Le département français des Landes l'un des douze que compte la région Nouvelle-Aquitaine. Cet article traite de son Histoire au regard de ses limites administratives actuelles.

Présentation Le département des Landes est créé pendant la Révolution française, le , en application de la loi du , à partir d'une partie de la province de Gascogne. Plus précisément, diverses entités territoriales héritées de l'Ancien Régime sont alors réunies, ce qui confère à ce territoire administratif une certaine hétérogénéité, entre les pays de l'Adour landais au sud et une grande partie des Landes de Gascogne au nord.

Jusqu'à l'orée des années 1850, la majeure partie du département est couverte de landes mal drainées sur sa partie septentrionale (sur environ 60 % à 70 % de sa superficie totale), qui lui donnent son nom. La frange sud est quant à elle constituée de coteaux aux sols plus riches, cultivés et boisés. Cette lande est à l'époque entretenue par écobuage : elle sert à nourrir les grands troupeaux de brebis landaises (1 million de bêtes en 1850), surveillés par des bergers landais montés sur des échasses ; l'usage de ces dernières leur permet d'accomplir plus facilement de grandes distances, tout en surveillant le troupeau, du fait d'une quasi-absence de relief. Avant la loi relative à l'assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne du 19 juin 1857, le système agropastoral est généralisé : il puise sa force dans le libre usage des communaux majoritaires. Après cette date, la systématisation des plantations de pins maritimes (exploités pour leur résine et leur bois), accompagnée de la vente des communaux durant la deuxième moitié du , modifie complètement le paysage et l'économie des deux tiers du département, tout en contribuant à son enrichissement rapide.

Depuis les premiers travaux d'archéologie de Pierre-Eudoxe Dubalen et de Robert Arambourou, les différentes campagnes de fouilles menées successivement mettent peu à peu en lumière une présence et une activité humaines très anciennes dans le département.

Préhistoire Paléolithique inférieur (vers av. J.-C.) : différents sites archéologiques témoignent de la présence du genre Homo dans les Landes. Paléolithique moyen (vers - av. J.-C.) : des Hommes de Néandertal sont présents à Tercis-les-Bains et à Baigts. Paléolithique supérieur (vers av. J.-C.) : à la fin de la dernière période glaciaire, Homo sapiens arrive dans les Landes. Gravettien : de cette époque nous est parvenue la célèbre Dame de Brassempouy (vers 25 000 AP), fragment de statuette en ivoire constituant l'une des plus anciennes représentations réalistes du visage humain, découvert dans le village landais de Brassempouy, en Chalosse, ainsi que « La Poire », autre statuette façonnée à partir d'ivoire de mammouth Magdalénien : de cette époque nous sont parvenus des outils trouvés sur le site de la grotte Duruthy, à Sorde-l'Abbaye.

Mésolithique Des traces d'occupation humaine et d'industrie microlithique de la période du Mésolithique ont été découvertes dans la vallée de la Leyre, vers Sabres et Labrit.

Néolithique (Vers 6000 - 2300 ans av. J.-C.)

Le sud des Landes a été particulièrement riche en mégalithes datant du Néolithique, notamment en Tursan (groupe du Bahus) et en Chalosse autour d'Hagetmau et de Pomarez (dont le menhir gravé de Guillay à Larrivière. Voir ., classé MH en 1978, ou la Peyre de Pithié à Fargues). Pour des raisons géologiques, le phénomène des tumulus est cantonné dans le sud du département : au nord de l'Adour se trouvent les sables des Landes où le calcaire affleure rarement ; tandis qu'au sud de ce cours d'eau, c'est-à-dire en Chalosse et dans le Tursan, on trouve les grès quartzitique de l'Eocène inférieur (Ilerdien) affleurant en discontinu sur environ dans les vallées du Bahus et du Louts, et bordant le flanc sud de l'anticlinal d'Audignon sur de largeur entre Classun à l'Est et Préchacq à l'Ouest. Ce « grès de Coudures », lieu où il était autrefois exploité, est très dur, d'aspect saccharoïde, à cassure blanche ou rosée, et se présente souvent sous forme de blocs allongés de ..

Les remembrements. Voir p. 2 du compteur PDF, page de droite. des années 1950-1970, . et le développement de la culture du maïs sont fatals à la plupart de ces sites.

Protohistoire

Age de bronze (Vers 2300- 800 ans av. J.-C.) Le musée archéologique municipal de Sanguinet conserve les vestiges de villages de cette époque de nos jours engloutis sous les eaux du lac de Cazaux et de Sanguinet.

Age de fer (Vers 800 - 50 ans av. J.-C.)

Le tumulus de Vielle-Aubagnan, daté de la Tène II (vers le fin du second âge du fer), a livré une cotte de mailles unique en France pour cette époque ; et des inscriptions celtibères qui restent en 2013 une découverte unique en Aquitaine. Voir .., . : ce sont les seules inscriptions connues de cette époque qui rattachent la présence ibère à une implantation locale et pas seulement à un simple passage ; elles sont les preuves de la connaissance possible de la langue ibère par les indigènes de la région.. Malgré ce caractère exceptionnel, Lafon écrivait en 1956 que l'inscription d'Aubagnan décrite par Dubalen « est ignorée de beaucoup de spécialistes des langues écrites en caractères ibères. Le mot — ou partie de mot? — qui la compose ne figure pas dans le Léxico de las inscripciones ibéricas (celtibérico e ibérico) », lexique encore incontournable dans cette matière de nos jours et publié par M. Antonio Tovar en 1951, .. La consécration vient avec la publication des inscriptions en 1980 dans le Monumenta Linguarum Hispanicarum, œuvre magistrale d'Untermann. Cité dans , .. Depuis, elles ont fait l'objet d'une abondante littérature scientifique.

Leur présence dans les Landes est particulièrement intrigante et à ce jour les débats ont encore cours quant à l'interprétation de cette découverte pour déterminer la part et les modalités de l'influence ibérique en Aquitaine avant la conquête romaine.... Voir ..

Antiquité

Avant Rome Aire et Dax sont les seules villes landaises de l'époque préromaine.

Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, remarque que ce qu'il cartographie lui-même sous le terme de « Gaule aquitaine », est composé de peuples aux us et coutumes plus proches des Ibères que des Celtes (au Nord : Gaulois et Belges, respectivement répartis dans ce qu'il nomme « Gaule celtique » — grosso modo future Gaule lyonnaise — et Gaule belgique ; sans parler au Sud des Celtes d'Ibérie — Bérons, Vaccéens... — ainsi que des Celtibères)..

Il pourrait s'agir d'Ibères résiduels, voire en partie réfugiés, à la suite de la conquête romaine de la péninsule Ibérique sous le coup des guerres puniques. Car on sait que l'aire aquitaine, aquitanique, aquitanienne ou encore vasconique correspond à une région où l'on parle alors des langues proto-basques : c'est probablement une seule et même variété de langues, que parlent les peuples recensés par Rome.

S'ils conservèrent leurs parlers malgré la romanisation, c'est parce qu'une partie d'entre eux s'allie avec l'Urbs pendant la guerre des Gaules. Naturellement, entourés des Celtes gaulois, des Celtes d'Ibérie et des Celtibères, ils en connaissent des influences au moins matérielles et techniques.

La Pax romana Crassus, le jeune lieutenant de Jules César, entreprend la conquête de l'Aquitaine historique en 56 av. J.-C.. Celle-ci réapparait au sous la dénomination de Novempopulanie, ou Aquitaine des neuf peuples. Parmi eux. : les Tarbelles, présents en Chalosse, avec comme capitale la future Dax ; les Tarusates du Tursan devenus les Aturenses au , avec comme capitale la future Aire-sur-l'Adour.

En marge de ces neuf peuples, d'autres ont pu être individualisés, parmi lesquels :

les Belindes (Belindi) auxquels on attribue généralement Belin-Béliet ; les Cocosates du pays de Born de Linxe à Sanguinet (Cocosa, Caequosa), près de Morcenx.

A Saint-Sever, la butte de Morlanne est investie par les romains en 56 av. J.-C. en raison de sa situation, constituant un excellent observatoire sur la vallée de l'Adour. Au , le camp s'appelle le « Castrum Caesaris » et le palais du gouverneur, le « Palestrion » y est établiSaint-Sever, Cap de Gascogne, guide de découverte, édité par l'Office de tourisme du Cap de Gascogne, consulté en 2011. Dans la vallée, les vestiges de la villa du Gleyzia d'Augreilh (350-380) témoignent de la présence gallo-romaine en ces lieux. Des mosaïques rattachées au mouvement dit de l'École d'Aquitaine y ont été retrouvées, de même que sur les sites de la villa gallo-romaine de Barat-de-Vin à Sordes-l'Abbaye., la villa gallo-romaine des Bignoulets à Pujo-le-PlanCité in Magalie Dartus et Jérôme Brenot, « À Jouandet, Pujo-le-Plan, et Laglorieuse », Rapport final d'opération archéologique, fouille préventive, volume 1/3, Bordeaux, Éveha. SRA Aquitaine, p. 29-30., la villa gallo-romaine de Géou à Labastide-d'ArmagnacJean-Pierre Bost, Pierre Debord, G. Fabri, Raymond Monturet et Hervé Rivière, « L’architecture de la villa gallo-romaine de Géou (Labastide-d’Armagnac) », Bulletin de la Société de Borda, n°4 , Dax, Société de Borda, 1984, p. 651-704 ., la villa gallo-romaine de Craoustes d'Herm à Gaujacq, la villa gallo-romaine de Mouneyres à Sarbazan et la villa gallo-romaine du Frêche au lieu-dit Lous Casses de Cinna. Les voies antiques des Landes sont de nos jours les témoins de la présence romaine dans la région.

Vincent de Xaintes, martyr chrétien du , est le premier évêque de Dax..

Moyen Âge Les Wisigoths L'Aquitaine passe sous la domination des Wisigoths, arrivés de Provence et d'Italie en 412-413. En 418, un traité instaure le statut de fédéré (fœdus) des Wisigoths dans l'Empire romain, qui les installe en Aquitaine. Quitterie, jeune princesse gothe, est martyrisée en 472 pour avoir refusé d'abjurer sa foi chrétienne. Elle est décapitée sur le site de la ville actuelle d'Aire-sur-l'Adour. Les évangélisateurs Severus et saint Girons subissent un sort similaire à la même époque.

Aire-sur-l'Adour devient un temps la résidence royale du royaume wisigoth de Toulouse, qui s'étend de l'Espagne à la Provence, notamment sous les règnes d'Euric (466-484) et d'Alaric II (484-507). Ce dernier y promulgua en 506 son Bréviaire d'Alaric, condensé de droit romain qui servira de référence juridique dans le midi de la France jusqu'au , et se trouvera être à l'origine du droit français moderneDumézil, B. et Rouche, M. (dir.), Le Bréviaire d'Alaric. Aux origines du Code civil, Paris, PUPS, 2008..

Le diocèse d'Aire est mentionné pour la première fois en cette même année 506 au Concile d'Agde, auquel participe également Gratien, évêque de Dax.

Duché de Vasconie Le duché de Vasconie est constitué vers 601-602. À la fin du , Guillaume Sanche, vainqueur de la bataille de Taller, règne sur le duché. Il organise son renouveau économique et culturel en s'appuyant notamment sur la dizaine d'abbayes qu'il fonde, parmi lesquelles la puissante abbaye de Saint-Sever ou celle de Mimizan. Tandis que la sauveté de Mimizan, fondée en 1009, attire et fixe des populations, l'abbaye de Saint-Sever accumule d'innombrables possessions (domaines fonciers, vignobles etc), qui s’étendent dès le du Médoc jusqu’à Pampelune en Espagne.

Le duché de disparaît en tant qu'entité politique en 1063, lorsque le comte de Gascogne doit abandonner la Vasconie cistérieure au duché d'Aquitaine après sa défaite devant le duc d'Aquitaine à la bataille de La Castelle.

Reflux des langues vasconiques Bien que les Wisigoths ne parviennent jamais à dominer le territoire de l'actuel pays basque, c'est durant cette première féodalité que refluent les parlers proto-basques de l'ensemble de la Vasconie, sous le coup des guerres avec les Francs puis des Maures.

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