Henri Jeanson est un écrivain, journaliste, scénariste et populiste français, né le à Paris 13 et mort le à Équemauville (Calvados)Henri Jeanson sur lesgensducinema.com. Il a également été satrape du Collège de 'Pataphysique.

Biographie

Famille, enfance et jeunesse

Henri Jeanson est né à Paris boulevard de Port-Royal, d'un père instituteur et professeur d'économie politique. À six ans, il entre à l'école communale de la rue de l'Arbalète. Très jeune, il manifeste un mépris de l'autorité. Ainsi, à sept ans, tous les matins, lorsqu'il passe devant l'appartement se trouvant au rez-de-chaussée de son immeuble et dans lequel vit un officier de la paix, il crie : . Son père meurt à de la tuberculose alors qu'il a . Sa mère l'élève seule et doit travailler dans une parfumerie puis à la Banque nationale pour le commerce et l'industrie. Il entre comme boursier au lycée Henri-IVHenri Jeanson : 70 ans d'adolescence, Mémoires publiés après sa mort..

Journaliste avant guerre En 1917, après divers petits métiers (futur pacifiste, Henri Jeanson occupe ainsi un rôle de figuration de soldat dans une carte « porte-bonheur » pour un marchand de cartes postales…), fréquentant les maisons de toléranceHenri Jeanson : 70 ans d'adolescence (Mémoires publiés après sa mort), page 108 et 109 (éditions du Livre de Poche, 1973)., il devient journaliste au journal La Bataille, organe de la CGT et rêve de devenir comédien. En 1918, il est réformé pour faiblesse.

Remarqué pour sa plume redoutable, il est journaliste dans les années 1920 et intervient comme reporter, interviewer ou critique de cinéma et se distingue par ses mots, la virulence de son style et un goût prononcé pour la polémique.

Il travaille dans divers journaux dont le Journal du peuple, Les Hommes du jour, Le Canard enchaîné, où il défend le pacifisme intégral et se lie d'amitié avec Marcel Achard et Antoine de Saint-Exupéry.

En novembre 1923, en reportage en Italie pour le compte de Paris-Soir, il rencontre , un agent d'influence nazi, collecteur de fonds pour le NSDAP, et, l'interviewant, lui pose cette question : , celui-ci lui répond :

En avril 1932, il se fait remarquer par sa célèbre apostrophe au préfet de police Jean Chiappe parue dans le quotidien Les Hommes du jour d'Henri Fabre. Le titre était Little flic Quiappe, préfet sur talonnettes. Il y ajoutait le post-scriptum suivant :

Il démissionne du Canard enchaîné en 1937, par solidarité avec Jean Galtier-Boissière. Il s'en explique dans La Flèche de Paris, où il tiendra dès lors une rubrique de critique cinématographique.

Il est condamné en à de prison pour avoir publié dans SIA (Solidarité internationale antifasciste), le périodique fondé en novembre 1938 par Louis Lecoin, plusieurs articles sur les colonies portant atteinte à l'intégrité du territoire national.

Le , il est également condamné à d'amende pour un article dans lequel il félicitait Herschel Feidel Grynszpan pour son attentat contre Ernst vom Rath, conseiller à l'ambassade d'Allemagne à Paris. Il est arrêté, en , alors qu'il a déjà rejoint son régiment à Meaux, pour des articles parus en mars et et pour avoir signé le tract de Louis Lecoin « Paix immédiate ». Le , il est condamné par un tribunal militaire à de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance » et reste seulement quatre mois en prison.

Parcours pendant la Seconde Guerre mondiale Début , Henri Jeanson est en prison pour ses écrits pacifistes. Sa levée d'écrou est obtenue par César Campinchi, avocat et ministre, en . Il est démobilisé lors de l'armistice du 24 juin 1940. Il ne quitte pas Paris et, entré en contact avec Roger Capgras, mandataire des halles et directeur du Théâtre des Ambassadeurs, se voit confier en la rédaction en chef d'Aujourd'hui, un journal « indépendant ». Le premier numéro sort le . En , les autorités allemandes somment le polémiste de prendre publiquement position contre les Juifs et en faveur de la politique de collaboration avec l'État français. Henri Jeanson démissionne alors, puis retourne en prison. Il est libéré quelques mois après, à la suite de l'intervention de son ami Gaston Bergery, néoradical passé à la collaboration par ultra-pacifisme. Interdit désormais de presse et de cinéma, il travaille au noir, écrivant des dialogues de films qu'il ne signe pas. Avec Pierre Bénard, il participe à l'élaboration de feuilles clandestines et manque d'être encore une fois arrêté en 1942. Il reste dans la clandestinité jusqu'à la Libération.

Journaliste après guerre Henri Jeanson retrouve la rédaction du Canard enchaîné à la Libération. Il reprend alors son métier de journaliste (au Crapouillot, au Canard enchaîné, à Combat, à l'Aurore). Il quitte la rédaction du Canard enchaîné en avril 1947, à la suite d'un article coupé sur le sujet « Aragon, Elsa Triolet, Maurice Thorez et les communistes ». Ce départ fut l'occasion d'éclats, et de règlements de comptes dans la presse. Il revint ensuite au journal, et publia jusqu'en 1970 des articles dans le Canard enchaîné (où il signait ses philippiques du pseudonyme d'« Huguette ex-Micro », allusion malicieuse à l'actrice créditée sous le nom d'Huguette ex-Duflos). Il participe à Cinémonde. De 1967 à 1970, il est critique de télévision pour le quotidien L'Aurore.

Il fut redouté dans le monde des arts et de la politique pour ses formules assassines. Ainsi à propos de l'actrice Maud Loty : "J'en ai vu des choses..." Tome I des Mémoires de Louis Merlin, éditions Julliard, 1962, page 253.. Sur le journaliste Clément Vautel, il dit .

Il a également mené, en avant-garde, de grands combats politiques (pacifisme, anticolonialisme, défense de la liberté d'expression), tout en demeurant toujours un homme libre. Ainsi, en 1956, il rédige et signe la préface d'un livre de Paul Rassinier intitulé Le Parlement aux mains des banquesL'Express du 20 novembre 2008, , extrait de La face cachée du Canard enchainé par Karl Laske et Laurent Valdiguié, Stock, 2008.

Henri Jeanson a abandonné le cinéma en 1965 pour se consacrer au journalisme polémique et à la rédaction de ses mémoires, qui seront publiés sous le titre 70 Ans d'adolescence, quelques mois après sa mort. Il est mort à Équemauville, près d’Honfleur (Calvados) le .

Scénariste et dialoguiste 1932, Henri Jeanson signe le scénario et les dialogues de La Dame de chez Maxim's d'Alexander Korda, film qui marque les débuts de sa carrière d'écrivain de cinéma.

Son talent et son esprit sont sollicités par de grands cinéastes, notamment Robert Siodmak (Mister Flow, 1936), Julien Duvivier (Pépé le Moko, 1936), Maurice Tourneur (Le Patriote, 1937), Marc Allégret (Entrée des artistes, 1938) ou Marcel Carné (Hôtel du Nord, 1938).

À la Libération, il retrouve sa place au générique de nombreux films, parmi lesquels Un revenant (1946) et Fanfan la Tulipe (1951) de Christian-Jaque, Copie conforme (1946) de Jean Dréville, Les Maudits (1947) de René Clément, La Minute de vérité (1952) de Jean Delannoy, La Fête à Henriette (1952), Pot-bouille (1957) et Le Diable et les Dix Commandements de Julien Duvivier, Montparnasse 19 (1957) de Jacques Becker, La Vache et le Prisonnier (1959) d'Henri Verneuil.

Il réalise en 1949, Lady Paname, une évocation nostalgique du monde du spectacle dans les années 1920, interprétée par son ami Louis Jouvet et Suzy Delair.

Vie privée En 1928, Henri Jeanson épouse l'actrice Marion Delbo ; après leur divorce, il se remarie en 1967 avec la comédienne et scénariste Claude Marcy (1899-1996)Jeanson par Jeanson, La Mémoire du cinéma français, Éditions René Château, 2000.

Filmographie Scénario et dialogues

Écrivain Henri Jeanson a aussi écrit pour le théâtre (sa discipline artistique favorite), sans grand succès toutefois. Il fut membre de l'Académie de l'Humour et de l'Académie Rabelais. Au théâtre, il écrit entre autres : Amis comme avant, Aveux spontanés, Le Petit Navire, Toi que j'ai tant aimée, L'Heure éblouissante.

Publications Entrée des Artistes. La Nouvelle édition - Les classiques du cinéma français. 1946. 70 Ans d'adolescence. Stock, 1971. En verve. Mots, propos, aphorismes. Éditions Horay, 1971.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Henri Jeanson, de Christophe Moussé, Presses universitaires de Nancy, 1993, Collection « Films, textes, références ». Jeanson par Jeanson, La Mémoire du cinéma, Éditions René Chateau, 2000. . Bernard Morrot, L'homme qui griffait plus vite que son ombre, Marianne, , .

Articles connexes Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?

Liens externes

Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : notice biographique Henri Jeanson : sur streampourvous.dev L'Éphéméride anarchiste : notice biographique

Catégorie:Naissance dans le 13e arrondissement de Paris Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Scénariste français de cinéma Catégorie:Dialoguiste français Catégorie:Réalisateur français de cinéma Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Auteur publié par les éditions Stock Catégorie:Journaliste français du XXe siècle Catégorie:Critique de télévision Catégorie:Collaborateur du Canard enchaîné Catégorie:Collaborateur d'Aujourd'hui Catégorie:Satrape du Collège de 'Pataphysique Catégorie:Antimilitariste français Catégorie:Militant pacifiste français Catégorie:Pacifiste libertaire Catégorie:Solidarité Internationale Antifasciste Catégorie:Personnalité liée à Honfleur Catégorie:Personnalité inhumée dans le Calvados Catégorie:Naissance en mars 1900 Catégorie:Décès en novembre 1970 Catégorie:Décès dans le Calvados Catégorie:Décès à 70 ans