Le Chablais français, aussi appelé Chablais savoyard ou Chablais haut-savoyard depuis l'annexion de la Savoie, est une région naturelle française et fait partie d'une plus vaste région, le Chablais, qui s'étend sur les territoires de la Suisse et de la France. Le sud du Chablais est montagneux ; il constitue le massif du Chablais.

Le Chablais savoyard est la région la plus septentrionale des Alpes françaises. Il s'étend sur près de au nord-est de la Haute-Savoie entre le Léman et la vallée du Giffre, et correspond, approximativement sur le plan administratif, à l'arrondissement de Thonon-les-Bains, les villages de la basse vallée Verte, (Villard, Boëge, Saint-André-de-Boëge et Bogève) en étant exclus. Celui-ci comprend six cantons et regroupe .

C'est une région peuplée de , soit une densité de par km, ce qui la situe dans la moyenne française.

Les principales villes du Chablais savoyard sont : Thonon-les-Bains (), Évian-les-Bains (), Publier (), Sciez (), Douvaine () et Morzine ()Source INSEE - Chiffres 2006.

Géographie

450px|alt=Situation des principales villes savoyardes.

Le Chablais savoyard comprend trois zones géographiques : le Bas Chablais ; les pays de la Côte-en-Chablais et de Gavot ; le Haut Chablais.

Le Bas Chablais Le nord du territoire constitue le bas Chablais bordant la rive sud du Léman, plaine de l'avant-pays savoyard.

La configuration topographique de cet ensemble est étroitement liée à l'action des glaciers quaternaires et la présence du lac. En effet, à l'ère quaternaire, la totalité de la région est occupée par le glacier du Rhône et les écoulements d'organismes fluviatiles comme la Dranse, sont bloqués par la glace. De ce fait, les alluvions apportées par cette rivière viennent s'accumuler contre la paroi de glace. Lors du retrait glaciaire, les sédiments accumulés restent et forment le plateau de Gavot.

À l'est de la Dranse, les marches d'escaliers sont en fait des terrasses qui marquent les étapes du recul glaciaire. Sur ces formations d'origine glaciaire, on peut apercevoir dans le paysage, de petites dépressions qui sont en fait des culots de glace qui, en fondant, ont provoqué de petits effondrements. Ces petites dépressions portent le nom de Voua.

Le pays de la Côte-en-Chablais et le plateau de Gavot Le pays de la Côte-en-Chablais se situe sur les premiers contreforts des Préalpes et le pays de Gavot, qui est un haut-plateau situé entre le Léman et la vallée de la Dranse. On y trouve les petites stations familiales de Thollon-les-Mémises et de Bernex-Dent d'Oche (de à ).

Le Haut Chablais Au sud se situe le haut Chablais montagneux avec, comme principal centre touristique, l'ensemble Morzine-Avoriaz, la Vallée d'Aulps et le Val d'Abondance.

La partie occidentale du haut Chablais ou Alpes du Léman est dans l'ensemble moins élevée, les sommets sont moins tourmentés et s'ouvrent vers le sud, vers la vallée de l’Arve, par une série de petites vallées parallèles et verdoyantes, telles que la vallée du Risse, du Brevon (ou Bellevaux) et celle de la Menoge (ou Vallée Verte). Les sommets moins élevés ( à la pointe des Brasses, ou à la montagne d'Hirmentaz) accueillent l'hiver de petites et moyennes stations de ski familiales, comme Bellevaux-Hirmentaz, Bellevaux-La Chèvrerie-Roc d'Enfer, Les Habères, Lullin-Col du Feu et Les Brasses.

À la différence de cette partie occidentale peu élevée, la partie orientale du Haut Chablais offre aux skieurs une gamme complète de stations de ski qui culminent à plus de à Avoriaz. Cette dernière constitue le pivot central d'un ensemble de stations savoyardes depuis Les Gets, Morzine et Châtel qui forment le domaine franco-suisse des Portes du Soleil, auquel il faut rajouter des stations de plus basse altitude de la vallée d'Abondance, comme Abondance et La Chapelle d'Abondance, et de Saint-Jean-d'Aulps, ainsi que les stations valaisannes de Champéry, Champoussin, Les Crosets, Morgins, Torgon et Val-d'Illiez.

Histoire

Avec les traités de Lausanne (1564), puis de Thonon (1569), la Savoie perd définitivement sa domination sur le Chablais pour ne conserver que la partie dite savoyarde, avec Thonon pour capitale..

Économie Pour cette section, la source provient de l'Agence économique du Chablais.

L'agriculture Partagée entre la douceur du microclimat lié au Léman et la rigueur des montagnes, l'agriculture du Chablais regroupe plusieurs filières.

La production laitière c'est la principale activité agricole du Chablais. Cette activité se place sur le marché spécifique des spécialités laitières à haute valeur ajoutée avec les zones d'appellation contrôlée Abondance et Reblochon. Ce secteur génère des emplois directs et indirects : laiterie, fabricant d'équipements pour laiteries, fromager, affineur... L'Abondance fait vivre quelque fermiers, près de de lait et une trentaine d'ateliers de transformation et d'affinage.

La culture céréalière Elle se situe dans la plaine du bas Chablais : blé, orge, maïs est fortement mise en valeur notamment avec la création par les agriculteurs, les minotiers et les artisans boulangers d'une farine spéciale destinée à faire la Chablinette, un pain fabriqué et vendu exclusivement par les artisans boulangers du Chablais. Les céréales sont également utilisées par les exploitations laitières pour l'alimentation animale.

La production de fruits Petits fruits rouges : framboises, cassis, myrtilles, groseilles... à Loisin, Machilly, Ballaison, Fessy. Pommes, poires, abricots à Ballaison qui a choisi un positionnement haut de gamme.

La culture de la vigne et la production de vin Avec d'origine contrôlée Vins de Savoie (crus Marin, Ripaille, Marignan) et l'AOC Crépy, exploitent pour un total de .

La pêche professionnelle sur le Léman

Structure de l'agriculture dans le Chablais Les structures individuelles familiales dominent toujours, mais l'agriculture « sociétaire » a fortement progressé, avec entre autres les GAEC, Groupement Agricole d'Exploitation en Commun, forme sociétaire la plus élaborée. Selon une estimation effectuée à partir des fichiers de la Mutualité agricole, elles occupent un effectif de dans le Chablais, soit 17 % du total du département.

Le nombre d'exploitations agricoles a diminué au cours de ces dernières années mais dans le même temps, la superficie moyenne par exploitation a augmenté. Au niveau départemental, elle est de , ce qui se situe dans une bonne moyenne européenne (France : , Italie : ). D'autre part, la double activité est fréquente (près d'une exploitation sur deux). De nombreux agriculteurs cumulent cette fonction avec un emploi touristique, moniteur de ski par exemple. Si l'on s'intéresse aux seules exploitations à temps complet, la surface moyenne par exploitation est encore plus élevée ( au niveau départemental, soit davantage que la moyenne européenne des exploitations à temps complet).

Dans une zone touristique comme le Chablais, l'agriculture trouve des complémentarités avec le tourisme, d'une part avec la pratique de la pluriactivité dans les zones de montagne, et d'autre part avec l'existence d'une offre potentielle dans l'agritourisme. L'agriculture est une composante essentielle de l'aménagement du territoire. Dans les vallées de montagne, les troupeaux contribuent à l'entretien des paysages. Dans les zones périurbaines, les terres agricoles sont soumises à de fortes pressions foncières, avec le risque de propagation d'une urbanisation diffuse. Par ailleurs, les productions agricoles ont un impact sur la qualité de l'environnement, et notamment de l'eau. Un programme important de prévention des pollutions est en cours sur le Plateau Gavot, à l'initiative de l'APIEME (association pour la protection de l'impluvium des eaux minérales d'Evian).

L'industrie L'industrie employait, fin 1999, dans près de ayant au moins un salarié. Le Chablais pèse 10 % des effectifs industriels du département. Les pôles d'attraction sont situés au bord du Léman où les agglomérations de Thonon-Publier-Évian rassemblent 75 % de l'effectif industriel.

Le Chablais ne porte pas l'empreinte d'une tradition industrielle particulière. Trois grandes entreprises de renommée internationale - Évian dans l'industrie agroalimentaire, Thales dans les composants électroniques et Les Papeteries du Léman dans le papier-carton - concentrent 40 % des effectifs. À côté de ces grands établissements, le tissu industriel local est composé de PME particulièrement dynamiques.

Le Chablais dispose d'infrastructures de formation ou de recherche dans le domaine industriel. Le lycée professionnel du Chablais situé à Thonon dispense des formations de BEP en productique, structure métallique, électrotechnique et une formation en alternance de bac professionnel maintenance industrielle. Un lycée professionnel privé dispense une formation de BEP électrotechnique. On note la présence de l'INRA et du Centre de Recherche Géodynamique (dépendant de l'Université Paris VI), qui a pour activité la formation d'étudiants à travers un DEUST praticien de l'eau et la recherche dans la datation de l'eau.

L'artisanat Le Chablais dispose d'un tissu artisanal dense. Les activités principales en développement, c'est-à-dire le bâtiment et les services à la population, correspondent à la vocation résidentielle et touristique de ce territoire. La Chambre de Métiers recensait fin 2000, artisanales dans l'arrondissement de Thonon, soit 17 % du total du département.

Un poids élevé du bâtiment La structure par métier fait ressortir le poids du bâtiment : , soit 45 % des artisans contre 41 % pour la Haute-Savoie. Ce secteur profite localement de l'augmentation du nombre de logements, ainsi que de l'hébergement touristique. Dans le Chablais, les entreprises du BTP employaient environ au début 2000. Suivant un trend à la hausse entre 1999 et 2000, les effectifs du BTP fluctuent en cours d'année au gré des saisons et des chantiers. Sur le plan local comme au niveau national, les employeurs sont confrontés à une pénurie de personnel qualifié. Les activités artisanales de production sont proportionnellement moins représentées (17,6 % contre 23,7 % pour la Haute-Savoie), notamment dans les métiers des métaux qui sont concentrés dans la Vallée de l'Arve. 27 % des artisans occupent une activité de services. L'alimentation est un peu plus représentée dans le Chablais (10 %) que dans le département (8 %).

Une évolution positive depuis 1997 Depuis 1992, le tissu artisanal est resté stable mais les évolutions annuelles montrent une tendance à la baisse jusqu'en 1997, qui marque la fin de la crise dans l'artisanat. La fin de la décennie enregistre une progression du nombre des artisans. Sur l'année 2000, on compte 16 entreprises supplémentaires. Toutes les activités n'ont pas eu la même évolution : entre 1992 et 2000, la baisse la plus forte se trouve dans la production (- 9 %), puis dans l'alimentation (- 8,8 %) et le bâtiment (- 4,2 %). À l'opposé, les activités de services (transport, réparation, blanchisserie, soins à la personne…) connaissent une augmentation de 22,7 %, grâce à la croissance démographique et au tourisme.

Une bonne répartition géographique Contrairement à l'industrie, l'artisanat est bien réparti dans l'ensemble du Chablais, où il garantit un minimum d'activités économiques et d'emplois. Dans les vallées de montagne, l'artisanat est souvent une activité complémentaire au tourisme pour les pluriactifs.

Le commerce

Environ détaillants sont implantés dans le Chablais. Globalement, ce chiffre reste stable depuis une dizaine d'années. Parmi ces commerces, une centaine disposent d'une surface de vente supérieure à . La grande distribution a d'ailleurs doublé sa surface de vente en .

En nombre d'établissements, l'arrondissement de Thonon est le de Haute-Savoie derrière ceux d'Annecy et de Bonneville. En outre, complètent cette offre commerciale chaque semaine.

Un pôle d'emploi important