vignette|Vis-à-vis De Dion-Bouton type G (1900). vignette| De Dion-Bouton (Camion; Omnibus) (1900). vignette|Vis-à-vis De Dion-Bouton type G. vignette|De Dion-Bouton type K1 de 1902.
thumb|La De Dion-Bouton GP de 1908. vignette|Moteur à essence, 1908. De Dion-Bouton est un constructeur français d'automobiles de qualité, d'autorails et de moteurs de la fin du et du début du fondé en 1883 par Jules-Albert de Dion, Georges Bouton et Charles-Armand Trépardoux.
Histoire
La société « Trépardoux et Cie, ingénieurs-constructeurs ». (le nom vient du fait que seul Trépardoux est titulaire d'un diplôme d'ingénieur) est fondée en 1883 par le nantais Jules-Albert de Dion (dit par courtoisie « le marquis de Dion »)Une branche de la famille de Dion fut titré marquis de Malfiance en 1787, mais ce titre et cette branche sont éteints avec le bénéficiaire décédé sans postérité. La branche à laquelle appartenait Jules-Albert de Dion fut titrée baron de Wandonne en 1761 voir : Bulletin de la Société héraldique et généalogique de France, 1882, page 39.André de Royer Saint-Micaud, Y a-t-il une noblesse française ?, le "Gotha français, 1899, page 88., le fabricant de jouets scientifiques parisien Georges BoutonNé le 22 novembre 1847 à Montmartre, et décédé en octobre 1938 à 91 ans. Il débute dans la vie comme simple ouvrier mécanicien. Dit "Le Petit Père Bouton" par ses employés, il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1901. Il invente le distributeur d'allumage -mieux connu sous le nom de "delco", d'où la motorisation à grande vitesse-, les cardans transversaux permettant les roues indépendantes, l'embrayage à disque unique, le graissage sous pression, ainsi que le premier moteur 8 cylindres en V - L'Automobile sur la Côte d'Azur, novembre 1938, p.29, nécrologie par Louis Bonneville. et son beau-frère Charles-Armand Trépardoux (originaire d'Évaux-les-Bains, dans la Creuse) et est à l'origine de l'essor de l'automobile. L'entreprise s'implanta rapidement à Puteaux en 1884 sur le quai National, renommé plus récemment quai De Dion-Bouton et au rond-point de la Défense.
En 1887 la société est rebaptisée De Dion, Bouton & Trépardoux. Lorsque le comte a annoncé son intention de se passer complètement de la propulsion par la vapeur à l'avenir, il y a eu une dispute avec Trépardoux, qui considérait le moteur à combustion interne comme suffisamment peu fiable pour tout le reste.
En 1893, il y eut une scission avec de la colère qui, selon certaines sources, était si grave que le comte alors non seulement effaça le portrait de Trépardoux des clichés de tous les documents d'impression, mais même les plus anciens dans les archives, sur les images d'usine et sur les plaques de laiton des machines et fit enlever les raisons sociales De Dion, Bouton & Trépardoux. La marque sera désormais appelée De Dion-Bouton.
Charles-Armand Trépardoux meurt en 1920 ; Georges Bouton meurt en 1938 ; Jules-Albert de Dion en 1946.
Véhicules routiers
Les premiers véhicules De Dion-Bouton et Trépardoux sont à vapeur, le tricycle de 1883 est suivi un an plus tard par le premier tracteur routier pour semi-remorquePeter J.Davies, L'encyclopédie mondiale des camions, éditions Manise.. En 1894, le comte de Dion fait sensation en s'installant à l'arrière d'une calèche tirée par l'un de ses tracteurs entre Paris et Rouen. Les quadricycles, chariots, tracteurs et omnibus à vapeur sont fabriqués jusqu'en 1904George N. Georgano, Les voitures françaises de 1886 à 1930, éditions Gründ..
En 1895, l'entreprise De Dion-Bouton s'intéressa aux moteurs à essence, avec l'installation d'un monocylindre à grande vitesse de rotation (grâce au distributeur de Carli et Basset) équipé de l'un des premiers allumages électriques sur un tricycle et en 1899, sur le vis-à-vis appelé la petite voiture. Celle-ci avait une suspension innovante à pont De Dion inventée par la firme en 1893L'Automobile Magazine , avril 1984.. Ensuite, ce système célèbre sera utilisé par de nombreux constructeurs. Le Vis-à-vis est la première automobile fabriquée en grand nombre avec sortis jusqu'en 1902.
Premier constructeur à fabriquer entièrement ses voitures, De Dion-Bouton est aussi un fournisseur de moteurs pour plus de cinquante marques dont Delage, Latil et Renault. Le 2.25 CV s'illustre dans l'Empire russe en 1899 grâce au concessionnaire Louis Mazy.
En 1900, De Dion-Bouton est le plus grand fabricant d'automobiles du monde. La société produit quatre cents voitures et trois mille deux cents moteurs cette année-là. Ces chiffres de production sont dépassés en France avant la Première Guerre mondiale par ceux de Panhard & Levassor après Renault, Peugeot, Darracq et BerlietDaniel Cabart et Claude Rouxel, Delage. La belle voiture française, éditions E.T.A.I..
Comme Michelin à qui elle vend le brevet du fameux Guide au début du vingtième siècle, De Dion-Bouton publie des cartes routières, activité qui débute en 1900 et qui est cédée à l'imprimeur Vermot en 1908 Carte routières anciennes de De Dion-Bouton.
En 1902, la marque lance la Populaire — type K1 ou K2Patrick Lesueur, Toutes les voitures françaises de A à Z, éditions E.P.A. — à moteur avant en deux places 6 CV ou quatre places 8 CV. Un bloc à bicylindres apparaît en 1903 suivi un an plus tard par un quatre cylindres.
Vedette du cortège de la Mi-Carême au Carnaval de Paris 1903 pour la rive droite : la « Reine des Reines » Marie Missiaux défile montée sur « Le Triomphe », un char automobile électrique De Dion-Bouton. Au sommet d'un des mâts surmontant le char un panneau porte en grand l'inscription : Automobiles De Dion-Bouton. Des automobiles de prestige, décorées, précèdent et suivent ce charG. Etchépérestou La Reine des Reines en automobile, Le Journal amusant, 28 février 1903, page 14, . Voir l'article reproduit sur la base Commons..
En 1903, un modèle De Dion-Bouton avec banquette, appartenant à l'homme d'affaires Ucal-Henri Dandurand, fut le premier véhicule à moteur immatriculé au Québec sous le numéro Q1 peint sur l'arrière par son propriétaire.
En 1904, production de la type V.
En 1905, des modèles 8 CV et 9 CV sont lancés tandis que le châssis tubulaire est abandonné. À partir de cette année-là, De Dion-Bouton s'oriente peu à peu vers les voitures luxueuses avec les lancements de limousines de 12 à 35 CV.
En 1907, les modèles suivants sont produits dans les usines Dion-Bouton : Type BG et BK avec moteur monocylindre 8 CV d'une cylindrée de 942 cm³ avec un alésage de 100 mm et une course de 120 mm. Les véhicules étaient équipés d'une boîte de vitesses à trois rapports.
Type AV et AZ avec moteur bicylindre 10 CV de 1206 cm³ avec un alésage de 80 mm et une course de 120 mm. Les véhicules étaient équipés d'une boîte de vitesses à trois rapports.
Type AO et AX avec moteur quatre cylindres de 15 CV avec 2545 cm³ avec un alésage de 90 mm et une course de 100 mm. La boîte de vitesses avait trois vitesses.
Type AY, BJ et BU avec moteur quatre cylindres de 4942 cm³ avec un alésage de 110 mm et une course de 130 mm. La boîte de vitesses avait quatre vitesses.
En 1908, la marque construit trois traîneaux à moteur pour l'expédition en Antarctique de Jean-Baptiste Charcot.
La même année, pour le cortège de la Mi-Carême à Paris, De Dion-Bouton s'associe aux pneumatiques Michelin pour faire défiler un char monumental de Bibendum et de Dion BoutonVoir une carte postale figurant le char de Bibendum et de Dion-Bouton défilant pour la Mi-Carême 1908 à Paris..
Au Salon de Turin 1910, le type CJ de est la première automobile vendue avec un moteur V8, le De Dion-Bouton V8. L'année 1913 marque la fin du monocylindre.
Pendant la Première Guerre mondiale, De Dion-Bouton produit pour l'armée française des obus, des véhicules et des moteurs d'avion en V, Farman étant client dès 1911.
La paix revenue, la marque reprend la fabrication de limousines incluant un modèle à moteur V8 remplacé par un huit cylindres en ligne à la fin des années 1920.
Cependant, De Dion-Bouton ne sait pas élargir sa clientèle et se replie sur la vente d'utilitaires.
Durement touchée par les conséquences de la crise de 1929, elle abandonne la production d'automobiles de tourisme en 1932. Elle poursuit cependant celle d'autobus et de balayeuses-arroseuses jusqu'en 1953 ainsi que de bicyclettes pendant encore une dizaine d'années avant d'être acquise par une petite entreprise berrichonne. Rachetée par l'importateur de Rover, elle construit un camion de pompier De Dion-Bouton en 1968.
Galerie
L'autocanon
vignette|droite|321px|Autocanon De Dion-Bouton en position de tir. En 1910, un véhicule construit en plusieurs exemplaires, appelé Autocanon reçoit un canon de 75 Modèle 1897 pour avoir une plus grande mobilité, il y aura une autre version en 1913, pour abattre des aéronefs, ballons captifs à l'époque.
Caractéristiques :
en vitesse sur route ; Angle de tir du canon de 0 à 70° en hauteur avec un frein modifié ; Rotation de la cabine entre 0 et 240° ; Capacité, un tir toutes les quatre secondes ; Mobilité, mise en place en deux minutes sur terrain favorable ; Personnel, douze servants. Les premiers exemplaires seront affectés à la défense du G.Q.G.
Dans la culture populaire La chanson ironique La De Dion Bouton écrite et composée par Claude Bolling, Vladimir Cosma et Frank Gérald est interprétée en 1966 par le groupe Les Parisiennes. Elles y fustigent la piètre qualité de la marque : « Si Le Petit Poucet pour faire son voyage avait pu se payer notre De Dion Bouton, il aurait comme nous laissé dans son sillage de l'huile, des courroies, des segments, des pistons ». La chanson La bande à Bonnot, écrite et composée par Jean-Michel Rivat et Frank Thomas et interprétée en 1968 par Joe Dassin, mentionne la marque de la voiture dans les paroles : « Dans la De Dion-Bouton qui cachait les voleurs, Octave comptait les gros billets et les valeurs ». Elle sort en format 45 tours avec une photo de la voiture et sera intégrée en 1969 dans l'album 30cm de Joe Dassin Les Champs-Élysées . La voiture utilisée par la bande à Bonnot pour l'attaque de la rue Ordener, retracée dans le film Les Brigades du Tigre en 2006 est une De Dion-Bouton.
Autorails
De Dion-Bouton est le premier constructeur automobile à s'imposer dans le secteur ferroviaire avec des séries d'Autorails De Dion-Bouton.
Entre 1900 et la Première Guerre mondiale, des moteurs à vapeur pour équiper des autorails seront construits pour des entreprises étrangères, comme la hongroise Ganz, ainsi que des moteurs à essence pour les automotrices pétroléo-électriques des Chemins de fer unis d'Arad à Csanad (ACsEV) en HongrieGeorges Mathieu, Le matériel moteur de la SNCF, Éditions La Vie du Rail..
Après la guerre de 1914-1918, l'entreprise deviendra un constructeur ferroviaire à part entière, puisque de 1923 à 1948 De Dion-Bouton sera le principal constructeur français d'autorails à voie métrique avec une série de deux-cent-cinquante engins pour les réseaux secondaires essentiellement français.
Ces autorails étaient destinés à permettre l'évolution de ces réseaux pour remplacer les trains à vapeur, ceux-ci étant trop lents et trop coûteux, et à faire face à la concurrence de l'automobile alors en plein développement.
Aujourd'hui, certains autorails De Dion-Bouton sont préservés par des chemins de fer touristiques.
Liste des autorails préservés Liste non exhaustive.
Voie métrique :
JM-3 (1930) ANJOU n°24 - AAPA - En reconstruction avec mécanisme et roulement origine Meurthe-et-Moselle JM-4 (1932) CdN - AMTUIR — restauré — présenté au MTVS OC1 (1937) CdN, RB — CFBS — en attente de restauration OC1 (1937) CdN, RB — ACFCdN — en attente de restauration OC2 (1946) RB n°X202 — ACFCdN — en attente de restauration OC2 (1946) RB n°X205 — SABA — restauré OC2 (1946) RB n°X206 — CFBR — en attente de restauration ND — CFA Allier — en cours de reconstruction ND — MTVS — en cours de restauration ND — VFV — en attente de restauration