vignette|Un pulvérisateur automoteur qui applique des pesticides. vignette|Traitement au pulvérisateur manuel, dans les années 1970 (photo de l'Environmental Protection Agency).

Un pesticide est une substance utilisée pour lutter contre des organismes considérés comme nuisibles. C'est un terme générique qui rassemble les insecticides, les fongicides, les herbicides et les parasiticides utilisés pour leurs propriétés biocide. Certains sont artificiellement produits par l'industrie chimique. Les pesticides s'attaquent respectivement aux insectes ravageurs, aux champignons, aux « plantes adventices » et aux vers parasites.

Le terme pesticide comprend non seulement les « produits phytosanitaires » ou « phytopharmaceutiques » utilisés en agriculture, sylviculture et horticulture mais aussi les produits zoosanitaires, les produits de traitements conservateurs des bois, et de nombreux pesticides à usage domestique : shampoing antipoux, boules antimites, poudres anti-fourmis, bombes insecticides contre les mouches, mites ou moustiques, colliers antipuces, diffuseurs intérieurs

En France, selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), d'après les analyses faites en 2006-2007 dans le cadre du programme national nutrition santé (PNNS) sur un échantillon de âgées de 18 à 74 ans pour le volet PCB et pesticides, le sang d'un Français moyen contient presque toujours des pesticides organophosphorés et trois fois plus de certains pesticides. [fiabilité de la source à vérifier : seul le Tome 1 était publié en 2011, et il concerne les métaux seulement] (pyréthrinoïdes, paradichlorobenzène) que celui des Américains ou des Allemands, alors que leur taux sanguin de métaux lourds et de pesticides organochlorés est comparable aux concentrations observées à l’étranger.

Le tome 2 du rapport Exposition de la population française aux substances chimiques de l'environnement de l'InVS portant sur les PCB et les pesticides indique : ....

En complément, : .

Selon un texte signé par 85 médecins du Limousin en 2013 appelant à réduire l'emploi des produits chimiques dans les pratiques agricoles., certains pesticides sont susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens et sont soupçonnés d'être responsables d'une recrudescence des cas d'infertilité, et de provoquer une baisse du quotient intellectuel. ou des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson.

En , l'INRA montre que l'agriculture biologique pourrait permettre, en facilitant la présence des mauvaises herbes, de réduire l'utilisation de pesticides par rapport à la plupart des pratiques conventionnelles dans la lutte contre les parasites. Pour arriver à ce résultat, l'INRA se base sur une analyse de plus de . Via deux méta-analyses distinctes, les chercheurs démontrent ... Huit ans plus tard, après 10 ans d'expérimentation de terrain, l'INRAE et l'étude Rés0Pest confirment qu’une agriculture conventionnelle sans pesticides (mais avec des engrais) est techniquement possible et parfois aussi productive (), que le conventionnel, même dans près de la moitié des cas ; et dans 45 % des cas testés, deux à trois SMIC mensuels par exploitant agricole étaient dégagés..

Les fongicides de type SDHI (Succinate DeHydrogenase Inhibitor) induisent un stress oxydatif dans les cellules humaines et animales, menant à leur mort ; ce qui n'est pas le cas de l'agriculture biologique..........

De plus, en , des chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l’INRA et de l’université de La Rochelle démontrent que l’agriculture biologique améliore les performances des colonies d'abeilles mellifères. Pour ce faire, l'équipe de recherche a analysé six années de données collectées dans le cadre d’un dispositif, unique à l’échelle européenne, de suivi des abeilles domestiques.

L’expertise menée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 2021 conduit à une , une maladie respiratoire évolutive. Elle met aussi en évidence une ..

Étymologie et définition élargie Le mot « pesticide » vient de l'anglais, sur le modèle de nombreux mots se terminant par le suffixe -cide (latin -cida, du verbe latin caedo, caedes, caedere, caedi, caedum : « tuer »), et sur la base du mot anglais pest (animal, insecte ou plante nuisible), lequel provient du latin pestis qui signifie « maladie contagieuse, épidémie, peste » (comme le français peste qui a cependant conservé l'acception du latin, les termes anglais et français sont donc de faux-amis).

Dans une acception plus large, comme celle de la règlementation européenne. ; ce sont des produits chimiques « fabriqués ou naturels ne contenant pas d'organisme vivant » : « produits phytopharmaceutiques (directive européenne 91/414/CEE). : les substances actives et les préparations contenant une ou plusieurs substances actives qui sont présentées sous la forme dans laquelle elles sont livrées à l'utilisateur et qui sont destinées à : protéger les végétaux ou les produits végétaux contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir leur action, pour autant que ces substances ou préparations ne soient pas autrement définies ci-après, exercer une action sur les processus vitaux des végétaux, pour autant qu'il ne s'agisse pas de substances nutritives (par exemple, les régulateurs de croissance), assurer la conservation des produits végétaux, pour autant que ces substances ou produits ne fassent pas l'objet de dispositions particulières du Conseil ou de la Commission concernant les agents conservateurs, détruire les végétaux indésirables ou détruire les parties de végétaux, freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux » ; « produits biocides (directive européenne 98/8/CE). : les substances actives et les préparations contenant une ou plusieurs substances actives qui sont présentées sous la forme dans laquelle elles sont livrées à l'utilisateur, qui sont destinées à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, à en prévenir l'action ou à les combattre de toute autre manière, par une action chimique ou biologique » ; les médicaments vétérinaires et à destination humaine., ce peut être des régulateurs de croissance, ou des substances qui répondent à des problèmes d'hygiène publique (par exemple les cafards dans les habitations), de santé publique (les insectes parasites poux, puces ou vecteurs de maladies telles que le paludisme et les bactéries pathogènes de l'eau détruites par la chloration), de santé vétérinaire, ou concernant les surfaces non agricoles (routes, aéroports, voies ferrées, réseaux électriques).

Historique La lutte chimique existe depuis des millénaires : l'usage du soufre remonte à la Grèce antique (mille ans ) et l'arsenic est recommandé par Pline l'Ancien, naturaliste romain, en tant qu'insecticide. Des plantes connues pour leurs propriétés toxiques ont été utilisées comme pesticides (par exemple les aconits, au Moyen Âge, contre les rongeurs). Des traités sur ces plantes ont été rédigés ( traité des poisons de Moïse Maïmonide en 1135). Les produits arsenic aux ou à base de plomb (arséniate de plomb) étaient utilisés au en Chine et en Europe.

Les propriétés insecticides du tabac étaient connus dès 1690. En Inde, les jardiniers utilisaient les racines de Derris et Lonchocarpus (roténone) comme insecticide. Leur usage s'est répandu en Europe vers 1900.

En 1807, Isaac-Bénédict Prévost promeut l'usage du sulfate de cuivre dans le traitement de la carie du blé. Guère suivies en France, ses préconisations sont adoptées rapidement en Suisse, en Grande-Bretagne et aux Pays-BasCanabal Manuela, « De la découverte scientifique à l'occultation du savoir : Isaac-Bénédict Prévost et la carie du blé (1798-1807) », Revue d'histoire des sciences, 2/2010, , .

La chimie minérale s'est développée au , fournissant de nombreux pesticides minéraux à base de sels de cuivre (encore bien utile en agriculture biologique). Les fongicides à base de sulfate de cuivre se répandent, en particulier la fameuse bouillie bordelaise (mélange de sulfate de cuivre et de chaux) pour lutter contre les invasions fongiques de la vigne et de la pomme de terre, non sans séquelles de pollution sur les sols (cuivre non dégradable).

Des sels de mercure sont employés à partir du début du pour le traitement des semences.. En raison de la toxicité du mercure, ils sont interdits dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis 1991Le mercure - prévention de l’hydrargyrisme, INRS, octobre 2003 et dès 1982 pour certains pays d'Europe de l'OuestLe traitement des semences, un outil pour l'agriculture durable, Fédération internationale du commerce des semences, 1999. Leur usage perdure dans d'autres paysÉvaluation mondiale du mercure , Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), décembre 2002.

vignette|Épandeur adapté à l'épandage sur les vignes.

L'ère des pesticides de synthèse débute vraiment dans les années 1930, profitant du développement de la chimie organique de synthèse et de la recherche sur les armes chimiques durant la Première Guerre mondiale.

En 1874, Zeidler synthétise le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), dont Muller en 1939 établit les propriétés insecticides. Le DDT est commercialisé dès 1943 et ouvre la voie à la famille des composés organochlorés. Le DDT domine le marché des insecticides jusqu'au début des , date à partir de laquelle son utilisation pour l'agriculture est interdite dans de nombreux pays, notamment ceux de la Communauté économique européenne.

En 1944, l'herbicide Acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D), métabolite actif du 2,4-DB, est synthétisé. Copié sur une hormone de croissance des plantes, il est encore employé en 2018 pour le désherbage des porte-graines et des légumineuses fourragères.

vignette|gauche|Affiche publicitaire américaine diffusée durant la Seconde Guerre mondiale par l'Office for Emergency Management, intitulée « Tirez pour tuer ; Protégez votre jardin de la victoire » (), utilisée du 3 septembre 1943 au 15 septembre 1945.

La Seconde Guerre mondiale a généré, à travers les recherches engagées pour la mise au point de gaz de combat, la famille des composés organophosphorés qui, depuis 1945, ont vu un développement considérable, certains produits étant encore utilisés jusque récemment, comme le malathion, insecticide interdit en France depuis le 1er décembre 2008.

En 1950-1955 se développe aux États-Unis les herbicides de la famille des urées substituées (linuron, diuron), suivis peu après par les herbicides du groupe ammonium quaternaire et triazines.

Les fongicides du type benzimidazole et pyrimides datent de 1961.

Le benzimidazole a été proposé aux Etats-Unis en 1961 par Brown et al pour lutter contre les nématodes parasites de l'homme et des animaux domestiques, notamment la petite douve du mouton.

Ils ont été suivis par les fongicides imidazoliques et triazoliques dits fongicides « IBS » (inhibiteurs de la synthèse des stérols) qui représentent en 2007 le plus gros marché des fongicides avec les SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase mitochondriale).Mordor intelligence, Global SDHI fungicide Market, 2018..

Dans les années 1970-80 apparaît une nouvelle classe d'insecticides, les pyréthrinoïdes qui dominent pour leur part le marché des insecticides.

Une thèse sur l'élimination de trois herbicides publiée en 2012 indique :

Auparavant, la recherche de matières actives se faisait au hasard en soumettant de nombreux produits à des tests biologiques. Lorsqu'un produit était retenu pour ses qualités biocides, on cherchait à en améliorer l'efficacité à travers la synthèse d'analogues. Cette procédure a permis de développer les techniques de synthèse qui sont de mise en 2012.