La Fédération française des motards en colère (FFMC) est une association loi de 1901

Historique Origines Au début des années 1970 la sécurité routière en France devient une préoccupation importante des pouvoirs publics. Jacques Chaban-Delmas crée le , le jour même où il quitte ses fonctions de Premier ministre, le Comité interministériel de la sécurité routière., et nomme Christian Gerondeau délégué à la sécurité routière chargé de ce comité.. L’objectif est d’enrayer la courbe ascendante des tués sur la route, passés de en 1960 à près de en 1972. Parmi ces victimes, les motards ne sont pas épargnés puisque leur nombre augmente régulièrement depuis 1970. Le délégué à la sécurité routière semble se focaliser sur ces statistiques en faisant l’impasse sur l’accroissement du parc de véhicules en circulation.

Dans ce contexte, l’augmentation des primes d’assurance, qui peuvent atteindre 10 ou 12 000 francs est considérable. Les tarifs d'assurance demandés aux motards atteignent le triple, voire le quadruple de ceux réservés aux automobilistes. À la fin des , ces augmentations n'ont pas entraîné une baisse du nombre de motards. Cependant, le coût de l'assurance amène près d’.

En 1978, Yves Mourousi, un présentateur et rédacteur en chef très populaire du journal de sur TF1 et motard lui-même, est nommé « Monsieur moto » par le gouvernement. Rattaché au ministère de la Jeunesse et des Sports, celui-ci a pour mission d’éclairer le dossier des deux-roues motorisés en France. Il sera à cette occasion l'initiateur du projet de construction du circuit Carole. Ce circuit, situé en région parisienne, a pour but d'offrir la possibilité aux motocyclistes amateurs de pouvoir s'exercer aux sports motocyclistes sur route. Son nom est un hommage à une motarde prénommée Carole qui trouva la mort lors d'un rassemblement motard. Il démissionnera cependant de son poste quelques mois plus tard.

Au soir de l’arrivée du Bol d'or de 1978, faisant suite à , Christian Gerondeau, alors délégué à la Sécurité routière, s'exprime sur les ondes. Mal reçus par une partie des utilisateurs de deux-roues motorisés, ses propos donnent lieu à la première manifestation de motards, le vendredi suivant. À cette occasion, des milliers de motards investissent la place de la Bastille, à Paris, et commencent à s’étirer en cortège pour défiler sous les fenêtres des dirigeants politiques. En province, plusieurs moto-clubs s’unissent sous des bannières explicites : « Moto liberté », « SOS Moto survie », ou « Moto vivante ».

Fin 1979, les relations entre tous les mouvements régionaux aboutissent à un projet de coordination nationale.

Création

Diversification des activités vignette|Logo de Moto Magazine. Dans la foulée, la FFMC annonce qu’elle travaille à la création de centres de formation à la conduite délivrant des permis à prix coûtant, à la mise en place d’un journal moto indépendant, d’une coopérative d’achat pour les accessoires et les motos, et enfin de bases de loisirs. C’est la matérialisation du concept de solidarité revendiqué par une catégorie de motards.

L’appel à souscription pour la création de la Mutuelle des Motards est lancé début 1981, jusqu’à convaincre près de de verser . Les fonds nécessaires sont réunis et l’agrément du ministère des Finances est accordé le à L'Assurance Mutuelle des Motards, officiellement dénommée « Solidarité mutuelle des usagers de la route ».. C'est depuis la guerre la première compagnie d'assurance créée qui ne soit pas issue d'un groupe financier.

À l’aube de 1985, le constat est amer : les sociétaires sont à 55 % de jeunes conducteurs et le taux d’accidents est trop élevé pour garantir l’équilibre financier de la structure. Des mesures sont prises pour revenir à l'équilibre : rappel de cotisations, augmentation des primes, limitation de l’accès des novices à certaines motos (la Mutuelle des Motards créée par des motards pour les motards a conçu sa tarification sur la typologie des motos et non sur la cylindrée, une révolution pour l'époque, qui conduit à assurer moins cher une 750 BMW ou Guzzi, routière, qu'une 350 RDLC Yamaha, sportive).

La FFMC prépare également une union européenne des motards. Le est organisée la première manifestation européenne à Strasbourg, laquelle donne naissance à la FEM (Fédération européenne des motards, aujourd’hui FEMA).

Créée en 1996, la Commission juridique (CJ) informe, conseille et défend les adhérents de la FFMC pour tout problème juridique lié à la pratique de la moto. La CJ fonctionne grâce à des militants et juristes confirmés et bénévoles qui apportent leur expertise à la FFMC.

vignette|Dispositif antivol en « U ». La commission Stop vol a pour but de tester et de certifier les antivols moto mécaniques et, plus récemment, électroniques. Le résultat des tests peut être consulté sur le site internet de la FFMC et est également relayé par le mensuel Moto Magazine. Le , la FFMC signe une convention avec AFNOR, et le label « FFMC-Stop vol » devient la norme NF238.

La Journée nationale du Partage de la Route, crée en 2019, partenariat FFMC avec les associations « 40 millions d’automobilistes » et « Mon Vélo est une Vie », a pour but de sensibiliser les différentes catégories d’usagers de la route au respect, à la tolérance et au partage de l’espace routier..

Revendications et propositions

Revendications et propositions suivies d'effets Le retrait de la vignette moto (près de trois fois le prix de la vignette auto) deux ans après son instauration.. La réforme du permis moto, jugée comme orientée anti-gros-cubes jusqu'en 1984Question écrite , publiée dans le JO du Sénat du 30 novembre 1980, , de Robert Pontillon, sénateur des Hauts-de-Seine.. La création des enquêtes REAGIR. La diminution de 40 % du tarif des péages autoroutiers appliqués aux motos, les autoroutes étant préférables pour des raisons de sécurité (quatre à sept fois moins accidentogènes). La baisse des tarifs d’assurance consécutive à la naissance de l'Assurance Mutuelle des motards. La reconnaissance de la place des deux-roues motorisés comme moyen de transport alternatif, avec leur exclusion de la circulation alternée en cas de pollution. La mise en place des « M. Moto » dans chaque département au sein des DDE, notamment pour améliorer le réseau routier. Le doublement des rails de sécurité pour éviter l'effet guillotine.. La création d’un label de qualité sur les antivols moto avec l’AFNOR pour permettre à chacun de se protéger du vol. L'obtention d'un amendement. limitant l'impact sur les particuliers de la loi relative à la sécurité et au développement des transports de 2005 punissant de deux ans de prison et le débridage d’une moto par un concessionnaire. La mise en place de « Relais motards calmos » lors des grands évènements motocyclistes en . Les bénévoles de la FFMC animent ces relais. où les motards font une pause pour se restaurer, se reposer ou faire de petites réparations mécaniques dans le but d'améliorer leur sécurité. La Direction de la sécurité et de la circulation routière et la FFMC ont d'ailleurs signé une charte afin de définir les modalités des Relais. Cette charte a été dénoncée en 2011 à cause de l'attitude des pouvoirs publics. Ceux ci profitaient de ces grandes migrations motardes pour contrôler et verbaliser en masse les motards en organisant des souricières aux péages sur les voies qui leur étaient réservés.. La charte a finalement été signée à nouveau en 2015. Intervention en milieu scolaire (collèges et lycées) afin de sensibiliser les élèves au port d'un équipement adapté et à un meilleur comportement sur la route.. Le retrait du projet d'obligation d'allumage des feux de croisement le jour des automobiles. Ce projet était jugé comme déresponsabilisant les automobilistes et marginalisant les usagers les plus fragiles (piétons, cyclistes, utilisateurs de deux-roues motorisés) en les rendant moins visibles. L'obligation d'allumage de feux de croisement en vigueur actuellement applicable aux deux-roues motorisés participerait en effet à les distinguer plus facilement dans la circulation de jours, et ainsi améliorerait la sécurité. Le retrait, le , de la procédure « VE » (pour Véhicule Endommagé) pour les deux-roues motorisés grâce à une grande première, une alliance avec 40 millions d'automobilistes, le Codever, la FFM et la branche deux-roues du CNPA ; ainsi que l'obtention d'une concertation avec les pouvoirs publics à travers le grenelle du deux-roues motorisé dont la réunion préparatoire a eu lieu le . Report d'un contrôle technique pour les motos en 2022.. Celui-ci n'apporte pas d'améliorations notable en matière de sécurité routière : les statistiquesÉtude européenne sur les accidents de moto (MAIDS) montrent que l’état de la moto n'est pas en cause dans 99,3 % des accidents. L'ONISR a également publié un rapportPeter Christensen et Rune Elvik, L'effet sur les accidents du contrôle périodique des véhicules en Norvège, AAP, , 2007 en sur le contrôle technique automobile qui déclare que celui-ci n'a eu aucun effet sur l'accidentologie. Une enquête à l'échelle européenne (nommée MAIDS) sur un très grand échantillon a démontré que la part des causes techniques dans les accidents de moto ne dépassait pas 0,7%. L'autorisation de remonter les files de véhicules. Le gouvernement français revient sur cette mesure avec une nouvelle interdiction le à la suite d'une étude de la Délégation à la sécurité routière confiée au CÉRÉMA. La FFMC conteste les résultats de cette « expérimentation qui n'apporte pas de résultats tranchés » et estime qu'« il y a trop peu de chiffres pour étayer l'étude ».. La suppression de la loi de 1986 sur le bridage des machines à ou ()., dont l'inutilité est officiellement reconnueRapport du conseil général des ponts et chaussées sur le contrôle technique moto, conformément aux lois européennesArticle 3 de la directive 95/1/CEE et ainsi laisser la puissance des motocyclettes telle qu'elle est à la sortie de production. Bruxelles estime qu'il n'y a plus aucune raison de maintenir cette limitation qui empêche la libre circulation des véhicules. L'abrogation en 2013 de la loi qui imposait aux motards le port d'un dispositif rétroréfléchissant en permanence.. La sensibilisation des candidats au permis de conduire aux autres catégories de véhicules et l'apprentissage des particularités d’un deux-roues (l'AFDM propose dans ce but un stage de sensibilisation de dix heures).

Revendications et propositions n'ayant pas obtenu de résultats Parmi les actions menées, certaines n'ont pas obtenu de résultats probants :

Le refus du permis de conduire à points annoncé comme la solution pour réduire l'insécurité routière.

Le refus du contrôle-sanction automatisé : la FFMC y est opposée car elle estime que l'automatisation de la sanction est contraire au principe de la présomption d'innocence, inverse le rôle d'apport de la preuve, et porte atteinte aux libertés individuelles de chacun.

La levée de l'interdiction d'accès aux motards au duplex A86. Le recours déposé par la FFMC, estimant que l'interdiction d'accès à cet ouvrage n'est pas légitime et les oblige à circuler sur des axes beaucoup plus accidentogènes, a été rejeté par le tribunal administratif de Versailles en ..

Le refus du passage à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur route. À cette occasion, en , les associations d'usagers de la route fédérées autour des motards en colère, au sein de l'Union des Usagers de la Route (UUR) organisent deux journées d'action et une soixantaine de manifestations sur tout le territoire..