Le Timor oriental ou Timor-Leste, en forme longue la république démocratique du Timor oriental ou république démocratique du Timor-Leste (en et , en tétoum : et ), est un pays d'Asie du Sud-Est, également reconnu comme un pays d’OcéanieRévision stratigraphique de l’île de Timor (Indonésie orientale), Michel Villeneuve, Jean-Jacques Cornée, Agus Harsolumakso, Rossana Martini et Louisette Zaninetti.. Il est constitué de la moitié orientale de l'île de Timor – d'où son nom – et de l'Oecusse, une enclave située dans la partie occidentale de cette île de la Sonde, ainsi que des îles d'Atauro et Jaco. Sa capitale est Dili et sa monnaie le dollar américain.

L'autre partie de l'île ou Timor occidental est sous souveraineté indonésienne.

Colonie portugaise durant près de quatre siècles, elle gagne son indépendance le après la révolution des Œillets. Moins d'un mois plus tard, la partie orientale de l'île est envahie par l'armée indonésienne le , puis annexée unilatéralement en 1976.. Cette annexion ne fut jamais reconnue par l'ONU, laquelle organisa un référendum d'autodétermination en août 1999 qui conduisit à la pleine indépendance du Timor oriental en 2002, après une période de massacres à grande échelle et de saccage systématique des grandes villes par l'armée indonésienneConflict-related Deaths in Timor Leste, 1954-1999. The Findings of the CAVR Report Chega!.Asia Watch, Human Rights in Indonesia and East Timor, Human Rights Watch, New York, 1989, ..

Le Timor oriental et les Philippines sont les seuls pays en Asie du Sud-Est où le catholicisme est la religion dominante. Les langues officielles du pays sont le portugais et le tétoum. L'indonésien et l'anglais sont également reconnus dans la constitution comme langues de travail, sans avoir le statut de langues officielles.

Géographie

thumb|left|Carte politique du Timor oriental.

Le Timor oriental est situé pour sa majeure partie sur la moitié est de l'île de Timor, la plus grande des petites îles de la Sonde. L'île mesure ; le Timor oriental en occupe environ .

Les détroits d'Ombai et de Wetar séparent le nord de l'île du reste de l'archipel de la Sonde. Au sud, la mer de Timor sépare le Timor de l'Australie. À l'ouest se trouve la province indonésienne des petites îles de la Sonde orientales. À l'est, les îles Leti se situent dans la province des Moluques et font partie du Kabupaten des Moluques du Sud-Ouest.

Le pays est assez montagneux. Le point culminant du Timor oriental est le mont Tatamailau ().

Le climat du pays est tropical, généralement chaud et humide, caractérisé par une saison sèche et une saison humide. En raison d'effets de versants, la façade méridionale a une saison sèche plus courte et un cumul de précipitations plus élevé..

Dili, la capitale du pays, en est également la plus grande ville et le port principal. La deuxième ville est Baucau, à l'est de l'île. Dili possède l'un des deux aéroports internationaux du Timor oriental, l'autre étant l'aéroport Xanana Gusmão à Suai.

Le Timor oriental exploite conjointement avec l'Australie un gisement pétrolier offshore situé à cheval sur leur frontière maritime, dont le tracé a longtemps été problématique.

Environnement, patrimoine naturel

Relief montagneux Le Timor oriental est majoritairement montagneux, avec des collines et des montagnes qui occupent une grande partie de son territoire. Le mont Tatamailau (ou mont Ramelau), qui culmine à environ 2 963 mètres, est le point le plus élevé. Les montagnes du pays sont en grande partie couvertes de forêts tropicales.

Écosystèmes côtiers et mangroves Les zones côtières, incluant des plages, des estuaires et des mangroves, jouent un rôle écologique important. Les mangroves servent de zone de reproduction pour plusieurs espèces et protègent les côtes contre l'érosion. Elles constituent également un habitat pour diverses espèces d'oiseaux et d'animaux marins.

Biodiversité marine Les eaux autour du Timor oriental, comme celles de la mer de Timor et de la mer de Banda, sont connues pour leurs récifs coralliens. Ces zones abritent une grande diversité d'espèces marines, telles que des poissons tropicaux, des tortues, des dauphins et des baleines, et sont également importantes pour la pêche locale.

Risques météorologiques L’île du Timor est située dans un couloir atmosphérique entre l’Inde et l’Australie. Cette position lui fait fréquemment subir des vents contraires, puissants, qui causent des cyclones et inondations. L’un des derniers cyclones, le cyclone Seroja, qui s’est produit en , a causé la mort d'au moins ..

Toponymie

L'usage majoritaire est d'écrire « Timor oriental » comme le font notamment la liste annexée à l'arrêté français du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales ou la recommandation concernant les noms d'États, d'habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes) de 2008., le Petit Robert des noms propres 2010 et le Dictionnaire Hachette 2010.

Le Petit Larousse 2010 écrit « Timor-Oriental » tandis que le groupe d'experts des Nations unies pour les noms géographiques (GENUNG) préconise Timor-Leste, non traduit..

Timor provient du malais et de l'indonésien timur, signifiant « est » ; donc Timor oriental signifie littéralement « est oriental » https://global-geography.org/af/Geography/Asia/Timor-Leste/Government..

Histoire

Colonisé par les Portugais à partir de 1596, le Timor oriental est annexé par l'Indonésie en 1976. Plus de ont été tuées par l’armée indonésienne durant cette occupation. En 1999, dans un référendum organisé par l'Indonésie, la population de Timor oriental vote à 78,5 % pour une séparation d'avec l'Indonésie. Bien qu'il ait été suivi d'une période de massacres à grande échelle et du saccage systématique des grandes villes par l'armée indonésienne, le scrutin conduit à l'indépendance du Timor oriental le . Depuis, les relations entre les deux pays se sont largement améliorées. Le Timor oriental, malgré ses propres difficultés financières, fait un don pour aider l'Indonésie suite au Tsunami de 2004., et en 2008, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono fait part des regrets de son pays pour les actions commises contre la population du Timor oriental..

Dans un entretien avec le The Jakarta Post le , le Premier ministre du Timor oriental, Rui Maria de Araújo, qui a passé comme étudiant dans différentes universités d'Indonésie, considère que Margareth Aritonang, « Discourse: Indonesia, Timor Leste have developed a mature relationship: PM », The Jakarta Post, 31 août 2015, ..

L’île du Timor a été divisée en deux par la colonisation, avec à l’Ouest les Hollandais, et à l’Est les Portugais. De même divisée entre musulmans à l’Ouest et catholiques à l’Est. Avant les premières colonisations, le Timor n’est qu’une île de passages commerciaux entre l’Inde et la Chine. Elle est peuplée de quelques indigènes sur lesquels il n’y a que très peu d’écrits. Pendant des siècles, le Timor existe comme une seule île, puisque n’étant pas encore divisée par la colonisation entre l’Ouest et l’Est. L’île est alors réputée pour son bois de santal..

Colonisation portugaise (1586-1975) vignette|upright|Blason du Timor oriental portugais (1935-1975). Le Timor oriental devient une possession portugaise en 1586. Peu peuplée, cette partie de l’île est alors gérée par l’armée portugaise et l’Église catholique jusqu’à ce qu’un gouverneur soit nommé par le Portugal en 1702. Le Timor Oriental connaît ensuite différents rattachements administratifs, toujours sous la gouvernance portugaise, notamment Goa et Macao au . Enfin, elle devient, aux yeux du Portugal, une province à part entière en 1896, une province d’outre-mer en 1951, puis une région d’outre-mer en 1972.

Le Portugal souhaite garder son Empire colonial et ne décide de commencer une partie de la décolonisation que sous l’impulsion d’un changement politique au Portugal, dû à la révolution des Œillets. En , les autorités portugaises présentent un projet en ce sens aux principales organisations politiques du Timor orientalhttps://timor-leste.gov.tl/?p=29&print=1&lang=en. Le , le Portugal procède au début de la décolonisation du Timor oriental en le dotant d'un statut différent, reconnaissant notamment l’annexion vieille de presque . En , le Parlement portugais fait savoir que la souveraineté portugaise sur le Timor oriental prendrait fin en 1978.. Cependant, le pays est en proie à des difficultés économiques et repousse l’indépendance qu’il juge incapable d’organiser. Dans le même temps, le Portugal se désengage de facto progressivement des affaires est-timoraises, comme en témoigne l'absence de réaction de son gouvernement à différents troubles qui touchent la région pendant l'été 1975..

Les deux partis politiques phares du Timor oriental, le FRETILIN et l’UDT, combattent alors l’occupation portugaise, sans s'accorder sur la manière avec laquelle sortir de la colonisation. Pour le FRETILIN, Front révolutionnaire du Timor Est indépendant, le Timor oriental doit devenir un État indépendant, capable de s’émanciper de lui-même. Pour l’UDT, Union démocratique du Timor oriental, le pays doit être indépendant du Portugal afin de rejoindre l’Indonésie. Cette volonté unanime de se défaire de l’occupant portugais chez les deux partis phares provoque la décolonisation par le Portugal, mais cela se fait au profit de la colonisation indonésienne. En effet, le FRETILIN proclame la « république démocratique du Timor Oriental » le , mais l'UDT, notamment soutenu par l’Indonésie et les États-Unis, proclame l’intégration à l'Indonésie le .

Il s’agit là de la fin de la colonisation portugaise et le début de la république démocratique du Timor oriental.

En , l’Indonésie annexe militairement la nouvelle république du Timor oriental, justifiant cette action comme étant la mise en place d’un processus de décolonisation, dont le Portugal est incapable. Le Timor oriental devient, dès lors, une province indonésienne. Pour sa part, le Portugal dénonce l'intervention de l'Indonésie, et rompt les relations diplomatiques avec le nouvel occupant du Timor Oriental.

Colonisation indonésienne (1975-2002) vignette|Carte de l'invasion indonésienne. vignette|Mémorial aux victimes de l'invasion du 7 décembre 1975. L'Indonésie intervient militairement au Timor oriental le .

Elle procède à ce qu’elle qualifie elle-même d’« autodétermination à l'indonésienne ».

L’Indonésie justifie cette intervention militaire comme étant la volonté de la majorité du peuple timorais.

Le nouvel occupant établit alors une Assemblée populaire auTimor oriental, très partiale, qui demande officiellement l'intégration à l’Indonésie le . L’ONU ne soutient pas cette prise de décision, mais ne la condamne pas non plus. Enfin, au nom de la loi indonésienne, le Timor oriental est considéré comme la province de l’État à partir du .

Le FRETILIN présente l'intégration à l'Indonésie sans indépendance préalable comme du colonialisme et non comme une décolonisation, et réclame donc une libre autodétermination. La résistance, au départ portée par le FRETILIN, est ensuite rejointe par l’UDT.

L’UDT dénonce les répressions indonésiennes, comme celles de 1978, et se défait politiquement de l’Indonésie. Dans ce même sens, l’UDT proclame la république démocratique du Timor en 1982, et met en place un Conseil révolutionnaire de résistance nationale cette même année.

La situation commence à s’envenimer, la « décolonisation indonésienne » se transformant en une nouvelle colonisation.

Les manifestations populaires sont alors de plus en plus fréquentes dans les années 1980.

Une résistance armée se met en place, sous les ordres du FRETILIN, ce qui transforme certaines manifestations en véritables scènes de guérilla contre l’occupant indonésien. Cependant, la répression indonésienne est très dure.