Comœdia est un journal culturel de presse écrite français. Fondé par Henri Desgrange, il a paru du au et du au comme quotidien.

Le titre fut repris par René Delange, soutenu par les occupants, pour un hebdomadaire qui parut du au Notice BNF. La mention « Nouvelle série » figurait en haut de la première page, ainsi que la date de fondation, mais il s'agissait de celle du Comœdia « première série ».

Comœdia « première série » eut plusieurs suppléments parmi lesquels : Comœdia illustré (1908-1936), journal artistique bimensuel (qui fusionne avec Le Théâtre)Le Théâtre et Comœdia illustré entre janvier 1922 et mai 1926. ; Comœdia-journal (1926-1936), quotidien.

Entre 1952 et 1954 parut ensuite sous le nom de Paris-Comœdia un « hebdomadaire du spectacle » dirigé par Jacques Chabannes.

Histoire C'est Henri Desgrange, l'inventeur du Tour de France et fondateur (en 1900) du journal L'Auto-Vélo, qui finança le lancement du journal Comœdia, en 1907Jacques Lablaine, L'Auto-Vélo. Le Journal précurseur du Tour de France, L'Harmattan, 2010, ..

Vendu 5 centimes et totalisant quatre pages illustrées, Comœdia fut de 1907 à 1914, puis de 1919 à 1937, le principal quotidien français à ne traiter que d'informations culturelles. Il fut longtemps le seul à mettre en avant les arts et les lettres tous les jours et en une. Sa ligne directrice est la scène (théâtre, spectacle vivant, cinéma, musique, danse) et les arts plastiques.

Gaston de Pawlowski en fut le rédacteur en chef de 1907 à 1914. Venu du monde cycliste, Pawlowski, curieux de tout et ouvert à la modernité, souhaitait « susciter la renaissance active et efficace du seul éducateur des foules qui vaille qu'on s'en occupe, je veux dire du Théâtre »Nathalie Léger, in Dictionnaire des lettres françaises : le , Paris, Le Livre de Poche, 1998 - cité par Le Guichet du savoir, en ligne.. Mais ses colonnes ne négligeaient pas pour autant l'actualité. Du temps de Pawlowski, Comœdia accueillit en ses pages l'avant-garde de la critique. Guillaume Apollinaire et André Rouveyre y publièrent leurs découvertes artistiques. Pawlowski publia aussi des textes littéraires originaux, comme Le Rire jaune de Pierre Mac Orlan, paru en feuilleton en 1913. Avant 1914, le siège était au 27 boulevard Poissonnière.

Un supplément bimensuel, vendu 50 centimes, illustré de photographies et de dessins en couleurs, fut confié dès le à Maurice de Brunhoff (1861-1937). René Clair fut dès 1919 directeur du supplément cinéma de Théâtre et Comœdia illustré.

De 1920 à 1924, le dramaturge et scénariste Paul Nivoix fut rédacteur. En 1924, c'est André Lang, qui avait commencé pigiste en 1912, qui prit la tête de la rédaction.

Le journal participa à l'organisation de plusieurs élections de Miss France dans l'entre-deux-guerres.

Pendant la Seconde Guerre mondiale Durant l’Occupation, Comœdia devint un hebdomadaire sous la direction de René Delange., puis bimensuel, à partir de . Tiré en moyenne à 45 000 exemplaires, il bénéficia de plumes de qualité : les critiques dont les noms sont annoncés dans le premier numéro sont Roland Purnal (théâtre), Arthur Honegger (musique), Jacques Audiberti (cinéma), Pierre du Colombier (Beaux-Arts) (Jean-Louis Barrault y écrivit fréquemment), Gustave Fréjaville (music-hall, cabaret) et Philippe Lavastine (Lettres étrangères). Marcel Arland dirigeait la section littéraire à laquelle participèrent également Henry de Montherlant, Jean Giono, Jean Paulhan, Jacques Audiberti, Jean Cocteau, Colette, Paul Valéry, Paul Claudel, Marcel Jouhandeau. Jean-Paul Sartre qui, tout comme Simone de Beauvoir, entretenait des liens amicaux avec Delange.., qui était un intime du Sonderführer Gerhard Heller, « protecteur » allemand des lettres françaises, y obtint une chronique qu'il abandonna après le premier numéro. Il ne rédigea ensuite qu'un hommage à Giraudoux., mort en , et donna une interview, en ., au sujet de la prochaine création des Mouches..

L'édito du premier numéro précise que

Le même premier numéro comporte bien une section « Connaître l'Europe » qui occupe une page complète (sur 8), avec un article sur les poètes allemands contemporains (et la traduction de quatre œuvres), annonce la semaine Mozart (du 13 au ) organisée à Paris par l'Institut allemand, et comporte un long article de Pierre Leroi sur Bayreuth.

Ingrid Galster ajoute que

On peut noter tout de même que l'article d'Honegger sur le festival Debussy se terminait ainsi :

À la Libération, le journal fit l'objet d'une enquête mais Delange ne fut pas inquiété. Toutefois, la publication de Comœdia, interrompue le , ne reprit pas.

René Delange Delange était journaliste et s'intéressait tout particulièrement à la musique. Il publia une biographie de Bizet dans le numéro de de Musica., dont le rédacteur en chef était Xavier Leroux, reprise dans le numéro du de Lyrica., fondé par Eustase Thomas-Salignac.

Avec son ami Henry Malherbe, il rédigea une « copieuse étude » sur la musique russe publiée dans le volume 5 de L'Encyclopédie de la Musique et du Conservatoire, dirigée par Lionel de La Laurencie (après l'avoir été par Albert Lavignac, publiée par les Delagrave).

Il rédigea avec Félix Fénéon leur Dialogue sur l'eau..

Il fut secrétaire général de l’Excelsior..

« Inculpé d'intelligences avec l'ennemi », à la fin de la guerre, pour son rôle à la tête de Comœdia., il a néanmoins été blanchi.

On peut aussi retenir une collaboration artistique et littéraire au film d'Abel Gance, La Fin du monde..

Après la guerre, il participa à trois documentaires audio sur Antoine de Saint-Exupéry (coproducteur de Saint-Exupéry tel qu'en lui-même, réalisé par Pierre Billard, avec Pierre Fresnay ; présentateur de Jules Roy et Lionel-Max Chassin à propos d'Antoine de Saint-Exupéry et de Témoignages de compagnons de l'Aéropostale sur Antoine de Saint-Exupéry, l'un et l'autre de Jean-Jacques Vierne. Il fut aussi responsable du scénario et des dialogues de René Leriche, chirurgien de la douleur, documentaire de René Lucot (Présenté à Cannes en 1954). Tous ces documents sont disponibles sur le site de l'INA.

Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1933..

Articles rédigés par des Allemands Comœdia ouvrit ses colonnes (dans la page « Connaître l’Europe ») à plusieurs Allemands membres du parti national-socialiste. Parmi eux se trouvaient deux personnes de l'Institut allemand, Ernst Wilhelm Eschmann (numéro du ) et le directeur adjoint de l'Institut, . Ce dernier écrivit sur « Le Lied allemand » (numéros des 4 et ), et compta comme allemands les compositeurs Schubert et Wolf (tous deux autrichiens), et Liszt (hongrois).

Cette attitude ouverte à l'Allemagne nationale-socialiste se retrouve chez d'autres collaborateurs de Comoedia, comme Wilhelm Pinder (qui n'était pas membre du parti, mais un soutien fervent : voir la page qui lui est consacrée sur Wikipedia en allemand), employé par le Parti pour faire des conférences à l'étranger. Dans ses articles des et , Pinder attribue à des Allemands (« l'Alsacien Haussmann » inclus) tous les chefs-d'œuvre européens dont il parle. Il faut ajouter trois autres membres du parti engagés pour faire de la propagande dans les pays conquis : Friedrich Sieburg, membre du NSDAP depuis le (numéro du ) ; , membre du parti national-socialiste dès 1933, qui écrivit sur Heinrich von Kleist () ; et , qui publia deux articles sur Hölderlin (5 et ). Wolfgang Boetticher, quant à lui, impliqué à Paris dans le pillage de la collection de Wanda Landowska publia un article sur Schumann dans le numéro du .

De plus, la section « Bibliothèque européenne » comporta un article sur la revue Deutschland-Frankreich (), tandis que dans la page « Connaître l'Europe » () parut un article sur les Cahiers Franco-Allemands dans lequel l'auteur attire l'attention sur un article de Rebatet et « Matthias Schwabe » (alias de Karl Epting, directeur de l'Institut allemand). Il y eut aussi plusieurs articles sur l'exposition Breker ( par Charles Despiau, membre du Groupe Collaboration ; par Pierre du Colombier).

Des contributeurs talentueux

Galerie

Notes

Bibliographie Chambre du Tribunal de La Seine. Assignation du . .

Liens externes

Comoedia dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Comoedia illustré dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Comoedia dans Retronews, les archives numériques des journaux de la BnF. Comoedia illustré dans Retronews, les archives numériques des journaux de la BnF. Les timbres-monnaie émis par Comoedia vers 1920

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