Maissin est une section et un village de la commune belge de Paliseul située en Région wallonne dans la province de Luxembourg. Ce village ardennais se trouve dans une courbe de la Lesse (rive gauche), alors dans son parcours supérieur (la Haute-Lesse).

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Étymologie

817 Melsim, Melsinensem. Propriété (suffixe -inum) de Malisa ou Malisius, anthroponymes gallo-romains. Jules Herbillon évoque un antonyme de Beausaint. vignette|Armoiries du village de Maissin.

Géographie

Évolution démographique

Source : DGS, 1831 à 1970 = recensements population, 1976 = habitants au 31 décembre.

Administration et histoire

Commune du département de Sambre-et-Meuse sous le régime français.

En 817, le prince-eveque de Liège confirmait au monastère de Saint-Hubert des biens à "Melsini" (Wampach UQB I, no. 58).

En 1823, Maissin fusionne avec Villance contre le gré de ses habitants. En 1896, Maissin redevient une commune.

Lors de la fusion des communes en 1977, Maissin devint village appartenant à la commune de Paliseul.

La bataille de Maissin vignette|gauche|Communiqué de presse relatant la bataille de Maissin. Maissin fut le théâtre d'un combat meurtrier pendant la Première Guerre mondiale les 22 et : le corps d'armée français (composé en et formé de la division d'infanterie (Nantes), de la division d'infanterie (Vannes), de la division d'infanterie et de la division d'infanterie (Brest), commandé par le général Eydoux, parvient à Maissin le . Les premières reconnaissances, effectuées au matin du par des escadrons du de chasseurs rapportent que le village est inoccupé, ce qui amène à faire forcer la marche de l’avant-garde du corps d’armée. Mais entre-temps, le village est investi progressivement par une division allemande, la ( hessoise). Vers midi, le d'infanterie, arrivé sur place en premier, fait face aux troupes allemandes. Son chef de corps prend la décision d'attaquer le village, en situation de forte infériorité numérique (non reconnue), et malgré les consignes données par le général commandant la d'attendre l'appui de l'artillerie divisionnaire. La , vers le nord et le nord-est du village, puis la vers l'ouest sont engagées successivement, à mesure de leur arrivée sur place. La supériorité tactique des allemands leur permet de mettre progressivement en difficulté la jusqu'à la menacer d'enveloppement par le sud-est en fin d’après-midi. Mais c'est surtout l'absence de liaison à l'est avec le d'armée constatée par les envois répétés d'officiers de liaison en cours d'engagement qui provoque l’ordre de retraite du d'armée en fin d’après-midi. Attaques et contre-attaques se succèdent dans le village et les bois avoisinants sous un déluge de fer et de feu. Alors que l’ordre de retraite est donné, l’effondrement de l’aile droite allemande (117 et d'infanterie) pendant la bataille, à la suite d'une coïncidence d'attaques de bataillons de la , permet à celle-ci d’investir le village vers 19 heures. Compte tenu de cette situation nouvelle, la brigade allemande en pointe, à l'est du village, se replie immédiatement, mais en bon ordre. L'ordre de retraite du , s'appliquant essentiellement à la , pouvait apparaître, avec le recul, prématuré, car celle-ci pouvait alors se retourner contre l'aile gauche allemande avancée. La décision de faire faire retraite à l'ensemble du corps d'armée semblait en définitive la plus appropriée, car le repli précipité du à Bertrix, à l’est du , effectué sans en informer les corps voisins, rendait toute manœuvre supplémentaire aléatoire et dangereuse, en raison de la perte de temps qu'elle eût occasionnée. « Vers 19 heures les officiers sabre au clair et les soldats baïonnette au canon reprennent maison par maison le village. (...) L'ennemi réussit un mouvement débordant sur la droite de la . Ordre est donné de se replier » dit un compte-rendu officiel de la bataille.

En cette fin d'après-midi du , le remporte l'une des rares victoires tactiques françaises de la Bataille des frontières, plus précisément de la bataille de Neufchâteau, en raison principalement : de sa supériorité numérique (un corps d’armée contre une division) ; de l'incapacité des allemands à être renforcés à temps au cours de la bataille, et notamment leur aile droite qui est mise en déroute ; de la combativité remarquable des troupes du , composé de régiments bretons et vendéens.

Le 11e corps d'armée français bat en retraite le , abandonnant sur le champ de bataille les morts et les blessés intransportables. Cette bataille, qui fit des centaines de morts, fut, avec celle de Rossignol, l'une des plus meurtrières du début de la guerreJean-Pascal Scadagne, "Les Bretons dans la guerre de 14-18", éditions Ouest-France, 2006, .

Le village est marqué encore à l'heure actuelle par les souvenirs de la guerre, via notamment les noms de rues et avenues aux noms de gradés français : exemples : Avenue Commandant de Laage de Meux ; Rue du 19e régiment d'infanterie de Brest, rue Henry Calvez, etc. Un monument aux victimes civiles et deux monuments en hommage aux soldats Bretons et Vendéens ont été érigés dans le village.

Le village compte également quelques maisons de comité, maisonnettes en brique construites dès 1915. Elles servirent comme habitation pour les villageois qui avaient perdu leur maison à la suite de la destruction de celles-ci par les Allemands au début de la guerre 14-18. Après la guerre, les corps ont été réinhumés dans trois cimetières dont l'un contient un calvaire breton datant du et rapporté de la commune du Tréhou ; il fut inauguré en .

Héraldique

Description des armoiries de Maissin: De sable à un navire d'or, équipé d'argent, le mât surmonté d'une couronne d'or à neuf perles. L'écu somme d'un heaume d'argent, couronné, grillé, colleté et liseré d'or, doublé de gueules, aux lambrequins d'or et de sable. Cimier: un lion issant d'or tenant une croix écotée de gueules. Supports : deux léopards d'or. Le tout placé devant l'ancien calvaire dit de Croas-tyru au Tréhou (Finistère) actuellement au cimetière français de Maissin, au naturel.

Liste des bourgmestres de 1896 à 1977

Patrimoine et culture

Patrimoine architectural et naturel Le pont Marie-Thérèse, sur la Lesse, date du . Un autre pont sur la Lesse, le pont de la Justice, date du . Église Saint-Hadelin (1855-1856), ses vitraux (1932) et son orgue (réalisé dans les années 50). La sculpture au-dessus de l'entrée est de Jean Godard (circa 1965). Le hêtre 'Ollivier' : morceau de hêtre gravé par un soldat français, Henry Ollivier, avant les combats du dans une forêt du village. La partie gravée de l'arbre est exposée dans le porche de l'église Saint-Hadelin.

Culture

Enseignement

Galerie

Économie

Vie associative

Le village compta aussi une union musicale (créée en 1877). Elle n'existe plus aujourd'hui. Le village compta également deux clubs sportifs : football et tennis de table. Ils n'existent plus.

Personnalités liées à la localité Thomas Braun (1876-1961), juriste et poète symboliste. Joseph de Laage de Meux (1863-1914), Officier français. Joseph-Paul Eydoux (1852-1918), général français.

Notes et références

Bibliographie Chanoine Schmitz et Dom Norbert Nieuwland, Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg. tome 7. Concernant les armoiries de Maissin: Bourguignon, Note sur la commune de Maissin, in A et F 4(1961), 154-160; Servais (1969) 65, 420-421.

Catégorie:Paliseul Catégorie:Commune avant fusion dans l'arrondissement de Neufchâteau