Le département de la Corrèze est l'un des trois départements de la région administrative du Limousin qui a été créé à la Révolution française, le , en application de la loi du , à partir d'une partie de la province du Limousin.
Histoire De la préhistoire au La partie basse du département a été occupée par l'homme primitif dès la fin de l'ère quaternaire. La vallée de Planchetorte, un site inscrit au sud de Brive-la-Gaillarde, est un haut lieu de la Préhistoire comparable au site des Eyzies, avec une centaine de grottes dont de nombreuses sont des sites préhistoriques, y compris la grotte de Font-Robert et la grotte de Font-Yves qui ont donné leurs noms à deux types de pointe. ; certaines y ont été découvertes seulement récemment, comme la grotte Bouyssonie en 2005.. D'autres traces de peuplement remontent à l'époque paléolithique. On a trouvé la présence de l'homme de Néandertal sur le site moustérien de la Chapelle-aux-Saints.
Les premiers peuples du Limousin dont on peut retrouver quelques traces dans des annales historiques sont les « Galls » qui deviendront les Gaulois , les Kymris, les Romains, les Germains, les Francs.La tribu qui habitait le territoire au moment de la conquête romaine était celles des LémovicesLes Lémovices comme en témoignent les objets rituels uniques au monde retrouvés sur le site de Tintignac. Le territoire qu'elle occupait était beaucoup plus étendu que celui de l'ancienne province du Limousin car il empiétait sur les actuels départements du Lot, du sud-est du Cantal et de la Dordogne. Le pays comportait plusieurs fortifications gauloises comme : l'oppidum du Puy du TourLe Puy du Tour (Corrèze. - site archéologique), datant de la Tène ancienne, voire de l'Halstatt. l'oppidum d'YssandonRuines de la tour du Puy d'YssandonYssandon, l'oppidum du Charlat également appelé du Camp de CésarOppidum dit du Camp de César au Charlat.., l'oppidum de Roche de VicRoche de Vic.
Lorsque Jules César à la tête de ses légions, marcha à la conquête de la Gaule, il rencontra la plus énergique résistance chez ces peuplades et unies en une seule nation par Vercingétorix nommé généralissime. Les Lémovices envoyèrent guerriers au secours d'Alésia sous le commandement de Sedullix qui y fut tué.Le Cadurque Lucterios était parvenu à s'échapper du désastre d'Alésia. Il alla s'enfermer dans Uxellodunum (ville aujourd'hui détruite) qui occupait, selon quelques archéologues, l'emplacement du Puy d'Issolud (commune de Vayrac, dans le Lot). Assiégé par César, il fut obligé de se rendre.
Après la conquête romaine, la Gaule tout entière ayant été partagée en provinces, la Corrèze fit partie de l'Aquitaine jusqu'au , mais la romanisation y fut lente.
Le Christianisme est apporté notamment par Saint Martial, premier évêque de Limoges, au . La tradition lui attribue de nombreux miracles opérés à Tulle et dans les environs. Elle constate, en outre, le martyre, aux portes de Briva-Curretia, de sainte Ferréole, et, dans la ville même, le , celui de Saint Martin de Brive. Noble espagnol et disciple de Saint Martin de Tours, il venait d'y renverser les idoles du paganisme. La christianisation se poursuit du .
À l'époque des invasions barbares, la Corrèze est d'abord envahie et saccagée par les Vandales et les Alains, puis par les Wisigoths qui persécutèrent les Chrétiens. En 507, Clovis, roi des Francs, appelé par les évêques du Midi, marche contre les persécuteurs et les défait complètement à la bataille de Vouillé, près de Poitiers, en tuant de sa propre main leur roi Alaric.
Au partage de la monarchie, elle fait partie du royaume de Paris, qui avait pour roi Caribert, puis, à la mort de ce dernier, elle passe sous la domination de Chilpéric, roi de Soissons.
En 584, un fils naturel de Clotaire, Gondovald, revenu de Constantinople pour faire valoir ses droits sur l'Aquitaine, se fit proclamer roi à Brive. Les soldats de Gontran, roi de Bourgogne, l'assiégèrent à Lugdunum Convenarum et le précipitèrent du haut d'un rocher.
La Corrèze est ensuite ravagée par les Sarrasins. Réunie à l'Aquitaine sous les ducs Hunald et Waïfre, ceux-ci firent à Charles Martel et à Pépin le Bref une longue guerre, terminée seulement sous Charlemagne.
Charlemagne établit alors dans le pays des comtes ou gouverneurs, qui furent à l'origine des grandes familles féodales de Ségur, de Turenne, de Ventadour et de Comborn. Il place la Corrèze dans le royaume d'Aquitaine, qu'il donne à son fils Louis le Débonnaire. Celui-ci, à son avènement au trône, en 814, abandonna l'Aquitaine à son fils Pépin Ier. Pépin II, fils de Pépin Ier, est proclamé roi d'Aquitaine par les seigneurs du pays, qui aspiraient à une principauté indépendante. Charles le Chauve, par le traité de Saint-Benoît-sur-Loire, en 845, lui cède l'Aquitaine, à condition qu'il reconnaisse sa suzeraineté. Pépin s'étant révolté en 850 est défait par Charles, qui le fait enfermer à Senlis en 853. Profitant de ces troubles, les Vikings, envahirent le pays, qu'ils pillèrent et incendièrent. Raoul de Bourgogne les attaqua et les défit à la sanglante bataille d'Estresses (sur le territoire du château d'Estresse), près de Beaulieu.
En 994, la Corrèze, mais également le Limousin ou l'Aquitaine par exemple, sont frappés par une épidémie du mal des ardents, qui est à l'origine des ostensions limousinesLe Miracle des Ardents de 994..
A l'avènement de Hugues Capet au trône de France, les comtes de Poitiers et de Toulouse, se déclarèrent indépendants et entraînèrent à leur suite les principaux seigneurs de la Corrèze, qui méconnurent l'autorité royale jusqu'au moment du mariage de Louis VII le Jeune avec Aliénor d'Aquitaine, en 1137. En 1152, le concile de Beaugency ayant prononcé le divorce des deux époux, Éléonore, devenue libre, épousa quelque temps après Henri Plantagenet, qui, en 1155, devint roi d'Angleterre. La Corrèze passa alors au pouvoir des Anglais. En 1202, les barons du Poitou et d'Aquitaine s'étant soulevés contre Jean sans Terre, appelèrent à leur secours Philippe Auguste, qui le chassa d'Aquitaine.
En 1233, une nouvelle épidémie d'ergotisme sévit dans la zone de l'actuel département .
La Corrèze appartint aux rois de France jusqu'au , époque à laquelle Louis IX, par scrupule de conscience, conclut avec Henri III d'Angleterre un traité par lequel il restituait à ce prince le Quercy, le Limousin, l'Agenais et une partie de la Saintonge.
En 1284 une tempête de grêle, accompagnée de violents coups de tonnerre, ravage la Corrèze.
En 1294, les Anglais furent presque entièrement chassés de la Guyenne, et la Corrèze repassa sous la coupe des rois de France.
Les quatre vicomtés du Bas-Limousin La Corrèze reposait durant le Moyen Âge sur quatre seigneuries distinctes. Cet ensemble, appelé Bas-Limousin, appartenait au gouvernement du Limousin. Il était composé de : la vicomté de Turenne (au Sud-Ouest), indépendante jusqu'en 1738, la vicomté de Ventadour (à l'Est), la vicomté de Comborn (centre-Nord), une partie de la vicomté de Ségur, autour de Pompadour et Ségur (au Nord-Ouest).
De la fin du Moyen Âge à la Révolution vignette|Carte de la Corrèze (1790) La guerre et le brigandage sévirent en permanence jusqu'au règne de .
Le fut marqué par l'élection papale de et de Rosiers-d'Égletons, de Beyssac, papes corréziens en Avignon, qui entraîna une ère de prospérité pour la région. De nombreux Limousins devinrent évêques ou s'enrichirent aux côtés des papes.
Durant la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453, la Corrèze affirme son attachement à la France et subit continuellement les incursions anglaises avec les pillages et mises à sac des villages que les habitants fuient en laissant leurs animaux. Les déplacements de villages à villages, ainsi que les travaux dans les champs, deviennent périlleux en raison du nombre de routiers ou de brigands qui parcourent la contrée. Les paysans sont enlevés, torturés, jusqu'au paiement, hypothétique, d'une rançon.
En 1335, Philippe VI visite Brive, qu'il fait fortifier ainsi que plusieurs autres villes de la région. Le , les Anglais s'emparent de Tulle, d'où le duc d'Armagnac les expulsait quelques jours après.
En 1346, les Anglais assiègent et prennent Tulle. Il en seront chassés par la milice locale.
En 1346, début de l'épidémie de la peste noire qui ravagera Marseille et l'Europe et qui éliminera près d'un tiers de la population française. Pas moins de de peste sont dénombrées de 1346 à 1452Livres de raison, chroniques, terriers : les passions d'un médiéviste par Jean Tricard page 34..
La défaite de Poitiers, le , suivie du traité de Brétigny (), replace la Corrèze sous la domination anglaise.
L'hiver 1361-1362 est très neigeux et dure jusque .
En 1369, les Anglais assiègent et prennent de nouveau Tulle avant d'en être à nouveau chassés, définitivement, par la milice locale.
En 1372 Bertrand Du Guesclin entre en campagne dans le Poitou, le Berry, l'Aunis, le Limousin et la Saintonge. Il assiège les Anglais dans Ussel et les chasse de la vicomté de Ségur. À peine les Anglais étaient-ils installés à Tulle qu'ils en furent expulsés par les habitants des campagnes voisines.
De 1373 à 1375 la famine et la peste sévissent de nouveau en Corrèze, Limousin et France en raison des méfaits de la guerre de Cent Ans.
En 1374, Brive accueillit le duc de Lancastre, frère du prince Noir, et résiste aux sommations de Louis duc de Bourbon, qui parut peu de temps après devant ses murs. Les Français attaquèrent la ville, la prirent et en décapitèrent les principaux magistrats, près de la porte Barbecane, qui avait donné passage aux Anglais et qui fut murée.
En 1381, la famine sévit de nouveau.
Durant l'hiver 1407-1408, il gèle, sans discontinuer de novembre à la Chandeleur.
Malgré les calamités du règne de , les Anglais n'obtinrent dans la Corrèze aucun succès important. Sous le règne de , ils durent se retirer devant le roi et Dunois. vint visiter le Limousin en 1441.
De 1452 à 1455, une nouvelle épidémie de peste, touche la ville de Tulle.
En 1463, l'hiver est de nouveau rude et la neige tombe abondamment. Cette même année, visite le Limousin et séjourne à Brive, à Donzenac et à Uzerche, acclamé par la population. En même temps, il rétablit à Brive et à Uzerche les assises de la sénéchaussée du Limousin, qui avaient été transférées à Tulle sans autorisation royale.
En 1465, la Ligue du Bien public, ne trouve pas d'écho dans le Limousin.
En 1478, la peste réapparaît.
Sous , et , un calme profond régna dans la Corrèze.
En 1547-1549, la peste fait de nouveaux ravages.
Sous , le protestantisme s'y étant répandu, y fit plusieurs adeptes, parmi lesquels Henri de la Tour, vicomte de Turenne, dont l'influence était grande dans le pays; Argentat, Beaulieu et Uzerche suivirent sa cause. Biron, Coligny et Henri de Navarre, répondirent à l'appel d'Henri de la Tour, devenu en 1591, duc de Bouillon.
En 1552 la réforme protestante fait son apparition à Treignac.
En 1563, la peste fait sa réapparition.
En 1567, lors de la deuxième guerre de religion des croix sont renversées à Treignac.
Les Protestants, sous la conduite des princes de Condé et de Coligny, ayant été défaits, le , à la bataille de Jarnac, les vaincus se retirèrent dans le Limousin. Ils occupent Lubersac, Juillac et Saint-Bonnet-la-Rivière. Coligny s'empara de Beaulieu et livra cette ville au pillage. Quelques années après, Tulle fut prise d'assaut par La Morie, mestre de camp du vicomte de Turenne.
De 1570 à la Révolution française, 21 inondations de la rivière Corrèze sont recensées.
En 1570 des missionnaires protestants évangélisent Madranges, Affieux, Veix et plusieurs autres paroisses situées à proximité de Saint-Augustin.