Le Ratel est un mammifère carnivore de la famille des mustélidés. Au sein de son genre Mellivora, il s’agit de la seule espèce actuelle : le Ratel du Cap (Mellivora capensis). Bien qu’il soit également désigné sous les noms de « Blaireau à Miel » ou encore « Zorille du Cap », il fait en fait partie de sa propre sous-famille des Mellivorinae.
Cet animal est répandu dans toute l’Afrique subsaharienne, ainsi que dans la péninsule Arabique, jusque dans le sous-continent indien.
Le ratel mesure de de long et peut peser jusqu'à . Il possède un corps allongé, avec un dos large trapu, ainsi qu'une peau d’une souplesse remarquable, lui permettant ainsi une grande faculté dans les mouvements. Un dimorphisme sexuel est observé chez cette espèce, les mâles étant plus grands et plus lourds que les femelles.
Le ratel est solitaire et peut être actif à tout moment de la journée. C'est un animal au régime omnivore à forte tendance carnivore qui possède peu de prédateurs naturels. Les adultes maintiennent de vastes domaines vitaux et pratiquent le marquage olfactif. L'espèce n'a pas de période de reproduction fixe. Après une gestation de , la femelle donne naissance en moyenne à un ou deux petits qui resteront sous sa protection pendant douze à quinze mois.
En raison de sa vaste répartition et de sa présence dans des habitats variés, il est classé comme « préoccupation mineure » sur la Liste rouge de l'UICN. Réputé pour son comportement féroce et particulièrement tenace ainsi que pour son endurance et son intelligence, il est capable de tenir tête aux plus grands prédateurs comme les lions ou les hyènes tachetées. Il est pour cette raison devenu une figure incontournable dans les médias et la culture populaire de la sphère anglophone.
Dénominations
Nom scientifique : Mellivora capensis (Schreber, 1776) Nom typique en français : RatelAnnexes au Journal officiel des Communautés européennes du . Lire en ligne.Nom vernaculaire français d'après sur Nomen.at.Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad. Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada. Voir définition donnée par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française. Murray Wrobel, 2007. . Elsevier, 2007. . Rechercher dans le document numérisé. Autres noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Ratel du Cap, Zorille du Cap, Blaireau à mielNom en français d'après l'UICN sur le site de la liste rouge de l'UICN., Civette du Cap de Bonne-Espérance (erroné). ; Noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : .
Étymologie L'origine du mot « ratel » est incertaine, mais on pense qu'il dérive soit du terme ratel, qui signifie « crécelle » en néerlandais, soit du mot néerlandais , signifiant « rayon de miel »..
Taxonomie vignette|gauche|Un couple de ratels dans , 1840. Le ratel fut décrit pour la première fois en 1776 par le naturaliste allemand Johann Christian Daniel von Schreber (1739-1810), classé dans le genre des civettes sous le protonyme de Viverra capensis..
Dans le publié en 1793, l’animal fut divisé en deux espèces distinctes : le Ratel (Viverra mellivora) et la Civette du Cap de Bonne espérance (Viverra capensis) qui bien que possédant une description similaire, seul Viverra capensis était associé à d’autres animaux, tels que l’ours ou le glouton.
Dès 1780 déjà, l’animal fut associé à son nouveau genre Mellivora par Storr., mais il fut surtout désigné par d’autres noms de genres, comme Ursus ou encore Meles sous le nom de .., mais il le sera surtout sur le genre Gulo dans les années 1820. Durant cette décennie, il fut associé à nouveaux à un genre spécifique à cette période : Ratelus ou encore Ursitaxus, mais ce fut Mellivora qui fut conservé car ce fut celui qui fut décrit en premier en 1780, en 1827, Lesson associe de manière sûre et certaine au nom vernaculaire « ratel » en français et le nom vulgaire (nom d’espèce) « ratel du Cap » pour Mellivora capensis..
Le ratel fut placé dans la sous-famille des Melinae dans les années 1860. Bien que l’espèce fut placée relativement rapidement dans sa propre sous-famille des Mellivorina (Mellivorinae) par Gray en 1865., cette position taxinomique ne fut pas systématiquement respectée et de très nombreux documents de zoologie mentionnaient encore le genre Mellivora dans les Melinae.. On peut statuer que c’est lors de la sortie de la première édition de en 1982 que le ratel sera définitivement considéré comme à part des Melinae.. Cette position sera soutenue par une étude de 2008..
Sous-espèces Entre le et le s, zoologiques de ratel ont été décrits et proposés comme sous-espèces.. Les critères pris en compte pour l'attribution des différentes sous-espèces incluent la taille ainsi que l'étendue de la couleur blanche ou grise sur le dos. En 2005, sont reconnues comme taxons valides et cela n’a pas changé depuis.
+ Liste des sous-espèces mise à jour par Sous-espèce Description Répartition SynonymesM. c. capensis(Schreber, 1776)Ratel du Capespèce-type125px|sans_cadre|gaucheSous-espèce nominale.Partie méridionale et orientale de l’Afrique du Sud.mellivorus (Cuvier, 1798)ratel (Sparrman, 1777)typicus (Smith, 1833)vernayi (Roberts, 1932)M. c. indica(Kerr, 1792)Ratel de l’Inde125px|sans_cadre|gaucheIl se distingue de la sous-espèce nominale par une taille plus petite, sa fourrure plus claire et sa bande blanche latérale moins distincte séparant les zones blanches supérieures et noires inférieures du corps..Partie occidentale de l’Asie mineure, du nord jusqu'au plateau d'Oust-Ourt et vers l'est jusqu'à l'Amou-Daria. En dehors de l'ex-Union soviétique, son aire de répartition comprend l'Afghanistan, l'Iran (à l'exception de la partie sud-ouest), l'ouest du Pakistan et l'ouest de l'Inde.mellivorus (Bennett, 1830)ratel (Horsfield, 1851)ratelus (Fraser, 1862)M. c. inaurita(Hodgson, 1836)Se distingue de indica par son pelage plus long et beaucoup plus laineux et possède des poils couvrant les talons.Le Népal et les régions contiguës à l'est de celui-ci.M. c. leuconotaSclater, 1867Ratel à taches blanchesTout le dessus, depuis la face jusqu'à la moitié de la queue, est d'un blanc crème pur avec très peu de poils noirs mélangés.Afrique de l'Ouest, sud du Maroc et ancien Congo français.M. c. cottoniLydekker, 1906125px|sans_cadre|gaucheLe pelage est typiquement entièrement noir, avec des poils fins et rudes.Ghana et nord-est du Congo.sagulata (Hollister, 1910)M. c. concisaThomas & Wroughton, 1907Le pelage dorsal est composé en grande partie de très longs poils de jarre d'un blanc pur parmi un sous-poil long, fin et noir. Se distingue par l'absence de ces poils blancs dans la zone lombaire.Zones du Sahel et du Soudan, jusqu'en Somalie.brockmani (Wroughton & Cheesman, 1920)buchanani (Thomas, 1925)M. c. signataPocock, 1909Bien que le pelage présente le blanc dense habituel sur le sommet de la tête, la couleur commence à s'éclaircir sur le cou et les épaules jusqu'à la croupe où elle se fond dans le noir. Possède une molaire inférieure supplémentaire sur le côté gauche de la mâchoire.Sierra Leone.M. c. abyssinicaHollister, 1910Éthiopie.M. c. wilsoniCheesman, 1920Sud-ouest de l'Iran et Irak.M. c. maxwelliThomas, 1923Kenya.M. c. pumilioPocock, 1946Hadramaout, sud de l'Arabie.M. c. buechneriBaryshnikov, 2000Semblable aux sous-espèces indica et inaurita, mais s'en distingue par sa taille plus imposante et un rétrécissement postorbitaire plus étroit..Turkménistan.
Évolution L'espèce est apparue pour la première fois durant le Pliocène moyen en Asie.. Un certain nombre de parents éteints sont connus, remontant à au moins d'années jusqu'au Miocène supérieur. Parmi ceux-ci figurent , découvert en Afrique du Sud et en Italie, Promellivora au Pakistan et Howellictis au Tchad. Parmi les parents plus éloignés, on trouve , qui a évolué en plusieurs espèces distinctes dans l'Ancien Monde et le Nouveau Monde, ainsi que le géant aux longues pattes, découvert au Kenya..
Description
Le ratel possède une allure générale faisant effectivement penser aux différents mustélidés fouisseurs, d’où le nom de blaireau qui lui est parfois donné : c’est un animal dont le corps est tout en longueur, mais les courtes pattes et l’épaisse circonférence de son corps lui donnent un aspect trapu, assez remarquable vu de son dos. Sa peau, très souple et peu attachée à ses membres, lui permet une grande aisance dans ses mouvements. La peau est relativement épaisse : celle autour du cou mesurant d'épaisseur, est une adaptation dans la lutte entre congénères.. La tête est petite et plate, avec un museau court. Les yeux sont petits et les oreilles ne sont guère plus que de petit moignons sur la peau, une autre adaptation possible pour éviter les blessures lors des combats.
Le ratel a des pattes courtes et robustes, terminés par cinq orteils. Ces pattes sont armées de griffes très puissantes, assez courtes sur les pattes postérieures, mais très longues sur les pattes antérieures. C'est un animal partiellement plantigrade dont les plantes de pieds sont dotées de coussinets épais et nus jusqu'aux carpes. La queue est courte et couverte de longs poils, sauf sous la base..
Il s’agit du plus grand mustélidé terrestre d'Afrique. Les adultes mesurent de au garrot et de de longueur pour le corps, la queue ajoutant supplémentaires. Les femelles sont plus petites que les mâles. Sur le continent africain, les mâles pèsent de tandis que les femelles pèsent de en moyenne. Le poids moyen des adultes selon les régions a été rapporté entre , avec une médiane d'environ ..
Cependant, le poids moyen de trois femelles sauvages en Irak a été rapporté à , ce qui correspond au poids typique des gloutons mâles ou des blaireaux européens mâles à la fin de l'automne, indiquant qu'ils peuvent atteindre des tailles bien supérieures dans des conditions favorables. À l'inverse, une femelle adulte et deux mâles en Inde étaient relativement petits, pesant et une médiane de . La longueur du crâne est de chez les mâles et de pour les femelles..
Le ratel possède deux paires de mamelles.. Il dispose d'une poche anale éversible, un trait partagé avec les hyènes et les mangoustes. L'odeur de cette poche est décrite comme « suffocante » et pourrait aider à calmer les abeilles lors du pillage des ruches..
vignette|Dents de ratel. Le crâne ressemble fortement à une version plus grande de celui du Pérouassaca (Vormela peregusna).. La denture présente souvent des signes de développement irrégulier, certaines étant exceptionnellement petites, implantées selon des angles inhabituels ou totalement absentes. Les ratels de la sous-espèce signata possèdent une deuxième molaire inférieure sur le côté gauche de la mâchoire, mais pas sur le droit. Bien qu'il se nourrisse principalement d'aliments mous, les dents jugales du ratel sont souvent très usées. Les canines sont exceptionnellement courtes pour des carnivores.. Les papilles sur la langue sont tranchantes et pointues, ce qui facilite la consommation des aliments les plus coriaces.
La fourrure d'hiver est longue ( sur le bas du dos) et se compose de poils rudes et grossiers semblables à des poils de brosse, avec un duvet minimal. Les poils sont encore plus clairsemés sur les flancs, le ventre et l'aine. La fourrure d'été est plus courte (seulement sur le dos) et encore plus rare, le ventre étant à moitié nu. Les côtés de la tête et le bas du corps sont d'un noir pur. Une large bande blanche couvre le dessus du corps, du sommet de la tête jusqu'à la base de la queue.. Les ratels de la sous-espèce cottoni sont uniques par leur pelage entièrement noir.
Répartition et habitat