Le cabinet du président de la République française constitue l'équipe de conseillers au service du chef de l'État français pour l'assister dans ses prises de décisions.
Il a à sa tête le secrétaire général de l'Élysée et comprend le chef de l'état-major particulier, le conseiller diplomatique ainsi qu'un certain nombre de conseillers.
Mis en place sous la , le cabinet du président sera conservé sous la puis la bien qu'aucune règle de droit positif n'en fasse mention.
Composition et fonctionnement Aucune règle juridique n'encadre la composition et l'organisation du secrétariat général de la présidence, laissées ainsi à la discrétion du chef de l'État. Bien que parfois présenté comme un « gouvernement bis », les moyens du secrétariat général sont dans les faits assez limités, ne possédant ni sources d'information ni moyens d'action propres..
Après l'élection de François Mitterrand en , les hauts fonctionnaires ne constituent que le tiers environ des effectifs du cabinet (composé de au total), soit ; les énarques représentent quant à eux le quart des effectifs...
Sous François Hollande, 35 % des membres ont achevé leur formation à l’ENA, ce qui en fait la formation la plus représentée ; la proportion de femmes a évolué entre 15 % et 25 % et l'âge moyen de ..
Le fonctionnement du cabinet et des services de l'Élysée a fait l'objet d'un audit conduit par un cabinet de conseil, à la demande du président Emmanuel Macron, entre janvier et , pour proposer un nouveau mode de fonctionnement de la présidence. Les travaux se sont achevés quelques semaines avant que l'affaire Benalla éclate..
Au , le cabinet est composé de , ainsi que de au secrétariat. S'y ajoutent à l'État-major particulier et dans les services, ce qui donne un total de exprimés en équivalent temps plein à la présidence..
Secrétaire général
Aucun texte officiel ne prévoit ni l'existence ni les attributions du Secrétaire général au sein de la présidence de la République. De ce fait, son rôle et son influence varient d'une présidence à l'autre. Dans la pratique, ses attributions sont les suivants : la direction et la coordination des membres du cabinet présidentiel ; la coordination des décisions présidentielles avec les actions du Gouvernement et de l'ensemble des administrations publiques ; l'information du président ; l'annonce de la composition du Gouvernement lors de sa nomination ; la rédaction au terme de chaque réunion du Conseil des ministres, avec le secrétaire général du Gouvernement, d'un relevé de décisions et d'un compte-rendu intégral des délibérations qui ne sont pas rendus publics. ; enfin il peut prendre de lui-même certaines décisions dont il estime qu’elles vont dans le sens de la politique du président mais qui ne méritent pas d’être portées à son attention..
Directeur de cabinet À la présidence, le directeur de cabinet a une fonction plus administrative que dans les ministères. En effet, le rôle traditionnel d'un directeur de cabinet est exercé ici par le secrétaire général et les conseillers auprès du président.
Il suit en particulier les questions intérieures, de sécurité, de réforme de l'État ainsi que les nominations des préfets.
Certains directeurs de cabinet ont été représentants personnels du président en tant que coprince d'Andorre..
Le directeur de cabinet du président de la République est chargé de la gestion interne de la présidence de la République, notamment les questions budgétaires, de ressources humaines et de sécurité.. Le directeur général des services, qui dirige les services civils de la présidence (intendance, protocole, audiovisuel, archives) est sous l'autorité du directeur de cabinet. Cette fonction a existé durant la présidence de Nicolas Sarkozy, et est recréée en ..
Conseiller spécial et conseillers auprès du président Les conseillers directs du président sont généralistes et ne sont pas affectés à un domaine particulier. Ils n’appartiennent pas à la hiérarchie organisée autour du secrétaire général, ce qui a pour effet de doubler (voire de concurrencer) le conseil et la source d’information.
Conseiller diplomatique vignette|L'ambassadeur d'Estonie remet ses lettres de créance à François Hollande le . Au second plan : Jacques Audibert, conseiller et sherpa et Harlem Désir. Le conseiller diplomatique et sherpa du président est chargé d'animer la cellule diplomatique qui fournit au chef de l'État des informations sur l'actualité à l'international et la diplomatie française. C'est un diplomate expérimenté. En , Guy Lagache documente l'action d'Emmanuel Bonne et de la cellule diplomatique dans le téléfilm Un président, l’Europe et la guerre..
Autres fonctions Durant une période de cohabitation, le cabinet du président de la République est le dernier organe politique de la couleur politique du président. Les présidents s'appuient alors sur lui pour obtenir des informations sur l'évolution des dossiers traités par le Gouvernement..
Le chef de cabinet gère l'agenda du président et organise tous ses déplacements. La « chefferie » est constituée en d'une équipe de direction de quatre personnes, d'une équipe secrétariat-logistique de huit personnes, et du service de la correspondance présidentielle de .
L'état-major particulier du président de la République française est l'équivalent du cabinet militaire du Premier ministre et du ministre de la Défense. Il comprend les aides de camp du président.
Nommé par décret en conseil des ministres, le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme conseille le président de la République dans le domaine du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. Il coordonne l'action et s'assure de la bonne coopération des services spécialisés constituant la communauté nationale du renseignement..
Certains présidents ont nommé un porte-parole. Valéry Giscard d'Estaing a décidé en que son porte-parole assisterait au Conseil des ministres dans le but d'. Ce ne fut plus le cas au début de l'exercice de son successeur François Mitterrand, mais il fut réintégré dans les séances en . La fonction a existé durant une partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy, puis de celui d’Emmanuel Macron.
Les autres collaborateurs du président sont spécialisés dans un domaine des politiques publiques (industrie, écologie, culture, outre-mer, élections, enseignement) et chargés à la fois de conseiller le président dans ce domaine, d'écrire ses discours ou ses interventions le cas échéant et de superviser l'activité du(des) ministère(s) concerné(s) afin de vérifier qu'il y a cohérence entre les axes politiques définis par le président et leur traduction concrète dans le travail administratif. Par exemple, le conseiller à la justice est chargé de conseiller le président pour tout ce qui touche aux questions judiciaires, aux professions du droit, à la législation pénale et aux prisons, d'assurer la liaison avec le cabinet du garde des Sceaux, d'en suivre le travail et d'en tenir au courant le secrétaire général. Ces conseillers dits subalternes dépendent du secrétaire général et n'ont généralement pas un accès direct au chef de l'État. Le secrétaire général adjoint fait partie de ces conseillers.
D'autres sont regroupés sous l'autorité d'un seul au sein de structures informelles. C'est le cas par exemple de la « cellule diplomatique » qui regroupe sous les ordres du conseiller diplomatique une dizaine de conseillers et conseillers techniques chargés des dossiers internationaux et des grandes régions de la planète. Cette cellule diplomatique a été plusieurs fois critiquée et remise en question puisque, à l'instar du secrétaire général de la présidence, elle travaille sur des dossiers relevant habituellement de la compétence du ministère des Affaires étrangères.
Durant le quinquennat d’Emmanuel Macron, il existe une dizaine de conseillers communs au président de la République et au Premier ministre.
Statut des membres du cabinet Depuis les lois relatives à la transparence de la vie publique de , les collaborateurs du président de la République adressent au président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique une déclaration de situation patrimoniale et une déclaration d'intérêtsArticle 11 de la .. Depuis , les membres de la famille du président ne peuvent faire partie de son cabinet.. Toutefois certains agents sont nommés comme « chargés de mission » sans que cela soit publié au Journal officiel et échappent ainsi à ces déclarations. Cette situation a été régularisée après l'affaire Benalla.
Par tradition, les membres de l’équipe diplomatique ainsi que de la chefferie de cabinet, même s'ils ne sont pas diplomates, peuvent disposer d'un passeport diplomatique.
À l'occasion de l'affaire des sondages de l'Élysée, un arrêt de la Cour de cassation, rendu le , estime qu'Cour de cassation, Chambre criminelle, , 12-81.043 .. En pratique, il pèse sur eux une responsabilité politique de fait mais leur responsabilité pénale s'oppose à la difficulté de la preuve, imputable à la complexité des circuits décisionnels..
Les membres du cabinet ont pour la plupart leurs bureaux dans le bâtiment principal du Palais de l'Élysée, à proximité du bureau du président (notamment pour les membres de l'équipe rapprochée ou du pôle politique), mais également dans les annexes de la présidence, rue de l'Élysée, au pour la cellule diplomatique ou aux et pour certains conseillers techniques (le abritant également les bureaux de l'état-major particulier).
Certains membres du cabinet ont un logement de fonction au palais de l'Alma, situé quai Branly dans le ..
Liste des personnalités ayant occupé des fonctions au cabinet du président
et Président Secrétaire général Louis-Napoléon Bonaparte Auguste Chevalier (1849-1851) Adolphe Thiers Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1871-1873). Patrice de Mac Mahon Emmanuel d'Harcourt (1873-1878) Jules Grévy François Pittié (1879-1886) Joseph Brugère (1886-1887) Sadi Carnot Joseph Brugère (1887-1892) Léon Borius (1892-1894)Décret du , JORF, , , . Jean Casimir-Perier Jean-Paul Lafargue (1894Décret du , JORF, , , .-1895) Charles Tournier (1895Décret du , JORF, , , .-1895) Félix Faure Charles Tournier (1895-1897) Alexis Hagron (1897Décret du , JORF, , , .-1899) Maurice Bailloud (1898Décret du , JORF, , , .-1899) Émile Loubet Maurice Bailloud (1899-1901) Émile Dubois (1900Décret du , JORF, , , .) Abel Combarieu (1900-1906) Armand Fallières Jean Lanes (1906-1912) Henri Collignon (1912-1913) Raymond Poincaré Félix Decori (1913-1915) Olivier Sainsère (1915-1920) Paul Deschanel Adolphe Pichon (1920) Alexandre Millerand Eugène Petit (1920-1924) Gaston Doumergue Jules Michel (1924-1931) Paul Doumer Georges Huisman (1931-1932) Albert Lebrun André Magre (1932-1939)
et Président Secrétaire général Secrétaire général adjoint Conseiller spécial Directeur de cabinet Vincent Auriol Jean Forgeot (1947Arrêté du , JORF, , , .-1954) Paul Auriol (1947-1954)Jacques Kosciusko René Coty Charles Merveilleux du Vignaux (1954Arrêté du , JORF, , , .-1959) Charles de Gaulle Geoffroy Chodron de Courcel (1959Arrêté du , JORF, , , .-1962) Étienne Burin des Roziers (1962Arrêté du , JORF, , , .-1967) Bernard Tricot (1967Arrêté du , JORF, , , .-1969) Olivier Guichard Pierre Lefranc René Brouillet (1959-1961)
Georges Galichon (1961-1967)
Xavier de la Chevalerie (1967-1969) Alain Poher (intérim) Bernard Beck (1969Arrêté du , JORF, , , .) Georges Pompidou Michel Jobert (1969Arrêté du , JORF, , , .-1973) Édouard Balladur (1973Arrêté du , JORF, , , .-1974) Édouard Balladur (1969-1973). Jean-René Bernard (1973-1974) Pierre Juillet Marie-France Garaud vacant de 1969 à 1973 Anne-Marie Dupuy (1973-1974) Alain Poher (intérim) Bernard Beck (1974Arrêté du , JORF, , , .) Valéry Giscard d'Estaing Claude Pierre-Brossolette (1974Arrêté du , JORF, , , .-1976) Jean François-Poncet (1976Arrêté du , JORF, , , .-1978) Jacques Wahl (1978Arrêté du , JORF, , , .-1981) Yves Cannac (1974-1978)