataillon de tirailleurs malgaches, du au Bataillon de légion russe de début 1918 au brigade marocaine : mixte de zouaves et de tirailleurs jusqu'au ; Il n'y eut jamais de bataillon de zouaves dans le RMZT. mixte de zouaves et de tirailleurs jusqu'au Régiment de marche de tirailleurs du Maroc occidental du au (3 bataillons) du algériens du algériens du tunisiens Régiment de marche de tirailleurs du Maroc oriental du au (4 bataillons) du algériens du algériens du algériens du régiment de marche de tirailleurs, formé par la fusion du régiment de marche de tirailleurs du Maroc occidental avec le régiment de marche de tirailleurs du Maroc oriental, du au régiment de marche de zouaves par changement d'appellation du Régiment de marche de zouaves, du au . vignette|Cavaliers du d'Afrique attachés à la division, septembre 1916. La cavalerie divisionnaire est constituée des unités suivantes : Deux escadrons du de chasseurs en puis un seul d' à Un escadron du de hussards de à Deux escadrons du de dragons de à Deux escadrons du de chasseurs d'Afrique à partir d', puis un seul à partir d' Un escadron du de spahis à partir d'. La Division marocaine est en outre soutenue par : une unité d’artillerie commandée par Lieutenant-Colonel Ducros comprenant un groupe de marche sous les ordres du commandant Turpin ( et du d'artillerie de campagne d'Afrique ainsi que la du d'artillerie de campagne d'Afrique) et un groupe de deux batteries du Régiment d’Artillerie coloniale sous les ordres du commandant Martin, une compagnie divisionnaire du Génie du Maroc sous les ordres du capitaine Quinson.

Enfin, l'escadrille Escadrille BRE 104 est rattachée à la division en 1918.

Création À la veille de la mobilisation du , les troupes d’occupation du Protectorat stationnées au Maroc dont dispose l’Armée française comprennent :

1 bataillon d'infanterie coloniale ( BIC du Maroc) à Fez 6 régiments mixtes d'Infanterie coloniale du Maroc composés chacun d’un « bataillon de coloniaux » (« marsouins ») et de deux de « tirailleurs sénégalais » à Rabat, La-Chaouïa, Meknés, Fez et Marrakech 2 groupes mixtes d’artillerie coloniale (un groupe de trois « batteries montées de 75 de campagne » et un autre de quatre « batteries de 65 de montagne ») 6 compagnies de conducteurs sénégalais 13 bataillons de tirailleurs algériens 9 bataillons de tirailleurs tunisiens 9 bataillons de zouaves 5 bataillons de troupes auxiliaires du Maroc (futurs tirailleurs marocains) un escadron de spahis sénégalais

Par prélèvement d’une partie de ces forces immédiatement disponibles, quatre brigades sont créées dès la mobilisation. Les deux premières constituent la division de marche du Maroc. Les deux autres brigades s'illustreront avec les 38 et d'infanterie.

Les cinq bataillons de soldats marocains dont dispose l’Armée française au Maroc n'entrent pas dans la composition de la Division marocaine mais constituent deux régiments de chasseurs indigènes aux ordres du colonel Auroux et du commandant Poeymirau qui forment le une Brigade de chasseurs indigènes (appelée aussi Brigade marocaine ou Brigade Ditte) aux ordres du général Ditte.

1914 6 - : Constitution, puis embarquement, transport et débarquement à Bordeaux et Sète. Les unités constituant la Division de marche du Maroc sont regroupées à Bordeaux le après avoir débarqué à Sète depuis Oran, Casablanca et Mahedia. Le , la division quitte Bordeaux et se positionne dans la région de Tournes (Ardennes françaises) le , pour se joindre au Corps d’armée des troupes coloniales de la armée française dans la Bataille des frontières. 18 - : transport par V.F. à l'ouest de Mézières dans les Ardennes. - : mouvement par Mézières vers le nord-est, puis repli par Mézières et Witry-lès-Reims, vers la région de Fère-Champenoise. À l’issue de la Bataille des Ardennes le , la Division marocaine est intégrée au d’armée de la armée sous les ordres du général Dubois. Ce corps d’armée a pour mission de couvrir le repli de cette dernière en s'établissant le sur une ligne Signy-l'Abbaye - La-Fosse-à-l'Eau, sur laquelle elle doit contrer l’avancée de la Armée allemande. : combats de Dommery et de la Fosse-à-l'Eau (bataille de la Meuse). : combats à Bertoncourt. : combats de Neuflize et d'Alincourt.

6 - : engagée dans la bataille de la Marne : du 6 au , bataille des Marais de Saint-Gond. Combats autour du château de Mondement. À partir du , poursuite par Tours-sur-Marne et de Beaumont-sur-Vesle jusque vers Prunay et la ferme des Marquises. - : combats dans cette région (bataille de l'Aisne), puis stabilisation et occupation d'un secteur vers la ferme des Marquises et le nord de Sillery, étendu à gauche le jusque vers le fort de la Pompelle (guerre de mines). 23 - : participation aux attaques françaises en direction de Berru. 12, , : attaques locales françaises. : combats au bois des zouaves. : attaques locales allemandes. Du au , la est transférée dans le nord. Engagée le dans la première bataille d'Ypres, enlèvement du bois triangulaire (nord d'Ypres) et de la grande Dune (Nieuport-Bain).

1915 23 - : retrait du front ; à partir du , transport par V.F. de la région d'Épernay, dans celle de Saint-Pol. - : mouvement vers la région d'Aubigny-en-Artois, puis à partir du occupation d'un secteur vers la ferme de Berthonval et la Targette. 9 - : engagée dans la seconde bataille de l'Artois, attaque de la cote 140. 12 - : retrait du front. Repos vers Mont-Saint-Éloi, puis vers Tincques. - : mouvement vers le front et occupation d'un secteur vers la cote 123 et le bois de Carency, réduit à gauche, le vers le cabaret rouge. 16 - : attaques françaises en direction de Givenchy-en-Gohelle. vignette|Le général Lyautey passe en revue la division en Alsace le . - : retrait du front et repos vers Wail. À partir du , transport par V.F. dans la région de Montbéliard ; à partir du , mouvement vers Giromagny ; instruction et repos. - : transport par V.F. de la région de Lure, dans celle de Suippes. À partir du 25 septembre, engagée vers le bois Sabot dans la seconde bataille de Champagne. 25 - : attaques vers le Trou Bricot et la butte de Souain. À partir du , mouvement de rocade et occupation d'un secteur au sud-est de Sainte-Marie-à-Py. - : retrait du front vers Cuperly. À partir du , transport par V.F. de la région de Cuperly dans celle de Pont-Sainte-Maxence ; instructions et repos. - : mouvement vers Cœuvres-et-Valsery ; instruction.

1916 - : mouvement vers Crépy-en-Valois ; instruction. À partir du , mouvement par étapes vers le camp de Crèvecœur-le-Grand ; repos et instruction. À partir du , mouvement vers la région de Noyers-Saint-Martin ; repos. - : mouvement vers Montdidier, puis occupation d'un secteur entre l'Oise et Belval. - : retrait du front. Transport par V.F. dans la région d'Amiens. En réserve au début de la bataille de la Somme. 6 - : mouvement vers le front, engagée dans la bataille de la Somme, vers Belloy-en-Santerre et l'est de Flaucourt. 7 - : attaques françaises sur les positions allemandes au sud-est de Belloy-en-Santerre. 15 - : retrait du front. Transport par V.F. dans la région de Gournay-sur-Aronde. - : mouvement vers le front et occupation d'un secteur entre Belval et la lisière sud du bois des Loges. vignette|Tirailleurs de la division tirant des fils de fer barbelés dans une tranchée d'arrière à Lassigny, septembre 1916. - : retrait du front. Repos vers Estrées-Saint-Denis. À partir du , mouvement vers le camp de Crèvecœur ; instruction. - : transport par camions dans la région de Chuignolles. Occupation d'un secteur vers Belloy-en-Santerre et le sud de Barleux. - : retrait du front, mouvement vers le camp de Crèvecœur ; instruction.

1917 - : mouvement vers le front ; occupation d'un secteur vers Beuvraignes et le sud d'Armancourt. - : retrait du front. Éléments au travail vers Montdidier, éléments au repos vers Froissy et Crèvecœur-le-Grand. 14 - : mouvement vers Montdidier, engagée dans la poursuite des troupes allemandes en seconde ligne lors de l'opération Alberich. - : transport par V.F. de Montdidier et d'Hargicourt vers Saint-Hilaire-au-Temple et Cuperly. À partir du , occupation d'un secteur entre Auberive-sur-Suippe et le nord de Baconnes. À partir du , engagée dans la bataille des monts de Champagne, prise du Mont-sans-Nom et de Auberive-sur-Suippe. - : retrait du front ; repos vers Châlons-en-Champagne. - : transport par camions vers Jonchery-sur-Vesle, puis à partir du , occupation d'un secteur entre la Miette et l'Aisne.