L’Inventaire forestier national (IFN) était un établissement public national français créé en 1958 chargé de l’inventaire permanent des ressources forestières nationales. Le , il fusionne avec l'Institut géographique national au sein de l’Institut national de l'information géographique et forestière..
Historique En 1958, après la seconde guerre mondiale, l'État crée l'Inventaire forestier national (IFN), pour mieux estimer les ressources et potentialités des forêts françaises, et de terrains pouvant potentiellement être boisés ou reboisés (landes, maquis, garrigues ou autres terrains vacants)Bazire P (1984) L'Inventaire forestier national français . Revue Forestière Française, 1984, S, fascicule thématique « Dialogue forestier par-dessus le Rhin », 11 p.
L'IFN a alors la charge de l’inventaire permanent des ressources forestières nationales (article R 521-1 du code forestier), sans pouvoir être utilisé à des fins fiscales et devant donc rester « anonyme » : l'Inventaire ne connait pas les propriétaires, qui sont simplement classés en 3 grandes catégories ; État, autres collectivités publiques dont les forêts sont soumises au régime forestier, et particuliers.
En 1994, l’IFN devient un établissement public à caractère administratif (EPA) sous tutelle du ministère de l'agriculture (chargé des forêts). Sa direction était implantée à Nogent-sur-Vernisson (Loiret), avec cinq antennes ou échelons interrégionaux, localisés à Bordeaux, Caen, Lyon, Montpellier et Nancy, qui effectuaient des relevés sur l’ensemble du territoire métropolitain.
En 2011, dans le cadre de la RGPP, l'IFN est engagé à se rapprocher de l'IGN, après l'abandon de plusieurs options successives (IRSTEA, INRA, ONF). Le la fusion est effective, donnant un nouvel établissement dénommé Institut national de l'information géographique et forestièrehttp://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024720351&fastPos=1&fastReqId=1364982375&categorieLien=id&oldAction=rechTexte, ce qui implique aussi une réorganisation organisationnelle et territoriale...
Depuis 2012, l'établissement IFN n'existe plus, mais la mission d'inventaire forestier est conservée dans le nouvel établissement, ses activités étant distribuées selon un service central opérationnel. toujours situé à Nogent-sur-Vernisson, ainsi que deux départements d'expertise. dédiés aux ressources forestières et aux écosystèmes. La création du nouvel établissement IGN disposant par décret d'une mission de recherche a également permis l'émergence d'un troisième pôle d'activité, dédié aux recherches en inventaire forestier, et incarné par le Laboratoire d'Inventaire Forestier (LIF), créé en 2013 par Jean-Christophe Hervé, ancien directeur technique de l'IFN.
En 2017, près de 60 ans après son installation, l'inventaire forestier est reconnu comme une enquête statistique publique. par le comité du label du Conseil National de l'Information Statistique (CNIS), selon un modèle original où l'enquête ne procède ni des services statistiques ministériels ni de l'INSEE. Ce processus de certification place ainsi l'inventaire dans le champ volontariste du Code des bonnes pratiques de la statistique européenne. Il est membre du réseau ENFIN. (European National Forest Inventory Network).
Activités Les opérations d’inventaire étaient effectuées jusqu’en 2004 par département de manière cyclique avec une périodicité d'environ 12 ans, et désynchronisée dans l'espace pour permettre un déploiement constant de l'effort d'inventaire dans le temps sur le territoire national. Depuis , la méthode d’inventaire est devenue systématique annuelle (on parle alors d'inventaire continu), l'inventaire étant effectué sur l’ensemble du territoire tous les ans, avec un effort de sondage ramené au dixième de l'effort antérieur opéré sur 10 ans. Néanmoins, les résultats officiels sont établis en moyenne glissante sur 5 ans. Des données statistiques sont collectées par photo-interprétation ponctuelle puis sur le terrain. Le plan de sondage de ce dispositif d'inventaire est un plan aléatoire systématique stratifié à deux phases (photo-interprétation puis terrain) et à deux degrés (grille systématique puis randomisation de la localisation des points de sondage). Ces informations dendrométriques, écologiques et floristiques sont enregistrées dans des bases de données et mises à la disposition du publicTélécharger les données brutes de l'inventaire forestier : http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique153Consulter les données brutes de l'inventaire forestier : http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique159. À partir des photographies aériennes, une carte forestière (BD Forêt) détaillée de chaque département est réaliséeBD Forêt : http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique67.
Les principaux résultats de l’inventaire forestier et sa cartographie sur son site Internet. Il y diffuse également ses données brutes pour les dernières campagnes. De nombreux produits numériques ou papier, ainsi que les résultats de quelques études ou travaux présentés dans une publication gratuite trimestrielle de 8 pages., complètent cette mise à disposition de l’information « standard ».
Par ailleurs, il effectue, à la demande d’organismes locaux ou nationaux, des travaux d’inventaire à façon, pour une meilleure caractérisation des ressources forestières locales, ou dédiée aux milieux naturels. Il apporte son concours technique aux études entreprises dans le domaine des inventaires et de la projection des ressources forestièresModèles de projection de ressources : http://link-springer-com-443.webvpn.fjmu.edu.cn/chapter/10.1007%2F978-3-319-56201-8_13 en France ainsi qu’à l’étranger.
Ces compétences font de l'inventaire forestier un point focal d’information sur les forêts et les ressources forestières. Ainsi, il s’est vu confier par son ministère de tutelle (le ministère de l’Agriculture) le découpage du territoire métropolitain en sylvo-écorégions, la gestion des données « incendies de forêt » et « réseau européen » dans le cadre du règlement européen « Forest Focus »Commission européenne, « Forest Focus », portail internet relatif au Règlement européen : Regulation (EC) 2152/2003 concerning monitoring of forests and environmental interactions in the Community) ou encore le suivi de l'occupation des sols en Guyane par télédétection satellitaire.
Méthodes La méthode de l'inventaire forestier national est basée sur l’échantillonnage de « placettes » correspondant à des points d'inventaires à caractère temporaire.
Ces derniers sont rattachés aux nœuds d'une grille à maille carrée de de côté mise en place sur une période de 10 ansPlaquette d'explication de la méthode d'inventaire forestier : http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique25.
Changement de méthode en 2004-2011 À la suite du travail de statisticiens et modélisateurs tels que Jean-Christophe Hervé (nommé en 2004 Directeur du Laboratoire de l'inventaire forestier de l’IGN, sur le campus AgroParisTech de Nancy) et de spécialistes de la biométrie des systèmes ou phénomènes sylvicoles et forestiers, la France métropolitaine se voit appliquer une méthode nouvelle , qui tend à devenir la référence internationale (y compris des domaines différents tels que la démographie humaineL'INSEE a aussi adopté (en 2004) un plan d’échantillonnage de ce type (fondé sur une fenêtre glissante de 5 années) pour recenser la population française. La principale réforme organisée par cette méthode concerne le plan de sondage, et vise à décrire l'intégralité de la surface forestière française chaque année, là où l'inventaire était antérieurement organisé au niveau du département administratif, avec une périodicité objectif de 10 ans. L'effort d'échantillonnage étant constant chaque année, l'inventaire de la totalité du territoire était nécessairement asynchrone. Ses deux principales faiblesses étaient alors l'impossibilité de fournir une image millésimée de la forêt française, et un défaut de réactivité aux crises forestières (tempêtes) constaté en 1999, et résultant de la périodicité départementales à 10 ans. En 2004, l'IFN adopte à cette occasion la définition internationale (FAO) de la forêt et a ; ceci a créé une . Il reste possible d'établir des correspondances entre les résultats obtenus avant et après le changement de méthode d'inventaire et donc d'évaluer l'évolution de la forêt française, que ce soit en surface, en volume, ou autre. L'inventaire intègre et généralise le principe de l'. En effet, la réforme du plan de sondage n'a été possible qu'en réduisant d'autant l'effort d'échantillonnage par unité spatiale (1/10e de l'effort antérieur chaque année). Cette plus forte incertitude, issue de la plus haute résolution temporelle d'inventaire, est ainsi compensée par la publication d'une moyenne glissante sur 5 ans des statistiques annuelles (mais il s'agit en réalité d'une combinaison d'estimations et non d'échantillons). La coordination spatiale sur 5 ans des échantillons annuels systématiques soulève cependant la question de leur indépendance. Ce choix d'estimation diffère ainsi de celui opéré par exemple en Suède ou en Finlande (où les estimations restent proposées à intervalles fixes de 5 ans). Les estimateurs statistiques ponctuels et de variance ont également été réformés par Jean-Christophe Hervé. Leur démonstration et leur documentation explicite n'est intervenue que bien plus tardivement, en 2020. Ces estimateurs sont ceux de l'échantillonnage aléatoire post-stratifié en deux phases statistiques, et font intervenir un conditionnement à l'échantillon de première phase, issue d'un classement des points de sondage en couverture de végétation (dont la forêt) sur orthophotographie aérienne. À l'occasion de cette réforme, , en remplacement des 309 anciennes ensuite renommées « petites régions forestières » créées en 1960 jugées trop nombreuses et compliquant l'inventaire est proposé. Ces dernières partitions du territoire ne jouent cependant aucun rôle statistique, et peuvent servir en pratique d'unités de ventilation a posteriori des résultats. Enfin, en 2010, et en prolongation de cette réforme, est mis en place le système de "retour sur points de sondage initiaux", systématique à 5 ans, consistant à évaluer par comparaison d'inventaire les flux de bois (croissance, mortalité, prélèvements, la période 2010-2014 n'a cependant concerné que ces derniers), là où ils étaient estimés de façon rétrospective, et parfois incertaine (constat de croissance, de mortalité, et de prélèvements par identification et datation subjective d'arbres morts ou de souches). L'inventaire devient ainsi un inventaire systématique annuel totalement renouvelé à placettes semi-permanentes.
Objectifs Ce changement de méthode vise notamment à : Compenser l’Hervé J.C, Wurpillot S, Vidal C & Roman-Amat B (2014), L’inventaire des ressources forestières en France : un nouveau regard sur de nouvelles forêts (via Inist-CNRS) compenser le fait que . trouver une solution aux difficultés de prise en en compte statistique des effets d'aléas tels que la tempête Lothar de 1999 sur l'évaluation du stock de bois sur pied. disposer d'un cadre géographique de référence simplifié, mais restant adapté aux guides de choix d'essences forestières (basés sur les stations forestières ; cadre également utile aux documents d’orientation forestière et à l'évaluation et au suivi à moyen et long terme des effets du dérèglement climatique.
Estimation des volumes et de la production