Les Lions britanniques et irlandais (British and Irish Lions), auparavant appelés Lions britanniques (British Lions) ou plus couramment appelés Lions, est une sélection du Royaume-Uni et de l'Irlande, composée des meilleurs joueurs d'Angleterre, d'Écosse, du pays de Galles et d'Irlande.

C'est une équipe de tournée. La première de celle-ci a eu lieu en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1888.

Mais l'appellation « » n'est apparue qu'en 1950, ainsi que le soutien d'un comité officiel issu des quatre fédérations.

Les tournées se déroulent tous les quatre ans depuis 1989. Elles ont lieu chez les trois nations majeures de l'hémisphère sud, à savoir l'Afrique du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Le prestige des Lions s'explique par le fait que jusqu'aux années 1970-1980, les équipes britanniques faisaient très peu de tournées à l'étranger. Les Lions étaient alors la seule occasion de jouer des tests dans l'hémisphère sud pour les joueurs.

Aujourd'hui encore, jouer pour les Lions est un très grand honneur, plus grand même que jouer pour son équipe nationale. De même, pour leurs adversaires, leurs pays ne peuvent rencontrer les Lions que tous les quatre ans. Les Lions ont survécu au passage du rugby au professionnalisme. Leurs tournées sont restées des événements médiatiques et drainent désormais le voyage de centaines de supporteurs.

Les tournées ont beaucoup évolué avec le temps en termes de programme et d'effectif. Les premières tournées comptaient une trentaine de rencontres sur trois mois environ avec quatre, cinq ou six tests. Depuis l'avènement professionnel, il n'y en a plus qu'une dizaine dont trois tests sur un mois, calendrier oblige.

Les premières tournées comptaient à peine une trentaine de joueurs. Les dernières en ont convoqué plus de quarante. C'est la rançon de l'évolution du jeu, de plus en plus exigeant et sujet aux blessures.

Depuis 2005, l'équipe possède son propre hymne national : The Power of Four.

Histoire

Les débuts (1888-1936) thumb|La première tournée d’une équipe britannique en 1888. La première tournée d’une équipe britannique en Océanie a lieu en 1888, les Lions britanniques jouent en Australie et en Nouvelle-Zélande , sur lions-tour.com.. Cette tournée des Lions est organisée par deux joueurs de cricket, Arthur Shrewsbury et Alfred Shaw, qui recrutent principalement des joueurs du nord de l’Angleterre et de l’Écosse. Cette tournée n’a pas le soutien officiel de la fédération anglaise car l’organisation de la tournée est faite par des entrepreneurs privés, en contradiction avec la règle d’amateurisme imposée par la fédération anglaise , sur rfu.com., et de ce fait aucun test n’est disputéMalin (2002)., mais aucun joueur ne fut sanctionné pour y avoir participé. L'équipe disputa 35 matches contre des sélections provinciales et des équipes municipales et étudiantes, remportant 27 victoires. 19 matchs supplémentaires ont eu lieu selon les "Victorian Rules" (l'actuel football australien), bien que l'équipe n'ait aucune expérience de ce code de football avant la tournée. L’expérience a été assombri par le décès du capitaine de l'équipe, Robert Seddon, qui s'est noyé dans la rivière Hunter alors qu'il pratiquait l'aviron.

En 1891, la Western Province Union invita la RFU à envoyer une sélection dans le territoire qui allait devenir l'Afrique du Sud pour une tournée. Même si elle est considérée comme une équipe anglaise plus que comme une équipe britannique, cette tournée de 20 matchs eut une importance majeure pour le rugby sud-africain, créant la Currie Cup, plus ancienne compétition de rugby du monde.

Cette tradition d'invitation d'équipes britanniques par les fédérations des colonies de l'hémisphère sud s'installe alors durablement. Le concept va s'affirmer dans la durée à partir de 1910, où un comité officiel est créée par les quatre fédérations pour sélectionner les joueurs présents. Une tenue officielle est également créée, qui sera la norme jusqu'en 1950, avec un maillot bleu foncé, un pantalon blanc et des chaussettes rouges.

vignette|gauche|Lions britanniques - Colonie du Cap, en 1891, première rencontre de la tournée.

En même temps que la sélection officielle parcourait l'Afrique du Sud, une sélection non officielle anglo-écossaise s'est rendue en Argentine à l'occasion du centenaire de la Révolution de mai. Les journaux argentins la désignèrent sous le nom de Combinado Británico ; rétroactivement, elle fut considérée comme une équipe réserve de la sélection officielle. L'équipe remporta ses six matchs, dont le premier test-match des Pumas, l'équipe nationale argentine.

Les tournées s'interrompirent pendant quatorze ans dû aux répercussions de la Première Guerre Mondiale. En 1924, les Britanniques se rendirent en Afrique du Sud pour disputer 21 matchs, puis en 1927 en Argentine sur invitation de la fédération de ce pays pour disputer 9 rencontres, toutes gagnées par au moins 30 points d'écarts. Malgré ce désastre sportif, le rugby argentin en a profité tant sur le plan financier que sur le plan sportif, la tournée ayant largement contribué à la popularisation de la discipline.

Après une pause de plus de deux décennies, la sélection britannique s'est à nouveau rendue en Océanie en 1930 pour y disputer 28 matches. Sur le chemin du retour vers la Grande-Bretagne, l'équipe s'est arrêtée à Ceylan, l'actuel Sri Lanka, et a remporté un match international non considéré comme un test match contre la sélection nationale.

En 1936, l'Argentine fut à nouveau la destination d'une tournée, pour la dernière fois jusqu'à aujourd'hui. Les dix matchs ont été remportés, mais par jamais plus de neuf points d'écart, ce qui montrait la progression du rugby argentin. Une tournée en Afrique du Sud a suivi en 1938, avec un total de 24 matchs.

Alors que la presse utilisait assez largement le surnom de Lions britanniques depuis 1924 pour désigner la sélection, celle-ci a commencé à se présenter officiellement comme telle en 1950. La tenue adoptée à cette date, avec le maillot rouge, les culottes blanches et bas bleus et verts, est celle que l'on connaît aujourd'hui.

Années 1950 1950 Après une interruption de douze ans due à la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques font une tournée en 1950 en Nouvelle-Zélande et en Australie. Ils inaugurent l'appellation « » sous le commandement du talonneur irlandais Karl Mullen. Ils arborent pour la première fois des maillots rouges et tous les joueurs sont internationaux.

31 joueurs sont convoqués pour la bagatelle de trente matchs (dont quatorze Gallois qui viennent de réussir le Grand Chelem) et se déplacent de nouveau en bateau. Mais un remplaçant, l'ouvreur gallois Lewis Jones, est appelé en remplacement en cours de tournée. Il est le premier Lion à se déplacer en avion.

Les Lions disputent six tests, quatre en Nouvelle-Zélande et deux en Australie. Karl Mullen n'en dispute que quatre, il manque les troisième et quatrième sur blessure. Le centre gallois Bleddyn Williams le remplace.

Les Lions sont dominés par les All Blacks, ils arrachent un match nul suivi de trois courtes défaites. Ils gagnent ensuite leurs deux tests contre l'Australie.

1955 En 1955 les Lions britanniques se déplacent en Afrique du Sud pour jouer 25 matchs. Ils sont menés par le jeune deuxième ligne irlandais Robin Thompson, 24 ans. La délégation compte 31 joueurs. . La tournée et qui n'ont plus perdu une série de tests depuis 1896. Le premier test gagné 23-22 par les Lions à Johannesbourg est . L'avantage au score change quatre fois et les spectateurs voient neuf essais. Les Lions jouent à quatorze avec la blessure de Reg Higgins. Les Springboks reviennent au score à la dernière minute, mais leur buteur, Van der Schyff manque la transformation finale. Ce qui marque la fin de sa carrière internationale.

Les Lions récidivent 9-6 à Pretoria. Mais le programme de la tournée est , les Lions perdent trois matchs de province (Western Transvaal, Eastern Province, Border) et concèdent un match nul (Eastern Transvaal). Les deux défaites qu'ils subissent en test sont larges (25-8 au Cap et 22-8 à Port Elizabeth). Le deuxième ligne Johan Claassen se révèle.

Les Lions impressionnent par leur jeu offensif, brillant et audacieux pour l'époque. Le demi d'ouverture gallois Cliff Morgan fait l'étalage de sa classe, le très jeune ailier irlandais Tony O'Reilly (19 ans) se révèle. Il marque seize essais. Le demi de mêlée anglais Dickie Jeeps joue les quatre tests alors qu'il était considéré comme le troisième choix au début de la tournée, n'étant pas encore international.

Les Lions jouent un match contre ce qui deviendra la Sud-Ouest africain puis contre la Rhodésie et contre une sélection d'Afrique de l'Est à Nairobi au Kenya.

Au retour de la tournée, le capitaine Robin Thompson changera de sport et signera un contrat pour une équipe professionnelle de rugby à XIII. Mais il devra arrêter très vite sa carrière pour raisons médicales.

1959 Les Lions retournent aux antipodes pour une très longue tournée, dont deux tests en Australie suivis de quatre en Nouvelle-Zélande et d'un court séjour au Canada. Les Lions sont commandés par le talonneur irlandais Ronnie Dawson. L'équipe compte . Cette tournée , les Lions gagnent deux tests sur deux en Australie et perdent trois à un en Nouvelle-Zélande. Mais cette équipe impressionne en inscrivant en , de moyenne, ce qui est beaucoup pour l'époque. Tony O'Reilly marque , un autre chiffre qui impressionne.

Les Lions frôlent le match nul face aux All Blacks car ils perdent leur premier test à Dunedin en marquant quatre essais contre zéro. Mais la botte de Don Clarke, l'arrière néo-zélandais fait la différence. Les Lions gagnent le quatrième à Auckland , avec trois essais contre zéro mais Don Clarke manque une pénalité à la dernière minute. Les Lions gagnent sur 33. Ils s'inclinent trois fois contre les All Blacks, mais aussi contre le New South Wales (Sydney), Canterbury (Christchurch) et Otago (Dunedin).

Années 1960

1962 Les Lions partent en Afrique du Sud sous le commandement de Arthur Smith, le trois quart aile écossais. Au programme, vingt-cinq matchs dont quatre tests contre les Springboks. Ils jouent aussi contre la Rhodésie et la Sud-Ouest africain, ainsi qu'un match contre l'Afrique de l'Est au Kenya. Les lions présentent une équipe solide, mais sans talents extraordinaires, surtout derrière. À noter que deux jeunes Irlandais font leur apparition : l'arrière Tom Kiernan (futur capitaine) et le deuxième ligne Willie-John McBride (futur recordman des sélections).

1966 Les Lions vivent leur tournée la plus chargée : 35 matchs sur trois pays : Australie, Nouvelle-Zélande et Canada, dont sept tests. Ils sont commandés par le deuxième ligne écossais, Mike Campbell-Lamerton. La délégation compte 32 joueurs, dont seulement cinq Anglais, mais douze Gallois.

Pour la première fois, ils ont un entraîneur, le Gallois John Robbins. La tournée n'est pas la plus heureuse de l'Histoire. La tournée commence bien en Australie avec deux victoires en deux tests. Les Lions se sentaient sans doute trop forts en débarquant en Nouvelle-Zélande, où le séjour sera douloureux.

Les Lions perdent leurs quatre tests et sont en outre battus par quatre provinces et par deux fois contraints au match nul. Mais les All Blacks de 1966 sont vraiment très forts notamment au niveau de leur pack avec les Brian Lochore, Colin Meads, Waka Nathan et Karl Tremain. Les avants noirs dominent nettement les Britanniques.

Mike Campbell-Lamerton, le capitaine, estime qu'il n'est pas au niveau, il s'efface et se fait remplacer en tant que capitaine par l'ouvreur gallois David Watkins.

Après le passage en Nouvelle-Zélande, les Lions font escale au Canada où ils sont battus par la Colombie Britannique à Vancouver, un vrai camouflet, même s'ils se rattrapent lors du test match final.

1968