La Radio-télévision belge de la Communauté française (RTBF)Décret de la Communauté française du portant statut de la Radio-Télévision belge de la Communauté française (RTBF), M.B., . est une entreprise publique belge, chargée de la radio et de la télévision pour la Communauté française de Belgique. Elle succède, le , à la Radiodiffusion-télévision belge (RTB). Elle a actuellement une offre radio, une offre télévisuelle et une offre Internet.
Ses équivalents sont la (VRT) pour la Communauté flamande de Belgique et le (BRF) pour la Communauté germanophone de Belgique.
La RTBF est membre de l'Union européenne de radio-télévision, est actionnaire de la chaîne d'information Euronews à hauteur de 0,60 %, de TV5 Monde à 11,1 %, de la RMB à 100 %, de Casa Kafka Pictures à 100 %, de la Sonuma à 40 % et de Dreamwall à 22 %.
Historique
La loi du créée l'Institut national de radiodiffusion (INR, ou NIR en néerlandais) qui se voit attribuer l'usage exclusif des trois longueurs d'onde accordées à la Belgique, dont deux seront utilisées pour diffuser des émissions en français et en néerlandais. Elle s'installe à la Maison de la Radio, à Ixelles. Le , face à l'invasion allemande, l'INR interrompt ses activités après avoir démonté ou détruit tous ses émetteurs afin d'éviter leur utilisation par l'ennemi.
Par l'arrêté-loi du , l'INR retrouve son mandat de service de radiodiffusion public.. Le marque les débuts de la télévision en Belgique avec diffusion d'émissions régulières dès le .
En 1954, l'INR participe à la création de l'Eurovision. La Belgique est choisie comme pays hôte de la régie centrale — installée sous la coupole du Palais de Justice de Bruxelles — qui réceptionne et redistribue les programmes de plusieurs pays d'Europe grâce à une antenne plantée sur le dôme du palais.
vignette|Totem RTBF avec logo des chaînes au Boulevard Reyers En 1958, le gouvernement Gaston Eyskens III est formé, et comporte pour la première fois un ministre des Affaires culturelles, Pierre Harmel. En 1959, il rattache l'INR-NIR au département des Affaires culturelles, et non plus aux PTT (Postes, télégraphes et téléphones). Puis, par la loi du , il crée la Radio-télévision belge. Après d'existence, l'INR-NIR fait place à un institut d'émissions en néerlandais (BRT, Belgische Radio- en Televisieomroep), un institut d'émissions françaises (la RTB, Radiodiffusion-télévision belge, émissions françaises) et un institut des services communs. Les programmes francophones et flamands deviennent indépendants. La RTB dispose d'une autonomie culturelle totale, d'une indépendance vis-à-vis du gouvernement et de la liberté d'information. Un Conseil d'administration est composé de membres représentant proportionnellement les partis politiques reconnus. L'État verse à la RTB une dotation annuelle. La publicité commerciale est interdite..
La télévision est devenue autonome par rapport à la radio, avec du personnel distinct, et des locaux appropriés. En 1971, la télévision passe à la couleur et des centres régionaux de production sont créés à Liège et Charleroi en 1976, puis à Bruxelles en 1979. La RTB lance en 1977 une deuxième chaîne de télévision, RTBis, qui propose des rediffusions de la première chaîne ainsi que la diffusion de diverses émissions et feuilletons (qui deviendra RTBF Bis puis en 1979 Télé 2).
À la suite de la fédéralisation de la Belgique dans les années 1970 et à la création de trois communautés linguistiques dotés de compétences juridiques, un décret du Conseil culturel de la Communauté française de Belgique transforme la RTB en Radio-Télévision belge de la Communauté française (RTBF) le . La Belgischer Rundfunk (BRF) est alors créée par la Communauté germanophone de Belgique pour assurer les services jusqu'ici dévolus à la RTB. La RTBF et la BRF ont gardé le 'B' de Belgique alors qu'en 1998, la BRT devenait VRT.
Tout comme la RTB, la RTBF dispose de l'autonomie culturelle, de la liberté de l'information, d'une indépendance face aux pouvoirs publics et d'un monopole de diffusion radio-télévisée.
Les années 1980 vont permettre à la RTBF de se développer, tout d'abord en tant que membre fondateur de la chaîne internationale francophone TV5, créée en 1984 avec TF1, Antenne 2, FR3 et la SSR, puis avec la création en 1985 de la première filiale de la RTBF, la RMB (Régie Média Belge). La Communauté française autorise par décret du la diffusion par la RTBF de publicités dont la gestion et la commercialisation des espaces publicitaires est confiée à TVB, société commune aux chaînes publique et privée de la Communauté française (RTBF et RTL tvi). C'est enfin la création de Canal+ TVCF, télévision à péage, filiale de la RTBF et du groupe Canal+ créée à Bruxelles, le et qui deviendra Canal+ Belgique en . Le naît Télé 21, deuxième chaîne à part entière alliant l'événement en direct et la diffusion de films, de musique et de documentaires sociaux et culturels.
Malgré ces développements, l'entreprise subit la concurrence conjointe des chaînes de télévision et de radio françaises et privées belges. En vue d'enrayer son déficit croissant, l'entreprise met en place en 1993 le plan Horizon 97 prévoyant le départ anticipé à la retraite du personnel statutaire. Télé 21 cède la place à Arte 21 (la RTBF entre alors dans le GEIE d'Arte en en tant que membre associé, cet accord sera suspendu en ) et Sport 21 qui reste la chaîne de l'événement sportif et des grands directs (canal partagé avec les programmes d'Arte).
Quatre ans plus tard, le , un décret du parlement de la Communauté française donne l'autonomie financière à la RTBF en en faisant une entreprise publique autonome. Le , la deuxième chaîne, RTBF 2, divise son offre de programmes entre la Deux, chaîne de multidiffusion de programmes culturels, de documentaires et chaîne d'accueil des événements non sportifs en direct (Commissions parlementaires, Concours musical Reine Elisabeth par exemple) et Eurosport 21 qui propose des « fenêtres » de programmes sportifs produits par la RTBF, insérées dans le programme complet de Eurosport. À l'occasion de la Coupe du Monde de Football de 1998, la RTBF décide de diffuser l'intégralité des matches sur ses deux chaînes de télévision principales, RTBF la Une et RTBF la Deux. Afin que le public le plus large ait accès à ces programmes, on procède à une redistribution des émetteurs, qui permet de capter la Une et la Deux sur les réseaux de télédistribution bien sûr, mais aussi par voie hertzienne, sur la totalité du territoire de la Région wallonne et de la Région de Bruxelles-Capitale. Ce dispositif sera maintenu au-delà de la Coupe du Monde, par décision du Conseil d'Administration du .
Au milieu des années 1990, la RTBF reprend une politique d'expansion en participant à la création d'Euronews en 1993, en signant un accord de coproduction avec la chaîne franco-allemande Arte en 1995, portant sur la production d'une vingtaine d'heures de programmes par an, en reprenant ensuite la diffusion d'émissions radio en ondes courtes par RTBF International le 1999, à destination de l'Afrique centrale et de l'Europe méridionale et en créant enfin en 2001 RTBF Sat diffusée en clair et en numérique vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur toute l'Europe grâce au satellite Astra.
Le plan Magellan, destiné à assainir les finances de l'entreprise grâce notamment à des départs en retraite anticipés, mais aussi par un repositionnement des chaînes du groupe, est approuvé le par le conseil d'administration de la RTBF. Ainsi, les radios sont réformées : Bruxelles Capitale et Fréquence Wallonie fusionnent pour donner VivaCité ; quant à Radio 21, elle se scinde en une chaîne classic rock (Classic 21) et une chaîne musicale « jeune » (Pure FM). Les deux chaînes de télévision sont également profondément remaniés pour être plus complémentaires. La deuxième chaîne de la RTBF fait peau neuve en en prenant l'appellation la deux et en s'offrant un nouvel habillage, de nouvelles émissions et de nouveaux visages.
Ce plan de transformation se termine en avec l'adoption d'une nouvelle identité visuelle qui abandonne le logo « oreille » datant de l'INR pour un look plus moderne.
En , la RTBF commence à adopter le format 16/9..
thumb|Intérieur d'un studio d'information en 2012.
La Trois, copie dérivée de RTBF Sat, est lancée officiellement le . Son contenu et son habillage sont identiques à celui de la RTBF Sat. Seul le logo de la chaîne change. Son inauguration a lieu dans le cadre du lancement officiel du bouquet TNT de la RTBF. Quatre chaînes de télévision sont alors disponibles : la Une, la Deux, la Trois et Euronews.
La crise économique des années 2008 et suivantes n'épargnera pas la RTBF. Pour causes d'économies imposées par la Communauté française de Belgique, son pouvoir de tutelle, en trois mois à peine le groupe de radio-télévision voit la fin des émissions radio en ondes courtes et la disparition d'une de ses chaînes de télévision. Les recettes fiscales étant insuffisantes à cause de la crise économique, le budget alloué à la RTBF par la Communauté française est revu à la baisse.
Le à 23 h 15, la diffusion en ondes courtes de RTBF International est définitivement abandonnée, mettant un terme à l'utilisation de cette technologie au sein du groupe. La chaîne radio est désormais disponible en streaming et podcasting.. La diffusion en AM depuis l'émetteur de Wavre a été arrêtée le . et se poursuit en FM à Kinshasa jusqu'en .
Le , Jean-Paul Philippot, administrateur général, annonce une nouvelle évolution dans l'histoire du groupe : la RTBF s'appelle désormais RTBF.be, changeant par la même occasion de logo.. Cette petite révolution montre l'intérêt du groupe pour les nouvelles technologies et surtout pour son pôle internet, entre télé et radio, qu'il souhaite développer.
Le à minuit, pour la première fois de son histoire, la RTBF connaît la fermeture d'une de ses chaînes de télévision. RTBF Sat est en effet suspendue, car la diffusion par satellite est jugée trop onéreuse. La Trois continue la diffusion du programme de RTBF Sat, mais uniquement à destination du public belge. La grille des programmes connaît une période de transition allant de mi- à . Le , elle devient une chaîne sans publicité, ouverte à des productions externes à la RTBF, accueillant les programmes pour enfants, des films et séries en version originale, des documentaires, des archives, des JT avec traduction gestuelle et des rediffusions des autres chaînes.
De à 2018, la RTBF couvre tous les matches de l'équipe de Belgique de football..
Le , la RTBF a réalisé un record d'audience lors du match Belgique Russie de la phase de poule.
À partir de la saison 2018-2019, la RTBF récupère les droits de la coupe de football Ligue Europa pour une durée de .
Le , la RTBF arrête d'utiliser les ondes moyennes pour la diffusion de ses programmes..
Le , les chaînes de radio Pure et de TV La Deux fusionnent pour donner naissance au média Tipik, ciblant les jeunes adultes et se déclinant en TV, radio et sur le digital.
Le , le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles communique qu'à partir du 1er novembre 2026, Christophe Dujardin est désigné nouvel administrateur général de la RTBF en remplacement de Jean-Paul Philippot.
Identité de l'entreprise Emblème et logos