V.I.P. (Vedettes Importantes ou Paspantoute) était un magazine culturel humoristique québécois animé par Louis Morissette et diffusé sur les ondes de Radio-Canada. L'émission a été retirée des ondes après seulement un épisode diffusé le .
Concept V.I.P. est une émission de télévision québécoise qui a été créée en tant que parodie des magazines artistiques télévisuels tels que Flash et Star Système. Malgré son caractère parodique, l'émission présentait des nouvelles véridiques, mais décortiquées pour être vues sous un angle différent. L'objectif de V.I.P. était de se démarquer du style promotionnel des autres magazines artistiques en exposant la vérité sur le milieu du show-business québécois. L'émission couvrait non seulement les conférences de presse, mais aussi les évènements et les personnalités qui étaient peu ou pas couverts par les autres médias.
Équipe
Animation
Louis Morissette
Collaborateurs
Patrick Groulx Pauline BertrandPauline Bertrand est la mère de Louis Morissette. Alex Perron Caroline Proulx
Diffusion L'émission était diffusée les jeudis à à Radio-Canada, tout de suite après la série Ciao Bella.
Historique Ceci n'est pas un Bye Bye En , les médias québécois annoncent que l'animatrice et productrice Véronique Cloutier travaille sur la création d'une revue de fin d'année de type Bye Bye nouvelle génération. Pour ce faire, elle s'entoure des scénaristes Louis Morissette, François Avard et Jean-François Mercier. Cette revue, intitulée Ceci n'est pas un Bye Bye, est diffusée sur les ondes de Radio-Canada le .
Le , les critiques sur Ceci n'est pas un Bye Bye sont publiées dans les médias. Parmi les articles qui ont parlé de cette revue de fin d'année, un sketch en particulier retient l'attention. Ce sketch mettait en vedette Patrick Huard, Véronique Cloutier et Michèle-Barbara Pelletier dans une parodie intitulée « Séraphin Péladeau : un homme et ses péchés ». Huard y incarnait le personnage de Séraphin Péladeau et Cloutier celui de Julie Snyder. Le sketch dénonçait la téléréalité Star Académie ainsi que la convergence médiatique de Québecor.
Congédiement de TVA Le , TVA annonce lors d'une conférence de presse une nouvelle émission de téléréalité intitulée Pour le meilleur… et pour le pire!, dans laquelle des couples testent leur solidité. Louis Morissette a été présenté comme l'animateur de cette nouvelle émission.
Cependant, le , TVA congédie Morissette et le remplace par Guy Jodoin, sans donner de raison officielle. Les journalistes ont cependant affirmé que le congédiement aurait été causé par la parodie de Séraphin Péladeau écrite par Morissette, qui n'aurait pas plu à Pierre Karl Péladeau, président-directeur général de Québecor. Cette nouvelle a créé une onde de choc dans le monde médiatique et artistique québécois. Trente-sept personnalités publiques prennent la défense de Louis Morissette en co-signant une lettre dénonçant l'ingérence de Pierre-Karl Péladeau dans cette affaire. Certains signataires de la lettre parleront publiquement de cette affaire.
Relance de Novem Productions En , Véronique Cloutier achète l'entreprise de son père, Guy Cloutier Communications qu'elle rebaptise Novem Productions. La nouvelle entreprise, qui fait face à des difficultés financières, propose à Radio-Canada un projet de série télévisée de type comédie dramatique, qui deviendra C.A. en . Le directeur général des programmes, Mario Clément appelle Novem Productions pour parler avec Louis Morissette afin de leur proposer de faire à la place un magazine télévisuel irrévérencieux.
Morissette écrit un concept en quelques jours sous la pression de Radio-Canada pour que l'émission soit diffusée le plus rapidement possible. Morissette exprime des réserves au sujet du projet à sa conjointe Véronique Cloutier, qui est également la présidente de Novem Productions, trouvant que le projet est trop précipité. Cloutier insiste pour que le projet se fasse, car son entreprise a besoin d'une émission pour relancer ses activités. Morissette accepte d'être à la fois le créateur et l'animateur de l'émission.
Lancement de V.I.P. Le , Radio-Canada annonce V.I.P. (Vedettes Importantes ou Paspantoute), dont la diffusion est prévue pour . Convaincue de la durabilité du projet à long terme, Radio-Canada prévoit alors 27 épisodes de 30 minutes dans sa grille horaire 2004-2005.
Deux semaines avant la diffusion de la première émission, l'équipe visionne le pilote de l'émission. Mario Clément exprime des réserves et demande à Novem Productions de revoir le concept. La directrice des variétés de Radio-Canada, Dominique Chaloult, propose de reporter la diffusion au mois de . Cependant, Louis Morissette est très convaincant et réussit à maintenir le lancement officiel pour le tout en promettant une émission améliorée. La première émission a été bouclée officiellement moins d'une heure avant sa diffusion.
Première Lors du premier épisode de l'émission V.I.P., diffusé le à , Louis Morissette présentait cinq reportages en plus de ses animations.
Le premier reportage montrait une visite rapide et illégale de Morissette sur le plateau de tournage de la téléréalité Occupation double.
Le deuxième reportage présentait Caroline Proulx sur le tapis rouge de la première du spectacle Haïssable de l'humoriste Mike Ward. Elle interrogeait les invités pour savoir avec qui Louis Morissette allait-il avoir des problèmes pendant la saison.
Le troisième reportage consistait en une entrevue de Patrick Groulx avec les interprètes du Capitaine Cosmos et Vermicelle de l'émission jeunesse Les Satellipopettes, à savoir Claude Steben et Daniel Couturier.
Le quatrième reportage était une analyse des potins de la semaine d'Alex Perron en compagnie de deux coiffeuses du salon Signé Jo, situé à Verdun.
Enfin, le dernier reportage présentait la critique du spectacle de Metallica par Pauline Bertrand. Le groupe était de passage à Montréal dans le cadre de leur tournée .
L'émission s'est terminée avec le segment Star du générique, qui avait pour objectif de mettre en avant un artiste peu connu de la scène culturelle québécoise. Le premier invité de cette section était Luc Piché, un chanteur et conducteur d'autobus de la rive-sud de Montréal. Il a interprété l'une de ses compositions intitulée Je suis un lion, extraite de son premier album intitulé Je veux ta chaleur.
Controverse Le , Louis Morissette fait une apparition surprise dans la maison des participantes de l'émission Occupation double, située à Terrebonne, en compagnie de deux caméramans. Déguisé en buisson, il réussit à se glisser sans être repéré jusqu'à l'étage où il présente aux candidates la une du magazine Star Système, qui faisait état d'une querelle entre deux des participantes de l'émission. Le tournage prend fin lorsqu'une équipe de sécurité accompagnée de policiers arrive sur les lieux.
Cependant, l'équipe de tournage a pu quitter les lieux avec les enregistrements.
Le , Nicole Tardif, porte-parole de la chaîne TVA, commente l'incident:
Elle ne précisera pas si cette intrusion a eu des répercussions sur le tournage de l'émission Occupation double.
Accueil
Cotes d'écoute L'unique épisode de V.I.P. a enregistré des cotes d'écoutes de auditeurs.
Accueil critique Dans les jours suivant la diffusion du premier épisode, les médias québécois critiquent ouvertement l'émission et son contenu :
Annulation de la diffusion Le lendemain de la diffusion du premier épisode, Louis Morissette est invité à participer à l'émission matinale de radio C'est bien meilleur le matin, animée par René Homier-Roy. Au cours de cette entrevue, il défend fermement son projet et affirme qu'il n'envisage pas l'annulation de l'émission. À la fin, il exprime sa fatigue en déclarant que la semaine avait été très longue.
Une demi-heure après l'entrevue, Morissette donne sa démission aux patrons de Radio-Canada. À ce moment, il ressent une grande détresse émotionnelle et se sent dévasté sur le plan moral. Dominique Chaloult était prête à lui donner une seconde chance, mais Morissette préfère mettre un terme à l'émission.
Le , la démission de Morissette est annoncée publiquement. Novem Productions avance des raisons personnelles pour expliquer son départ. Le porte-parole de la maison de production, Gilles Corriveau, tente de rassurer les médias québécois :
Mario Clément reconnaît que les critiques négatives de l'émission ont également joué un rôle significatif dans la décision de Morissette de démissionner.
Malgré tout, Clément se veut rassurant en affirmant que Louis Morissette continuera de travailler à Radio-Canada.
Finalement, l'émission est annulée et remplacée par des rediffusions de la comédie de situation québécoise La Petite Vie.
Impact et conséquences Louis Morissette a d’abord confié qu’il avait vécu l’échec de V.I.P. comme une « blessure » et qu’il avait eu « beaucoup de difficulté à en rire ». Il a expliqué qu’à l’époque, cette expérience l’avait rendu plus cynique et influencé sa vision du travail. Plusieurs années plus tard, il a indiqué qu’il avait fait la paix avec cet épisode et que, malgré l’échec, ce fut l’un des projets les plus enrichissants pour lui, lui permettant de mieux comprendre ses limites personnelles et les dynamiques de travail avec ses équipes.
Au-delà de son impact personnel, certains observateurs ont souligné que l’échec de V.I.P. s’explique aussi par son concept. Selon la chroniqueuse Nathalie Petrowski, l’émission se voulait une parodie décapante du milieu artistique et un contrepoids à la complaisance des magazines culturels. Elle estime que cette mission était « noble » mais vouée à l’échec, dans un contexte où les journalistes culturels disposent de peu de liberté et doivent ménager les susceptibilités des artistes et producteurs. Petrowski avance que, même sans les critiques initiales, l’émission aurait rapidement été privée d’accès aux événements et confrontée à des pressions et menaces, ce qui aurait compromis son indépendance.
Postérité
Lors de la revue de fin d'année 2004 d'Infoman, Louis Morissette fait une brève apparition dans un sketch déguisé en vendeur pour vanter la cassette de sa défunte émission. Il admet aussi que pour , quiconque le désire peut se procurer Mon année de marde, une compilation de 49 cassettes racontant son horrible année 2004. En , lors du lancement du talk-show humoristique En attendant Ben Laden, Jean-René Dufort lance à la blague qu’il s’est assuré que son émission dure plus longtemps que V.I.P. en fixant la durée des épisodes à 60 minutes plutôt que 30. En , Les Mecs comiques se séparent alors que la quatrième saison de 3X Rien est en cours de diffusion sur TQS. Louis Morissette voulait quitter après la troisième saison, mais TQS a insisté pour qu'il continue d'apparaître dans la moitié des épisodes. Morissette est finalement revenu, évitant ainsi l'annulation de la série. Jean-François Baril suggère alors que si V.I.P. avait connu du succès, Morissette ne serait pas revenu pour une quatrième saison, mais Morissette a répliqué que s'il n'était pas revenu, il n'y aurait pas eu de quatrième saison. Selon un article du chroniqueur Hugo Dumas publié dans le journal La Presse en , V.I.P. ferait partie des cinq pires échecs télévisés de la décennie 2000. Le , Louis Morissette est invité à l'émission La soirée est (encore) jeune. Il insulte Franco Nuovo, un animateur de Radio-Canada, en le traitant de « mangeux de marde » et de « plein de marde ». Morissette était mécontent des critiques que Nuovo avait faites sur son émission V.I.P. dans des chroniques au Journal de Montréal, après la diffusion du premier épisode. Nuovo répond aux insultes de Morissette en le qualifiant de menteur et a reproché à ses collègues de ne pas avoir réagi à ces propos offensants envers lui.