Gharbzadegi (en persan : غربزدگی) est un terme péjoratif persan souvent traduit par le mot « occidentalite», qui veut dire : submergé par la culture occidentale. Cela réfère à la perte d’identité culturelle iranienne en voulant adopter et imiter le modèle de la culture occidentale et le critère de l’Occident dans l’éducation, l’art et la culture, transformant l’Iran à un marché passif pour des produits occidentaux et un gage dans la géopolitique d’Occident.
La première fois, le terme est prononcé et utilisé par Ahmad Fardid (professeur à l’université de Téhéran) dans les années 1940, il a eu l'usage commun à la suite de la publication clandestine en 1962 du livre Occidentalite : la peste de l’Occident par Jalal Al-e Ahmad, un éminent auteur iranien. Il a été traduit et publié sous le titre de l’Occidentalite en France.
Une idée de Jalal Al-e Ahmad Al-e Ahmad décrit le comportement iranien au comme étant occidentalisé. Le terme est utilisé dans un double sens en persan, signifiant affecté, comme affecté par une maladie ou piqué, comme piqué par un insecte ainsi qu’entiché et influencé par une idéeMottahedeh, Roy, The Mantle of the Prophet: Religion and Politics in Iran, One World, Oxford, 1985, 2000, p. 296.
Al-e Ahmad soutient que l’Iran doit prendre le contrôle des machines en main et devient un producteur plutôt qu’un consommateur, même si on arrive à contrôler l’occidentalite on tombera – comme l’Occident - dans le piège du machinisme.
La productivité supérieure des machines étrangères a dévasté l’artisanat national iranien et a poussé l’Iran vers une économie improductive consommateur.
Le marché du monde et du globe divisé en riche et pauvre, créé par la machine - « l’un des fabricants des machines et l’autre des consommateurs » - avait ignoré l’analyse des classes marxistes.
Al-e Ahmad croyait qu’un élément de la vie iranienne non pas infecté gharbzadegi était la religion. L’Islam chiite en Iran avait l’authenticité et la faculté de mobiliser le peupleMottahedeh, The Mantle of the Prophet, (1985, 2000), p. 299-300.
Impact Cette phrase a été reprise après la Révolution iranienne sous la République islamique qui cherchait à légitimer sa campagne de nationalisation et la poussée de l’ayatollah Khomeiny vers l'autosuffisance.
Voir aussi Jalal Al-e Ahmad Mouvements intellectuels en Iran
Références
Bibliographie Al-e Ahmad, Jalal, Occidentalite, traduit par F. Barrès-Kotobi et M. Kotobi, avec la collaboration de D. Simon, Éditions L'Harmattan,France, 1988, Al-e Ahmad, Jalal. Occidentosis: A Plague from the West (Gharbzadegi), traduit par R. Campbell. Berkeley, CA: Mizan Press, 1983. Al-e Ahmad, Jalal. Plagued by the West (Gharbzadegi), traduit par Paul Sprachman. Delmor, NY: Center for Iranian Studies, université Columbia, 1982. Al-e Ahmad, Jalal. Weststruckness (Gharbzadegi), traduit par John Green et Ahmad Alizadeh. Costa Mesa, CA: Mazda Publishers, 1997.
Catégorie:Expression persane