La bataille de Krasny Bor, Битва за Красный Бор en russe, est une bataille majeure de l'opération Krasnoborsk Smerdynskaya qui s'est déroulée du 10 au , dans le cadre de l'opération Polyarnaya Zvezda (étoile polaire). Ce fut un affrontement sanglant entre le d’armée allemand, plus particulièrement, la division de volontaires espagnols División Azul et la soviétique dans le secteur de la route et du chemin de fer Léningrad-MoscouWikimapia Coordonnées de la bataille et des environs: 59°40'51"N 30°41'0"E.

Préambule 1941-1942 Après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie, le , une opération à grande échelle pour la prise de Moscou a été mise sur pied, mais finalement annulée par Adolf Hitler qui décide d'envoyer ses forces prendre Léningrad en premier.

Le , Hitler réitère son ordre : Prendre Léningrad en premier, Prendre le bassin de Donetsk, Prendre Moscou.

Toutefois l'acharnement défensif des Soviétiques, les actions de guérilla par les partisans sur les lignes arrière, l’état des routes et le froid intense retardent les forces allemandes dans l'accomplissement de leurs objectifs.

Le , les troupes allemandes s'emparent de la ville de Schlüsselburg sur la rive sud du lac Ladoga encerclant entièrement le sud de Léningrad, le siège commence.

À l'automne 1941, Joukov lance une série de contre-attaques contre les lignes allemandes destinée à arrêter l'avance allemande dans la banlieue sud de Léningrad si bien qu’en , la ville n’est pas totalement investie.

Le Groupe d'armées Nord allemand conduit alors, début , une offensive en direction de Tikhvine et de la rivière Svir, pour rejoindre les forces finlandaises afin d'encercler totalement la ville de Léningrad.

Le , les Allemands coupent la voie ferrée Léningrad-Vologda, voie de ravitaillement vitale pour la ville de Léningrad assiégée, puis continuent d'avancer et prennent le , la chaussée Moscou-Léningrad à Tikhvine, interrompant totalement le ravitaillement de la ville par voie terrestre. Toutefois les troupes allemandes sont ralenties puis stoppées par la défense acharnée des Soviétiques et par le froid qui s'abat sur la steppe, le thermomètre descendant au-dessous de .

Le , le général soviétique Meretskov lance contre Tikhvine les troupes sibériennes des et de fusiliers appuyées par les T-34 de la de chars contre la d'infanterie allemande qui résistera avec l'énergie du désespoir aux assauts furieux.

Le froid intense gèle les blessés sur place, bloque les culasses des armes et grippe les moteurs des véhicules. Finalement, le , les troupes allemandes survivantes abandonnent la ville en détruisant toutes les installations et se replient sur la rivière Volkhov en dépit des ordres formels du Führer de tenir sur place.

La capture de Tikhvine par l’Armée rouge ne permet pas pour autant de briser l'encerclement de la ville. Toutefois le service ferroviaire par le lac Ladoga peut reprendre, malgré les bombardements de l'artillerie allemande.

Les contre-attaques soviétiques, incessantes, féroces mais toutefois infructueuses obligent, en , le GQG allemand à envoyer des réserves supplémentaires pour arrêter la contre-offensive soviétique sur le Volkhov.

Après avoir combattu dans la zone Volkhov-lac Ilmen-Novgorod d' à , la d'infanterie (dite División Azul) est envoyée en renfort à la limite sud de la poche de Léningrad, et prend, le , les positions de la allemande qui est retirée entre la ligne de chemin de fer Kolpino-Tosno à l’est et BabolovoEn . située à l’ouest. Elle s’installe, dans des tranchées creusées près de et dans Krasny Bor, Pouchkine et Kolpino, villes situées à seulement au sud-est de Léningrad, où elle subit régulièrement, bombardements et attaques soviétiques.

300px|gauche|vignette|Carte du siège de Léningrad de mai 1942 à janvier 1943 avant l'opération Iskra.

1943 Début , la soviétique est transférée au sud de Léningrad afin de briser le périmètre sud du siège de Léningrad. Cette , formée des éléments de réserve des provinces du nord-est de la Russie, se compose de quatre divisions d'infanterie, deux régiments blindés et plusieurs autres groupes de soutien.

Le , l'Armée rouge mène l’opération Iskra (en , Étincelle), et réussit à briser le goulet d'étranglement entre Siniavino et la rive du lac Ladoga, recréant ainsi une connexion terrestre à partir de Léningrad le long de la rive du lac Ladoga, pour la première fois depuis .

Cette étroite bande étant sous le feu continu des positions allemandes, le commandement soviétique conçoit alors rapidement, une opération beaucoup plus importante qu'elle a appelé opération Polyarnaïa Zvezda (en , Étoile polaire) en qui prévoyait une attaque par trois fronts : le front du Nord-Ouest sous les ordres du maréchal Timochenko, le front de Volkhov sous les ordres du colonel général Meretskov et le front de Léningrad sous les ordres du maréchal Govorov, dont la fait partie.

Cette opération avait pour objectif d’encercler la allemande en avançant vers le nord-ouest du front en direction de Louga et du golfe de Finlande. 400px

Pour les troupes du front de Léningrad, la route et la voie ferroviaire Moscou à Léningrad sont d’une importance vitale. L'objectif de la était donc de capturer la route stratégique. Le pivot de cette route est Krasny Bor, ville située entre la route et la ligne de chemin de fer Léningrad-Moscou en direction de Kolpino vers Tosno, puis à se joindre, dans un second temps, à la du Volkhov, afin d’encercler les troupes allemandes situées dans le secteur de Mga.

Une fois cette attaque réussie, le plan prévoyait l’intervention des forces de deuxième échelon pour avancer dans la trouée vers Tosno.

À la fin de , le général Infantes, commandant la d'infanterie (División Azul), s’était aperçu de l’arrivée de troupes soviétiques fraiches. Se doutant qu'une attaque était imminente, il ordonna le , à ses réserves (2 compagnies cyclistes et les et du d'artillerie) de monter en ligne, afin d’occuper Krasny Bor et de s'y retrancher.

Le , il ordonne qu'au moins un tiers de tous les hommes avec toutes les armes automatiques disponibles se retirent à derrière la ligne principale de résistance, fait poser des champs de mines supplémentaires, améliore les positions, et crée des postes de tir supplémentaires. Le commandement allemand promettait d'envoyer deux compagnies antichars composées de canons de PaK 40 et de Une seule compagnie antichars de canons de Pak 40 et canons de antichars était arrivée à temps pour la bataille. ainsi qu'un régiment d'infanterie.

Le , la soviétique forte d’environ , 30 chars et environ 70 autres véhicules blindés, soutenue par un groupe mobile composé de la de chars et de la de ski, soit environ , attaque les forces allemandes pour essayer de prendre Kolpino.

Forces en présences

Les forces soviétiques sont composées de la , forte au total de .

Les forces de l'Axe sont composées principalement de la d'infanterie de la Wehrmacht, dite División Azul en espagnol et Division Bleue en français, forte de et d'éléments allemands divers de l'ordre de

La bataille 10 février Le à , l'artillerie lourde soviétique, composée de plus de 800 canons sur un front de , bombarde pendant deux heures, à raison d'un coup toutes les dix secondes pour chaque pièce, les positions tenues par les forces espagnoles de la Division Bleue et forces allemandes à Krasny Bor, relayées par l'aviation soviétique. Obus, mortiers et de roquettes Katioucha pilonnent les tranchées, bunkers construits pour renforcer le flanc est du groupe d'armées Nord. Toutefois les premières lignes espagnoles sont partiellement vides, afin de réduire l'impact des bombardements, mais ceux qui restent résistent de battre en retraite selon la devise: "Pas de relève possible, jusqu'à l'extinction".

À , le bombardement est déplacé sur la ville de Krasny Bor et les villages de Podolvo et Raikelevo, situés à l'est et au sud-est de Krasny Bor.

Après cette préparation, à , les 43, , et , soit un total de , suivies par les et de chars comprenant près de 100 chars d'assaut principalement des KV-1 et des T-34, par deux bataillons de canons antichars Zis de , par la motorisée et les et de skieurs lancent l'assaut contre les lignes de la Division Bleue, avec 4.500 soldats, et des forces allemandes 1.400 hommes un total de , harcelés par le bombardement d'artillerie lourde puis aérien.

Les Soviétiques qui avait prévu que le bombardement d'artillerie intensif aurait détruit les positions ennemies, avançaient confiants sur le secteur défendu par les volontaires espagnols. Attaquant sur quatre lignes de pénétration avec une division chacune, les soviétiques rencontrent de graves difficultés. Le barrage d'artillerie ayant fait fondre la neige, les chars russes s'enlisent. Toutefois les troupes espagnoles de première ligne, tapies dans leurs trous, submergées par les troupes soviétiques largement supérieures en nombre, regroupent les restes des survivants, fortifient leurs positions dans les cratères produits par les obus et se battent jusqu'à la mort face à l'attaque soviétique. Toutefois cette première ligne est rapidement dépassée car de nombreuses troupes ont été détruites par le bombardement.

Dans la ville même de Krasny Bor, une compagnie espagnole de la d'infanterie qui occupe la gare ferroviaire Octobre, repousse plusieurs attaques d'infanterie soviétique ainsi que trois attaques de blindés. À , la compagnie réduite à quarante combattants réussit encore à tenir jusque midi, puis les survivants se replient dans la ville.

De à , les unités espagnoles isolées repoussent les attaques soviétiques, mais finissent par être coupées de leur lignes arrière quand les Soviétiques occupent la ligne de chemin de fer Octobre. Encerclées, les unités espagnoles tenant toujours la route de Léningrad-Moscou décident de tenir aussi longtemps que possible, mais sont finalement détruites dans les combats.

En milieu de matinée, les Soviétiques percent le front en trois endroits. Toutefois les compagnies de volontaires espagnols affaiblies résistent encore avec difficulté, sans l'aide de la SS Volkspolizei, à une nouvelle attaque des forces soviétiques et les ravages faits par des tireurs d'élite soviétiques qui éliminent 121 hommes.

Dans l'intervalle, la avait avancé, en dépit des lourdes pertes infligées par les troupes espagnoles retranchées.

Dans la ville de Krasny Bor, l'artillerie espagnole, les troupes du génie et les traînards sont attaqués par l'infanterie et les blindés soviétiques qui ouvrent le feu sur un hôpital et les ambulances battant en retraite. Ils sont finalement repoussés par les troupes espagnoles, armés de cocktails Molotov et de grenades à main. À , la division de fusiliers de la Garde signale la capture de Krasny Bor. Toutefois la moitié sud de la ville reste encore contrôlée par les Espagnols.

La division de fusiliers de la Garde continue sa progression dans la partie centre-ouest de la ville, et à arrive sur le QG espagnol, qui se replie. Pendant ce temps une partie des troupes espagnoles qui ont installé des positions défensives le long de la rivière , à l'ouest de la ville, résistent aux attaques division de fusiliers de la Garde jusqu'à la fin de la journée.

Dans l'après-midi, la Luftwaffe apporte son soutien, tardif, aux défenseurs, par une attaque de chasseurs-bombardiers contre les positions soviétiques autour de la ville de Kolpino, à l'est de Krasny Bor. Pendant ce temps, la de fusiliers de la Garde capture Michkino.

À les renforts allemands, composés d’un groupe de combat de la division d'infanterie de deux compagnies des légions flamandes et lettones, et d'un soutien aérien, permettent de renforcer les défenses espagnoles en contre-attaquant sur la forêt à Staraïa Retchka et occupant la ligne de front de l'autoroute jusqu'à la rivière Ijora.