Marcel Desailly, né Odenkey Addy Abbey, le à Accra (Ghana), est un footballeur international français évoluant au poste de défenseur central de 1986 à 2006. Il possède l'un des palmarès les plus étoffés de l'histoire du football français.

De mère ghanéenne et de père adoptif français, Marcel Desailly s'installe avec sa famille en 1972 à Nantes. Il intègre le centre de formation du FC Nantes aux côtés de son ami Didier Deschamps. En 1986, il découvre le championnat de France avec Nantes, où il reste six saisons.

Il rejoint l'Olympique de Marseille et Deschamps en 1992 ; il n'y reste qu'une saison, mais y remporte son premier trophée majeur : la Ligue des champions 1993, contre le Milan AC. Il signe alors pour le club lombard, et connaît cinq saisons fastes qui garnissent son palmarès puisqu'il remporte la Ligue des champions 1994 et deux titres de champion d'Italie en 1994 et 1996. À partir de 1998, il passe six saisons au Chelsea FC où il est un temps capitaine, club où il est surnommé « The Rock » et remporte la Supercoupe de l'UEFA et une Coupe d'Angleterre. Il termine sa carrière dans des clubs qataris, et annonce sa retraite en 2006.

Dans les années 1990, il s'affirme en parallèle comme un pilier de l'équipe de France. Avec les Bleus, il remporte la Coupe du monde 1998, le championnat d'Europe 2000 et la Coupe des confédérations en 2001 et 2003. Considéré comme l'un des meilleurs défenseurs du football français, il est sélectionné à 116 reprises en équipe de France, dont il est le capitaine de 2000 à 2004.

Biographie Jeunesse et formation nantaises À sa naissance, Marcel Desailly porte alors le nom d'Odenkey Abbey et n'est pas reconnu par son père biologique. À Accra, grand port ghanéen, il déambule dans les rues de la ville aux côtés de son demi-frère Seth Adonkor. Sa mère Elizabeth Addy, caissière dans un magasin de la ville, ne supporte pas d'être la cinquième roue du carrosse d'un mari polygame, le père d'Odenkey. Elle fait la connaissance de Marcel Édouard Georges Desailly, un fonctionnaire français du ministère des Affaires étrangères, qu'elle décide de suivre en France en 1972, lorsque celui-ci se voit offrir une retraite anticipée à Nantes.

Dans les beaux quartiers de Procé, l'enfant trouve vite ses repères. Son beau-père l'adopte et lui offre une nouvelle identité : Marcel Desailly junior. Il ne revoit son père biologique qu'une seule fois, à sa majorité : . Il intègre l'école Gaston-Serpette et se familiarise avec la langue française alors qu'à la maison il continue à parler le ghain ou l'anglais. Alors qu'il tourne en rond en rentrant de l'école, sa mère lui dit de faire du sport et Marcel choisit la natation. Allergique au traitement de l'eau, il est forcé d'arrêter et, poussé par son frère Seth Adonkor un mercredi de 1976, découvre l'entraînement du Football Club de Nantes qu'il intègre.

En 1982, il remporte avec le FC Nantes le Tournoi de Montaigu.. La même année, sélectionné en Ligue atlantique pour un quart-de-finale de la Coupe nationale minimes, Marcel Desailly croise le jeune Didier Deschamps sur son chemin. Un an plus tard, Raynald Denoueix convie le jeune Marcel, alors minimes deuxième année, à rejoindre le centre de formation du club. Il retrouve Deschamps, fraîchement arrivé en Loire-Atlantique, avec qui il fait chambre commune à partir des cadets lors des déplacements. Les deux jeunes joueurs se suivent en sélections de jeunes dont ils sont au fur et à mesure les deux seuls représentants du club.

Le dimanche , l'entraîneur des Bleuets Henri Guérin n'osant pas annoncer la nouvelle, c'est Deschamps lui-même qui entre dans leur chambre à l'occasion du tournoi cadets de Monaco. Il annonce à Desailly que deux professionnels nantais sont décédés dans un accident de voiture, l'un d'eux est son demi-frère Seth Adonkor. Sans celui qu'il considérait comme son modèle, Marcel choisit de réagir plutôt que de s'effondrer et se met à progresser plus vite : . Cadets deuxième année, Desailly évolue avec l'équipe réserve de Division 3.

Premières saisons professionnelles au FC Nantes L'entraîneur Jean-Claude Suaudeau l'intégre au groupe professionnel à l'aube de la saison 1986-1987. Desailly doit faire face à la présence de défenseurs expérimentés tels que Michel Der Zakarian et Antoine Kombouaré. Mais à la suite de son travail et de son sérieux aux entraînements, Suaudeau lui donne sa chance dès le début du championnat et il montre, à 18 ans, ses réelles qualités pour s'imposer au plus haut niveau français grâce à son volume physique, une bonne clairvoyance et un réel opportunisme. Le , les du stade de la Beaujoire découvrent un jeune qui fête sa première apparition en Division 1. Au cours de ce Nantes-Bordeaux (3-0), Jean-Claude Suaudeau fait entrer Marcel Desailly à la place de Fabien Debotté à la « Le capitaine Desailly quitte le navire France », RFI, . Finalement il accumule seize rencontres toutes compétitions confondues dont treize en championnat où les Canaris finissent en douzième position. Pendant cette année-là, le jeune Marcel en profite pour découvrir les joutes européennes en disputant les deux premiers matchs du premier tour de coupe UEFA où son équipe est éliminée 5-1 score cumulé contre le Torino (4-0 et 1-1). En parallèle de sa participation au championnat de D1, il est finaliste du championnat de France Juniors à l'issue de cette saison..

Toujours considéré comme une doublure, Marcel passe la saison 1987-1988 à jouer les utilités ce qui l'amène à ne totaliser que onze matchs en championnat où Nantes finit à la dixième place.

À la suite du départ de Der Zakarian pour Montpellier, Marcel devient titulaire au sein de la défense centrale nantaise comme stoppeur à partir de 1988. En 1989 il fait la connaissance de Pape Diouf, qui devient son agent.

De 1988 à 1991, il dispute une trentaine de rencontres par saison inscrivant un but à chaque exercice. Collectivement il ne connaît pas les grandes année nantaises puisque les Canaris ne finissent que septième en 1989 et 1990 puis quinzième en 1991.

Le déclic arrive lors de la saison 1991-1992 sous l'impulsion de Jean-Claude Suaudeau. Selon lui, il n'y a pas assez de pression sur Marcel et il lui demande de jouer comme s'il n'avait plus le droit à la moindre erreur. À partir de ce moment, le joueur prend enfin ses responsabilités et une autre dimension. Il survole les débats que ce soit au stade de la Beaujoire ou dans tous les stades de France et attire de plus en plus les convoitises. Notamment celles de l'Olympique de Marseille, leader omnipotent du football hexagonal, au printemps 1992. Bonne nouvelle pour le FC Nantes qui a un besoin urgent d'argent pour se maintenir dans l'élite. Desailly dispute 162 rencontres sous le maillot nantais (5 buts) tout en suivant le cursus des sélections françaises, des moins de 15 ans jusqu'aux A', antichambre de la sélection A..

Cador mondial à Marseille puis l'AC Milan (1992-1998) Sur un coup de tête de Bernard Tapie, président de l'OM, et contre l'avis de l'entraîneur Raymond Goethals, Marcel Desailly arrive à Marseille, accueilli froidement par Goethals qui lui lance « tu n'arrives pas à la cheville de Carlos Mozer » qu'il vient remplacer. À son arrivée, il passe d'abord trois mois à jouer avec l'équipe réserve en Division 3 aux côtés d'un certain Fabien Barthez, n'intéressant que trop peu l'entraîneur. Dans le collimateur de son coach, il ne réussit plus aucun dribble et le président Bernard Tapie lui donne alors trois matchs pour faire ses preuves. Piqué au vif, Marcel réussit une prestation de haute volée lors des débuts de l'OM en Ligue des champions face aux Glasgow Rangers en (2-2) et devient titulaire indiscutable. Il est associé à Basile Boli et épaulé par deux latéraux de devoir, Jocelyn Angloma et Éric Di Meco. Le parcours européen s'achève en apothéose. Le à Munich, Marseille remporte le premier titre européen d'un club français face au Milan AC entraîné par Fabio Capello (1-0). Durant la rencontre, Desailly doit marquer un des meilleurs attaquants de l'histoire, Marco van Basten.

Après une semaine de folie marseillaise, le ciel s'assombrit sur la Canebière avec l'affaire VA-OM. Loin d'être perturbé, l'ancien Nantais se concentre sur la reprise et intègre l'équipe de France A. Le nouvel international vit un automne 1993 agité entre les problèmes de son club et la qualification ratée de Bleus pour la Coupe du monde 1994. L'Olympique de Marseille est aux abois et doit se séparer de certains de ses joueurs. On s'attend alors aux départs de Deschamps, Boli ou Angloma mais, le , un jet privé emporte Desailly vers l'aéroport de Milan-Linate. Le club italien le veut pour remplacer Frank Rijkaard. En raison des difficultés financières de l’OM, Desailly refait ses valises. En 2022, le magazine So Foot le classe dans le top 1000 des meilleurs joueurs du championnat de France, à la ..

À peine débarqué en Lombardie, Marcel Desailly signe un contrat de quatre ans et demi chez les Rossoneri pour 30 millions de francs. Il débute officiellement dans le Calcio le contre le SSC Naples (2:1). Il perd la Coupe intercontinentale 1993L'AC Milan remplace l'Olympique de Marseille, champion d'Europe suspendu à la suite de l'affaire VA-OM. contre le São Paulo FC (3-2). Dès ses débuts en Italie, tout le monde reconnait son talent au travers de divers surnoms. Le nouveau président milanais, Silvio Berlusconi, l'appelle le « nouveau Rijkaard », les médias transalpins parlent de « diable » ou de « pieuvre noire » tandis que son entraîneur, Fabio Capello, le compare à une « digue humaine ». Capello s'appuyant sur la défense mythique Tassotti-Baresi-Costacurta-Maldini, Desailly se met à la disposition du groupe avec une humilité et s'adapte en un temps record au nouveau poste de milieu défensif« Djorkaeff-Desailly, adversaires en club et espoirs tricolores », L'Humanité, . Deschamps, désormais adversaire à la Juventus, ne manque pas non plus de lui rendre hommage : . Le gigante nero bouscule tout sur son passage et remporte une seconde Ligue des champions consécutives. Le à Athènes, le Milan AC lamine le FC Barcelone (4-0) et Desailly inscrit le dernier but milanais. Il devient le premier joueur à remporter l'épreuve deux années de suite avec deux clubs différents« Le parcours sans faille de Marcel Desailly », L'Humanité, . Milan est sacré champion d'Italie 1994.

L'année suivante, Desailly perd à nouveau en Coupe intercontinentale 1994 contre Vélez Sarsfield puis dispute sa troisième finale consécutive en Ligue des champions, mais les Rossoneri s'inclinent face à l'Ajax Amsterdam (1-0). Il remporte de nouveau le championnat avec Milan en 1996. Malheureux, il atteint la finale de la Coupe d'Italie en 1998 perdue aux dépens de la Lazio de Rome sur le score cumulé de 3-2.

À l'AC Milan, Desailly dispute 137 rencontres de championnat en cinq saisons, marquant cinq buts, et 27 matches de C1 (2 buts). , analyse Paolo Maldini. Alors, aucun supporter de Milan ne lui en a voulu quand il a décidé de signer à Chelsea en 1998.

Il déclare plus tard avoir connu l'émotion la plus grande de sa carrière, , à l'occasion du match AC Milan-Chelsea, lors de sa première visite à San Siro après son transfert en Angleterre. , souligne-t-il encore ému.

1998-2004 : Chelsea FC « The best defender in the world... and he's all ours ! »« Le meilleur défenseur du monde... et il est rien qu'à nous ! ». En cet été 1998, le magazine du Chelsea FC fait sa une avec « Marcello », devenu « The Rock » à Londres. Les débuts du Français ne sont pas mémorables. Malgré la présence de Frank Lebœuf à ses côtés, Marcel confesse avoir du mal à se remettre au travail après le sacre lors de la Coupe du monde. Il demande du temps aux dirigeants ainsi qu'aux supporters. , se souvient-il. . Grâce à leur victoire en Coupe des coupes l'année précédente, les Blues disputent la Supercoupe de l'UEFA 1998, qu'ils remportent face au Real Madrid.