Jean-Auguste-Gustave Binet, dit Binet-Valmer, , est un écrivain franco-suisse, actif dans les milieux d'anciens combattants de droite dans les années 1920.
Biographie
L'écrivain et le journaliste Jean Auguste Gustave Binet de Valmer, qui signe Binet-Valmer, naît en 1875 à Genève, en Suisse, d'une famille de protestants réfugiés dans ce pays après la révocation de l'Édit de Nantes . Son père est médecin et lui-même étudie la médecine et se fixe à Paris où il est externe des hôpitaux en 1898 . Cependant il se consacre bientôt à la littérature, publie des romans à partir de 1900 et fonde en 1901 la revue La Renaissance latine. Très prolifique, surtout des années 1910 aux années 1930, il publie de nombreux romans de mœurs. Certains, comme Lucien, traitent de l'homosexualité. Il fait paraître certains de ses romans dans la revue les Œuvres libres. Il collabore au quotidien Comœdia en tant que critique littéraire, au quotidien Le Journal, de 1911 à sa mort; il y publie des romans et de nombreux contes. Il obtient la croix de la Légion d'honneur en à titre étranger, puis il est promu officier en 1920, sur la proposition du ministère de l'instruction publique et des beaux-arts, , .
Il cosigne deux manifestes d'intellectuels de droite, initiés par Henri Massis : Pour un parti de l'intelligence en 1919, et le Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe en 1935.
Il est le secrétaire avant et après guerre du cercle Hoche, où des personnalités pratiquent l'escrime, .
L'ancien combattant de droite
Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, il se fait naturaliser français et s'engage dans l'armée, à 39 ans, sous les ordres du général de Trentinian. Simple soldat aux débuts des hostilités, il est promu sous-lieutenant en 1915, ce qui lui permet d'être affecté au 3e groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons en tant que chef de section. Il quitte les autos-mitrailleuses le pour se former à la conduite et au commandement de chars d'assaut, ce qui l'amène à commander une section de chars en . Il est blessé trois fois, cité quatre fois, ce qui favorise sa promotion au grade d'officier de la Légion d'honneur en .
En 1919, ce patriote à la manière de Paul Déroulède. Il a pris la parole à un banquet en hommage à Déroulède, organisé par l'association des Amis littéraires de Paul Déroulède en 1920 : , cocardier, fonde une association d'anciens combattants nationalistes, la Ligue des chefs de section, très anticommuniste et qui prône le culte de l'héroïsme guerrier. Avec d'autres, il appuie la campagne de presse menée dans L'Intransigeant et Le Journal par le député André Paisant exigeant que les anciens combattants soient honorés le par l'intermédiaire du soldat inconnu, alors que le gouvernement prévoyait de faire entrer le cœur de Gambetta au Panthéon, au cours d'une cérémonie couplant les 50 ans de la République et la commémoration de la victoire de 1918, et, avec le poète Gabriel Boissy, il aurait été jusqu'à menacer de saboter la cérémonie officielle (avec un encadré consacré à Binet-Valmer: "Un Suisse trouble-fête")]Jean-Yves Le Naour, . dans les liens externes de cette page la lettre de Binet-Valmer dans l'Action française du 4 novembre 1920, qui répond à une mise en cause de son action par un membre du comité directeur de la Ligue des chefs de section, le royaliste Pierre Héricourt ( cf. aussi la page Ligue des chefs de section ). Il est aussi l'un des organisateurs du lieu de mémoire de la clairière de Rethondes où fut signé l'armistice de 1918; il rédige le texte patriotique inscrit sur la dalle, que les Allemands brisèrent en 1940: . C'est lui qui, en outre, aurait inventé le nom de chambre bleu-horizon pour désigner l'assemblée du Bloc nationalAndré de Fouquières, Vers le point du jour, Horay, 1959, . En 1922, il engage comme secrétaire un jeune Belge qui débarque à Paris : Georges Simenon. Il préside la Ligue jusqu'en 1929. Il entre en 1924 au comité directeur de la vieille Ligue des patriotes ]. Il a aussi milité pour l'érection de la statue de Joffre en 1939 .
Il est vice-président du comité de la Flamme (du soldat inconnu), et porte-drapeau . Il est aussi membre de l'Association des décorés au péril de leur vie, et membre des Croix-de-feu, dès ses débuts
À partir de 1929, il se rallie publiquement à l'Action française, dont il était proche auparavantS'il se dit républicain, il a parfois publié quelques articles dans l'Action française ( , ) et a assisté à des réunions de la ligue, comme celle fêtant la légion d'honneur de Joseph Darnand en 1927. Il a témoigné en faveur de Charles Maurras dans le procès qui opposait ce-dernier à Abraham Schrameck: : il adhère aux Camelots du roi , entre au comité de l'association Marius Plateau (anciens combattants d'Action française), , accepte de Maxime Real del Sarte la présidence des Compagnons de Jeanne d'Arc . En 1931, Binet-Valmer intervient aux côtés des Camelots du roi contre une réunion pacifiste tenue à Paris . Il prend part à la Crise du 6 février 1934. Il est l'un des orateurs à un meeting du Front national (années 1930) contre les sanctions à l'égard de l'Italie en 1935Aux côtés notamment de Charles Trochu, Pierre Taittinger, Xavier de Magallon, Maxime Real del Sarte, Léon Daudet, Louis Darquier de Pellepoix: Le Journal, 6 octobre 1935, . Avec Maurice Brunet pour les Jeunesses patriotes, Georges Gaudy pour l'association Marius Plateau, et Charles Trochu, il a auparavant adressé une lettre au président de la République pour protester contre les sanctions: . Il se trouve dans les locaux de l'Action française lorsqu'ils sont perquisitionnés en , en vue de la dissolution de la ligue royaliste . Il prend parti comme l'Action française contre le dirigeant du Parti social français en 1937, le colonel François de La Rocque. Un témoignage sur les coulisses de la ligue d'AF souligne son alcoolisme. Le président de la ligue, le colonel de Vésins, ne l'apprécie pas: (), .
Léon Daudet lui rend hommage à sa mort dans l'Action française , comme ses amis Brunet, Georges Lecomte, Charles Trochu, Maxime Real del Sarte, lors de ses obsèques, auxquelles assistent les dirigeants du comité de la flamme, une délégation de la ligue des chefs de section, le directeur du Journal, le général Niessel, Gaston Le Provost de Launay .
Distinctions
Œuvres thumb|right|Publication de La Femme et le refus dans la revue Les Œuvres libres en novembre 1932. Le Sphinx de plâtre, Mercure de France, 1900. Les Métèques (roman de mœurs parisiennes), 1900 (Lire en ligne). Le Gamin tendre, Mercure de France, 1901 (Lire en ligne). Lucien [roman], Librairie Paul Ollendorff, 1910 (rééditions chez Flammarion à partir de 1918). Notre pauvre amour [roman], Librairie Paul Ollendorff, 1911. Le Plaisir [roman], Librairie Paul Ollendorff, 1912 (rééditions chez Flammarion) (Lire en ligne). Le Cœur en désordre [roman], Librairie Paul Ollendorff, 1912. La Créature [roman], Librairie Paul Ollendorff, 1913. L'Homme dépouillé (nouvelles), Librairie Paul Ollendorff, 1914. La Passion (roman), Librairie Paul Ollendorff, 1914. Mémoires d'un engagé volontaire, Flammarion, 1918. Le Mendiant magnifique, Flammarion, 1919. L'Enfant qui meurt (roman), Flammarion, 1921 ; 2 tomes. Les Jours sans gloire, (roman), Flammarion, 1922. Le Désordre (roman), Flammarion, 1923. Le Désir et le Péché, Flammarion, 1923. Une femme a tué, Flammarion, 1924. Le Sang, Flammarion (Select-collection), 1924 (Lire en ligne) Les Exaltées (roman), Flammarion, 1925 (Lire en ligne) La prostituée ingénue (roman), Flammarion, 1925 (Lire en ligne) Le Village près du ciel (roman), Flammarion, 1926 (Lire en ligne) La Femme blessée (roman), Flammarion, 1927 (Lire en ligne) Un grand Français : Coligny, Flammarion, 1927. Sur le sable couchées (roman), Flammarion, 1928. Irina l'exilée, Flammarion, 1928. La Vie amoureuse de Marie Walewska, la femme polonaise de Napoléon, Flammarion, 1928. La Tragédie du retour (roman de l'amour et de l'âge), Flammarion, 1929. La Lumière (roman d'une cécité), Flammarion, 1929. La Foire d'empoigne (roman d'une autre république), Flammarion, 1930. La Femme qui travaille (roman), Flammarion, 1930. La Prostituée ingénue (roman), Flammarion, 1930. Le Jardin de l'impure, (roman), Flammarion, 1930. Aujourd'hui un homme (roman), Flammarion, 1931. La Luxure (roman), Flammarion, 1932. Une épouse et son destin (roman), Flammarion, 1932. Maîtres du monde (roman), Flammarion, 1933. Le Regard, (roman), Flammarion, 1934. Bathilde et l'Assassin, (roman), Flammarion, 1935. Sarah Bernhardt, Flammarion, 1936. Le Fumier (romain contemporain), 1936. La Princesse nue, Arthème Fayard (collection Le livre de demain), 1937. L'Héritage (roman), Flammarion, 1938. Les Esprits de ténèbres (roman), Flammarion, 1940.
Pour approfondir Bibliographie Rémy Cazals et Patrick Cabanel, « Jean Auguste Gustave Binet, dit Binet-Valmer », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015,
Liens externes
Notes et références
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