est une plate-forme pétrolière louée par la compagnie pétrolière britannique BP pour forer, dans le golfe du Mexique (dans la zone économique exclusive des États-Unis), le puits le plus profond jamais foré en offshore.

Son explosion le tue onze personnes et provoque un incendie puis une marée noire de grande envergure. Le désastre écologique est sans précédent aux États-Unis BBC news 17 mai 2010 : Samantha Joye, a marine science professor at the University of Georgia, said: It could take years, possibly decades, for the system to recover from an infusion of this quantity of oil and gas. We've never seen anything like this before. It's impossible to fathom the impact.. : on estime le volume de pétrole répandu à de barils, soit Marée noire : les États-Unis en état d'urgence - 780 millions de litres se sont échappés du puits, Le Parisien, 3 août 2010., approximativement l’équivalent de trois superpétroliers. Le , après de nombreuses tentatives, la fuite est finalement déclarée colmatée par le gouvernement fédéral américain..

La pollution engendrée affecte l’économie et l'écosystème locauxLa nappe de pétrole a atteint les côtes en Louisiane, Le Monde, 30 avril 2010.La nappe de pétrole menace de nombreuses espèces animales, Le Monde, 30 avril 2010., menaçant plus de , dont des baleines, des dauphins, des lamantins et de nombreux oiseaux (aigrettes, hérons)Les bayous de Louisiane, un milieu particulièrement fragile, Le Monde, 30 avril 2010, mis à jour le mai. Entretien avec Daniel Guiral, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement..

En , il semble possible que bouge à nouveau ; c'est ce que laisse craindre une nouvelle nappe d'hydrocarbures (augmentant de ) observée depuis le par les garde-côtes américainsValéry Laramée de Tannenberg, DeepWater Horizon bouge encore, Journal de l'environnement, 22 octobre 2012.. Le pétrole analysé présente une composition identique à celle du pétrole perdu deux ans plus tôt. La fuite pourrait venir d'une brèche dans un dôme situé à sous le niveau de la merEnviro2B, marée noire - Nouvelle fuite sur Deepwater Horizon, 22 octobre 2012..

Histoire et contexte géostratégique vignette|gauche|Carte montrant les pétrolières ou gazières actives dans le golfe du Mexique. À la fin du , la demande en hydrocarbures croît continûment, mais les forages pétroliers et gaziers du golfe du Mexique en eau profonde, surtout en eau « peu profonde » connaissent une forte baisse de débit. Le total des réserves prouvées de gaz naturel en 1999 est estimé à kEstimated Oil & Gas Reserves, Gulf of Mexico Dec. 31, 1999, OCS Report MMS 2002–007 (Estimation des réserves gazières et pétrolières du golfe du Mexique).

La production est maintenue grâce à de nouveaux forages en eau plus profonde ( puits en 2002), mais ces réserves s'épuisent vite et s'avèrent plus éparpillées et moins riches que prévu. Craignant de manquer de gaz (un quart des besoins énergétiques du pays) et de pétrole dès 2001, l'administration Bush et la NEP (National Energy Policy, créée par le président Bush) poussent le Minerals Management Service (MMS, service auquel le département de l'Intérieur a délégué le droit de prélever des redevances sur l'exploitation pétrolière) à adopter de fortes incitations fiscales ou financières pour encourager les forages offshore profonds. Le MMS doit encourager un . Les pétroliers ayant récemment découvert des indices de réserves très profondes et importantes (à ces profondeurs l'imagerie sismique est imprécise), la NEP recommande de toute urgence que .

Ces incitations sont renforcées le , avec une diminution ou suppression des redevances en cas de forage gazier profond et très profond Department of the interior ; Minerals Management Service ; Relief or Reduction in Royalty Under ; Certain Federal Oil and Gas Leases onthe Outer Continental Shelf (OCS) , puis en via l'Energy Policy Act, toujours pour favoriser le forage profond à plus de sous la surface de la mer. Les règlements d'application de ces dispositions sont publiés le Deep Gas in Shallow Water .

Le MMS semble aussi se montrer moins exigeant sur les études d'impact et le contrôle des procédures de sécurité, bien qu'admettant qu'exploiter des puits à cette profondeur représentait encore un défi technique. Les redevances versées au Trésor fédéral sont en 2000-2004 de 2 à , mais le MMS compte surtout sur une augmentation de la production gazière en échange d'exemption de redevance sur la production de gaz Minerals Management Service 30 CFR Part 203 RIN 1010–AD01 Oil and Gas and Sulphur Operations in the Outer Continental Shelf—Relief or Reduction in Royalty Rates—Deep Gas Provisions - Federal Register / Vol. 69, No. 16 / lundi 26 janvier 2004 / Rules and Regulations . Il vise de mètres cubes (T) de production supplémentaire d'hydrocarbures (dont en gaz) au cours des seize années suivantes, estimant que grâce à des prix modérés les consommateurs économiseraient en coût d'achat du gaz naturel de 2004 à 2015.

BP propose alors de faire le forage en mer le plus profond du monde. Il loue, jusqu’en , la plate-forme pétrolière ultra-moderne , construite en 2001 et appartenant à Transocean. Celle-ci est positionnée à des côtes américaines (Louisiane) où le , elle fore le plus profond puits de pétrole et de gaz jamais réalisé, avec une profondeur verticale de Le forage le plus profond du monde, le forage SG-3, atteint . dont sous l’eau.

Edward J. Markey, sénateur démocrate du Massachusetts, estime que le climat des relations de grande proximité et de mélange d'intérêts unissant pétroliers et autorités de contrôle était propice à un accident grave : U.S. exempted BP's Gulf of Mexico drilling from environmental impact study - Juliet Eilperin, The Washington Post, 5 mai 2010.

De mai à , les écologistes et certains sénateurs clés (dont le sénateur Judd Gregg, qui soutenait antérieurement le forage offshore) appellent à réévaluer les exigences de sécurité pour les activités pétrolières et gazières en mer, après que l'administration Bush les a encouragées et défiscalisées. Greenpeace s'inquiétait aussi d'une autorisation récemment donnée pour de nouveaux forages en conditions extrêmes en Alaska.

Dans le même temps, la presse fait savoir que le MMS avait autorisé BP à louer et utiliser la plate-forme , tout en l'exonérant par une « exclusion spéciale » () du de l'obligation de respecter le NEPA (loi sur l'environnement dite « National Environmental Policy Act »). BP, seulement avant l'explosion, faisait encore du lobbying pour élargir les exemptions dont bénéficient les pétroliers dans la région du Golfe. Toby Odone, porte-parole de BP, défend son entreprise en expliquant que les dérogations déjà accordées par le NEPA étaient fondées sur l'historique des réponses données par le pétrolier aux incidents dans le golfe du Mexique. Après le développement de la marée noire, il estimait que .

Le MMS était placé par son administration de tutelle dans une position particulièrement ambiguë : il devait collecter les redevances, contrôler la faisabilité et sécurité des forages, tout en étant sommé par la loi d'encourager l'augmentation de la production par des forages très profonds. Il est maintenant accusé de confiance aveugle voire de franche complaisance dans ses évaluations environnementales et dans celles des pétroliers œuvrant dans le centre et de l'ouest du golfe du Mexique.

Depuis les années 2000, il était soumis à de fortes pressions (dont celle de la loi) qui l'incitait à encourager le développement des forages dans le Golfe, tout en le privant de revenus à la suite de la défiscalisation de ces opérations. Selon Kieran Suckling, directeur exécutif du , l'agence a abandonné ses missions de contrôle et fait à peine plus qu'apposer ses tampons pour entériner les projets de forage et notamment .

Le MMS a produit trois évaluations environnementales en 2007, dont l'une concernait le contrat de location BP pour . Dans chaque cas, il semble avoir minimisé la perspective d'une fuite majeure. Dans un cas, il estimait qu', et qu'un déversement . Dans un autre cas, il estimait que la plus grande marée noire possible ne dépasserait probablement pas barils et que ce pétrole serait en grande partie dissipé en dix jours, avec une faible probabilité de toucher terre.

Le MMS semble mandater les entreprises de forage dans certains domaines, pour identifier ce qui pourrait en vertu du NEPA réduire l'impact environnemental d'un projet ou reprend à son compte – sans vérifier par des contre-expertises – leurs assertions et arguments. Selon Matt Lee-Ashley, porte-parole du Département de l'Intérieur, . Il ajoute que, à la suite de l'accident, le département de l'Intérieur a créé le « premier » Conseil chargé d'examiner les procédures de sécurité du forage offshore, promettant un rapport dans les (début ) sur la marée noire de BP et .

Un an après la catastrophe, l'ampleur des impacts écologiques était encore discutéeGeneviève De Lacour (2012), Deepwater horizon: un an après ; Un an après la pire marée noire jamais vécue par les États-Unis, une scientifique de l’université de Géorgie découvre une large couche de pétrole au fond de l’océan à quelques milles marins de la plate-forme de BP. Une découverte qui dérange le pétrolier britannique, mais aussi le gouvernement américain. Journal de l'environnement 15 avril 2011.

Description était une plate-forme de forage semi-submersible à positionnement dynamique, capable d’opérer jusqu’à des profondeurs de ( avec modifications). Fabriquée en 2001 en Corée du Sud à Ulsan, dans le chantier naval de , elle appartenait à la société de forage pétrolier Transocean. Son équipage était composé de . Elle pouvait forer jusqu’à environ , quoique la profondeur effective dépende des techniques retenues pour le forage et de la nature des sols rencontrés.

La plate-forme mesurait de long, de large et de hauteur (hors derrick de de haut). Son tirant d'eau en opération était de . Elle se maintenait en position au-dessus du puits à l’aide de (pods) de répartis autour de ses flotteurs, capable de pivoter sur . Elle disposait d’un réservoir de pour alimenter les générateurs d’électricité (soit environ de fioul).

Elle était capable de forer dans des conditions climatiques sévères : houle de crête à creux associée à un vent de . Elle était prévue pour résister à des tempêtes extrêmes, houle de crête à creux associée à un vent de .

Précautions et procédures de sécurité

Selon le , basé en Arizona, les services gouvernementaux impliqués dans les autorisations de forage n'ont pas obligé BP à fournir une étude d'impact détaillée, après avoir conclu qu'une marée noire était peu probable. Georges Pichot analyse le manque de sécurité et l'impact environnemental de cette absence de mesures dans une intervention sonore.

Le président américain Barack Obama a toutefois voulu empêcher qu'une catastrophe de ce genre se reproduise avec diverses mesures pour renforcer la sécurité des forages en mer. Le jeudi , M. Obama a déclaré lors d'une conférence de presse que son gouvernement allait . Le président a aussi annoncé la « suspension des forages de de prospection sous-marine en cours dans le golfe du Mexique »..

Explosion vignette|Vidéo de l'incendie depuis un hélicoptère des garde-côtes américains. Le , une explosion et un incendie se déclarent sur la plate-forme. Elle coule deux jours plus tard, et repose désormais par de fond. Avant ces événements, étaient présentes sur la plateforme. Parmi celles-ci, onze personnes ont d'abord été portées disparues puis déclarées officiellement décédées. Également, ont été recensés parmi les personnes rapatriées sur le continent.