Louis-Émile Galey est un cinéaste français, né le au Pêchereau (Indre)Extrait de naissance . et mort le à Paris.

Famille Son père, Antoine Galey (1880-1976), pharmacien-chimiste était originaire de Saint-Girons dans l'Ariège. Sa mère Marie Nadalet (1882-1982) qui devint centenaire était originaire du hameau de la Croix-de-Laumay, qui faisait partie de la commune du Pêchereau, mais avoisinait à la ville d'Argenton-sur-Creuse dont elle faisait en fait partie. Ils avaient fait connaissance lors de leurs études à Toulouse. Le mauvais souvenir d'une fausse couche l'avait incitée à venir accoucher auprès de ses parents. Plus tard, à l'âge de la retraite, Antoine et Marie retourneront vivre à Argenton. Mais pour l'heure, le jeune pharmacien s'installa à Bourges où il ouvrit une officine dans la rue des Arènes et c'est là que depuis sa naissance jusqu'en 1921 Louis-Émile Galey passa la majeure partie de sa vie. Les vacances amenaient la famille à Château-du-Loir où résidaient alors les grands-parents.

À Bourges, dans la seconde année des classes préparatoires, Galey eut comme condisciple le futur philosophe Vladimir Jankelevitch, qui dès l'âge de sept ans apparaissait comme une espèce de génie. Il fit ensuite ses études secondaires au lycée de Bourges, où il eut André Déléage comme condisciple. Il fit les premières années du secondaire pendant la guerre et, comme son père était à l'armée et que sa mère s'était repliée à Vierzon avec ses frères et sœurs, Galey fut mis en pension.

Après la guerre il monta à Paris et en il décrocha son diplôme de bachelier ès sciences à la Sorbonne. Il poursuivit ses études et obtint le diplôme d'architecte à l'École des Beaux-Arts. Il fut également lauréat dans un concours international. Sa voie semblait toute tracée, mais néanmoins il ne pratiqua pas longtemps la profession.

La vie parisienne Galey ne retourna plus à Bourges et se plongea avec conviction dans la vie trépidante de la capitale. Au cours de ses études il logeait dans Pension Colombo, 20, rue des Écoles, qu'un cousin de sa mère avait déniché pour lui. Il y fit entre autres la connaissance de l'excentrique Ferdinand Lop qui y logeait également.

Il fit la connaissance du jeune acteur Pierre Brasseur. Ils devinrent amis et pendant plusieurs années furent compagnons de sorties nocturnes, abondamment arrosées.

À l'École des Beaux-Arts Galey suivit les cours d'e.a. Raoul Brandon. Il vécut, sans trop y participer, les luttes entre étudiants de gauche et ceux de droite, les Camelots du roi.

Pendant et après ses études, Galey fréquenta deux hauts-lieux de la bohème du boulevard du Montparnasse, La Rotonde et Le Dôme. Il lia amitié avec un lithographe, Basile Noël, qui l'introduisit dans les milieux artistiques. Parmi ceux qu'il y côtoyait : le « mauvais » peintre Samuel Granowsky, le chanteur et sculpteur Wladimir Poliakoff (qui deviendra le père de Marina Vlady et d'Odile Versois), le peintre Foujita avec sa compagne Youki, qui deviendra la femme de Robert Desnos, les peintres Moïse Kisling, Jules Pascin et Soutine, le sculpteur Zadkine, la célèbre Kiki et son amant de l'époque, le non moins célèbre photographe Man Ray. Et puis il y avait les intellectuels : Miguel de Unamuno et ses disciples, Charles Rappoport, communiste à l'époque, mais aussi les péripatéticiennes à la retraite qui s'y réunissaient.

En 1924, Galey fit la connaissance à la Rotonde de Magda, dite Louftinguett. Quelques années plus tard, ayant réussi du côté des Champs Élysées, et étant devenue une « poule de luxe », elle aguicha Galey et devint sa maîtresse gratuite du mercredi, jour où elle ne recevait pas de clients.

Esprit et la Troisième Force Début des années trente, Galey mit fin à la vie insouciante du noctambule. Il épousa Marcelle Bechmann, fille de l'architecte Lucien Bechmann. Ils eurent trois enfants : l'écrivain Matthieu Galey (1934-1986), Laurent Galey (°1942) et la journaliste Geneviève Galey (°1944). Son beau-frère Roland Bechmann (1919-2017) était également architecte.

Avant la guerre, Galey poursuivit une carrière d'architecte. Il construisit entre autres en 1938 la Maison du Peuple à Saint-Girons. Selon l'Annuaire des architectes, le ménage Galey déménageait assez souvent. En 1935 il habitait rue de la Pompe, en 1937 et en 1938 .

Dans les années 1932-1933, il participa, avec Emmanuel Mounier, Georges Izard et André Déléage, au lancement d'une nouvelle revue, nommée Esprit. Ils eurent pour ce faire le patronage de Madeleine Daniélou, l'épouse du ministre Charles Daniélou, amie de Bergson et de Briand qui décida du nom de la revue, alors que Déléage avait préconisé Hommes ou Âmes. Galey rencontrera dans les réunions d'Esprit d'autres collaborateurs, tels que Georges Duveau, René Maheu, Pierre-Aimé Touchard.

Comme son nom, La Troisième Force, l'indiquait, le groupe voulait trouver une troisième voie, entre capitalisme et marxisme, pour laquelle les idées de planification et de corporatisme serviraient de base et qu'ils synthétisaient sous le vocable de personnalisme. L'inspiration était chrétienne, dans l'esprit des encycliques fondatrices de la pensée sociale chrétienne, Rerum Novarum et Quadragesimo Anno. Galey s'intéressait aux idées nouvelles, autant au Plan Henri De Man qu'au corporatisme qui le firent assister à Rome à un congrès consacré à ce thème, en . Il inventa le sigle de la Troisième Force et en dessinait les affiches.

À la même époque quelques jeunes fondèrent les États généraux de la Jeunesse. Une fois par semaine, les jeunes « espoirs » de tous les partis politiques se réunissaient dans l'amphithéâtre du Musée Social, dans le but de formuler un programme commun à tous ces jeunes gens venus des horizons les plus divers. Un des membres actifs était Bertrand de Jouvenel. Galey fut de 1932 à 1934 le rapporteur-général de cette activité. Il la quitta en 1934, ayant atteint la limite d'âge de trente ans.

Galey collabora à Esprit jusqu'en 1935 pour ensuite prendre ses distances. Entre-temps et en parallèle avec la fondation d'Esprit, Izard, Galey et quelques autres avaient également fondé le mouvement politique nommé La Troisième Force. Comme Mounier ne désirait pas lier Esprit à une action politique immédiate, une séparation inévitable s'en était suivi.

À partir de 1934 la Troisième Force fusionna avec le Front Commun de Gaston Bergery et le nouveau nom de Front Social fut adopté. Galey accompagnait Izard et Bergery lors de tournées électorales, qui résultèrent en leur élection à l'Assemblée nationale en 1936. Lui-même ne semble pas s'être présenté à des élections. Le parti n'eut d'ailleurs jamais d'autres élus et Izard le quitta bientôt pour s'affilier à la SFIO. Galey s'occupait en ordre principal de l'organe du parti, La Flêche, dont il était le secrétaire-général. Un autre ami de cette époque était le journaliste et pacifiste Henri Jeanson et son épouse, la comédienne Marion Delbo (1901-1969). Les deux familles se rendirent ensemble aux sports d'hiver en .

Fin 1935 Galey fit la connaissance du célèbre Victor Serge qui, sur les instances du premier-ministre Pierre Laval auprès de Staline, venait d'être relâché des geôles soviétiques. Gaston Bergery l'avait chargé de recueillir l'histoire que ce rescapé des bagnes de l'Oural avait à raconter.

La guerre En , à l'annonce de la déclaration de guerre, l'adjudant Galey rejoignit sa compagnie du génie à Versailles. Il participa aux travaux de fortifications le long de la Ligne Maginot. Il fut signalé avantageusement dans le rapport de la , pour les bons résultats de ses constructions défensives réalisées dans des circonstances atmosphériques défavorables.

Il retourna à Versailles pour un cours qui devait lui permettre d'accéder au grade de sous-lieutenant. Il dut ensuite construire des blocs défensifs dans le secteur d'Audun-le-Tiche. Il en avait terminé treize lorsque le les travaux furent inévitablement interrompus. Les Allemands envahirent la région, avant que les blocs ne purent être utilisés.

Galey a été prisonnier à Marvejols dans le département de la Lozère et le il fut démobilisé. Il rejoignit sa famille auprès de ses beaux-parents. Vers le il se rendit à Vichy pour y demander conseil à Gaston Bergery, qui ne le rassura pourtant pas sur la meilleure voie à suivre. Au début de 1941 il décida de retourner à Paris.

Sous l'Occupation Pierre Schaeffer, qui sera plus tard le promoteur de la musique concrète, était devenu le dirigeant de Jeune France, un mouvement dont l'idée avait été donnée par Emmanuel Mounier au secrétariat général à la Jeunesse du gouvernement nouvellement installé à Vichy. Mis en route en , le mouvement avait pour but de faire adhérer les jeunes à la Révolution nationale, à travers une politique culturelle de création et de diffusion. Schaeffer confia à Galey le secteur de l'architecture. Celui-ci ressentit la mission comme une sinécure assez inutile et s'ennuya ferme.

Lorsque Paul Marion, que Galey avait connu avant la guerre, lorsqu'ils étaient adversaires politiques, rentra de captivité, il fut nommé secrétaire général à l'Information et à la Propagande. Il proposa à Galey de devenir son représentant en zone occupée. Celui-ci, très à court d'argent, accepta. Sa nouvelle fonction fit de lui en ordre principal le directeur-général de la Cinématographie, administration relevant du gouvernement de Vichy.

Par décret de Pierre Laval du Galey remplaça en outre Guy de Carmoy en tant que commissaire du gouvernement du Comité d'organisation de l'industrie cinématographique. Selon l'historienne Caroline Chaineaud (université Paris Sorbonne-Paris IV), cet organisme de répression et d'aide à dépendait à la fois des autorités d'Occupation et du gouvernement de Vichy. D'après elle, son organigramme révèle le rôle purement consultatif de ce Comité, dont les membres n'avaient aucun pouvoir décisionnel.

Louis-Émile Galey favorisait la réalisation de films de qualité et mettait en avant les valeurs de la Révolution nationale tout en s'opposant tant qu'il en avait les moyens, aux autorités d'Occupation, afin de préserver les droits des professionnels français. Il créa en 1942 le « Grand Prix du Film d'Art Français », précurseur des prix qui seraient octroyés annuellement après la guerre lors du Festival de Cannes.

Ses projets ne se réalisèrent pas toujours. C'est ainsi qu'une proposition de Jean Giono pour faire un film au départ de son livre Le chant du monde n'aboutît pas, malgré la visite que Galey fit au maître de Manosque. Une autre proposition était de consacrer un film à la carrière de Georges Carpentier, que Galey rencontra à plusieurs reprises, mais qui n'eut pas non plus de suite.

Le cinéma était un sujet d'intérêt majeur pour l'ocupant. Dès l'automne 1940 l'Allemand Alfred Greven fondait la Continental-Films qui réalisa une trentaine de films, dont certains de grande qualité. Mais bientôt des compagnies françaises se firent à nouveau valoir. Dès 1941 la Compagnie Commerciale Française Cinématographique réalisa Le Destin fabuleux de Désirée Clary de et avec Sacha Guitry. Galey qui avait dû veiller aux permissions nécessaires, se lia d'amitié avec Guitry. Marcel L'Herbier fut un autre réalisateur qu'il rencontrait souvent, mais lui travaillait pour une société française.