Le Vovinam-Việt Võ Đạo (souvent écrit Vovinam-Viet Vo Dao) est un art martial vietnamien créé à Hanoï en 1938 par Nguyễn Lộc. Il est surtout connu pour ses ciseaux acrobatiques très spectaculaires. Dans le langage courant, on parle souvent simplement de Vovinam ou de Viet Vo Dao.
Le but de cet art martial est la formation de . Sa devise est . Son salut signifie . Son symbole est le bambou, qui , image de souplesse et de droiture.
Origines Origine du nom
En vietnamien, signifie l'art martial. On le retrouve dans les deux termes : Vovinam qui signifie art martial vietnamien et qui signifie la voie () de l'art martial vietnamien (ou du peuple vietnamien). Cette apposition de deux noms quasi synonymes peut paraître incongrue, mais il existe une explication assez simple. Jusqu'en 1963, on ne parlait que de Vovinam jusqu'à ce que le conseil des maîtres décide de modifier le nom de Vovinam en donnant plus d'importance à la voie philosophique. Ils changèrent le nom pour Viet Vo Dao mais en hommage au maître fondateur, ils décidèrent de conserver également le nom d'origine. Depuis, partout dans le monde (excepté dans quelques rares pays européens), les deux termes sont indissociables.
En France, le terme Việt Võ Đạo est parfois utilisé de façon erronée par quelques écoles de Võ Cổ Truyền ou pour définir les arts martiaux vietnamiens en général, ce qui est à l'origine de fréquentes confusions.
En théorie, le terme ne devrait être lié qu'au seul style Vovinam. En 1973, lors de la première tentative de création d'une fédération française regroupant les arts martiaux vietnamiens, le maître patriarche du Vovinam, Lê Sáng, autorisa les fondateurs à regrouper les différents styles sous le nom générique de Việt Võ Đạo. Depuis, ce terme continue à être utilisé en France pour désigner les styles vietnamiens, malgré l'appel du du maître Lê Sáng de ne plus dissocier le terme Việt Võ Đạo qui appartient au VovinamSource: Extrait de l'interview réalisée par Budo International, dans la ville de Saigon au Viêt Nam, le Budo International : En tant que Patriarche du Việt Võ Đạo, que pensez-vous de ces maîtres qui ont créé en Europe des styles de « Viet Vo Dao » quand leurs écoles sont en réalité d'origine chinoise? Lê Sáng : Il faut distinguer deux choses: les faits réels et historiques et les inventions récentes. Autrement dit, si certaines personnes utilisent le mot « Viet Vo Dao » pour nommer un style en Occident, ils ne peuvent changer le fait que Viet Vo Dao est un terme unique et inséparable du Vovinam. Il n'existe qu'un Viet Vo Dao et c'est le Vovinam Viet Vo Dao. Le sens de Vovinam, c'est « art martial vietnamien », cela se réfère à notre école sur le plan technique. Le Viet Vo Dao signifie « la voie de l'art martial vietnamien » et se réfère à la philosophie du Vovinam. B.I. : Pensez-vous que le fait que le public soit trompé à ce sujet puisse endommager l'image du Vovinam Viet Vo Dao? L.S. : Il peut y avoir confusion pour les gens qui ne connaissent pas les arts martiaux vietnamiens, mais je pense que c'est une question d'information. Les écoles d'arts martiaux vietnamiens, au Vietnam, sont très nombreuses, il y en a plus de cent, mais elles sont toutes très petites. En revanche, il n'y a qu'une école de Viet Vo Dao et c'est le Vovinam Viet Vo Dao, le style le plus important et le plus répandu. Les petites écoles ont exploité en Occident le nom de Viet Vo Dao en tant que nom générique. Le public ignorant doit savoir que le Viet Vo Dao est le concept philosophique du Vovinam, l'école qui modernisa le Vo, le synthétisa et améliora son efficacité. C'est pour cela qu'il s'est développé..
Naissance du Vovinam-Viet Vo Dao
On estime que le Vovinam Viet Vo Dao est né officiellement en 1945 à Hanoï lorsque son fondateur, le maître Nguyễn Lộc fait une démonstration pour présenter le résultat de ses longues années de travail. On ne sait pas grand chose de la jeunesse de Nguyễn Lộc mais il semble acquis qu'il avait pour ambition de codifier et organiser un nouvel art martial censé réunir toutes les techniques d'arts martiaux présentes au Vietnam. D'après ce que l'on sait, il décide assez jeune de partir voyager à travers le pays pour aller à la rencontre de tous les maîtres d'arts martiaux mais aussi de lutte et de boxe afin de s'en inspirer pour créer son propre art martial qui serait une sorte de synthèse de toutes les techniques de combats enseignées au Vietnam. Il aurait commencé à enseigner le résultat de cette synthèse à ses premiers élèves en 1938, à l'âge de . Parmi ses premiers élèves, Lê Sáng, qui deviendra son ami et son plus proche disciple. Lorsqu'on évoque le maître Nguyễn Lộc, il n'est pas rare de parler du maître fondateur (Cố võ sư sáng tổ en vietnamien qui peut se traduire par « feu maître fondateur »).
L'après Nguyên Lôc
Nguyên Lôc décède en 1960 à Saïgon. Avant de s'éteindre, il désigne son élève et ami, le maître Lê Sáng comme son successeur. À cette époque, Ngô Đình Diệm qui dirige le pays d'une main de fer, interdit la pratique des arts martiaux sur le territoire vietnamien. Jusqu'en 1964 c'est donc surtout le maître Trần Huy Phong (1938-1997) qui se charge du développement du vovinam en formant dans la clandestinité un grand nombre de maîtres et en continuant à réformer l'enseignement du vovinam (il est par exemple à l'origine du système de grade actuellement utilisé partout dans le monde). En 1964, après la levée de l'interdiction de pratiquer les arts martiaux, le maître Lê Sáng est élu maître patriarche, conformément aux derniers souhaits du maître fondateur. Il nomme alors le maître Trần Huy Phong directeur technique. Ensemble, ils développent fortement le vovinam qui sera même un temps enseigné aux agents de la police de Saïgon.
Le , à la fin de la guerre du Vietnam, les deux hommes sont emprisonnés pour des raisons politiques et le vovinam est de nouveau interdit. C'est le début de la diaspora vietnamienne et par voie de conséquence de l'accélération du développement du vovinam à travers le monde alors qu'au Vietnam il n'est plus enseigné que dans la clandestinité. Ce n'est qu'en 1978 qu'il sera de nouveau autorisé. Le maître Trần Huy Phong, incarcéré en camp de « rééducation », sera libéré plus tard en 1980. Le maître Lê Sáng lui remet alors le titre de troisième maître successeur de l’école de Vovinam Viêt Võ Đao. Il porte alors la ceinture blanche et rayée du maître patriarche jusqu'à ce qu'en 1988, le maître Lê Sáng soit libéré après de détention et reprenne sa place au sein du conseil des maîtres.
Décès du maître Lê Sáng thumb|Le maître patriarche Lê Sáng Le , le maître Lê Sáng décède à Saïgon. Le , tous les grands maîtres se réunissent au Tổ ĐườngRécit de la cérémonie sur le site Vovinamvdd.com consulté en ligne le 9 octobre 2010, au-delà des clivages et des courants, pour une cérémonie d'adieu. Se pose alors la question de sa succession. À cette époque, il semble déjà admis que le système patriarcal, propre au Vovinam Viet Vo Dao, ne lui survivra pas. La légitimité dont le maître Lê Sáng pouvait se prévaloir en tant qu'ami et disciple du maître fondateur lui a permis de conserver une certaine unité au mouvement Vovinam mais le maître Lê Sáng avait sans doute conscience du fait qu'aucun maître actuel ne serait en mesure d'obtenir le même résultat s'il était nommément désigné comme maître patriarche successeur. Se sachant malade, le maître Lê Sáng avait pris soin de régler sa succession et l'une de ses dernières actions fut de nommer aux grades supérieurs, une liste choisie de maîtres, permettant notamment aux maîtres Sen et Van Chieu, d'accéder au Dang au même moment.
L'après Lê Sang
Jusqu'à sa mort, le maître patriarche Lê Sang vécut à Saigon, au To Duong, où reposent les cendres du maître fondateur et où de nombreux pratiquants venant du monde entier continuent à se rendre pour suivre l'enseignement du maître Sen ( Dang) et de ses élèves.
L'une des dernières décisions que prit le maître Lê Sáng fût de promouvoir 14 maîtres (dont 10 maîtres vietnamiens) au grade supérieurSite de l'IVR. Le , à l'occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de la mort du maître fondateur, il permit aux deux grands maîtres les plus gradés au monde, le maître Nguyen Van Chieu et le maître Nguyen Van Sen d'atteindre le dang.
Le , le Conseil des maîtres élit, à l'unanimité, le maître Nguyen Van Chieu en tant que nouveau leader du Vovinam Viet Vo Dao. Dès lors celui-ci porte une ceinture blanche (Bạch Đai) assez ressemblante à celle des maîtres patriarches mais pas tout à fait identique. vignette|Maître Tran Van My, Directeur de l'école Vovinam Le maître Van Chieu devient également, président de la fédération de Vovinam de Ho Chi Minh Ville (Saïgon) et vice-président de la fédération mondiale de vovinam (WVVF).
Le maître Sen quant à lui est resté au To Duong, au district 10, où reposent désormais, auprès de celles du maître Nguyễn Lộc, les cendres du dernier maître patriarche, Lê Sang dont il fut le secrétaire.
La période actuelle Le , le maître Nguyen Van Chieu décède à SaïgonVõ sư Chánh chưởng quản môn phái vovinam Nguyễn Văn Chiếu từ trần.
Le , après plusieurs années d'intérim, le maître Tran Van My est élu en tant que leader de l'école. Maître My est basé à Saïgon.
Culture et principes Les dix principes du Vovinam viet vo dao
Il existe neuf principes qui régissent le comportement du pratiquant. Il n'en existe pas de traduction officielle, raison pour laquelle on les retrouve formulés de diverses façons. Si d'un club ou d'une fédération à l'autre les phrases sont légèrement différentes, le sens général de ces phrases est globalement toujours à peu près le même :
Se forger dans la voie du Vovinam Viet Vo Dao (de l’art martial) afin de servir l’humanité (ou le peuple) ; Développer le Vovinam Viet Vo Dao, bâtir une nouvelle génération de l'homme vrai pour un monde solidaire (développer le Vovinam) ; Respecter la loi, l'éthique, placer l'honneur au-dessus de tout (principe de discipline) ; Respecter les ainés, aider les faibles, vivre en harmonie avec ses condisciples et ses prochains (principe de fraternité) ; Respecter les autres arts martiaux, et n'employer le Vovinam Viet Vo Dao qu'en cas de légitime défense et pour une juste cause (principe de légitime défense) ; Ne jamais se soumettre à la tyrannie ni à la répression ; Vivre avec pureté, sobriété, loyauté et honnêteté ; Être lucide dans la perception, persévérant dans la lutte et habile dans l'action ; Se remettre en question, être maître de soi, tolérant et généreux.
Le võ phục, la tenue du vovinam La tenue officielle du vovinam, le võ phục, est constituée d'une veste et d'un pantalon en toile solide bleu clair. Les võ phục sont généralement moins épais que les keikogis de judo et ressemblent beaucoup aux keikogis du karaté pour ce qui est de la forme. Ils sont généralement fabriqués au Viêt Nam et importés. Le dos peut comporter des broderies plus ou moins sophistiquées représentant des animaux du bestiaire martial (dragons, phénix, tigres) ou des inscriptions brodées sur demande (nom du club, de la fédération du pays). Certains pratiquants portent également un écusson du drapeau de leur pays sur la manche, généralement au niveau du triceps.
Il est également d'usage de porter son prénom sur la poitrine, côté droit, le côté gauche étant réservé à l'écusson du vovinam. Le prénom du pratiquant est brodé sur une étiquette en tissu de la couleur de la ceinture.
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L'écusson vignette|L'écusson du Vovinam