Cet article expose les réactions de différents pays à l'abordage de la flottille pour Gaza survenu le .
Réactions des principaux acteurs
Réactions des passagers Selon Michalis Grigoropoulos, membre de l’équipage de l’Elefthéri Mesogeio, les soldats israéliens « ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. […] les commandos ont ensuite fait subir des électrochocs à certains des militants ». Les passagers français évoquent l’usage de « matraques et de Taser ».. Mounia Cherif, membre du CBSP, affirme également que les soldats israéliens les « ont frappés avec des matraques, des Tasers ». Elle confirme par ailleurs que l'arraisonnement a bien eu lieu dans les eaux internationales« Les premiers militants français sont à Paris », Le Point, 3 juin 2010..
Norman Paech, ancien député de au , a expliqué que « c’était une attaque sur une mission pacifique dans les eaux internationales. Les Israéliens peuvent vouloir défendre leur zone militaire, mais nous étions en dehors de ces limites, ce n’était donc pas un acte de légitime défense mais un crime de guerre »..
L’écrivain suédois Henning Mankell, un des passagers de la flottille de la paix pose les questions en ces termes : « Que se passera-t-il l’an prochain lorsque nous viendrons avec une centaine de bateaux ? Tireront-ils une bombe atomique ? » Pour lui « Israël est sur les genoux. Personne n’aurait pu s’attendre à ce que le reste du monde réagisse de cette façon. Ils sont complètement isolés. »« Israël assure que tous les détenus de la flottille ont été libérés. », Le Monde, 2 juin 2010. Il réfléchit à interdire la traduction de ses livres en Israël. , mais déclarera plus tard avoir réagi ainsi par colère et qu'il n'envisage rien dans ce sens là. Dans le journal Libération du il déclarera « Je pense qu’à notre petite mesure nous avons changé le monde. On ne peut pas dire que c’est un succès, car des personnes sont mortes. Mais Israël a montré une face arrogante en commettant ce qu’on ne peut appeler qu’un acte de piraterie dans les eaux internationales. Et cela a montré au monde une chose qui le rend terrifiant : comment un peuple opprimé peut aisément devenir un peuple oppresseur. »
Thomas Sommer coordinateur de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP), déclare au journal Le Monde, « nous avons été attaqués par des bâtiments de guerre, nous avons eu droit aux frégates, à des navires énormes, et aussi des Zodiac remplis de commandos cagoulés, habillés en noir, et des hélicoptères de combat. » ; « Ils ont sorti des Taser et ont tiré à bout portant sur les copains qui étaient les premiers devant eux. Ils sont tombés sur le coup puis ils se sont fait tabasser » Quant aux armes que les soldats israéliens ont trouvées, couteau, barre de fer, hache, il affirme que ce genre de matériel se trouve dans « n’importe quel bateau civil » « Un militant de la flottille : "Nous nous sommes sentis abandonnés par la France" », Le Monde, 4 juin 2010.. Les propos de Thomas Sommer sont corroborés par Henning Mankell.
Lors d'un interview à la chaîne Al-watan (Koweït) le député Waleed Al-Tabtabaei, qui était à bord du Mavi Marmara, a décrit « comment les activistes ont résisté aux soldats israéliens qui attaquaient leur Flottille de la Liberté. Il a expliqué qu'après que des activistes aient pris en otage trois soldats puissamment armés les troupes israéliennes ont ouvert le feu sans discrimination tuant 16 activistes. » Il dit qu'« à 23:00 les troupes israéliennes entourèrent leur navire... elles abordèrent à l'aube le jour suivant. Il expliqua que les troupes israéliennes tuèrent deux activistes à bord de leur bateau avant de monter sur le vaisseau [le Mavi Marmara], tirant sur l'un à partir d'un hélicoptère et sur le second depuis une embarcation. Les troupes utilisèrent ensuite des bombes fumigènes pour prendre contrôle du navire ce qui amena les activistes turcs à leur résister. »http://www.kuwaittimes.net/read_news.php?newsid=MTIxMzM1OTI2MA==
Un parlementaire égyptien, Mohamed Beltagy, qui était également à bord d'un bateau, a quant à lui affirmé avoir, avec ses collègues, capturé trois soldats israéliens et pris le contrôle de leurs armes. Ces déclarations, admettant l'emploi de la force par des membres de la flottille contre les soldats israéliens, ont suscité une grande émotion en Égypte .
Réactions israéliennes Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui était au Canada lors de l’incident, a annulé un voyage prévu aux États-Unis pour rencontrer le président des États-Unis Barack Obama et exprime son à l’armée. Le gouvernement israélien accuse les membres de la flottille pro-palestinienne d’avoir déclenché les violences Israel Hayom, juin 2010, , par Shlomo Tsazna..
Dans une allocution télévisée, le , le premier ministre rejette les critiques internationales, justifie l’intervention de la marine israélienne et affirme que le blocus du territoire palestinien est nécessaire pour prévenir les attaques de missiles contre Tel Aviv et Jérusalem : Guardian.. .
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, affirme : .
Binyamin Ben Eliezer, ancien ministre, affirme quant à lui, qu’Israël avait mis en garde les militants pro-palestiniens : .
Pour Yossi Sarid, ancien dirigeant du parti d’extrême gauche laïc Meretz et ancien ministre du gouvernement de gauche d’Yitzhak Rabin en 1993, dans un article intitulé les « sept idiots du cabinet », faisant référence aux sept membres du « cabinet de sécurité » israéliens : ..
Une élue arabe israélienne, Hanin Zoabi, qui se trouvait à bord d’un des navires, a été prise à partie par les membres du parlement israélien, certains l’accusant de trahison, d’autres la qualifiant de « traître » et « cheval de Troie »Débat houleux à la Knesset : « Va à Gaza, espèce de traître », Rue89, nouvelobs.com, 2 juin 2010.. Les membres des organisations humanitaires sont qualifiés de « terroristes » par les mêmes. Yohanan Plesner de Kadima lui suggère d’aller passer une semaine dans la bande de Gaza Behadrei Haredim Vidéo du débat a la knesset.
L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Michael Oren, écrit, dans la page éditoriale du , en date du : .
L’historien et diplomate israélien Élie Barnavi considère Netanyahou comme le dirigeant .
Benny Begin, membre du cabinet de sécurité, annonce le , la mise en place d'une commission d'enquête civile.
Le Point
Nahoum Barnea, principal éditorialiste du Yediot Aharonot estime:
Par ailleurs, Tsahal entame sa propre enquête interne. Elle devra remettre ses conclusions d'ici le .
Israël a émis l’idée d’un allègement du blocus de Gaza à condition que l’enquête du raid israélien se fasse en interne
Uri Avnery, journaliste israélien dans un pamphlet intitulé « Tue un Turc et repose-toi », compare l’abordage du MV Mavi Marmara à l’épisode de l’Exodus 1947 où « les Britanniques cédèrent sous le poids de la condamnation internationale » ; « l’affaire Exodus s’est répétée mais avec un changement des rôles. Aujourd’hui nous sommes les Britanniques » affirme-t-il. Il confirme l’idée que les préparatifs de la flottille qui duraient depuis plus d’un an n'étaient pas un secret. Pour lui en choisissant l’option du raid « le gouvernement de Netanyahou a choisi la plus mauvaise. ». Selon lui, si Ehud Barak et Netanyahu n’avaient pas envisagé qu’il y ait eu des victimes c’est qu’ils sont « incompétents ». Enfin, il déclare qu’Israël a perdu son dernier allié dans la région : la TurquieUri Avnery, 5 juin 2010, en hébreu et en anglais, publié sur le site de Gush Shalom et quelques extraits dans le journal Maariv - traduit de l’anglais « Kill a Turk and rest » pour l’AFPS. Cette réaction est relayée ou reprise par de nombreux médias internationaux ( traduction française). .
Réactions de la Turquie thumb|right|300 px|Manifestation a Istanbul pour protester contre l’action d’Israël. La Turquie, qui compte huit ressortissants morts parmi les neuf, a décidé de geler ses relations avec Israël. Le premier ministre de la Turquie, a tenu un discours avec des mots très durs à l’assemblée du pays, dénonçant un acte de « terrorisme d’État », dénonçant une « attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine ». Des mesures concrètes de rétorsion ont été évoquées, comme la remise en cause de la construction du pipe-line MedstreamGlaciation des relations turco-israéliennes, Lemonde.fr, juin 2010..
L’ambassadeur turc à Tel Aviv a été rappelé à Ankara et une cellule de crise a été mise en place autour du vice-Premier ministre, Bülent Arınç. Dans une conférence de presse, a exigé la restitution immédiate des trois bateaux turcs et de leur cargaison, ainsi et surtout que la libération des centaines de citoyens turcs enlevés et séquestrés, qualifiant l’attaque d’acte de « piraterie »Flottille : les passagers arrivés en Turquie, Le Figaro..
Le président des États-Unis Barack Obama a estimé la situation suffisamment importante pour téléphoner au premier ministre de la TurquieFlottille : entretien téléphonique entre Obama et Erdogan, Lemonde.fr, dépêche AFP, juin 2010..
Réactions internationales Réactions des Nations unies Le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon déclare : . Selon lui, le blocus doit être « levé immédiatement », l’attaque israélienne « met en lumière le blocus du territoire qui dure depuis longtemps » considérant celui-ci de « contre-productif, intenable et immoral. Il punit des civils innocents. » De plus il réclame une "participation internationale crédible"
La haute commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, s’est dite .
Le , le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté une résolution instituant « une mission d’enquête internationale » par sur 47, trois pays votant contre dont les États-Unis« Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU se prononce pour une enquête internationale », LeMonde.fr, 2 juin 2010..
Le , la mission d'enquête du Conseil des droits de l'homme des Nations unies apporte les premiers éléments de l'enquête, selon le rapport "Il y a des preuves claires permettant d'appuyer des poursuites pour les crimes suivants (...) : homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves" se traduisant par de "graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire".
Réactions des États-Unis À la Maison-Blanche, le porte-parole déclare que les États-Unis Le président des États-Unis Barack Obama déclare au premier ministre Benjamin Netanyahu , Haaretz, 31 mai 2010.. Dans une interview avec Charlie Rose, le vice-président des États-Unis Joe Biden défend la décision prise par Israël d’intercepter la flottilleMaariv Biden : Israël a le droit de savoir ce qui rentre à gaza. Il déclare : et ne comprend pas les responsables de la flottille : « Biden défend le droit d’Israël à arrêter les navires vers Gaza », L’Express, 3 juin 2010., Biden assure que les États-Unis vont pour qu’il permette l’entrée d’aide dans la bande de Gaza.
Le sénateur républicain du Massachusetts, Scott Brown, déclare devant l'AIPAC le ,Voir, U.S. Sen. Brown of Mass.: Israel No Liability to US> The New York Times, June 6, 2010."
Réactions françaises thumb|Manifestation à Paris le 5 juin 2010. Le président de la République française Nicolas Sarkozy condamne et demande que . Bernard Kouchner convoque l’ambassadeur israélien Daniel Shek et estime : .