LInstitut de l'information scientifique et technique (Inist) a été créé en mars 1988 pour succéder au CDST et au CDSH du CNRS, transmettre et développer l'ensemble des activités d'information scientifique et technique de cette institution (notamment la production des bases Pascal et Francis).

Cette unité propre de service (UPS76) misait sur une stratégie de partenariats pour devenir le premier centre d'information technique européenPlaquette INIST 12/88.

Il siège, depuis , dans un bâtiment conçu par l’architecte Jean Nouvel sur le campus Jean Zay (2019) à Vandœuvre-lès-Nancy.

Depuis 2020, l'INIST est devenue une unité d'appui à la recherche (UAR76) du CNRS. Elle a pour missions principales de faciliter l’accès, l’analyse et la fouille de l’information scientifique et de valoriser les publications et données de la recherche..

Histoire Depuis le Journal des sçavans en 1665, la France a une longue tradition de la maitrise des technologies de l'imprimerie pour la diffusion de la science. Un siècle plus tard, l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert ou l'Histoire naturelle de Buffon le montre de façon éclatante.

Au siècle, avant la création du CNRS, dans le mouvement impulsé par Paul Otlet, citons par exemple Pierre Auger qui sera secrétaire général des tables annuelles des constantes et données numériques, créées en 1910, par Charles Marie par le Comité international nommé par le VIIè Congrès de Chimie appliquéevoir le premier volume sur Internet Archive https://archive.org/details/tablesannuellesd01unse/page/n6/mode/1up.

Le CNRS, avec le CDST, le CDSH et l'Inist va s'attaquer au passage en numérique. Les débuts de la documentation au CNRS En , le Conseil supérieur de la recherche débat simultanément de la nécessité de créer un grand organisme unifié - qui sera le CNRS - et de l'intérêt de centraliser la documentation scientifique..

En octobre , le CNRS installe en France un service de documentation scientifique sous la direction du physicien Pierre Auger. En fait en , Jean Wyart en prend la direction et crée le Bulletin Analytique du CNRS. Il deviendra le Bulletin Signalétique en 1955.. Pierre Auger explique.

Dans les années 60-70, ce centre de documentation est devenu un très gros laboratoire de service qui ne compte pas moins de 400 agents. Il était de plus en plus à l'étroit dans les sous-sols du CNRS quai Anatole France. En 1970, ses équipes vont déménager pour créer deux nouveaux centres, le CDST et le CDSH.

Le Centre de documentation scientifique et technique (CDST) Le Centre de documentation scientifique et technique (CDST) a donc été créé en 1970, à partir du Centre de documentation. Installé rue Boyer, avec une bibliothèque de 20 000 titres, il produisait les bulletins signalétiques, puis, à partir de 1973, la base Pascal. Un service de fourniture de documents répondait à environ 250 000 demandes/an. Citons également un service de traduction.

Il employait 400 personnes à des postes d'ingénieur, de technicien ou d'administration (ITA), dont plus de la moitié se consacraient aux bulletins signalétiques.

Informatisation du bulletin signalétique vers la base Pascal Dès 1968 une source de financement est débloquée pour automatiser le bulletin signalétique. En 1971, les bulletins signalétiques sont produits en photocomposition. Ceci permet la création de la base Pascal (Programme Appliqué à la Sélection et à la Compilation Automatique de la Littérature).

Le format choisi, par Nathalie Dusoulier et Pierre BuffetNathalie Dusoulier interviewed by W. Boyd Rayward at Nice, France. (Philadelphia: Chemical Heritage Foundation, Oral History Transcript 0201.) https://othmerlib.sciencehistory.org/record=b1048304~S6, est basé sur la norme ISO 2709, dans une perspective de coopérations et d'échanges internationaux. Ce choix permet de rendre rapidement la base Pascal accessible, avec le sigle PASCALINE sur le réseau Cyclades avec le logiciel Mistral de la Cii.

La fin du Plan Calcul et ses conséquences pour le CDST

En 1977, Nathalie Dusoulier quitte le CDST pour la direction des bibliothèques de l'ONU.

Par un concours de circonstances, en juin 1977, la Cii (devenue CII-Honeywell Bull, puis Bull), arrête la production de la gamme X5, successeur de l'Iris 80. Le développement de Mistral en tant que progiciel est arrêté. La société Télésystêmes-Questel reprend, en exclusivité, les développements de Mistral. Le CDST perd la maitrise de la mise en ligne de Pascal qu'il avait avec Mistral (et progressivement de son activité informatique d'exploitation des bases).

Pour les chercheurs du secteur public, l'accès à Pascal ou Francis devient très coûteux. Là où ils pouvaient « passer des heures, gratuitement, sur les bulletins en Bibliothèque Universitaire », ils étaient facturés au temps de consultation.

En 1978, Pierre Buffet devient co-fondateur de Télésystêmes-Questel.. La base Pascal devient disponible sur le serveur Questel.

En 1980, L'équipe fondatrice de Pascal a quitté le CDST. En 1984, Jacques Michel alors directeur du CDST rejoint Questel. Le CDST traverse alors une passe difficile qui conduira à son déménagement pour la création de l'INIST.

Le Centre de documentation en sciences humaines (CDSH)

Comme le CDST, le Centre de documentation en sciences humaines a été créé en 1970.

L'Institut Le 28 avril 1984, le ministre de l’industrie et de la recherche, Laurent Fabius, annonce le transfert en Lorraine du CDST du CNRS.

Le choix de la région Lorraine a été arrêté à la faveur du redéploiement économique destiné à atténuer les effets de la crise sidérurgique qui frappait durement le bassin lorrain. Un contexte que reflète l’architecture du site, confiée à Jean Nouvel, basée sur l’idée d’une .

le 5 mars 1987, le conseil d’administration du CNRS adopte le projet de création de l’Inist. Celui-ci est confié à la Direction de l’information scientifique et technique (DIST) du CNRS dirigée par Goéry Delacôte. Un conseil de projet est créé sous la présidence de Pierre Creyssel. Nathalie Dusoulier, en poste comme directrice de la Bibliothèque de l’Organisation des nations unies (ONU) est nommée chef de projet.

Le 28 janvier 1986, Hubert Curien pose la première pierre de l'INIST à Brabois, sur le technopole de l’agglomération nancéienne à Vandœuvre-lès-Nancy La création de l'Institut

En novembre 1987 : une mission de préfiguration s'installe au Château du Montet Les activités sont centrées autour des appels d'offres et de la surveillance du chantier.

L’Inist est créé le 15 mars actant la fusion du CDST et du CDSH. Des ingénieurs documentalistes récemment recrutés sont installés temporairement Boulevard Albert dans des locaux laissés libres par la société Phillips.

Les bâtiments de Jean Nouvel sont ouverts en novembre 1989Plaquette INIST 12/90.

L'informatisation de l'Inist

Un schéma directeur avait préconisé un système intégré autour d'un SBBD relationnel.

En 1987, le CDST disposait d'un service informatique où des opérateurs lançaient des travaux sur le CIRCE (Centre inter-régional de calcul électronique du CNRS). Il s'agissait d'extractions de profils en format (Pascal/ISO 2709) avec le logiciel Vira développé en 1973 par l'Institut royal de technologie de Stockholm.. Ces profils étaient ensuite traités par des programmes PL/1 que l'on modifiait manuellement en fonction des demandes. Le CDSH avait principalement une activité voisine mais à partir d'un autre format (ABACUS, antérieur à ISO 2709, défini en 1966) et des outils également développés par l'Institut de Stockholm. Il utilisait les services du LISH, Laboratoire d’informatique pour les sciences humaines (Lish-Cnrs) à la Maison des sciences de l’homme à Paris. Un objectif notable de l'informatisation était le rapatriement de ces applications dans un département informatique, propre à l'institut pour les faire évoluer. Cette contrainte impliquait le choix d'un ordinateur compatible avec l'architecture IBM/370 : un IBM 4381.

En fait les applications alors prioritaires étaient l'informatisation de la bibliothèque, puis de la fourniture de document (FDP). Elles ont bousculé le système intégré pour aboutir à un réseau fonctionnel. La bibliothèque devait gérer des échanges avec un réseau mondial. Il a été choisi d'utiliser le format Unimarc de l'IFLA. Un appel d'offres a débouché sur l'acquisition d'un système Geac 9000(en). Pour la FDP, la gestion des commandes a été réalisée sur le SGBD Adabas (sur le 4381), mais le serveur d'archivage numérique utilisait une machine Unix.

Le déménagement Les nouvelles acquisitions puis applications informatiques (FDP...) ont été démarrées rue Boyer à Paris.

L’Inist disposait d’un fonds documentaire d'environ 20 000 titres couvrant l’essentiel de la littérature internationale en science, technologie, médecine, sciences humaines et sociales, et économie..

Le transfert de cette collection a duré 2 mois avec une rotation de 120 semi-remorques. Pour faire accomplir aux bibliothécaires un exploit fédérateur, Goéry Delacôte avait demandé de ne pas arrêter le service de fourniture pendant le déménagement. Ce qui fut fait.

En , l’essentiel des activités du CDST est donc transféré à l’Inist dans les bâtiments de Jean Nouvel ; le processus s’achève en avec le transfert du pôle sciences humaines et sociales (CDSH).

Un éphémère Département Recherche et Produits Nouveaux (DRPN), pionnier dans l'ingénierie XML Le CDST possédait déjà un Service d’étude et de réalisation de produits d’information avancés (SERPIA) dirigé par William Turner. Il travaillait en étroite coopération avec le CSI de l’École des Mines sur des approches infométriques (mots associés). Citons notamment Leximappe.

En s'inspirant du centre de recherche de l'Online Computer Library Center (OCLC), Goéry Delacôte a créé un département de recherche et développement sous le sigle DRPNPlaquette INIST, 1889. Il reprenait également l'activité infométrique du SERPIA.

En 1991, le DRPN a développé une boîte à outils pour l'Information scientifique et technique (iLib - Information library). Elle s'appuyait sur la norme naissante SGML dans un mode qui préfigurait XML (utilisation exclusive de la forme normale). Dans une première étape, un outil de conversion des notices en format ISO 2079 vers un modèle préfigurant MARC XML a été réalisé pour manipuler, « facilement » sous unix, des notices Pascal ou Unimarc. Puis en s'inspirant de la structure interne de Mistral et des « groupes binaires » du Trésor de la langue française (TLF), la boîte à outils a été complétée par des modules permettant de générer des systèmes de recherche d'information avec des algorithmes de clusterisation.

Un autre projet STID (Station de Travail pour Ingénieur Documentaliste) identifiait un axe pour une Indexation AssistéeSchmitt L., Olivétan E., Landi B., Royauté J., Ducloy J., STID: Une Station de Travail pour une Indexation Assistée, Proceedings, 12ème Conference Internationale d’Avignon, June (1992)..

Ce département a été dissout par le Groupe Inist en 1993 car ses développements ne rentraient pas dans le nouveau schéma informatique centralisé. L'activité infométrique a été reprise par l'URI (Unité de Recherche et Innovation, qui a pu utiliser iLib, mais la faire évoluer).

Les développements sur l'ingénierie SGML/XML se sont poursuivis au Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (LORIA). Une nouvelle version de la bibliothèque conforme à la spécification XML (DILIB - Documentation Information Library) a été développée.

La création d'INIST Diffusion Dans les années 1980-1990, pratiquement tous les modes d'accès à l'IST (hormis les salles de lecture en bibliothèque universitaire) étaient payants. Pour les bases de données, l'accès par Questel était facturé au temps de connexion. Il était possible d'acheter des bandes Pascal puis des CD-ROM.