vignette|200px|La mosquée impériale, construite par le sultan Mehmed II en 1461, au Kosovo.

L'islam en Europe est la pratique de la religion islamique sur le continent européen. On peut faire remonter l'histoire de cette confession religieuse européenne à l'an 711, qui marque la conquête omeyyade de la péninsule Ibérique. Se maintenant près de huit siècles dans Al-Andalus, cette première présence d'une puissance politique islamique y laisse un héritage significatif, mais en 1614 les derniers civils musulmans sont expulsés du royaume d'Espagne.

Aux et s, l'Empire ottoman s'étend dans le sud-est de l'Europe, favorisant la diffusion de l'islam dans ces régions. Puis, au fil des siècles, l'Empire ottoman perd progressivement la quasi-totalité de ses territoires européens, jusqu'à ce qu'il s'effondre en 1922. Cependant, certaines parties des Balkans (comme la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie, le Kosovo, la Macédoine, la Bulgarie et le Monténégro) continuent d'avoir d'importantes populations musulmanes.

Depuis la fin du et le début du , la majeure partie des musulmans vivant en Europe occidentale provient de l'immigration extra-européenne, notamment d'Afrique du Nord, Moyen-Orient, et de Turquie.

Histoire Premiers contacts

vignette|Héraclius, premier dirigeant européen à entrer en contact avec l'islam.

Les premiers contacts entre l'Europe et l'islam sont établis quasiment dès la naissance de la religion musulmane. Des correspondances entre le prophète de l'islam et l'empereur byzantin Héraclius invitant ce dernier à se convertir à l'islam sont attestées par une lettre qu'Héraclius a reçue. Bien que l'empereur byzantin n'ait pas consenti à accepter l'islam, cet évènement marque le début d'une relation plus que millénaire où on verra les deux mondes, Occident et Orient, s'affronter, se haïr, mais aussi échanger, se découvrir et se respecter. vignette|gauche|200px|Feu grégeois, secret de la résistance byzantine sur la flotte arabe. La première grande bataille verra s'affronter Théodore, frère de l'empereur Héraclius et les musulmans dont le principal général Khalid ibn al-Walid à la bataille de Yarmouk () où les troupes byzantines seront entièrement décimées ouvrant le passage vers le nord du Moyen-Orient aux armées musulmanes. Une à une les grandes villes de la région comme Jérusalem ou Damas future capitale du califat omeyyade sont prises par les troupes des quatre premiers califes essentiellement, aidés par une population lasse des conditions de vie imposés par les Byzantins. Pendant ce temps, leur extension à l'Est vers l'Empire perse, ancien rival des byzantins, et à l'Ouest vers l'Afrique du Nord et la péninsule ibérique continue.

En 674 les Arabes sont devant Constantinople, défaits, ils tenteront vainement une seconde fois en 717. Les murs solides de la ville résistent, le feu grégeois anéantit la flotte arabe, la menace est repoussée mais les empereurs byzantins doivent se rendre à l'évidence, en à peine un demi-siècle depuis la lettre à Héraclius, l'islam était aux portes de l'Europe. C'est le début d'une longue tension frontalière au Proche-Orient, qui verra passer les croisades, et qui se prolonge encore aujourd'hui à travers la division de Chypre entre partie nord, d'influence turque et musulmane, et partie sud, d'influence grecque et chrétienne.

Péninsule Ibérique

vignette|Tariq Ibn Ziyad. Quasiment à la même époque que le second siège de Constantinople à l'autre extrémité de l'Europe, la situation était plus favorable aux troupes musulmanes. Après avoir conquis l'Afrique du Nord, les troupes musulmanes renforcées par des soldats berbères nouvellement convertis, comme le général Tariq ibn Ziyad, répondent favorablement à l'appel de Moussa Ibn Noçaïr pour une incursion dans la péninsule ibérique.

Le royaume wisigoth, affaibli par des querelles de pouvoir, doit affronter subitement l'arrivée d'un nouvel ennemi qui s'ajoute aux Francs et aux Basques dans le nord. En deux mois, lors de la bataille du Guadalete, l'Espagne wisigoths est menée à sa chute et en moins d'une décennie les arabes ont déjà traversés les Pyrénées, Al-Andalus est fondé dans la foulée de la conquête. Parallèlement c'est en 718 dans les Asturies, un mouvement de résistance émerge. C'est le noyau de la future Reconquista. La péninsule Ibérique sera, à la suite de la chute des Omeyyades à Damas, le siège du nouveau califat qui, contrairement au Abbassides de Bagdad tournés vers l'Inde, la Chine et l'Empire byzantin, tournera son regard essentiellement sur l'Europe et particulièrement sur la Méditerranée qui ne tarde pas à devenir un « lac musulman ». Les califes de Cordoue se lanceront dans une série de constructions comme de châteaux forts comme le château de Gormaz, de mosquées comme la Grande mosquée de Cordoue ou de palais.

Au , le califat de Cordoue s'effondre et laisse place à une vingtaine de taïfas. Bien que divisés, les taïfas vont revivifier des parties de la péninsule jusque-là ignorés du temps du califat. Un demi-siècle plus tard, les Almoravides réunifieront la péninsule et ralentiront la Reconquista avant d'être renversés par les Almohades en 1147. La reconquête chrétienne ne s'arrête pas pour autant, et en 1238 on ne dénombre plus qu'un seul État musulman, le royaume de Grenade, qui mourra lentement jusqu'en 1492, date qui marque la fin de la Reconquista en Espagne.

Empire ottoman

vignette|redresse=1.5|Carte de la croissance de l'Empire ottoman avec ses États vassaux.

En 1347, l'Empire ottoman conquiert Gallipoli, son premier territoire européen, puis s'étend à travers les Balkans. En 1389, la victoire décisive à la bataille du champ des Merles en Serbie, dans l'actuel Kosovo, marque la fin de l'existence des royaumes serbes. La Serbie est définitivement annexée par les Ottomans après la chute de Smederevo, en 1459. En 1453, commandées par le sultan Mehmed II, les armées ottomanes prennent Constantinople et mettent fin à l'Empire byzantin, établissant ainsi la domination de l'empire sur la partie à majorité chrétienne de la Méditerranée orientale.

L’Empire ottoman est organisé selon le système des millets, mise en œuvre par le pouvoir ottoman d'un contrôle des populations qui y vivaient au moyen d'une religion organisée dont il nommait les dignitaires. La langue pouvait jouer un rôle, mais c'est d'abord la religion qui définissait le millet. Tous les adeptes de l'islam sunnite relevant du sultan ottoman, « Calife commandeur des croyants », formaient un seul millet, qu'ils fussent Turcs, Kurdes, Lazes, Géorgiens ou Arabes. Concernant l'Église orthodoxe, tous ses croyants sujets du Sultan formaient le millet des Rum ; concernant l'Église catholique, l'Empire ottoman en toléra la hiérarchie en Hongrie après sa conquête (1526), tout en favorisant la diffusion du protestantisme, adversaire de la Papauté et de l'Autriche catholique.

Les conversions forcées étaient plutôt rares : on connaît le cas des Géorgiens de la région de Kars, de certains villages révoltés en Serbie, Bulgarie et Grèce (enfermés dans leur église, les villageois avaient le choix entre la conversion ou la mort) et de certaines tribus albanaises catholiques du Monténégro. Mais l'immense majorité des conversions, de la Bosnie au fin fond de l'Anatolie en passant par les Pomaques, s'est faite chez les chrétiens pauvres pour ne plus payer le Kharâj (double imposition sur les non-musulmans) et ne plus subir la παιδομάζωμα / pédomazoma (enlèvement des enfants) pour les Yeni-çeri (janissaires). Devenus avdétis (convertis), ils n'en étaient, pour la plupart, que plus fidèles sujets de la Sublime Porte, afin de bénéficier de la confiance due aux ma'mīnīm (croyants). C'est pourquoi les Turcs actuels sont, en majorité, de type caucasien, alors que les peuples turcs d'Asie centrale ont un phénotype asiatique. Et c'est pourquoi au , la majorité des membres des millets Rum et Arménien était plutôt composée de propriétaires et de commerçants aisés que de pauvres manœuvres, car seuls les gens aisés pouvaient aisément payer le haraç.

Aujourd'hui

Une approximation calculée par le Zentralinstitut Islam-Archiv-Deutschland donne pour chiffre en 2007 environ de musulmans en Europe (en incluant les parties européennes de la Turquie et de la Russie) dont environ en Russie, dans la partie européenne de la Turquie, dans l'Union européenne, en France, en Allemagne, 1,5 million en Grande-Bretagne, 1 million aux Pays-Bas et en Italie soit un peu plus de 7 % de la population européenne totale de In Europa leben gegenwärtig knapp 53 Millionen Muslime, Zentralinstitut Islam-Archiv-Deutschland, 2007. La grande majorité des musulmans en Europe occidentale sont des immigrants, ou descendants d'immigrants, arrivés dans les années 1960 et 1970. Les musulmans habitant les Balkans sont des populations européennes qui furent converties durant la présence ottomane. et il existe une importante communauté musulmane en Russie.

Selon le Pew Research Center, il y avait de musulmans en Europe (Union européenne et Royaume-Uni) en 2016, soit 4,9 % de la population totale. En fonction du niveau d'immigration, il est estimé qu'il y aura en Europe en 2050 entre 35,8 et de musulmans, soit entre 7,4 % et 14 % de la population totale...

On compte cinq pays à majorité musulmane en Europe : l'Albanie, l'Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo et la Turquie.

Ci-dessous la liste des dix pays d'Europe ayant la plus forte proportion de musulmans : Turquie (98 %) Azerbaïdjan (98 %) Kosovo (92 %) Albanie (56 %) Bosnie-Herzégovine (51 %) Macédoine du Nord (35 %) Chypre (23 %) Monténégro (18 %) Bulgarie (8-13 %) Russie (12 %)

+Estimations de la population musulmane en Europe Pays Pew ResearchCenter (2010). Autres estimations Nombre % Nature Année Nombre %Union européenne5,0 %recensement.20111,9 %5,7 %13,4 %recensement.20117,8 %6,0 %étude démographique.20167 %1,3 %recensement.20111,5 %22,7 %4,1 %2,3 %0,1 %0,8 %7,5 %étude démographique.20082 100 000Population âgée de 18 à .3,35 %4,7 %0,3 %recensement.2011<0,1 %0,9 %recensement.20111,1 %2,6 %0,1 %0,1 %2,3 %0,3 %5,5 %étude démographique.4 %0,1 %0,6 %<0,1 %recensement.2011<0,1 %0,3 %recensement.20110,3 %0,1 %2,4 %4,9 %Hors UE82,1 %recensement.201156,70 %<1 0001,1 %0,1 %98,4 %0,2 %41,6 %10,5 %<1 0000,2 %statistiques officielles.20168650,3 %91,7 %4,8 %34,9 %0,4 %<1 0000,5 %18,5 %3,0 %4,6 %recensement.20114,5 %11,7 %<1 000<0,1 %3,7 %5,7 %98,6 %0,9 %<1 000<0,1 %

Conversions France En France, selon une étude de l'INED et de l'Insee publiée en , il y aurait entre et Mosquées : à 2,1 ou , les musulmans manquent toujours de places, SaphirNews, Interview de Patrick Simon, lundi 21 mars 2011France : comment est évalué le nombre de musulmans, Le Figaro, 7 avril 2011Site "Trajectoire et Origine" de l'INED.., et se convertiraient à l'islam par an..

Djelloul Seddiki, directeur de l'Institut de théologie El Ghazali de la Grande mosquée de Paris, avance le chiffre d'un million de convertis en France en 2013Kalmel Meziti, Dictionnaire de l'islamophobie, Bayard Jeunesse, 2013, ..

Royaume-Uni Au Royaume-Uni, le nombre de convertis à l'islam est passé d'environ en 2001 à plus de en 2011. Environ et femmes ont adopté l'islam en 2011, dont à Londres. Près des deux tiers étaient des femmes, plus de 80 pour cent étaient blancs et l'âge moyen de conversion est de How 100,000 Britons have chosen to become Muslim... and average convert is 27-year-old white woman, Daily Mail, 5 juin 2011.

Identités musulmanes en Europe