Cet article présente la liste des membres du Gouvernement français chargés de la condition féminine, de l'emploi féminin, des droits des femmes ou de la femme, de la parité ou encore de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Ce ministère peut être associé à d'autres portefeuilles comme les solidarités (également appelée la cohésion sociale), la famille, l'emploi ou, depuis 2017, la lutte contre les discriminations.
Historique Le secrétariat d’État à la Condition féminine est créé en France en 1974 par Valéry Giscard d'Estaing, et attribué à Françoise Giroud. Il est rattaché au Premier ministre. Le décret de création indique que la secrétaire d'État :
Il est cependant doté de peu de moyens et la coordination avec les autres ministères s'avère difficile.
Le poste est supprimé en 1976, après que Françoise Giroud a considéré sa mission terminée, ayant programmé l'adoption de plusieurs dizaines de mesures en faveur des femmes. Le secrétariat d'État est donc remplacé par la Délégation nationale à la condition féminine, Nicole Pasquier puis Jacqueline Nonon, rattachées aux services du Premier ministre« Le secrétariat d'État à la Condition féminine », senat.fr, consulté le 26 mai 2020..
Deux secrétaires d’État ont la charge l'une de l'Emploi féminin, Nicole Pasquier, l'autre de la Condition féminine, Monique Pelletier, de 1978 à 1981.
Le ministère délégué aux Droits de la femme est créé par François Mitterrand après son élection de 1981, concrétisant ainsi une promesse faite un mois auparavant, le , lors d'un meeting organisé par le mouvement féministe Choisir au palais des congrèsQuel président pour les femmes ? : Réponses de François Mitterrand, compte-rendu de la rencontre de Martine Allain-Regnault, d'Antenne 2, Menie Grégoire, de RTL, Gisèle Halimi, de Choisir, Hélène Mathieu, de Marie Claire, Françoise Parturier, écrivain, Christine Ockrent, d'Europe 1, et Josyane Savigneau, du Monde, avec François Mitterrand au Palais des congrès le 28 avril 1981, préface de Gisèle Halimi, Paris, Gallimard, « Idées » (448) / « Idées actuelles », 1981, 146 , 13.« La mise en place du ministère des Droits de la femme », dans Jane Jenson et Mariette Sineau, Mitterrand et les Françaises : Un rendez-vous manqué, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1995, 386 , 184–189. ; il devient de plein exercice au sein du gouvernement Fabius (du au ), avec Yvette Roudy ; il s'agit de la première fois où les services centraux dédiés sont directement placés sous l'autorité de la titulaire du poste. Durant les années 1980, le ministère est l'un des moteurs du processus d'institutionnalisation du féminisme de la deuxième vagueLaure Bereni, « Du MLF au Mouvement pour la parité », Politix 2007/2, , .
Entre 1988 et 2012, le portefeuille a existé de façon intermittente, sous la forme de ministères délégués ou de secrétariats d'État, rattachés à un autre ministère..
Entre 2012 et 2014, sous la présidence de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem est ministre des Droits des femmes, de plein exercice. Le est par ailleurs créé le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes. Le , dans le deuxième gouvernement Manuel Valls, Laurence Rossignol est nommée ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, ce qui déclenche l'ire de plusieurs femmes politiques"On croit rêver" : Marie-George Buffet s'insurge contre la disparition du secrétariat d'État aux Droits des femmes sur lelab.europe1.fr, 11 février 2014 et d'associations féministes en raison de la connotation jugée sexiste de l'intitulé, qui renverrait les femmes dans la sphère domestiqueRemaniement : polémique autour du ministère des Droits des femmes sur lesoir.be, 12 février 2016.
En 2017, sous la présidence d'Emmanuel Macron, Marlène Schiappa est nommée secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes sous la tutelle du Premier ministre Édouard PhilippeDroits des femmes : que peut faire la protégée de Macron ?, Léa Lejeune, Challenges, le 26 mai 2017. Elle est remplacée en 2020 par Élisabeth Moreno, nommée ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances sous la tutelle du Premier ministre Jean Castex.
En 2022, Isabelle Lonvis-Rome lui succède dans le gouvernement d'Élisabeth Borne, puis Bérangère Couillard l'année suivante. Depuis le , Aurore Bergé est la de cette charge, en tant que ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, auprès du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Administration vignette|180px|Siège du secrétariat d'État chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes au (Paris). Le Service des droits des femmes et de l'égalité entre les femmes et hommes (SDFE) est créé en 1984 auprès de la ministre des Droits des femmesArrêté du 4 octobre 1984 relatif a l'organisation des services relevant du ministre délégué auprès du premier ministre, chargé des droits de la femme. et rattaché à l'administration centrale en 1990Arrêté du 21 novembre 1990 relatif à l'organisation du service du secrétariat d'État aux droits des femmes (administration centrale)., puis intégré à la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), en 2010.
Les premières déléguées régionales à la condition féminine sont nommées par les préfets, à la demande de la secrétaire d'État Françoise Giroud, à l'été 1974. Les déléguées départementales sont nommées par les préfets de département, à la demande des déléguées régionales, à partir de 1975Martine Lévy, Le féminisme d'État en France, 1965-1985 : vingt ans de prise en charge institutionnelle de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, , thèse de doctorat de l'Institut d'Études Politiques, sous la dir. de J.L. Quermonne, 1988.. Elles sont pour la plupart des fonctionnaires engagées sur ces sujets, déchargées d'un certain nombre d'heures mais ne pouvant prétendre qu'au remboursement de leurs frais de transport et de séjourMartine Lurol, « Quand les institutions se chargent de la question du travail des femmes 1970-1995 », Travail, genre et sociétés, , , 1999, ..
Le décret d'attribution du officialise leur existenceDans son , il dispose que ., mais il faudra attendre l'action de Michèle André pour que le statut de l'ensemble des agents de ce ministère soit reconnu et institutionnalisé, en 1990, puis intégré au ministère de l'Emploi et de la Solidarité, à l'époque de Nicole Péry, en 2000Anne Revillard, La cause des femmes dans l'État. Une comparaison France-Québec, Presses universitaires de Grenoble, 2016..
Le réseau des directrices régionales et départementales est positionné auprès des préfets ou des directions départementales chargées des affaires sociales.
Adresses successives Françoise Giroud raconte ses débuts ministériels, sans donner l'adresse exacte : Françoise Giroud, La Comédie du Pouvoir, Fayard, 1977, .
Dans la première partie des années 1980, sous la présidence de François Mitterrand, le ministère est situé au , avenue d'Iéna..
Le ministère se déplace ensuite à de nombreuses reprises : de 2002 à 2007, les ministres déléguées disposent d'un hôtel particulier rue de Varenne ; de 2007 à 2010, les secrétaires d'Etat sont installées au ; en 2010, la ministre aux Solidarités et à la Cohésion sociale est installée à l'hôtel de Castries et ses services (SDFE) au sein de la Direction générale de la cohésion sociale, place des Cinq-Martyrs-du-Lycée-Buffon ; en 2012, la ministre s’installe à l'hôtel de Broglie, au ; en 2014, la secrétaire d'État est installée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, au 14, avenue Duquesne ; en 2016, la ministre s'installe au 40, rue du Bac« Elysée, gouvernement : ça déménage à tous les étages », liberation.fr, 17 février 2017. ; depuis 2017, les secrétaires d'État et ministres déléguées auprès du Premier ministre se trouvent au 55, rue Saint-Dominique, le SDFE de la DGCS est situé rue Olivier-de-Serres, depuis DGCS..
Liste de ministres En 50 ans, de 1974 à 2024, 27 ministres se sont vu confier le portefeuille des Droits des femmes.
Cinq ministres et secrétaires d'État pendant plus de 3 ans : Yvette Roudy, de 1981 à 1986 (tenante du record de longévité) et Nicole Ameline, de 2002 à 2007, tout d'abord ministres déléguées puis ministres de plein exercice pendant la dernière année de leur gouvernement ; les secrétaires d'État Michèle André, de 1988 à 1991, Nicole Péry (la seule de ces catégories rattachée au ministre de l'Emploi et des Solidarités) de 1998 à 2001 et Marlène Schiappa, de 2017 à 2020.
Six ministres et secrétaires d'État sont restées plus de 2 ans : une ministre d'État, Simone Veil, de 1993 à 1995, une ministre de plein exercice, Najat Vallaud-Belkacem, également porte-parole du gouvernement de 2012 à 2014, un ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, Philippe Séguin, de 1986 à 1988, une ministre déléguée auprès du Premier ministre, Monique Pelletier, de 1978 à 1981 et deux secrétaires d'État, Françoise Giroud, pionnière auprès du Premier ministre de 1974 à 1976 et Valérie Létard, auprès du ministre des Affaires sociales et du Travail de 2007 à 2009.
Seize ministres des droits féminins sont restées moins de deux années dont cinq n'ont pas dépassé six mois : Alice Saunier-Seïté juste avant les élections de 1981, Colette Codaccioni en 1995, Georgina Dufoix en 1988, Bérangère Couillard en 2023 et Aurore Bergé en 2024 ; cette dernière est cependant renommée par François Bayrou.
Les dates indiquées ci-dessous sont les dates de prise ou de cessation des fonctions, qui sont en général la veille de la date du Journal officiel dans lequel est paru le décret de nomination.