Henry Bulawko, né le à Lida, alors en Lituanie, désormais en Biélorussie, et mort le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee, est un journalisteSur le site Mendele Forum for Yiddish Literature and Yiddish Language, Henry Bulawko est présenté comme zhurnalist und shrayber (journaliste et écrivain)., historien, traducteurDu yiddish au français. Voir, par exemple, Le chant des partisans de Vilno, de Hirsch Glick, traduit du yiddish par Henry Bulawko. et écrivain juif français, déporté à Auschwitz, qui présidait l'Union des déportés d'AuschwitzVoir Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah. Amicale d'Auschwitz. Henry Bulawko.

Biographie Enfance à Lida HenryDans la liste des déportés du convoi en date du 18 juillet 1943, les prénoms de Bulawko sont notés « Herc-Henri » (Henri est écrit à la main), voir Klarsfeld 1978.Voir aussi JORF, , du 14 juillet 1998. Décret portant promotion au grade de commandeur de la Légion d'honneur de M. Bulawko (Herc, Henry). Bulawko est né le à Lida (en lituanien Lyda), une ville à l'époque en Lituanie, aujourd'hui dans la voblast de Hrodna en Biélorussie. Elle est située à au sud de VilniusHenry Bulawko est « catalogué » comme « Litvak ». Voir Les Litvaks..

Son père, Shlomo Zalman Bulawko (BoulavkoC'est ainsi que son père orthographie son nom.Il publie sous le nom de Rabbin (Harav Hadarshan) S. Boulavko.) (Lituanie, ? - Paris, 1936), est propriétaire d'une scierie en Lituanie, avant de devenir rabbin.

Il a trois sœurs et deux frèresUne sœur, Freda, un beau-frère et une nièce seront aussi déportés et meurent à Auschwitz. Le reste de la famille survivra à la guerre. Voir John Lichfield, The Shadow of Auschwitz..

Jeunesse à Paris Arrivé à Paris, en 1925, à l'âge de 7 ans, avec sa famille, sa langue maternelle est le yiddishIl sera toujours fidèle à cette langue et à cette culture, et enquêtera sur la place du yiddish à Auschwitz (voir Yiddish in Auschwitz).. Il en apprécie la richesse, qui inclut sa littérature et son humour.

À Paris, son père, Shlomo Zalman Bulawko, est un rabbin orthodoxe non consistorial français qui habite rue Le Regrattier, sur l'île Saint-Louis, dans le arrondissement de Paris. Auteur de Haschorass Hanefesh (L'Éternité de l'âme humaine), publié en 1936Il donne son adresse personnelle : 11, rue Le Regrattier, Paris ().C'est une petite brochure de seize pages, avec la photo de l'auteur, un texte bilingue hébreu-yiddish, imprimée à l'imprimerie N.L. Danzig, 26, rue des Francs-Bourgeois, Paris., il meurt cette année-là. Henry Bulawko a alors . Il sera toujours discret sur son père, ne deviendra pas rabbin- bien qu'il étudie 2 ans au Séminaire israélite de France avant qu'on lui demande de quitter, mais comme lui publiera et sera un membre actif du Hachomer HatzaïrVoir Les Chemins de la Fidélité. Contribution à l'histoire du mouvement Hachomer Hatzaïr en France, par Henry Bulawko, ancien membre et responsable du Hachomer Hatzaïr en France., mouvement se revendiquant juif, sioniste, mais laïque. Lucien Lazare (1987) a écrit : Voir ..

Vie Privée Il a partagé une histoire personnelle avec Jane Orzechowski durant quelques années.

La Résistance Henry Bulawko fait partie de la Résistance de au Voir Henry Bulawko, Memoresist.. Il a lorsqu'il entre dans la Résistance. À part une de ses sœurs, Freda, la famille survit à la guerre.

Il s'investit dans le Comité de la rue Amelot fondé par Léo Glaeser et animé par David Rapoport qui vient en aide aux Juifs dans l'indigence. Selon Lucien Lazare : Voir Lazare 1987, ..Après la rafle du Vélodrome d'Hiver (16-17 ), les membres du Comité Amelot s'activent à placer des enfants en zone sud grâce à l'aide des non-juifsVoir La face cachée de la rafle..

Henry Bulawko est arrêté le 18 Lazare 1987, ., au métro Père Lachaise (métro de Paris) sous le prétexte qu'il aurait camouflé son étoile avec un livre et une gabardine portée sous le brasVoir Kaspi 1991, qui cite Bulawko, Les Jeux de la mort et de l'espoir. Auschwitz-Jaworzno, 1980, .. Il écrit à ce sujet : Voir Lazare, 1987, p. 171.. Il est interné à Beaune-la-Rolande puis au camp de Drancy jusqu'au .

Auschwitz Il est déporté à Auschwitz par le convoi 57Les « juifs résistants » déportés dans des transports de persécution., au départ de la gare de Bobigny le .

Serge Klarsfeld (1978) cite Bulawko : Voir « Convoi en date du 18 juillet 1943 »..

Il fait partie des quatre-vingts Juifs qui ne sont pas assassinés ce jour-là, puis il est envoyé pour le travail forcé à Jaworzno. Avec l'approche de l'Armée rouge, en , il doit joindre de force la « marche de la mort » vers l'Allemagne, mais il réussit à s'échapper à Blechhammer. Il a à peine . Il se réfugie dans les forêts jusqu'à l'arrivée des troupes soviétiquesVoir John Lichfield, The Shadow of Auschwitz.. Après un détour par Odessa, il arrive à Marseille le Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah, Amicale d'Auschwitz.Il retourne à Paris ou il retrouve sa famille qui a survécu cachée hormis une sœurVoir « Henry Bulawko : “Et nous sommes arrivés hors du monde” », témoignage recueilli par Elisabeth Fleury, L'Humanité, 13 mars 1998..

Au nom des victimes Henry Bulawko préside l'association Amicale des déportés d'Auschwitz et des camps de Haute-Silésie10, rue Leroux, Paris . et l'Association des anciens déportés juifs de France, internés et familles de disparus14, rue de Paradis, Paris .Voir Cour d'appel de Bordeaux, chambre d'accusation, arrêt du 18 septembre 1996..

Il participe au procès de Klaus Barbie qui se tient du au , comme témoin cité par l'accusationVoir Le procès Barbie.Voir Le procès Barbie. Témoins cités par l'accusation. Henri (sic) Bulawko.Voir Le procès Barbie. Audition des témoins victimes de Klaus Barbie, 20 mai 1987. Henri (sic) Bulawko..

Il soutient le projet du timbre français sur la rafle du Vel' d'HivVoir À propos de la rafle du Vel' d'Hiv..

Il proteste contre la présence temporaire du cirque Zavatta à Drancy, le Voir Le cirque Zavatta à Drancy..

À l'occasion de l'inauguration du nouveau Mémorial du martyr juif inconnu, le , Henry Bulawko déclare : Le nouveau Mémorial du martyr juif inconnu inauguré le 25 janvier 2005. Henry Bulawko : « Je vis pour témoigner »..

Il utilise la présenceUn exemple est sa présence, année après année, à la cérémonie de célébration de l'anniversaire de la révolte du ghetto de Varsovie, voir Mémoires du convoi 6., la parole, l'écritVoir ses œuvres, préfaces, postfaces, où il donne son opinion ; par exemple : “Avec un certain malaise” : The Paxtonian Trauma in France, 1973-1974. qui note que Bulawko juge favorablement le livre publié par Robert Paxton, en 1973, La France de Vichy, alors que d'autres, dont Roger Berg, sont plus critiques., et autres moyens de communication pour témoignerTémoignages de déportés d'Auschwitz, DVD, Henry Bulawko.Voir Peut-on montrer l'horreur sur CD-Rom ? Henry Bulawko, ancien déporté, répond.. Il donne des conférences, des entrevuesVoir, par exemple, « Entretien avec Henry Bulawko ».Voir « Il y a cinquante ans, Auschwitz », L'Humanité, 28 janvier 2000., il participe à des colloquesVoir Organisation politique et militaire de la France Libre. Témoignages. Documents.Voir Henry Bulawko : « Pierre Mendès France et l'État d'Israël »..

L'action communautaire En tant que président du Hachomer Hatzaïr, Henry Bulawko participe le à la première journée nationale du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), au Cirque d'hiver, à ParisVoir Entretien avec Albert Lévy (ancien président du MRAP)..

En 1954, Henry Bulawko est un des fondateurs du Cercle Bernard LazareVoir Cercle Bernard Lazare.Voir Exposé Histoire, Henry Bulawko, « À l'occasion d'un centenaire : Bernard Lazare et l'Affaire », décembre 1994. et il donna de nombreux articles aux Cahiers Bernard LazareVoir Cercle Bernard Lazare., la revue de ce cercle.

Henry Bulawko est vice-président honoraire du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)Voir Crif. Présentation générale.. En France, selon lui, les juifs ont acquis de longue date une citoyenneté à part entièreVoir Les Juifs de France et Israël : un attachement certain..

Sur Daniel Mayer, Bulawko déclare : Voir « Daniel Mayer, symbole de fidélité », par Henry Bulawko..

(Jacques Chirac) Dans son discours à Auschwitz-Birkenau, en Pologne, le jeudi , le président de la République française, Jacques Chirac, transmettant « l'admiration et la gratitude de la France » pour leur œuvre du souvenirVoir « », Auschwitz-Birkenau (Pologne), jeudi 27 janvier 2005., déclare : .

Mort Henry Bulawko meurt à Paris le , à l'âge de Voir « Henry Bulawko, grand témoin de la Shoah, est décédé », Julien Bahloul, Guysen News International, 28 novembre 2011.« La mort d'Henry Bulawko », Radio RCJ, Info.« Bulawko nous a quittés », CRIF,29 novembre 2011.« Un autre Mensch nous quitte : Henry Bulawko », Nicolas Zomerstajn, Centre communautaire laïc juif, 29 novembre 2011.« A Sad Loss for the Community of France », Naomi Firsht, European Jewish Congress, 29 novembre 2011.A la Une/Carnet. Thomas Wieder. Henry Bulawko, porteur de mémoire jusqu'à son dernier jour. Nécrologie/Le Monde. Fr. 03.122.11.« Disparition d'Henry Bulawko », Fondation pour la mémoire de la Shoah.« Kaddish pour Henry ».RTL/People/News. « Décès d'Henry Bulawko, écrivain, rescapé d'Auschwitz », décembre 2011.« Henry Bulawko. Un témoin de la Shoah disparaît », Julia Hamlaoui, lhumanité.fr, 2 décembre 2011.« Henry Bulawko (1918-2011) », Clioweb.« Décès d'Henry Bulawko, écrivain, rescapé d'Auschwitz », AFP, European Jewish Press (EJP) Nouvelles/France.« Décès de Roger Ascot et Henri (sic) Bulawko : Disparition de deux grandes figures du judaïsme français », Antoine Spire, LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme).Décès d'Henri (sic) Bulawko : réaction Pierre Laurent, pcf.fr (Parti communiste français), 30 novembre 2011.« Décès d'Henry Bulawko, écrivain, rescapé d'Auschwitz », lesoir.be.« Décès. M. Henri (sic) Bulawko », Consistoire - La Lettre des communautés juives, 2 décembre 2011 / 6 kislev 5772.« Deux héros du judaïsme et de la paix », Jean Daniel, nouvelobs.com, 12 décembre 2011.. Une cérémonie en hommage à Henry Bulawko a lieu à la Fondation Rothschild, à Paris, le , en présence de Catherine Vieu-Charier, conseillère de Paris ( arrondissement de Paris), et de Lyne Cohen-Solal, conseillère de Paris ( arrondissement de Paris), représentant la ville de ParisMairie de Paris. Cérémonie hommage à Henri (sic) Bulawko en présence de Catherine Vieu-Charier, adjointe chargée de la mémoire et du monde combattant, et Lyne Cohen-Solal, adjointe chargée du commerce, de l'artisanat, des professions indépendantes et des métiers d'art.. Il est enterré le même jour au Cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine).

Publications Henry (E.) Bulawko, Hehaloutz, 1948. Crimes sans châtiment, éd. Amicale des Anciens Déportés juifs de France (A.A.D.J.F.), 1962. Quand Israël rit. Dessins de Shemuel Katz, éd. Presses du Temps Présent, Paris, 1963. Le Messager de l'espérance, récit, Éditions du Service Technique pour l'Éducation, Paris, 1964. Le procès d'Auschwitz n'a pas eu lieu, éd. Presses du Temps Présent, Paris, 1965. Le Défi sioniste, éd. Presses du Temps Présent, Paris, 1968. Mise au point : Les communistes et la question juive, éd. Centre de documentation Israël et le Moyen-Orient, coll. « Analyses et documents », Paris, 1971. Les Jeux de la mort et de l'espoir : Auschwitz-Jaworzno, Auschwitz après, préface de Vladimir Jankélévitch, éditions Recherches, 1980, , . La Colline de la paix, récit, Les Éditions polyglottes, Paris, 1982. Anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, 1943-1983, éd. Section française du Congrès juif mondial, Paris, 1983. Les Juifs face au nazisme, éd. CRIF, Paris, 1985. Anthologie de l'humour juif et israélien, illustrations de Shemuel Katz, éd. Bibliophane, 1988, . Le Sionisme, éd. Grancher, 1991, .