L'université Bordeaux-Montaigne , dénommée « Bordeaux- » par décret., et anciennement « université Michel-de-Montaigne - Bordeaux-III » de 1990 à 2014, est une université française située à Pessac (Gironde), dans le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan. C’est l’une des deux universités que compte la ville de Bordeaux, avec l'université de Bordeaux, fondée en 1441, et une des principales de la région Nouvelle-Aquitaine. Ses domaines principaux d’enseignement et de recherche sont les arts, lettres, langues, histoire, histoire de l'art, géographie, aménagement, urbanisme, communication et journalisme. Plus de y sont inscrits. L’université Bordeaux Montaigne faisait partie de la communauté d'universités et établissements d'Aquitaine et ce jusqu'à la dissolution de cette communauté en 2020.

Historique

L’université de Bordeaux fut fondée en 1441 par une bulle du pape Eugène IV. à l'initiative de Pey Berland.

Le , le conseil municipal de Bordeaux accepta la proposition de Narcisse-Achille de Salvandy de créer à Bordeaux des facultés des sciences et des lettres. L’ordonnance du rétablit la faculté des lettres et créa celle des sciences. Les deux facultés furent inaugurées le .

L’université Bordeaux- a été créée en 1970 à la suite de la division en trois de l’ancienne université de Bordeaux reconstituée en 1896. Le projet de déménager la faculté de lettres, à l'étroit dans le bâtiment du cours Pasteur (l'actuel musée d'Aquitaine), est accepté à partir des années 1960. Le déménagement a lieu entre 1966 et 1971, et s'achève avec la fondation de l'université actuelleHistoire d'une université bordelaise..., ., dorénavant située sur le campus de Pessac.

Les édifices du plan initial () se révèlent assez rapidement insuffisants, étant donné l'augmentation du nombre d'étudiants, d'où une série d'additions, auxquelles il faut ajouter la construction de centres de recherche spécialisés (Sciences de l'Homme d'Aquitaine en 1974, Maison des Arts en 1994)Histoire d'une université bordelaise..., . ; cela n'empêche pas l'université d'être considérée comme « saturée » dès les années 1990, d'où une nouvelle série de travaux.

En 1990 l'université Bordeaux III prend le nom d'« université Michel-de-Montaigne »Présentation de l'Université.. L'université s'ouvre davantage à l'étranger à travers de nombreux accords universitaires, et a organisé son activité de publication avec la fondation, en 1983., des Presses universitaires de Bordeaux (PUB). L'université suit les grandes réformes, avec l'implémentation de la réforme LMD en 2005 et la participation au Pôle de recherche et d’enseignement supérieur « université de Bordeaux » en 2007.

En 2009 a lieu un mouvement de contestation et de grève chez les enseignants et les étudiants, concernant le statut des enseignements chercheurs et reprenant l'opposition de 2007 à la loi L.R.U.. Le , l'université procède à une importante réorganisation, passant de onze à trois UFR à la suite d'un processus de fusion.. En 2011, Bordeaux- étend sa gamme de formations, avec six nouvelles licences et cinq nouveaux masters. ; cette annonce entraîne toutefois une polémique et une pétition., étant donné qu'en contrepartie le financement de certaines préparations au CAPES et à l'agrégation est mis en cause.

En , les conseils de votent contre le projet de fusion des universités bordelaises, préférant un à un grand établissement, et craignant qu'une fusion n'introduise un fort déséquilibre de fonds et de moyens entre les sciences « dures » et les sciences humaines.. En 2011, le PRES « université de Bordeaux » est choisi dans le cadre du projet des « investissements d'avenir » pour devenir un pôle de rang mondial. ; Bordeaux III compte un des laboratoires lauréats, l'initiative « LaScArBx - Apprendre de l'usage du monde par les sociétés anciennes »..

L'année 2012 est marquée par des difficultés institutionnelles. Jean-Paul Jourdan, professeur d'histoire contemporaine., ancien vice-président du CA, préside l'université du au . Son élection est toutefois annulée le par le tribunal administratif de Bordeaux à la suite d'un recours de Pierre Beylot, appuyé par Jean-Yves Coquelin.. Quelques jours plus tard le recteur de Bordeaux nomme un administrateur provisoire, Patrice Brun, ex président de Bordeaux 3., remplacé en par M. Singaravelou (lui aussi ex président) jusqu'à une nouvelle élection présidentielle, tenue le .. Cette élection n'ayant permis de départager les candidats, un nouveau scrutin se tient le et conduit à l'élection de Jean-Paul Jourdan.. Fin , la nouvelle équipe organise un référendum concernant la participation à la nouvelle université de Bordeaux, ouvert à tout le personnel et aux représentants des étudiants ; le non l'emporte à , avec un taux d'abstention s'élevant à ..

Le l'université Michel-de-Montaigne Bordeaux III est rebaptisée « Université », en raison de la fusion de trois autres universités de Bordeaux et après décision en date du , du conseil d’administration..

En , une conférence de la philosophe Sylviane Agacinski est annulée à la suite d'une mobilisation d'associations et syndicats LGBTI dont Solidaires étudiant-e-s Bordeaux. Cette annulation a créé une polémique : la philosophe a considéré l'annulation comme une attaque à la liberté d'expression et les associations ont vu la conférence comme un simple outil de propagande politique discriminatoire, dans un contexte où le projet de loi relative à la bioéthique était discuté au Parlement.

Dès , une forte mobilisation étudiante touche l'université à la suite de l'immolation d'un étudiant à Lyon. L'université est bloquée à plusieurs reprises par les étudiants. Ce mouvement rejoint en décembre le mouvement social contre la réforme des retraites. Les doctorants du collectif Marcel Mauss et une dizaine de professeurs (majoritairement historiens) rejoignent le mouvement en à la suite de l'annonce du gouvernement du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Un amphithéâtre (l'amphithéâtre B200) est occupé dès novembre jusqu'en mars. Les différentes composantes de l'université prennent position contre ce projet de loi et émettent des motions à son encontre. Ce mouvement s'estompe avec la fermeture du site universitaire liée à la pandémie de COVID-19 en .

Le , l'enseignante-chercheuse en philosophie Barbara Stiegler porte plainte pour viol contre un professeur de l'université, qui s'avère être également un ancien directeur d'UFR et de laboratoire et vice-président de l'université en 2020. À la suite de cette plainte, une dizaine d'étudiantes de promotions différentes contactent la cellule de signalement de l'université pour dénoncer des comportements inappropriés remontant jusqu'en 2018. L'une d'entre elles dépose plainte pour harcèlement. Les étudiantes accusent également l'université d'ignorer leurs alertes et de ne pas donner suite à leurs signalements. Selon Barbara Stiegler, les faits auraient été signalés à sa hiérarchie dès , sans susciter de réaction significative. L'enseignant concerné est finalement suspendu à titre conservatoire en 2023, en vue d'un passage devant une commission disciplinaire, et le président de l'université publie un communiqué le déclarant que la situation est considérée "avec le plus grand sérieux". S'estimant incapable de prouver les faits de viol, la commission disciplinaire a sanctionné le professeur concerné en d'une suspension d'un an pour des faits de "nudité imposée" envers une postdoctorante. La première plainte de Barbara Stiegler a été classée sans suite en 2023, mais un juge d'instruction est saisi en 2024 à la suite d'une seconde plainte.

Cette affaire lance une polémique sur le traitement des violences sexuelles à l'université Bordeaux Montaigne, certains syndicats étudiants demandant un bilan de la cellule de signalement et la création d'une commission "indépendante de la direction". Cette polémique atteint son paroxysme à la suite de la sanction de la commission disciplinaire. Une première tentative de blocage a lieu le , mais les étudiants mobilisés sont expulsés dans la nuit du 26 au . La Fédération Syndicale Etudiante, impliquée dans le blocage, dénonce la "répression" tandis que la Cocarde Etudiante déplore une réaction de l'université ayant lieu "seulement quand [le] président [de l'université] est mis en cause". L'université, quant à elle, justifie l'évacuation par l'organisation des élections étudiantes le lendemain. Un deuxième blocage a lieu du 9 au , date à laquelle un accord est trouvé entre les bloqueurs et l'université. Celui-ci prévoit l'embauche d'un psychologue pour accompagner les victimes de violences sexuelles, la diminution des représentants de la présidence au sein de la cellule de signalement et une meilleure transparence autour de celle-ci, ainsi que la création d'un groupe de référents étudiants.

Patrimoine universitaire À la fin du , on constate une grande réforme de l'enseignement français, dans une volonté de favoriser la recherche dans tous les domaines afin de faire accroître les connaissances partout dans le pays. En 1885, deux décrets du ministre de l'Instruction René Goblet sont publiés, donnant un statut de personnalité civile aux facultés en France ainsi que la possibilité de distinguer leurs budgets personnel et matériel. Cette nouvelle situation leur permettait dès lors de recevoir des subventions de la part des villes et des départements et donc d'envisager d'acquérir des collections d'objets.

Le palais des facultés En 1886, fut construit le palais des facultés à Bordeaux par l'architecte Charles Durand le long du cours des Fossés. Ce bâtiment abritait un musée d'archéologie mais également la faculté des Lettres et des Sciences guidé par cet esprit de réforme. Ce lieu avait pour ambition de favoriser la recherche et l'enseignement. Des cours étaient donc dispensés au sein du musée d'archéologie..

Pierre Paris, maître de conférences d'archéologie et d'institutions grecques à la faculté des Lettres et des Sciences, prit la direction de ce musée universitaire la même année. Il missionna Maxime Collignon, chargé de cours sur une chaire d'antiquités grecques et latines à la faculté, de se rendre en Allemagne afin d'y étudier les méthodes d'enseignement. Ce dernier revint en étant convaincu que l'étude de moulages et d'objets archéologiques étaient indispensables pour un bon enseignement de l'archéologie. Pierre Paris fit donc la commande de plusieurs moulages, photographies et objets archéologiques en faisant aménager un espace pour les accueillir dans le palais des facultés de Bordeaux.

La collection universitaire À son commencement, cette collection.. était composée de . et accompagnée d'un catalogue scientifique rédigé par Pierre Paris et ses étudiants qui fut achevé en 1892. Elle grandit au fil des découvertes archéologiques majeures de l'époque en recevant les moulages des œuvres les plus intéressantes d'un point de vue scientifique. Ces moulages étaient réalisés par de grands ateliers très reconnus à l'époque, comme les ateliers du Louvre et celui des Beaux-Arts de Paris dans un premier temps, puis celui de D. Brucciani du British Museum, l'atelier du musée de Berlin ainsi que l'atelier de l’École Supérieure de Munich.